Margareth Weis & Tracy Hickman
Ils ont créé Lance dragon, qui est peut être la plus connue des campagnes, et à qui Dongeons et Dragons doit quelques unes de ses plus belles lettres. Alors que vous entendrez souvent parler de Pratchett, Eddings, mais plus rarement de ces deux là. Je ne comprends franchement pas pourquoi, parce que tout ce j'ai pu lire d'eux était vraiment excellent. Je vous en dit plus de suite...
1. Les portes de la mort"Le Labyrinthe tue ce qu'il peut - sinon nos corps, alors notre courage, dit le chef. Pleure ta perte, mon fils, et n'oublie jamais qui en est responsable."
Résumé
La Terre avait été ravagée par une guerre nucléaire terrible, et presque toute vie avait disparu. Progressivement de nouvelles races ont commencé à apparaître : Nains, Elfes, côtoyant les Humains dans la vie de tous les jours. Sont aussi issus du Chaos deux peuples très puissants utilisant une magie commune, la magie des Runes, mais avec une façon différente de la concevoir : les Patryns et les Sartans. Ils étaient les plus puissants de tous, et ils passaient pour des demi-dieux : les Sartans bienveillants et désireux d'éduquer les "menshs" (terme générique désignant les races considérées comme inférieures) qui ne cessaient de se battre entre eux, et les Patryns plus solitaires et belliqueux, visant à dominer et à asservir.
Mais les Patryns commencèrent à devenir plus puissants, à s’allier, et donc à menacer l’équilibre et la domination des Sartans. Devant cette menace, ceux-ci prirent peur et commirent l'irréparable, se prenant pour de vrais dieux : ils détruisirent le monde pour en construire quatre nouveaux à partir des restes, sauvant les menshs qu'ils estimèrent digne de vivre dans leur création. Ils créèrent aussi les Portes de la Mort qui seules permettent le passage entre les mondes, et en profitèrent pour enfermer les Patryns dans un monde sensé les éduquer : le Labyrinthe. Ils devaient en ressortir cent ans plus tard.
Mais aujourd'hui mille ans se sont écoulés, et les Patryns commencent à peine à sortir du Labyrinthe, guidés par leur chef, le Seigneur du Nexus, bien décidé à prendre leur revanche. En effet le Labyrinthe s'est transformé en une véritable machine à tuer, et chaque seconde à l'intérieur est une lutte pour survivre. Quelque chose est allé de travers. Haplo, un jeune Patryn, est envoyé par son maître au travers des Portes de la Mort pour visiter les quatre nouveaux mondes, dans le but de préparer la domination de son peuple et l'écrasement des Sartans. Mais l'équilibre à été rompu et tout est allé de travers…
Composition
L'aile du Dragon
L'Etoile des elfes
La Mer de Feu
Le Serpent Mage
La main du Chaos
Voyage au fond du Labyrinthe
La Septième Porte
Critique
Il n’y a qu’une chose à dire : Superbe !!!!!!!
Les mondes sont géniaux, les personnages fantastiques, l’ambiance exceptionnelle, l’intrigue époustouflante…
Je n’ai pas les mots pour décrire à quel point j’ai été emballé. C’est le livre par lequel j’ai découvert ce couple, et c’est leur meilleure série à ce jour. L’approche de la fantasy est un remake de toutes les vieilles valeurs. Les nains y sont tels qu’on peut s’attendre à les trouver, mais avec une originalité stupéfiante, les elfes surprennent, les humains sont toujours au milieu, et surtout les dragons sont rapidement omniprésents. Au travers de l’épopée d’Haplo sur les différents mondes, sa rencontre avec les principaux protagonistes au fil des livres, on vit vraiment une aventure exceptionnelle. Je crois franchement qu’après Tolkien, c’est vraiment ce que j’ai lu de mieux en la matière. Le seul reproche que l'on puisse formuler, c'est peut être que sept tomes c'est vraiment trop court. Je me souviens de l'horreur avec laquelle j'ai vu s'approcher la dernière page... d'autant plus que la fin... enfin je vous laisse découvrir et je préfère me taire.
Edité chez Pocket; collection "Fantasy"
2. La légende de l'épée noire"Il naîtra dans la Maison royale un fils qui sera mort et qui pourtant vivra, qui mourra de nouveau et de nouveau vivra. Et quand il reviendra, il portera dans sa main la destruction du monde…"
Résumé
Dans le royaume de Thimhallan la vie est bien différente pour les mages de ce qu'ils ont connus sur Terre : ils étaient persécutés comme sorciers, et voilà désormais qu'ils peuvent évoluer à leur guise dans un monde où règne la Magie, réglant chaque instant de leur vie, depuis leur naissance. A leur naissance, les bébés savent utiliser la Vie (terme générique pour tout ce qui touche au magique), et le neuvième Ordre, la Technologie, qui a amené tant de désastres avec ses armes est définitivement prohibée. Désormais, toute création doit venir de la magie, et l'on ne doit plus recourir à aucun outil. Tous ceux qui naissent destinés à cette science par manque de Vie sont éliminés ou chassés.
