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Sujets concernés par ce texte : Fantasy
Type de document : Conte

     
 
«  Ils vont revenir » déclara un villageois une fois la clameur de la victoire retombée.
Le silence revint aussitôt.
«  Mais le pessimisme est une religion chez vous ! S'écria Rafaël.
- On vient de les massacrer, fit Gia, savourez un peu !
- Ils reviendront quand même, repartit un autre villageois.
- Comme à chaque fois, renchérit un autre.
- On les massacrera à nouveau, fit Ménéas.
- Vous faites preuve d'un grand optimisme, remarqua Julian, le chef du village.
- C'est toujours mieux que le pessimisme des vôtres, fit Rafaël.
- L'optimisme peut être dangereux, relativisa Julian.
- Comment pouvez vous en être sûr ? Interrogea Jezabel. Ils vont peut être attaquer un autre village, maintenant.
- Ils n'ont pu enlever personne, répondit Julian.
- Cette histoire d'enlèvements me semble un peu étrange, fit Rafaël.
- Je suis d'accord, dit Gia, même si je répugne à l'admettre.
- Et pourquoi donc ? Demanda Ménéas.
- Ils n'enlèvent que des jeunes femmes, entre quinze et dix sept ans, expliqua Rafaël. Et ils ne prennent pratiquement aucune richesse.
- Nous n'avons pas grand chose, intervint Julian.
- J'ai vu une grande silhouette qui observait le combat depuis là haut, fit Gia. Quelque chose me dit que ça a un rapport.
- Et tu comptais nous en parler à quel moment ? S'enquit Rafaël.
- A peu près il y a vingt secondes, répondit Gia.
- Joli calcul.
- Et alors ? Intervint Ménéas.
- Je pense qu'on devrait rendre une petite visite à ces brigands, dit Rafaël.
- J'aime assez l'idée, fit Ménéas.
- Moi aussi, renchérit Gia.
- Allons y, décida Jezabel.
- Et comment allez vous trouver leur camp ? Intervint Julian.
- Ca, c'est pas un problème » répondit Gia avec un sourire carnassier.
 
Ils prirent le temps de se soigner et de se nourrir avant de partir à la chasse aux brigands. C'est donc près de quatre heures plus tard qu'ils se réunirent près de la porte du village. Ils avaient décidé de laisser la charrette au village et faire le chemin à pieds. Gia humait l'air.
«  Alors ? S'enquit Ménéas.
- C'est bon, lui répondit la druide, j'ai leur trace.
- Et vous comptez venir en chemise et sans arme ? » Demanda subitement Rafaël.
Il était tourné vers les villageois, qui ne portaient ni armure ni arme. Ils se regardèrent avec des regards coupables. Certains regardèrent leurs pieds.
«  C'est un peu pour sauver votre village qu'on va chasser les brigands, les réprimanda Ménéas, vous pourriez faire un minimum d'efforts.
- Nous ne sommes pas des guerriers, tenta d'argumenter Julian.
- Zut, fit Rafaël. L'avenir de votre village est en jeu, alors ceux qui sont en état prennent armes et armures et rappliquent !
- Tout de suite ! »Ajouta Ménéas.

Gia souligna les paroles de ses compagnons avec un grognement sourd particulièrement explicite. Les villageois se regardèrent à nouveau, puis se tournèrent vers Julian.
«  Je vous conseille de faire très attention à ce que vous allez dire, fit Rafaël.
Gia appuya ses propos en montrant ses crocs.
- Accompagnez les, déclara finalement le chef.
- Très bon choix » fit Rafaël.
Il ne fallut que quelques minutes aux villageois pour se préparer et rejoindre Jezabel et ses compagnons. La plupart ne semblaient pas spécialement heureux de partir à la chasse aux brigands mais ils affichaient des visages déterminés, et serraient leurs armes.
«  Je crois que tout le monde est prêt, fit Rafaël, en route.
- Restez près de moi et tout ira bien les enfants » ajouta Ménéas.
Et, à la suite de Gia, la petite troupe s'enfonça dans la forêt.
 
