Le voyage jusqu'au Sanctuaire du Cerf Blanc dura plusieurs jours. Après l'excitation, Jezabel commença à manifester de l'impatience.
Les hommes-loups acceptèrent finalement que les deux plus jeunes de leur groupe, qui avaient visiblement moins d'une année, montent dans la charrette. Prendre soin d'eux occupa un instant Jezabel, qui finit par trouver cette tâche ennuyante. Elle laissa Jaad'Nur prendre le relais. Les histoires du génie semblèrent fasciner les jeunes loups, qui l'écoutaient attentivement. Rafaël jonglait, assis sur le rebord de la charrette, et cela semblait également fasciner les jeunes loups.
Enfin, au détour d'un énième virage, le Sanctuaire leur apparut. Il s'étendait entre deux collines, grand comme une petite ville, ceint d'un large rempart de bois blanc renforcé de pierres blanches également, et d'un large fossé au fond garni de pieux acérés. Une unique porte de pierres blanches, pourvue d'une herse et de deux battants de bois renforcés de cuivre, permettait d'accéder au Sanctuaire. Une moitié de la ville était composée de maison de pierres et de bois, aux toits plats, agencées en arc de cercle. Au centre, on devinait une forge à sa cheminée de pierre fumante, un moulin à aube, calé au bord de la rivière qui passait au sud du village, et une infirmerie, dont la porte était marquée d'une croix rouge. L'autre moitié de la ville se composait de grand baraquement, agencé en U, autour du sanctuaire en lui-même : un grand bâtiment circulaire en pierres blanches, pourvue d'un haut dôme lisse, et ceint par des colonnes. Un homme-cerf à la fourrure blanche, vêtue d'une toge, se trouvait devant le temple et s'adressait à une petite foule, tel un prêtre dirigeant la prière. Au dessus de la ville, le ciel était clairement visible, car de nombreux arbres avaient été coupés. Il était d'un bleu éclatant, et le soleil brillait, haut dans le ciel.
Les hommes-loups récupérèrent leurs petits, puis ils remercièrent une nouvelle fois leurs sauveurs, les saluèrent et disparurent dans la ville.
Ménéas arrêta un instant la charrette. Tous regardèrent la ville. Jaad'Nur commença à prendre des notes, et fit même un rapide croquis de la cité.
- Que fait on, maintenant ? s'enquit Jezabel.
- Je propose d'aller voir un prêtre, répondit Rafaël. Ce sont sûrement les mieux placés pour nous renseigner sur l'endroit où on peut trouver le Cerf Blanc.
- En espérant qu'il acceptera de nous recevoir, fit Gia.
- Nous escortons l'Elue, lui rétorqua Rafaël, celle qui doit détruire Nox. Il est obligé de nous recevoir.
Jezabel regarda le jongleur, incapable de savoir si il plaisantait ou non.
- Allons voir au temple, dit elle finalement.
Ménéas remit le cheval en route. Alors qu'ils approchaient du temple, un autre homme-cerf blanc en toge sorti du temple et se dirigea vers eux.
- Bonjour étrangers, dit il d'une voix douce. Je devine que vous venez de loin, de l'extérieur si j'ose dire.
- Nous venons effectivement de l'extérieur de la Forêt d'Ouzkan, confirma Gia.
- Je sens que vous êtes proche de la forêt, et de la nature.
- Je suis une druide, je m'appelle Gia Virin.
- Enchanté, druide, lui retourna le prêtre. Mon nom est Kelvari, et je suis Gardien du Sanctuaire du Cerf Blanc. Et, qui sont vos amis ?
- Ménéas de Belcantor, paladin errant de l'Ordre de la Wyverne Ocre.
- Rafaël, jongleur itinérant.
- Jaad'Nur, historien et conteur.
- Jezabel d'Ibéris, sorcière de Khaa.
- Enchanté, dit Kelvari. Je vous souhaite la bienvenue dans le Sanctuaire. Puis je vous demander ce que vous chercher en ce lieu ?
- En fait, répondit Jezabel d'une voix hésitante, nous aimerions rencontrer le Cerf Blanc.
- Nous pensons qu'il pourrait nous aider, ajouta Rafaël.
