La communauté du fantastique et de la science-fiction  







 
Titre, Auteur, Acteur... 

Allez ea guingamp ! Défendez le foot de Guingamp sur la communauté du foot Cluborter.com
YSAMBRE : Le Monde-Arbre... La suite   -   Cette semaine sur les écrans   -   Décès de Michael Crichton   -   NaNoWriMo fête ses 10 ans !   -   Hero Corp.   -   Mercredi jour du cinéma   -   Le Choix du Soldat   -   Arcanes.org dans Libération!   -   Mercredi, jour du cinéma   -   Tous à Bourg en Bresse , le temps d'un songe !

Sujets concernés par ce texte : Fantasy
Chapitres : 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Type de document : Essai

     
 
Dernier souffle et premiers cris.

Ces heures virent le profond chagrin
De mon presque frère
Mais constatèrent qu’un petit être
Pouvait soulever la liesse de tout un peuple.

                                                 Erwan


La matinée avait été bien remplie pour Erwan. La neige, tout d’abord, avait compliqué la continuation des réparations dans la cour, après la tempête deux jours auparavant. Puis, il avait vu, sans pouvoir agir, Abaell se jeter d’une fenêtre du logis, hystérique. Il apprit par la suite qu’elle avait assassiné deux femmes, sans raisons véritables, et en accusait son frère, devant la Duchesse. Aileen elle-même était partie, et Edan également, avec la cadette Fléseau. Il se retrouvait donc seul avec ses gars, qui tiraient quelque peu au flanc. Le temps, entre averses et accalmies, décourageait les plus motivés, rares parmi son équipe. Lui-même ne songeait qu’à arrêter, et rejoindre son meilleur ami et les autres sur la colline. N’arrivant plus à rien avec la chaume humide, il décida de libérer ses hommes de la corvée, afin qu’ils aillent se délasser en ville.
Après avoir récupéré une outre de vin, pour le trajet, Erwan sortit de la basse-cour puis se dirigea vers la colline boisée dominant le château. Il dut faire le tour de l’enceinte, et s’aventura dans la forêt sans savoir comment rejoindre les autres. Après tout, il suffit de monter. Ce fut ce qu’il fit, enjambant racines et statues, les premières étreignant les autres. Il était fasciné par ses visages. En continuant, il contempla la statue d’un ange, dont le bout de l’aile disparaissait dans le tronc d’un hêtre. Les cheveux de l’ange et ses voiles étaient agités par un vent éternel, lui conférant une allure aérienne. Erwan s’en approcha pour arracher les lierres qui entravaient  cet être des cieux.
Là, il sursauta de frayeur. Devant lui, regard rieur et sourire éclatant, Sybille se moquait de la surprise du sergent. A côté d’elle, Sharah ne semblait pas tout comprendre. « Qui est-ce, Sybille ?
-C’est Erwan, un sergent de notre escorte, répondit-elle.
-Et un homme qui n’apprécie pas qu’on l’effraie ainsi, fit-il en s’appuyant contre l’ange, reprenant son calme. Mais que faites-vous là, seules ? Où sont Edan et Marta ?
-Et bien Marta nous cherche, pendant que Neil, Edan et nous deux sommes cachés.
-Mais nous attendons depuis un moment déjà, continua Sharah. Et je commence à avoir froid.
-Alors nous allons rentrer, princesse. »
Erwan guidait la jeune aveugle, tandis que Sybille courait dans les bois à la recherche de Neil, d’Edan et de Marta. Le jeu devint moins agréable lorsque la pluie s’ajouta à la partie. Le sergent décida de monter au trône, pensant que les trois autres feraient de même. Au sommet, Edan tournait en rond, inquiet et impatient. Lorsqu’il aperçut le groupe, il courut jusqu’à eux. « Vous n’avez pas trouvé les autres ?
-S’ils ne sont ni avec toi, ni avec nous, ils sont encore dans le bois.