 Très vite, Gia s'enfonça dans les bois, quittant tout chemin pour marcher à travers des broussailles. Entre les hauts arbres, de nombreux arbustes et buissons avaient poussé, rendant la progression difficile. Gia semblait parfaitement à l'aise, et elle avançait à un rythme soutenu. Derrière elle, Rafaël avançait lui aussi avec aisance tandis que Ménéas écartait les buissons avec sa longue épée. Jezabel et les villageois avançaient plus difficilement.
«  C'est moi ou elle accélère ? Demanda Ménéas en réduisant un arbuste en miettes d'un coup d'épée longue.
- Elle accélère, confirma Rafaël. Et pourtant la pente est de plus en plus raide. Je pense qu'on approche. Ou alors on fonce droit dans une embuscade.
- Charmant.
- Ne t'inquiètes pas, le rassura Rafaël, si le combat devient imminent, elle se transformera.
- C'est vraiment sensé me rassurer, grogna Ménéas en pulvérisant un autre arbuste.
- En même temps, fit Rafaël, notre but est de les exterminer.
- Certes, admit Ménéas, mais j'aimerais autant éviter les embuscades. Stratégiquement, ce n'est jamais très bon.
- Embuscade ou pas, répliqua Rafaël, nous serons vainqueurs.
- J'admire ta confiance.
- C'est l'une de mes forces.
- Par contre, intervint Jezabel en rattrapant Ménéas, côté silence, tu es plutôt mauvais.
- Vu le boucan qu'on fait en marchant, rétorqua Rafaël en se retournant, c'est pas notre petit dialogue qui va nous faire repérer. Mince, ajouta le jongleur en se remettant dans le sens de la marche, où est Gia ? »
Ils s'arrêtèrent, dans un vacarme incroyable.
«  Je me suis retourné trente secondes, et je l'ai perdue !
- Elle ne doit pas être loin, fit Ménéas.
- Plus on attend, plus elle s'éloigne »intervint Jezabel.
 
Rafaël hocha la tête et se remit en route, scrutant le sol pour trouver des traces du passage de Gia.
«  Mais qu'est-ce que vous fichez ! Éclata subitement Gia, quelques mètres plus haut.
- Marche moi vite, répondit Rafaël.
- Ne vous arrêtez plus pour discuter, riposta Gia en se remettant en route.
- Nous ne sommes ni des druides, ni des garous, je te rappelle. »
Gia grogna mais s'abstint de répondre.
«  Il faut toujours qu'il ait le dernier mot, glissa Ménéas à Jezabel.
- Je t'ai entendu, Ménéas.
- Tant mieux pour toi. »
 
Au bout de ce qui paru une éternité aux villageois, ils arrivèrent au bas d'une petite colline. Au sommet, de nombreux arbres avaient été coupés afin de dégager un espace afin de bâtir un village fortifié. Une haute palissade de bois noir, renforcé de cuivre par endroits, cernait le sommet de la colline, uniquement dépassée par quelques arbres.
«  C'est ici, murmura Gia.
- On procède comment ? S'enquit Jezabel.
- La situation est pas terrible, commença Ménéas, ils ont une position dominante et on a un seul chemin d'accès.
- Et les bonnes nouvelles ?
- On a une louve garou frénétique et une sorcière de grand talent, répondit Ménéas. Bien utilisées, elles peuvent nous donner un avantage.
- On se calme, fit Jezabel, la sorcière de grand talent est encore, comment dire, en rodage.
- Préparez vous, intervint Gia, j'ai la solution.
- Non, fit Rafaël.
- Comment ça, non ? Tu ne sais même pas ce que j'ai l'intention de faire.
- Un truc du genre tremblement de terre, non ?
- Un truc dans le genre, admit Gia. Tu as une meilleure idée ? »
Rafaël réfléchit un moment.
«  Je pense que notre petite sorcière va devoir nous montrer sa valeur, dit il finalement.
- Tu as écouté ce que j'ai dit il y a moins de deux minutes ? Interrogea l'intéressée.
- Bien sûr. Mais je suis sûr que tu as un petit sort de brouillard sous la main.
- Un sort de brouillard ?
- Tu ne vas pas oser me demander pourquoi faire ? Fit Rafaël.
- J'ai bien une petite idée.
- Bon, les interrompit Gia, tu peux lancer ce sort oui ou non ?
- Je pense que c'est dans mes cordes, répondit Jezabel.
- Alors, c'est quand tu veux, fit Gia. Parce que dans cinq minutes, brouillard ou pas, je charge.
- J'adorerais voir ça, lâcha Rafaël.
- Tu pourrais être surpris, fit Ménéas.
- Silence ! Réclama Jezabel. Taisez vous que je puisse préparer mon sort. »
 