- Je crains que cela soit impossible, déclara Kelvari. Le Cerf Blanc ne reçoit personne, en ce moment.
Depuis plusieurs semaines, le Cerf Blanc s'était enfermé dans le temple, et il n'en sortait plus. Il n'acceptait aucune visite, même de la part de ses prêtres les plus dévoués ou de ses proches. Il vivait reclus, prostré disait on. Depuis la disparition de son fils.
- Il y a quelques mois de cela, expliqua Kelvari, une force à commencer à croître dans la Forêt. Des créatures diverses ont commencé à attaquer tout le monde, et en particulier les partisans du Cerf Blanc. Ils arboraient tous une marque distinctive noire, que ce soit sur leurs habits, armures, ou armes.
- La marque de Nox, fit Rafaël.
- C'est ce que nous pensons également, confirma Kelvari. Puis, nous avons appris qu'ils avaient un chef. Un chef qui se faisait appeler le Cerf Noir.
- Comme par hasard, ironisa Rafaël.
- En réalité, personne n'a jamais vu ce "Cerf Noir", reprit Kelvari. Nous pensons que ce n'est pas vraiment un cerf, mais qu'il a choisi ce nom en rapport avec le Cerf Blanc. Notre maître a aussitôt réagi. Il n'appréciait déjà pas beaucoup que des gens menacent ses sujets et fidèles, mais l'apparition de ce Cerf Noir était une insulte qu'il ne pouvait supporter.
- Et qu'a-t-il fait ? s'enquit Jezabel.
- Le Cerf Blanc a rallier ses soldats, répondit Kelvari. Et nous sommes partis en guerre. Rapidement, la supériorité tactique de notre maître, et la discipline de nos troupes nous donnèrent l'avantage. C'est alors que les Noctules entrèrent en scène.
- Les soldats démons de Nox, murmura Ménéas.
- De rudes combattants, renchérit Kelvari. Bien organisés, bien armés, bien entraînés. Conçus pour le combat. C'était également la preuve que Nox s'intéressait de près à cette Guerre des Cerfs, ainsi que les scribes l'ont déjà nommé.
- Combien de Noctules ? demanda Rafaël.
- Trop pour nos hommes. Nous pensons qu'un Capitaine de la Nuit a été envoyé également. Autant de Noctules nécessitent une surveillance constante. Nous pensons même que ce Capitaine est celui qui se fait appelé le Cerf Noir.
- Personne ne l'a vu ? interrogea Gia.
- Quelques hommes prétendent l'avoir vu, répondit Kelvari. Mais les descriptions sont trop vagues et imprécises. Enfin, le Capitaine et les Noctules ne sont pas le pire qui soit arrivé. Nos soldats sont bien entraînés, et nous avons de nombreux fidèles qui connaissent parfaitement les routes. De plus, le Cerf Blanc est un redoutable combattant et meneur d'hommes.
- Que s'est-il passé alors ? s'enquit Rafaël.
- Le fils du Cerf Blanc a disparu, révéla Kelvari. Et le lendemain, le Cerf Noir adressait un message au Cerf Blanc. J'en ignore le contenu, mais depuis ce jour, notre maître ne se montre plus. Nous pensons que c'est le Cerf Noir qui détient le fils de notre maître.
- Ca me paraît logique, fit Rafaël d'un air pensif.
Durant un instant, ce fut le silence.
- Vous savez tout, dit finalement Kelvari.
A nouveau le silence.
- Si nous ramenons son fils, formula lentement Ménéas, le Cerf Blanc acceptera peut être de nous aider.
- Il t'arrive de réfléchir avant de parler ? le railla Rafaël.
- C'est probable, répondit à contretemps Kelvari.
- C'est une bonne quête, je trouve, intervint Jaad'Nur. Exactement le genre d'aventure intéressante à écrire.
- Le fils en question est retenu dans un camp, sans doute fortifié, et blindé de soldats et de guerriers ! s'exclama Rafaël. Sans parler des Noctules et du Capitaine de la Nuit ! Ni du Cerf Noir lui-même !
- La quête n'en est que plus intéressante, fit Ménéas.