-Où rentrés au château, suggéra Sharah. »
L’inquiétude transforma le visage de Sybille, qui ne pensait plus le jeu si amusant. Elle fit le tour de la clairière en criant le nom de ses amis. Sharah l’imita, de son côté ; mais sans guide, elle trébuchait sur chaque racine. Agacée, elle leva ses pieds toujours plus haut à chaque pas, afin de les éviter. Mais rien a faire. Rageuse, elle arracha une branche et l’envoya au loin.
« Hey ! Ne m’envoyez pas de branches, Sharah !
-Neil ?
-Ben oui. Bah, de toute manière, j’ai gagné, vous avez déjà tous été trouvés.
-Serais-tu idiot, cousin ! S’énerva la princesse. Nous t’appelons, inquiets, et tu nous laissais faire. Je vais en parler à ta mère.
-Tu exagères... fit-il taquin. Imagine que je dise à mon oncle que tu es sortie sans qu’il le sache... »
Sharah, devant un tel chantage, fermait et ouvrait la bouche, sans savoir que dire. Après qu’Erwan les a rejoint, ils continuèrent à appeler Marta. Mais la pluie devenant averse, ils prirent le chemin du Havre, espérant que la jeune femme faisait de même. Ils descendirent, glissant de temps à autres à cause de la boue. En arrivant en vue de la poterne, Sharah lâcha la main d’Erwan puis se dirigea, hésitante, vers l’orée du bois, plus au Sud. Intrigué, Erwan la suivit : « Mademoiselle Sharah ?
-J’ai entendu comme un galop, par là, dit-elle en indiquant du doigt le Sud. »
A travers le rideau de pluie, il aperçut une forme humaine se balancer doucement à la branche d’un arbre. S’approchant, le doute n’était plus possible. Marta ! Il se tourna vers Sharah et lui demanda de retourner vers les autres. Il sortit sa dague et courut vers la pendue, les sens en éveil, au cas où l’assassin roderait toujours. Trempée, maculée de sang et boue, les cheveux collées au visage crispé, les yeux exorbités ; l’image de Marta bouleversa Erwan, qui eu un haut-le-coeur. Il grimpa néanmoins à l’arbre, puis coupa la corde. Le corps sans vie tomba comme un sac dans une flaque.
C’est à ce moment qu’Edan arriva, qui se jeta sur le cadavre encore chaud de la pauvre femme, l’embrassant comme s’il désirait la reprendre à la mort. Mais depuis longtemps le denier souffle avait quitté ses lèvres, aux rouges palissant. Erwan était là, debout près de son ami, sans savoir que dire, que faire. Apercevant les enfants qui attendaient sous le pluie, plus loin, il quitta Edan pour les ramener au château. Le jeune homme restait sourd aux questions de Sybille, dont la voix trahissait l’appréhension de savoir. Puis elle se mit à pleurer, alors que Neil se retenait, et que Sharah semblait ailleurs, comme perdue dans un souvenir angoissant.
Vingt minutes plus tard, seul, il retrouva Edan près de la poterne, portant dans ses bras le corps sans vie de Marta. Des hommes virent l’aider. Edan déposa le cadavre, puis sans se retourner, il prit le chemin du donjon, suivi d’Erwan. Assis tous les deux dans leur cellule, muets, l’un retenait son chagrin, l’autre réfléchissait aux trois meurtres des deux derniers jours. Si Marta est morte alors qu’Abaell était emprisonnée, c’est qu’elle est innocente. Je dois en parler à Rose, puis au Duc. Edan, n’en pouvant plus, pleura de colère et de douleur sur l’épaule de son ami. Brisant son mutisme, il réussit à dire : « Je crois... qu’en deux jours, j’avais réussi à l’aimer, Erwan. A l’aimer... » Le soir venant, Edan s’endormit, veillé par Erwan. Lui, la tête contre le mur humide et froid, gardait les yeux ouverts, fixant les ténèbres, en écoutant la respiration calme de son meilleur ami.