Le silence se fit, mais Gia et Rafaël continuèrent de se provoquer du regard. Jezabel ferma les yeux et commença à murmurer. Le rubis de son chapelet se mit à briller. Lorsqu'elle s'arrêta de parler et qu'elle ouvrit les yeux, un brouillard bleuté tomba sur la colline. Le rubis arrêta de briller.
« Quelle purée de pois ! S'exclama Rafaël.
- C'est pas ce que tu voulais ? Interrogea Jezabel.
- Le but était qu'ils ne nous voient pas arriver, expliqua Ménéas, mais là nous non plus on ne verra rien.
- Je sens qu'on va se marrer, fit Gia avec un sourire carnassier. On y va ?
- En avant, confirma Ménéas, il est temps de faire comprendre à ces brigands qu'il ne fallait pas nous chercher ! »
 
Dans un silence relatif, ils montèrent à l'assaut. Le village des brigands n'avait qu'une seule entrée, et, bien qu'ouverte, elle était gardée par une demi-douzaine de brigands armés d'épées et d'arcs.
 Avec un hurlement à glacer le sang, qui figea sur place les gardiens durant une demi seconde, une énorme créature, mi-loup, mi-humaine, aux crocs acérés, aux griffes démesurées et à la fourrure immaculée surgit du brouillard. Avant même que les gardes puissent donner l'alerte, Gia les avait massacrés. Sans s'arrêter, elle se rua à l'intérieur du village, lui aussi noyé dans le brouillard.
 
Sur les traces de Gia, Ménéas menait la charge, les villageois sur ses talons. A leur suite, Jezabel, accompagnée de Rafaël, entra également dans le village.
 
Les brigands ne s'attendaient pas à une attaque. Après tout, ils étaient la terreur de la forêt, qui aurait pu oser les attaquer. Ainsi, profitant de l'effet de surprise, du brouillard, et de la frénésie de Gia, le groupe d'assaut parvint à éliminer une soixantaine de brigands avant que le brouillard magique ne se lève.
 
En se dissipant, le brouillard révéla un véritable chaos. Plus d'une centaine de brigands, pour certains à moitié habillés, étaient éparpillés dans le village. Dans la partie est, les villageois, avaient encerclé une douzaine de brigands, avec une discipline étonnante. Non loin, et conservant un œil sur l'action, Ménéas défiait un autre groupe de bandits. A l'autre bout du village, Gia massacrait brigand sur brigand, les épées semblant rebondir sur sa fourrure. Postée à l'entrée, Jezabel observait la scène, préparant ses sorts. Rafaël achevait de tuer les quelques brigands qui se trouvaient dans les parages. Il revint ensuite vers la sorcière.
 