Rafaël poussa un soupir.
- Dans le fond, fit Gia, je ne suis pas certaine que nous ayons énormément de possibilités. Nous avons besoin de l'aide du Cerf Blanc. Et pour l'obtenir, nous devons ramener son fils.
- On peut aussi se passer de son aide et continuer notre route, riposta Rafaël.
- Si tu as la trouille, tu peux rester ici, lui retourna Gia. On n'a pas besoin d'un trouillard de saltimbanque !
Rafaël ne répondit rien et se contenta de sourire.
- Tu ne m'auras pas comme ça, druide, dit il. Si Jezabel décide que nous devons y aller, je viendrais, car j'ai fait le serment de la suivre et la protéger en toute circonstance. Mais, je vous ai donné mon avis, et je l'ai argumenté.
- Avec des arguments de couard, insista Gia.
Elle cherchait la confrontation, mais elle réalisa que, cette fois, Rafaël préférait l'éviter.
- Si tu veux, dit le jongleur. Mais mon but principal est de rester en vie.
- Stop ! les coupa Jezabel. J'ai pris ma décision : on va essayer de ramener le fils à son père. Et tout le monde vient. Point à la ligne.
- Calme toi, fit Rafaël, on dirait que tu vas exploser !
- C'est qu'elle peut se montrer autoritaire quand elle veut, remarqua Ménéas.
- C'est parce que c'est une fille de nobles, expliqua Rafaël d'un ton badin, elle a ça dans le sang.
Jezabel ne dit rien et se détourna d'un air noble, provoquant les rires de Rafaël et Ménéas.
- On y va maintenant, fit Gia en changeant diplomatiquement de sujet, ou vous voulez manger un morceau avant ?
- On mange, décida Jezabel. Ce n'est pas le genre de mission qu'on entreprend le ventre vide.
- Voilà qui est bien parlé, déclara Ménéas, suscitant l'hilarité générale.
Le temps qu'ils se restaurent, et fassent une petite sieste, car Ménéas ne pouvait imaginer partir au combat sans avoir correctement digéré, l'après-midi touchait à sa fin. Un nouveau débat s'engagea.
- Je ne vois pas où est le problème, répéta Gia. Une mission d'infiltration a plus de chances de succès en nocturne.
- Si on voit dans le noir, riposta Rafaël. Ce qui n'est le cas de personne ici. Sauf les mutants.
- Les quoi ? siffla Gia.
Ragaillardi par son repas (et sa sieste), Rafaël ne cherchait plus à éviter la confrontation avec Gia. Il la provoquait plutôt.
- Ou les monstres, c'est comme tu veux, lâcha-t-il.
Gia montra les crocs.
- Tu sais ce qu'il te dit le monstre, grogna-t-elle.
- Quelque chose comme Grrr, proposa Rafaël.
- Exactement !
Gia s'approcha encore de Rafaël. Elle se dressa sur la pointe des pieds, afin d'avoir la tête au-dessus de l'épaule du jongleur. Ses yeux brillaient d'une fureur animale. Elle grogna à nouveau, et son visage commença à s'allonger, ses dents devinrent des crocs, ses ongles des griffes, et une fourrure blanche commença à recouvrir ses bras.
- Et maintenant, gronda-t-elle.
Désormais elle dominait Rafaël de quelques centimètres. Le jongleur semblait s'amuser de la situation.
- Tu devrais faire attention à ce que tu manges, lança-t-il, ton haleine est abominable.
Gia gronda et poursuivit sa mutation. Sa mâchoire, désormais hérissée de crocs, claqua à quelques millimètres du visage de Rafaël, qui continuait de sourire.
- Tu crois vraiment me faire peur ? demanda-t-il subitement.
Son ton était devenu glacial, et ses yeux violets étaient fixés dans les yeux d'ambre de Gia. Durant l'espace d'un instant, ils se jaugèrent du regard. Puis Gia reprit subitement forme humaine. Elle aussi souriait désormais.
- A monstre, monstre et demi, fit elle, je ne suis pas la seule à voir dans le noir.
Rafaël éclata de rire.
- Ai-je un jour dit que je n'étais pas un monstre, répondit il.
