La communauté du fantastique et de la science-fiction  







 
Titre, Auteur, Acteur... 

Vous êtes sur Paris et aimez sortir ? Choisir une soirée n'est pas simple...
Guide pour sortir à Paris
LE GRIMOIRE DE KORYLFAND   -   Les dernières parutions chez Le Pré aux Clercs   -   Mercredi, jour du cinéma   -   Une trilogie en huit volumes   -   Au ciné cette semaine   -   Mercredi, jour du cinéma   -   Les fées existent   -   Mercredi, jour du cinéma   -   Mercredi, jour du cinéma   -   Les dernières sorties cinéma

Sujets concernés par ce texte : Fantasy
Type de document : Conte

     
 
Durock Fendrocher n’était pas un nain comme les autres. Il était grand… Pas de cette grandeur que l’on acquière avec le temps et avec les exploits, mais cette grandeur physique qui fait qu’un homme est un homme et un nain, un nain.
Donc, Durock était grand, mais grand, très grand. Tellement grand en fait qu’il avait de la difficulté à parcourir les mines que son clan creusait dans les profondeurs de la montagne. Cela nuisait grandement à son travail de mineur. Tous les nains de la mine riaient de Durock, se moquant de sa grandeur.
Toute sa jeunesse avait été ainsi, victime des moqueries, des railleries et quolibets de ses confrères de classe. Son père, philosophe, lui disait souvent qu’un jour viendrait,où les nains l’admireraient pour cette même grandeur.

Durock patientait donc, attendant le jour annoncé. Il faut dire sans détour que les Fendrocher étaient réputés pour une grandeur au-dessus de la moyenne et qu’ils atteignaient souvent des grandeurs, exprimons-le franchement, hors normes. Mais dans le cas de Durock, c’était définitivement exceptionnel.

Durock travaillait lentement, sans se presser. Il adorait le travail de la mine. Il choisissait ses propres rochers et les veines étincelantes qu’il parcourait de ses doigts boudinés lui disaient qu’à tel endroit, il y avait de l’or, du mithril ou encore du platine.

Puis, vint un jour où une veine plus intéressante que les autres fut mise à jour par ses soins. Pour la première fois de sa vie, il voyait un métal qu’il ne connaissait pas. Une veinule si petite que même l’œil le plus exercé avait de la difficulté à la retrouver. Il s’y attaqua avec tant d’acharnement que sa découverte fut ébruitée et que tout son clan finit par y travailler. Durock avait cependant eu le temps de creuser assez loin pour pouvoir en retirer quelques bénéfices personnels. Heureusement pour lui d’ailleurs, car la veinule s’évapora peu après dans la roche pour ne plus jamais reparaître. Le clan continua ainsi longuement essayant de retrouver celle-ci. De multiples tunnels en toutes directions avaient été percés. Des gouffres s’étaient ouverts au sein même de la montagne, vainement. Puis l’activité, aussi soudainement qu’elle avait débuté, cessa.

Les meilleurs experts furent appelés afin de découvrir les propriétés de ce nouvel élément. Pendant plusieurs mois, des recherches furent faites, mais aucun résultat n’en découla car la quantité retirée par le clan était si faible que celui-ci finit par s’en désintéresser. Mais c’était sans compter sur la persévérance de Durock. Puisqu’il n’y avait plus de minerai dans un sens, optons pour l’autre sens, fit-il logiquement. Il remonta donc les couloirs de la mine observant avec attention toutes les fissures, tous les effleurements et toutes les moindres parcelles de couloir. Et en ce sens, il était plus qu’avantagé par sa grandeur. Car c’est au plafond d’un couloir oublié, depuis longtemps abandonné, dans l’axe exact de celui qu’il avait percé qu’il retrouva la trace de la veinule tant désirée.

Là, dans ce couloir perdu, au milieu de nulle part, s’amorça le travail de sape que Durock s’était donné pour tâche. Il fit en sorte que le bruit qu’il ferait ne s’envole pas en écho parmi les couloirs en installant de vastes morceaux de tissu organisés en chicane afin que l’air puisse passer et le bruit, absorbé par les tissus. Tout ce travail solitaire pour une simple veinule marron sertie dans le granite magmatique d’une ancienne cheminée volcanique.

Et pendant de longs mois il travailla ainsi, creusant et piochant plus vigoureusement qu’il ne l’avait fait auparavant.

Il ne gardait que les morceaux les plus intéressants, évacuant ses débris dans les anciennes galeries avoisinantes. De jolis reflets opaques aux couleurs submétalliques irisaient les pierres qu’il conservait. Parfois, il en gardait une plus longtemps que les autres, admirant les cubes sortis par endroits de la pierre.

Un jour, l’un de ses cubes se détacha naturellement de l’une d’entre elles et tomba sur le sol.
Durock le ramassa immédiatement et le mit dans la poche de son pantalon. Toute la journée, il travailla, le petit cube lové au plus près de sa jambe. Puis, épuisé par un long travail éreintant, il retourna se coucher en emportant le morceau qu’il avait ramassé. Près de son lit, il déposa celui-ci sur sa table, sans se soucier outre mesure des conséquences que le geste qu’il posait, allait provoquer.

À son réveil, Durock repartit vers sa mine et oublia son cube sur la table.
Il avait cependant une curieuse petite douleur sur la jambe, mais ne s’en soucia pas trop. La journée passa ainsi sans autre incident. À la fin de la journée, il revint pour se reposer et examina alors le cube.

Ce qu’il vit le prit par surprise. Sur la table une forme carrée, légèrement plus foncée que celle-ci, se détachait comme un signal. S’interrogeant, il regarda sa jambe et s’aperçut qu’une légère brûlure, comme un petit coup de soleil, rougissait celle-ci. Liant les deux faits, il prit la table et le cube puis se précipita hors de sa cachette pour aller avertir ses aînés. N’ayant pas conservé les prélèvements précédents, les nains responsables des découvertes furent curieux de voir ce que ramenait Durock. Il leur expliqua alors que c’était le même minerai qu’il avait vainement tenté de chercher plusieurs mois auparavant. Tout excité par ce que ramenait Durock, ils étaient curieux de connaître la façon dont il s’était pris pour trouver ce magnifique exemple de minerais. Durock leur conta donc son histoire avec tous les détails à la condition que ceux-ci lui accordent l’exclusivité sur ce genre de minerai. Les aînés et sages du clan de la montagne se réunirent pour décider qu’il serait préférable d’en référer au roi sous la montagne.
Ainsi fut fait.

Après plusieurs heures de délibération avec son conseil élargi, le Roi décida que Durock aurait l'exclusivité de minerai à la condition que le Roi en ait 10 % des parts pour ces coffres. Et, puisque tout le monde était d'accord sur les points de l'entente, une grande fête eut lieu où la bière coula à flot. Plus jamais on ne se moqua de Durock.

 Il devint même une légende...

La légende Durock.
 
     

 
par Bill McFly
le 08/04/2007
page visitée 520 fois.