«  Il n'a pas duré bien longtemps ton brouillard, fit le jongleur.
 - Tu te plaignais qu'il était trop épais, lui fit remarquer Jezabel. Et maintenant, tu te plains qu'il s'est dissipé. Il faudrait savoir ce que tu veux !
 - C'était juste une remarque, se défendit Rafaël. Concentrons nous sur l'élimination des brigands, veux tu ?
 - Avec plaisir. »
 
Et elle lança un projectile magique sur un groupe de brigands proches.
 
Ménéas bloqua un coup d'épée faible, tout en vérifiant ce que faisaient les villageois. Rassuré de les voir exécuter avec entrain, bien qu'imparfaitement, une manœuvre d'encerclement sur un groupe de brigands en infériorité numérique, il revint à son combat et élimina son agresseur d'un coup d'estoc. En deux mouvements supplémentaires, il élimina trois brigands de plus, puis il se retourna vers les villageois, qui en finissaient avec leur groupe de brigand.
 
De son côté, Gia avait massacré les derniers brigands qui se terraient dans la partie nord du village. Elle allait poursuivre un brigand qui avait réussi à escalader la palissade, mais un autre groupe attira son attention, et elle les chargea aussitôt.
 
Au même moment, deux douzaines de brigands tentaient une prise en tenailles sur Jezabel et Rafaël.
 
« Ca sent le coup tordu, fit la sorcière.
 - Occupe toi du groupe de droite, décida Rafaël, je m'occupe des autres.
 - Entendu. »
Jezabel tendit sa rapière vers le groupe qui s'approchait par la droite et se concentra. Elle lança une boule de feu qui enflamma sur place l'un des brigands et heurta un second en pleine poitrine, le tuant sur le coup et le projetant sur plusieurs mètres. Elle enchaîna avec un double éclair qui foudroya deux brigands supplémentaires, puis une pluie de pierres enflammées qui abattit cinq brigands de plus. Les trois derniers marquèrent un temps d'arrêt, qui permit à la sorcière de les achever avec des traits de glace.
 
Dans le même temps, Rafaël s'attaqua à l'autre groupe. En l'espace d'un battement de cœur, il franchit l'espace le séparant des brigands. Le premier fut si surpris de le voir si vite si près qu'il ne pensa même pas à se défendre. Chargé d'énergie sonique, le poing du jongleur pulvérisa la cage thoracique et fit explosa le cœur du brigand. Sans s'arrêter, il passa aux suivants, distribuant la mort de quelques coups bien placés, cassant les crânes, brisant les os, éclatant les organes internes. En moins d'une minute, Rafaël avait éliminé ses douze adversaires, et il regarda Jezabel terminer les siens.
 
« Joli, dit il en la rejoignant.
 - Comment fais tu pour être si rapide ? Interrogea la sorcière.
 - C'est génétique.
 - C'est à dire ?
 - Toi, tu es une sorcière parce que tu es née avec un don, expliqua Rafaël, moi c'est pareil : j'ai un don inné. Hérité de mon père, paraît il.
 - C'est plutôt sympa comme don.
 - J'aime assez, confirma Rafaël en observant le combat qui continuait. On dirait que ça tourne plutôt bien. »
 
Il restait en fait à peine une trentaine de brigands, coincés entre Ménéas et les villageois d'un côté, et Gia de l'autre. Mais, alors qu'ils allaient lancer l'assaut final, un hurlement terrifiant retentit.
 «  J'ai un sale pressentiment » fit Rafaël.
 
Une quinzaine de créatures voûtées, à la peau vert pâle, leurs visages déformés, leurs ongles crochus et sales semblables à des griffes, franchirent la palissade. Elles semblaient avoir été humaines, mais ne plus l'être. Puis, au sommet de la palissade apparut une créature presque aussi grande que Ménéas, au visage très pâle et au port altier. Elle portait une armure légère et une longue cape noire. Elle contempla le carnage en souriant, dévoilant de longs crocs blancs.
 «  Un vampire » souffla Jezabel.
 A côté d'elle, Rafaël jura.
 