***

Une aube ensoleillée illumina les deux amis endormis. Ils sortirent s’étirer, se débarrasser des raideurs de la nuit, et respirer intensément l’air frais de ce nouveau jour. Une légère brume provenant du lac se dissipait avec la brise du Sud, plus douce que celle des Monts d’Arban, désormais saupoudrés de blanc. Du haut du donjon, ils restèrent à contempler ce paysage dans le silence. Les tours et les flèches de la cité d’Albâtre, au loin, se dégageait de leur couverture de brouillard, alors que le soleil levant teintait de rose et d’ocre Cigne la Blanche et les nouvelles neiges d’Arban.
Réveillé par ce spectacle, Erwan tapota l’épaule d’Edan, qui affichait un sourire triste voulant dire « Ca ira bien aujourd’hui ». Ensemble, ils descendirent au réfectoire du donjon, affamés. Étrangement, cette longue salle habituellement trop animée était calme et presque vide. « On va pouvoir manger tranquillement, pour une fois, lâcha Edan. » En effet, ils se rassasièrent de pain, de fromage et de bière. Puis Erwan demanda au cuisinier la raison d’un tel calme. « Tout simplement qu’le travail de la Dame a commencé, gars ! grommela le petit homme. Et qu’tous les gars, et qu’tous les belles gens, ils attendent en bas, dans la cour. »
Les deux remontèrent au donjon et constatèrent qu’une véritable foule occupait la cour, et débordait hors des remparts, sur le chemin menant à la ville. Ce même chemin d’ailleurs, sur lequel s’étirait une file d’habitants du Havre, grimpant vers le château pour assister à l’annonce de la naissance. « J’ai cru voir Andel et les gars. On descend les rejoindre ? suggéra Edan.
-Vas-y, je vais profiter que tout le monde soit en bas pour aller parler à Abaell.
-Pourquoi ?
-Pour l’innocenter, lâcha Erwan, déterminé. »
Il quitta Edan pour le logis, au sous-sol duquel devait être enfermée Abaell. Il chercha une vingtaine de minutes dans les couloirs labyrinthiques du sous-sol. Il finit par demander à un jeune garde, élancé et maigre, avec encore quelques traces d’acné  sur les joues. « Excuse-moi, tu ne saurais pas où est retenue Abaell Nérac.
-Ouais, répondit l’autre. Mais qu’est ça peut te faire ?
-Je veux lui parler.
-Elle est là dedans, la jolie, mais s’tu veux lui parler, faudra demander la permission du Duc, tu vois.
-Je ne crois pas que ce soit le jour, tu vois, appuya Erwan. Et il est urgent que je lui parle, tu vois...
-Oh là ! Moi j’ouvre pas sans permission, dit crânement le garde. Et pourtant j’aimerais bien lui faire sa fête à la jolie, crois-moi donc ! »
Agacé, Erwan plaqua violemment le tout juste homme contre le mur, le bras sur la gorge. A cinq centimètres de son visage, il lui murmura lentement, appuyant sur chaque mot : « Ecoute, merdeux, une amie à moi est morte, une autre est accusée de meurtres qu’elle n’a pas commis. Tu vas m’ouvrir maintenant, il faut que je lui parle. Et crois-moi, si tu essayes de lui faire sa fête, comme tu le dis, je t’arracherais ce qui fait de toi un soi-disant homme. » Erwan recula, et le garde, soumis, lui ouvrit la porte et se plaça plus loin, après qu’Erwan lui a gentiment tapé la tête. « C’est bien ».
La pièce obscure n’était éclairée que par une lucarne, devant laquelle se tenait la représentante Nérac, ses très longs cheveux lâchés. Elle tentait, debout sur le tabouret, sur la pointe des pieds, d’apercevoir quelque chose dehors. Elle jeta un oeil rapide sur son visiteur, puis, ayant reconnu Erwan, elle sauta dans ses bras, presque hystérique : « Oh Erwan, s’il te plait, je t’en prie, sors moi de là, je suis innocente, innocente...