Ménéas se racla la gorge pour réclamer l'attention.
- Moi, je n'en suis pas un, dit il. Je ne suis déjà pas discret en plein jour, alors en nocturne.
- Comme si tu arrivais à différencier le jour de la nuit dans cette forêt, fit Rafaël.
Ménéas leva les yeux vers le ciel dégagé au-dessus du Sanctuaire du Cerf Blanc. Le ciel était orange comme le soleil disparaissait au loin. Partout autour de ce coin de ciel, se dressaient les cimes des hauts arbres de la forêt d'Ouzkan, qui la plongeait dans un obscurité presque totale et perpétuelle.
- C'est vrai, admit-il. Il n'y a guère de différence entre le jour et la nuit par ici.
- Quelqu'un peut il me rappeler pourquoi nous avons ce débat ? intervint subitement Jezabel. Puisqu'au final, nous nous apercevons qu'il n'a aucune raison d'être.
Rafaël et Gia échangèrent un regard amusé. Jaad'Nur, qui avait sorti la tête du médaillon de Jezabel pour regarder le débat répondit.
- Je pense que nos deux amis avaient une féroce envie de ce petit dialogue, dit il. Je ne suis pas sûr que ce soit très sain, mais ça a l'air de les amuser.
Jezabel soupira.
- Vous ne pourriez pas vous comporter en adultes de temps à autre, dit elle. C'est moi l'adolescente !
- Promis, on fera un effort, fit Gia bien que son ton laissait entendre exactement l'inverse.
- On essayera, maman, ajouta Rafaël.
Jezabel lança un regard furieux au jongleur.
- Un jour, vous allez tellement m'énerver que ça va mal finir, dit elle.
- J'aimerais bien voir ça, fit Rafaël avant d'éclater de rire.
Jezabel se détourna, sans rien dire, et partit chercher ses affaires dans la charrette.
Comment comptez vous faire pour trouver le camp du Cerf Noir ? demanda finalement Jezabel.
Ils avaient quitté le Sanctuaire depuis près de deux heures, et ils avançaient d'un silence assez oppressant. Suffisamment en tout cas pour que quelqu'un finisse par le briser.
- Le plan, révéla Rafaël, imaginé par nos deux glorieux acolytes, est d'attendre d'être attaqué par des serviteurs du Cerf Noir.
Evidemment, nous leur réglons leur compte. Puis, Gia retrouve la trace du camp grâce à son odorat surdéveloppé.
- Et vous pensez que ça va marcher ?
- Je suis assez sceptique, répondit Rafaël.
- Tu as une meilleure idée, peut être ? fit Gia.
- En fait, non. Sinon, je l'aurais proposé, je ne suis pas idiot à ce point.
- Désolée, lui retourna Gia, je croyais.
- Nous ne sommes pas tous comme toi.
Gia se retourna, prête à entamer une nouvelle discussion animée, mais se figea aussitôt. Son regard se fixa sur un point situé un peu au-dessus de l'épaule de Rafaël.
- On a de la compagnie, siffla-t-elle.
Sans vraiment prévenir, la compagnie en question passa à l'attaque. Il s'agissait en fait d'une douzaine de guerriers, pour moitié des hommes-cerfs, accompagnés d'hommes-corbeaux. Tous arboraient des armures noires, des boucliers de bois renforcés de cuivre, et diverses armes allant de la lance au sabre en passant par la hache. Aucun n'avait de casque.
Rafaël s'écarta d'un pas, alors que Gia s'élançait tout en se transformant. Le temps que Jezabel et Ménéas dégainent leurs armes, la druide avait déjà occis la moitié des hommes-corbeaux.
Alors que Jezabel, sa rapière pointée sur l'ennemi, cherchait un sort à lancer, et une cible pour le sort en question, Ménéas et Rafaël entrèrent dans la mêlée. Le jongleur fondit sur les hommes-corbeaux survivants, distribuant la mort de ses coups précis. Ménéas chargea les hommes-cerfs, en faisant des moulinets avec sa longue épée.
