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Sujets concernés par ce texte : Fantasy
Type de document : Conte

     
 
 
Là où les étoiles, éclats de saphirs cristallins, brillent dans l’obscurité et réchauffent les cœurs. Là où le ruisseau vif aux eaux pures et limpides coure le long des vertes collines parsemées de douces Ephinmdrils et de majestueux Kolorns. Là où le vent promène un vent langoureux qui remue les souvenirs d’antan…
Ici se trouve ma blanche demeure, Elcacombe la belle. Cristal et verdure, Havre de paix, de rires et de chants. Jamais le sang n’a souillé les blanches marches d’Elcacombe. Vestige de temps anciens, le passage des saisons ne semble avoir aucune prise sur ce lieu de toute beauté, apte à la paix du corps et de l’esprit.

Des joueurs de harpes, majestueux et terribles Descendants des anciens seigneurs du Nord, font retentir leur mélancolique musique et revivre un passé lointain. Des chevaux à la crinière argentés, fils du vent, galopent allègrement parmi les bois et les prairies. Le temple du Guide, nous baignant de son aura de paix et d'amour, se dresse au sommet d’une butte verdoyante.
Le temps ici passe langoureusement. Poésie et musique, repos de l'âme et du coeur. La joie et l'amour bercent tout être vivant ici présent.

Et Nimphredil, belle comme le jour, mystérieux astre de ma vie. Son regard reflète les joies et les souffrances de notre peuple. Lorsqu’un sourire naît à la commissure de ses lèvres, toute mon âme s’enflamme et mon cœur bondit dans ma poitrine. Et ses yeux, éclats d’étoiles tombés du ciel. Les regarder c’est s’y perdre, se perdre dans un ciel sans nuage.
Oh Nimphredil, poussière d’étoile. Ton visage ravit les cœurs et ta voix enchante ce lieu. Tu es Escohart, la bienheureuse, et la dernière beauté de ce monde.
Tu vis en moi pour l’éternité, ton visage ....

Je me réveillais en sursaut. Mal à la tête, bouche pâteuse.. Et de lancinants souvenirs tourbillonnants dans mon crâne.
Pourquoi de telles réminiscences du passé ? Alors que ce temps est révolu depuis un long moment déjà ? ..
Pourquoi ces pensées qui me torturent l’âme ? .. N’ai-je point été assez puni déjà ?

J’ai l’impression que mon crâne va exploser. Une douleur intense. Je me sens partir... Oh, Dieux, protégez moi…


Mais voici la venue des temps sombres. Le mal rôde à nouveau aux abords d’Elrohir, là où Elcacombe se dresse. Voici le moment de troquer les harpes et les chants contre les épées et les hymnes guerriers. L’ancien sang bouillonnera à nouveau dans les veines, réveillant l’ardeur endormie des braves. Craignez le courroux de la Descendance. Le souvenir du Trône des Tempêtes est encore vivace, sous rires et chants se cache l’appel de la mordante bise de l’est, charrieuse de gel et de mort. Ton souffle dans mes poumons laisse une froide sensation, promesse des dures heures à venir. Heureuse vision que cela, hommage au Guide en devenir. Le sang versé sera offrande, les corps tomberont pour Lui et Elcacombe.
Des morts il y en aura, le Chaos pour un moment, maître de la vallée, fera plier sous son joug mortels et créatures.

Voyez les bannières flamboyantes, de pourpre et d’argent. Et les armures brillantes au soleil de la vallée, et les fiers destriers, majestueux et emplis de courage. Et les larmes dans les yeux de Nimphredil.
Car l’obscurité avance et reprend ses forces. Les fils du Nord se doivent de sauvegarder la paix. C’est l’heure de reprendre les armes et de chevaucher au devant de la tourmente. Vient le temps des hauts faits et de l’espoir. Vient le temps du chaos.
Allons, partons au combat, pour la protection de la beauté du monde et de la paix. La Descendance se dresse, vivant rappel d’une gloire perdue.