-Je sais, affirma-t-il en essayant de la calmer. Je sais, je sais ! » Il la saisit fermement afin qu’elle cesse de gesticuler en criant. « Écoutes Abaell, je sais que tu es innocente, mais pour convaincre le Duc, tu vas me raconter ce qu’il s’est passé dans la chambre, là-haut, et me dire qui tu as rencontré. D’accord ? » Et, assis sur le lit, elle lui raconta tout, dans les moindres détails, comme si ces souvenirs l’avaient hantée durant ses deux jours d’isolement. « Donc, Opyal et cette Thiara que tu ne connaissais pas, étaient toutes les deux rousses ? repensa Erwan. Tu vois Abaell, si je suis là c’est que Marta, une domestique de Valgrive, s’est faite assassiner hier, et elle était tout à fait rousse. Soit le meurtrier a un faible pour le roux, soit l’une de ses victimes en savaient trop, sans doute Marta, et le tueur ne la reconnaissait qu’à sa couleur de cheveux.
-Et moi, dans l’affaire ! protesta Abaell. Je suis accusée de meurtre !
-T’innocenter va être simple, comme tu étais ici, impossible de sortir, au moment où Marta a été pendue. Mais le Duc est trop occupé maintenant, son enfant va naître.
-Il s’agit donc de ça, la foule dans la cour.  Écoutes Erwan, recommanda-t-elle, tu dois trouver un moyen de prouver la culpabilité de mon frère. Ckain était sur les deux lieux des meurtres, et il m’a poussé de la fenêtre.
-Arrête, ton frère est trop faible pour tuer, ricana le sergent.
-Oh, je n’ai pas dit qu’il était le bras, mais il a son rôle dans ces meurtres, méfie-toi, il est perfide ! »
Erwan hocha la tête, promettant de convaincre au plus tôt le Duc, mais quand il partit, Abaell l’agrippa et l’embrassa. Surpris, Erwan se laissa charmer par la fougue de la jeune femme. Elle détacha ses lèvres aussi brusquement. « Fais vite... ».
Retrouver Edan fut assez difficile, dans une foule qui ne cessait de grossir et d’enfler dans la cour et autour de la grande porte. Finalement, c’est lui qui aperçut Erwan. Il prit le bras de ce dernier, pour l’amener un peu à l’écart, dans le hall, où résonnaient milles murmures. Il lui chuchota : « Dame Rose nous ordonne immédiatement de nous rendre au salon du Duc, avec deux des meilleurs gars. C’est urgent. » Les deux attrapèrent alors Andel et un certain Hesion, particulièrement doué à l’arc. Ils cherchèrent le salon du Duc, qui était accessible par la tribune de la salle du trône. Là, huit autres soldats, des maisons de Grige et de Wyzen, réputées pour la qualité de leurs guerriers, étaient face au Duc, assis dans un haut fauteuil de bois sculpté de scènes de guerre. Le souverain avait l’air soucieux, les traits tirés mais le regard sévère sur les soldats face à lui.
« Entrez, guerriers de la maison de Valgrive, invita-t-il. Vous voilà, tous les douze, continua-t-il en se levant, pour cette séance confidentielle. Seuls vous, vos maîtres et l’intendant ici présent êtes dans le secret. Comme vous allez bientôt l’apprendre, mon fils, car c’est un fils, est né. » A cette annonce, les hommes tapèrent trois fois du poings sur leur poitrine en signe de fidélité et de joie guerrière. « Bien ! Vous êtes également au courant que la flotte de Fergard sera demain à l’embouchure de l’Automne. J’ai trop peu confiance en Léorn et en son ambition pour m’imaginer que son armada va longer Aval sans nous attaquer .» Soudain muet, le Duc regarda l’intendant avant de se retourner vers les douze hommes. « Écoutez, nous ne sommes pas sans défense, mais faible, et seuls surtout. C’est pour cela que vous partirez, juste vous, en petits groupes pour plus de discrétion, dès la nuit prochaine. Vous avez pour mission, car on m’a vanté vos mérites, de trouver un moyen rapide de libérer mon frère de l’île de Thélèmes, de le protéger jusqu’au Cyn. »