Reculant aussi vite qu'il le pouvait, un homme-cerf avait attiré Gia de telle façon que deux de ses comparses purent l'attaquer sur les côtés. Alors que les mâchoires de la louve-garou se refermaient sur la tête de l'infortuné appât tandis que ses griffes labouraient son torse, deux lances frappèrent simultanément ses flancs. La première glissa sur la fourrure blanche, ne parvenant pas à entamer le cuir épais du monstre, tandis que la seconde parvenait à faire couler le sang. Gia se retourna instantanément, et déchiqueta son agresseur sans autre forme de procès. Le troisième homme-cerf, essayant de profiter qu'elle lui tournait le dos, frappa à nouveau, tendant d'embrocher la bête. Mais, alors que son arme glissait à nouveau sur la fourrure, il vit la blessure causée par son compère se refermer et cicatriser sans laisser la moindre trace. Il eut un instant de stupeur, qui lui fut fatal. Gia pivota sur place, lui transperça le torse de ses longues griffes et jeta le cadavre d'un air presque distrait.
Les trois autres hommes-cerfs faisaient face à Ménéas, lui présentant un front uni, leurs lames dressées vers le paladin. D'un coup de sa large épée, Ménéas repoussa les lames vers sa droite, puis il fit glisser sa longue lame le long de la hampe de son plus proche adversaire. Suivant l'élan ainsi prit, il embrocha son ennemi. Il ôta la lame du corps juste à temps pour parer le coup du suivant, tandis que son armure repoussait sans trembler un autre coup, dirigé vers son côté. Ménéas enchaîna aussitôt, écartant la lame de son premier assaillant, parant un nouveau coup du second. Puis, il passa à l'intérieur de la garde du premier, lui assénant un coup de poing au visage qui le projeta au sol. Le second revint à la charge, mais Ménéas para une nouvelle fois, avant de contre-attaquer d'un coup bas qui obligea son adversaire à sauter. Changeant sa prise sur son arme, Ménéas remonta brutalement sa lame, empalant l'homme-cerf sur sa longue lame.
Tandis que Ménéas essayait de retirer sa lame du corps inerte de sa dernière victime, celui qu'il avait envoyé au sol se releva, récupéra son arme et s'avança vers Ménéas. Subitement, il s'arrêta tandis que résonnait un bruit d'os brisé. L'homme-cerf s'effondra, révélant Rafaël. Le jongleur adressa un sourire à Ménéas, avant d'esquiver de justesse les griffes de Gia.
- C'est fini ! tonna Ménéas, s'escrimant toujours sur sa lame.
Gia se tourna vers lui et l'espace d'un instant, il crut qu'elle allait l'attaquer. Mais elle s'arrêta.
- Tu devrais peut être te retransformer, suggéra Rafaël en se décidant à aider Ménéas à dégager sa lame.
- Mon flair est plus efficace sous cette forme, lui répondit Gia.
Rafaël s'arrêta un instant dans ce qu'il faisait, ce qui provoqua la chute de Ménéas qui tirait toujours sur sa lame. Le paladin jura.
- Elle a la même voix, se justifia Rafaël.
- C'est plutôt troublant, confirma Jezabel en les rejoignant.
L'énorme louve-garou haussa les épaules.
- Même déformée, j'ai toujours les mêmes cordes vocales, dit elle.
- Merci pour ton aide, lança Rafaël à Jezabel en détournant la conversation. C'est toi la grande héroïne de toute notre fantastique aventure, et Mademoiselle préfère se la couler douce durant les escarmouches.
- Je risquais de vous blesser, rétorqua Jezabel. Et puis vous vous en êtes très bien tirés.
- C'est vrai, fit Rafaël. On est quand même forts !
- Tu m'aides ou tu discutes ? intervint Ménéas.
- Ca va, je t'aide, lui retourna Rafaël en saisissant le cadavre.
Ménéas tira avec force, et parvint enfin à extraire sa lame. Il poussa un soupir de soulagement.
- On peut y aller, dit il finalement en constatant que tous le regardaient.
Gia renifla un cadavre, puis un autre, puis elle huma l'air. Satisfaite, elle se mit en route, avançant rapidement.
- Pas trop vite, fit Rafaël en s'élançant le premier derrière elle, on n'a pas tous des grandes pattes de loup-garou !