... Laissez moi en paix. Que j’ai mal. La souffrance m’est pourtant familière.. Je ne veux pas me souvenir.. La tourmente du passé cruel ne m’a que trop souvent assailli, infâme torture incessante.

[...]Voici venir la Fin. Tout est perdu. Les corps des guerriers gisent sur les champs de batailles. Ravagés sont les blancs boucliers, en morceaux les lames elfiques, brûlées les bannières éclatantes, torturés les corps offerts au Guide.
La fureur des combats étreint encore mon âme, je me revois enragé, lame pourfendant la chair. Le corps tendu vers un unique but. Détruire l'ennemi. Protéger Nimphredil.
Mais tout fut vain. La dernière charge, désespérée, ne fut qu'une gloire éphémère, le sursaut d'un peuple acculé. Qui chantera la gloire des guerriers tombés ici ? Qui encensera leur mémoire, celle de nobles guerriers tombés pour défendre ce qui leur est cher... La mort est une chose, l'oubli est tout autre. Survivant, je me dois, pour eux, de le rester. Afin de faire perdurer leur mémoire! A jamais, se souvenir.
Etais-ce là le dernier éclat de la Descendance ? Le dernier défis du Trône des Tempêtes aux sombres hordes ? Loin est le jour où nous quittâmes Kraag, et aujourd’hui, plus un ne reverra les hauts murs de la citadelle…

Je dois m’en retourner, l’épée brisée et le cœur meurtri. Les hordes ennemies sur mes talons.
Qui protégera désormais Elcacombe ? La souillure du chaos a abattu un autre rempart. Qui arrêtera l’inexorable avancée de la lèpre Noire ?..
Je pénètre dans la vallée comme un fantôme, l’esprit embrumé, à demi conscient. Je passe comme dans un rêve devant le temple du Guide en ruine. Le sol est ravagé, l'herbe brune, boue immonde sous la cavalcade des chevaux. L'eau des ruisseaux est teintée de rouge, partout les stigmates de la bataille s'affichent, horribles et pervers. Les cris gutturaux des créatures ignobles me talonnent, mort rampante me frôlant de ses doigts invisibles.
Je monte sur une butte, où j'avais l'habitude de composer chants et poèmes. Je me surprends à fredonner une ancienne chanson, ode à l'amour. Comme si tout cela n’était qu’un rêve, cauchemar que les rayons du soleil allaient dissiper sous peu…

Or Nimphredil est étendue là, sur l’herbe encore fraîche, au milieu d’un parterre de blanches Ephinmdrils. Son visage est terne, l’éclat de ses yeux n’est plus. Aucune blessure ne profane son corps sacré, mais l’étincelle de vie l’a bien abandonné. Le désespoir fut le plus fort, horreur de voir perdu tout ce qu’elle avait pu chérir.
Il s’agit réellement d’un funeste songe. Mais d’un de ceux que l’on fait éveillé, qui se révèle d’une atroce réalité…
La lumière des étoiles a quitté ce bas monde. Jamais plus je n'entendrai son rire perlé. Jamais plus je ne contemplerai son éclatant sourire. Je tends une main tremblante vers son visage, l'effleure du bout de mes doigts gourds. Ailleurs. Je suis ailleurs, ne comprenant pas. Je ne peux accepter ce que je vois. Ce que je ressens. Une sourde terreur envahit mon corps. Puis je m'abandonne enfin...
Une rage intense, une cruelle souffrance éclatent en moi. Tout espoir est perdu. Je n’ai même plus la force de pleurer sur le corps de ma bien-aimée. Allongé à ses côtés, je me laisse partir dans un monde de ténèbres et de pleurs. Un voile obscurcit mon esprit. La paix intérieure m’a quitté en même temps que l’a fait Nimphredil...

Tout est chaos, tout est noirceur...
 
 
     

 
par Taliasar Vynéras
le 24/07/2007
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