Le frisson inexplicable dans votre dos, c’est ma présence qui l’invente.
Vous ne le réalisez pas tout à fait, mais…
Ma voix sensuelle et rauque, mon regard de loup, déjà, vous ont envoûté.
Songeriez-vous à fuir ? J’en ris presque… !
Il est trop tard, voyons, bien trop tard pour cela…
Je suis l’hésitation dans votre sourire.
Je suis le doute, la gangrène qui s’étire longuement dans votre esprit imprudent.
Je vous maudis, je vous haïs, mais… comme je vous aime…
Je suis damné.
Mon nom ? Vous le devinerez, sans que j’aie à le prononcer…
Je vous assure, maintes fois, nous nous sommes rencontrés ;
Et au fil des jours, à votre insu bien sûr, votre continence a changé.
Mais, c’est votre sang qui attire et éveille mes sens.
Vous tremblez à ces mots murmurés… et malgré tout,
Vous puisez de l’assurance à la vue de mon visage si avenant.
Vous êtes incertain, semblable à un pantin chancelant, sous mon emprise…
L’instinct vous crie de m’éviter, mais voyez comme votre corps se languit de moi.
J’ai si froid, si froid…
A présent, regardez celle qui porte les traces de ma malédiction :
Sa silhouette affinée, la grâce et la dextérité de ses gestes m’intoxiquent.
Ne sait-elle donc pas qu’elle m’attise, me provoque à m’en rendre fou ?
Je suis devenu la créature qu’elle aurait dû éliminer.
Chacune de mes larmes rougies de sang, le nom de cette mortelle, ont porté.
Toujours, je sens où elle vit, et maintenant, tel un ange noir, je rôde…
Jamais elle ne m’entrevoit pourtant, même si, de tout son être,
Elle me perçoit et peut-être aussi, est-elle consciente…
Que chaque nuit, dans l’ombre, je la regarde, je l’enlace de mes désirs et,
En vain, je la remplace sans parvenir à effacer le parfum, le goût de sa peau…
Ce soir, c’est vous, la source de mon plaisir.
Chaque pulsion, chaque battement de votre cœur m’enivre et m’appelle,
Et je vous sens désarmé, si faible mais si affolant à mon palais.
Comprenez, je me délecte comme je me punis de votre présence…
Je suis le prédateur de ce monde, le maître de ma déraison.
Mon nom est Moghan, je suis votre mal-être.
Je sais… déjà, vous m’aimez.