Ménéas et les villageois s'arrêtèrent et se retournèrent. Lorsqu'ils virent le vampire, les villageois restèrent tétanisés, tandis que Ménéas jurait. Gia ne se retourna pas : emportée par sa frénésie, elle bondit sur les trente brigands restant, et commença le massacre.
 Sur la palissade, le vampire agitait les bras en murmurant des paroles impies.
 
« Il prépare un sort, fit Jezabel.
 - J'ai comme une vague idée de ce qu'il mijote, grommela Rafaël en s'élançant. Ménéas, il faut l'éliminer avant qu'il ait terminé son sort.
 - Et tu crois que ses petits copains vont nous laisser faire, fit le chevalier en chargeant tout de même.
 - Si il termine son sort, répliqua Rafaël, c'est pas quinze goules qu'on aura sur le dos, mais tous les morts du combat. »
D'un regard autour de lui, Ménéas comprit que ce ne serait pas viable. Il se tourna vers les villageois et tâcha de les rallier à lui, mais ils étaient trop effrayés pour faire quoi que ce soit.
 «  Je sens que ça va être amusant » grommela-t-il.
 
Rafaël se contenta de rire.
 Rafaël et Ménéas heurtèrent les goules de plein fouet, et en tuèrent deux sur le contact.
 
«  Tu peux les occuper ? S'enquit Rafaël.
 - Un contre treize, ça devrait être dans mes cordes, répondit Ménéas.
 - Gia devrait plus tarder à te rejoindre.
 - J'espère bien. »
 
Rafaël décolla rapidement, prenant appui sur la tête de la goule la plus proche, et il bondit vers le vampire, tandis que Ménéas affrontait les goules seul. Arrêtant un instant son invocation, le vampire tendit le doigt vers Rafaël et prononça un simple mot. Un éclair heurta le jongleur de plein fouet et le projeta au sol, inconscient.
 
Jezabel avait vu le jongleur s'effondrer, et elle voyait Ménéas se faire encercler par les goules. Elle avait beau chercher, elle ne trouvait le sort qu'elle cherchait. Elle en avait essayé plusieurs, mais l'énergie qui entourait le vampire avait tout annulé.
 
Encerclé, Ménéas défendait chèrement sa peau, mais il restait encore dix goules, et elles agissaient parfaitement ensemble. Il avait vu tomber Rafaël et les sorts de Jezabel échouer, et il se demandait comment ils allaient s'en sortir. D'un moment à l'autre, les goules allaient l'attaquer, toutes ensemble et ... c'est alors qu'une forme blanche heurta les goules de plein fouet.
 
Ayant achevé tous les brigands, Gia s'était tourné vers ses adversaires suivants. Même si des goules étaient moins intéressantes d'un point de vue sanguin que des brigands, elle se jeta sur elles avec la même fureur.
 
Profitant de l'attaque surprise de Gia, Ménéas se lança aussi à l'attaque. En une petite minute, le duo massacra les goules. Mais, au moment même où Ménéas décapitait la dernière goule, le vampire terminait son sort. Une brume sombre tomba durant un instant, puis l'ensemble des morts se relevèrent. Ménéas jura, et même Gia marqua un temps d'arrêt et une lueur de crainte passa dans ses yeux.
 Rafaël se releva alors, la main sur la blessure infligée par le vampire. Il se tourna vers Jezabel, et vit la détresse dans les yeux de la jeune sorcière. Il lui adressa un signe et lui sourit. Elle lui adressa un regard interrogateur.
 «  J'ai confiance »articulèrent les lèvres du jongleur.
 