Sur cette annonce, les soldats s’échangèrent de discrets regards, ébahis. Comment, à douze, pourrions nous forcer un blocus qu’une armée ne pourrait défaire ?
« Seul un petit groupe pourrait s’introduire sur l’île, continua l’intendant. Nous vous donnerons l’argent nécessaire, et les contacts. Il faut aussi que vous sachiez qu’Entreaux n’est au courant de rien. Maintenant, nous sommes seuls. Je viendrais vous chercher dans la salle d’armes la nuit prochaine. »
Les hommes saluèrent leur souverain, puis disposèrent. Ils rejoignirent la foule. Mais Erwan fut arrêté par une main ferme, qui l’entraîna à l’écart. Rose, le regard sombre, lui chuchota : « Sergent Baln, après ce qui est arrivé à Marta, je vous ordonne, à vous et à vos hommes, d’avoir toujours à l’oeil Sybille, et Aileen lorsqu’elle reviendra. Il leur sera formellement interdit de sortir du château, sans ma permission directe. Vous comprenez ? Vous devez toujours savoir où et avec qui elles sont. » Alors qu’elle disait cela, Rose serrait plus fort le bras d’Erwan, inquiète et en colère.
La doyenne Fléseau partie, Erwan retrouva les autres. Il bouscula amicalement Edan, plongé dans des pensées trop sombres pour lui, en cet instant. Là, le soleil à son zénith, un vent insensible balaya les murmures de près de trois milles personnes, nobles, chevaliers, artisans, soldats, clercs, femmes et enfants, lorsque la « femme-naissance » apparut à la haute fenêtre du logis. Toutes les têtes se levèrent, de nombreuses mains aussi pour protéger les yeux d’un soleil irradiant. Le temps semblait suspendu, quand d’une voix claire et haute, la « femme-naissance » annonça : «  Aux noms d’Alvya la mère céleste, d’Aryon qui connaît les destinées et de Valsyon brandissant son épée, notre Dame Owena a donné vie à un mâle, notre bien-aimé Nathalien. »
A ces mots, la foule éteinte s’enflamma, lâchant trois milles voix envolées par la joie. Des gens s’embrassaient, se félicitaient. Andel, cet ours, donna une bonne tape dans le dos d’Edan, qui lui sauta sur le dos dans un début de bagarre entre amis. Erwan n’avait à l’esprit qu’Abaell, son baiser et son emprisonnement. Et également cette mission capitale et périlleuse, caprice d’un Duc, qui pourtant se voit assurer sa descendance. Thélèmes est loin et inaccessible, il est fou.
Entraîné par la foule et par ses amis, Erwan se laissa aller à la bière et à la bonne humeur dans une taverne du centre du Havre. La dernière bière avant notre départ pour Thélèmes... Le Duc nous envoie à la mort. La ville, au dehors, vibrait alors de musique, de danse et de liesse. Les rues étaient la scène d’un spectacle exubérant et alcoolisé, afin de fêter dignement l’avènement de l’héritier. Sur les chemins et dans les airs, pigeons et coursiers colportaient la nouvelle à travers les Vaux Gris : Nathalien succédera à son père, le Duché a son héritier mâle, et l’armada de Fergard à ses portes.
 
     


Chapitres : 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15  
par Gabyel
le 05/06/2007
page visitée 321 fois.