Puis il regroupa ce qui lui restait d'énergie et bondit à nouveau vers le vampire, levant un point chargé d'énergie sonique. Le vampire le bloqua, concentra sa magie pour dresser un bouclier face au jongleur. Voyant la faille, Jezabel pointa sa rapière sur le vampire et concentra toute son énergie. L'émeraude de son arme et le rubis de son chapelet s'embrasèrent, ainsi que ses yeux. Tout lui parut clair, et elle sut avec certitude ce qu'elle avait à faire.
 
Elle prononça une simple syllabe, qui sembla arrêter le temps. Le vampire se figea et tenta de rediriger son bouclier vers le sort flamboyant qui venait de quitter la rapière de la sorcière et fonçait sur lui. Ce mouvement permit au coup de Rafaël de passer sous son bouclier et de heurter ses jambes, juste avant que le jongleur ne retombe au sol. Le vampire tomba sur un genou, son bouclier trembla. La Flèche de Lumière Flamboyante de Jezabel transperça le bouclier sans difficulté, puis en fit de même avec le vampire. Avec un dernier cri, le vampire explosa sur place, et une pluie de cendres retomba sur la palissade. Sans un bruit, les morts qui venaient de se relever s'effondrèrent à nouveau. Après un instant de silence, les villageois laissèrent éclater leur joie, bientôt rejoints par Ménéas et les hurlements de Gia, puis par Jezabel et Rafaël.
 
  «  Qu'est-ce que c'est ? » Demanda Gia.
 
Les villageois fêtaient encore la victoire, et Ménéas était allé voir Jezabel. Rafaël était penché au pied de la palissade et examinait les cendres du vampire. Gia, à nouveau humaine, s'était approchée de lui. Le jongleur se redressa, une bague ornée d'une pierre noirâtre à la main.
 
«  Ceci appartenait à notre ami vampire, dit Rafaël.
 - Une bague, ornée d'une pierre noire, fit Gia.
 - Une obsidienne, précisa Rafaël, la Pierre de la Nuit.
 - C'était un agent de Nox, siffla Gia.
 - Ne me dis pas que ça t'étonne.
 - Pas vraiment, admit Gia, cette forêt est si sombre qu'on pourrait se croire dans une nuit perpétuelle. Exactement ce que Nox adore.
 - La Nuit Eternelle, dit Rafaël. Ce que notre chère Jezabel doit empêcher.
 - On vient d'éliminer un des agents de Nox, c'est plutôt un bon point.
 - Sauf si le vampire a prévenu Nox de notre présence dans cette forêt.
 - Et à quel moment ? Demanda Gia. Il est un petit peu mort !
 - Tu as vu une ombre qui observait le combat lorsque les brigands ont attaqué le village, n'est-ce pas ?
 - Oui.
 - C'était peut être le vampire ou une de ses goules, expliqua Rafaël. Et si il a reconnu Jezabel, ou toi, ou Ménéas, ou moi, il a peut être alerté son maître.
 - Si Nox a fait passer notre signalement à ses agents, le vampire nous a reconnu, affirma Gia. On n'est pas super discrets.
 - A moins que le vampire ait voulu nous tuer avant d'avertir Nox. »
 
Ménéas empêcha Gia de répondre.
 
«  Qu'est-ce que vous manigancez tous les deux ? Demanda le paladin.
 - Le vampire portait ceci, répondit Rafaël en montrant la bague. C'était un agent de Nox. »
 
Ménéas jura.
 «  On devrait peut être pas traîner trop longtemps dans les environs, dit il.
 - Je suis assez d'accord, confirma Rafaël.
 - Moi aussi, ajouta Gia. Mais je suis pas sûre que les habitants de ce charmant village soient d'accord pour nous laisser partir sans une petite fête. »
 
Plus loin, les villageois qui avaient survécu au combat portaient en triomphe Jezabel, qui semblait un peu gênée.
 «  Je vois ce que tu veux dire, fit Rafaël.
 - De toute façon, déclara Ménéas, on doit passer au village, pour récupérer le cheval et la charrette. »     
 
     

 
par RossBeef
le 01/10/2007
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