Mais une ombre plane sur ce bonheur. Une prophétie révélée par le dernier devin annonce la fin du monde :
« Il naîtra dans la Maison royale un fils qui sera mort et qui pourtant vivra, qui mourra de nouveau et de nouveau vivra. Et quand il reviendra, il portera dans sa main la destruction du monde... »
Cette menace est transmise à chaque nouvel évêque de l'Etern, l'unique dieu créateur de toutes choses et dispensateur de Vie.
C'est aujourd'hui le tour du nouveau prince de subir l'épreuve qui révélera sa Vie, et il échoue complètement. L’évêque Vanya applique alors le plan qu'il a prévu pour mettre fin à la menace de la prophétie. Mais quelque chose va de travers dans ses machinations. Il se doit de réagir très vite et compte sur le catalyste Saryon, un génie en mathématiques mais excessivement faible de caractère, qu'il pourra manipuler à sa guise.
Un seul problème qu'il n'avait pas pu prévoir : un fou attachant et toujours au courant de toutes choses, Simkin. Celui-ci, insaisissable, semble prendre un malin plaisir à toujours brouiller toutes les cartes, et il est impossible de savoir s'il lutte pour l'accomplissement de la prophétie, pour l’annihiler ou pour s'amuser.
Composition
La naissance de l'épée
La malédiction de l'épée
Le triomphe de l'épée
La renaissance de l'épée
Critique
On retrouve dans cette série encore une fois la patte des maîtres.
Les personnages ont réellement un caractère, et donnent l'impression d'avoir été beaucoup plus recherchés et travaillés que dans les Portes de la Mort ou ils correspondaient quand même beaucoup à une ambiance de jeu de rôle. Ici la notion de bon ou de méchant n'a plus aucun sens, et on est toujours pris dans le paradoxe de plaindre ceux que notre raison voudrait que l'on haïsse, et de détester toute cette splendeur magique qui est sans cesse étalée sous nos yeux, tellement elle est superficielle.
Les héros n'en sont pas. Ce sont de simples humains, pleins de contradictions et de problèmes, qui n'ont que les moyens du bord pour les résoudre. On s'attache énormément à ce catalyste désespéré de devoir tromper quelqu'un, à ce brun malheureux qui est sensé être le héros, mais qui refuse de se faire aimer, même par le lecteur, tellement il a souffert. Quant à Simkin, c'est l'un des meilleurs personnages que j'ai jamais suivis tellement il reste jusqu'à la fin une énigme pour tout le monde, drôle, fou, et trop sensé.
Je dois quand même mettre un bémol, car si les trois premiers sont excellents, je dois admettre que le quatrième est vraiment mauvais, et je déconseille à la limite de le lire. De plus, l’histoire pouvant très bien s’arrêter au troisième, je pense qu’ils ont été forcés de continuer la série après coup.
Un autre problème est pour accrocher au début, car le monde qu'ils ont créé est extrêmement complexe, et il est très dur de s'y retrouver tout de suite. Voici donc un résumé de l'organisation de la société qui peut vous aider à ne pas être perdu pendant cinquante pages :
La vie est régie par la Vie. Dans le royaume du Thimhallan, il existe plusieurs sortes de mages, dont voici les principaux :
- Les Catalystes qui donnent l’énergie magique aux autres mages en la tirant de la Nature. Ce sont des prêtres et ils prient pour l’Etern. Pour transmette la vie ils ouvrent un Passage, mais celui-ci peut donner ou reprendre la Vie (analogue d’énergie magique)
- Les Vigiles, toujours habillés de noir et avec une grande capuche, qui sont les espions, et les plus doués pour la magie d’attaque. Ils sont aussi appelés les Duuk-Tsaarith.
- Les Sif-Hanar, qui s’occupent de la météo et qui veillent à l’irrigation des champs et à ce que le temps en ville soit agréable.
Une autre chose dont il ne faut pas s’étonner c’est que les normes sociales passent par la couleur des habits, et qu’à chaque situation correspond une couleur définie que tout le monde doit porter. Et là-bas tout le monde peut changer son costume de couleur à volonté.
Ensuite il ne faut pas trop s’étonner car tout le monde vole au sens propre du terme, c’est en effet ce qui démarque ceux qui ont de la magie des autres.
Je pense que cela devrait suffire à vous guider pendant les premières pages, dans tout cet assemblage de nom barbare que peut représenter le début du roman.
Edité chez Pocket; collection "Fantasy"
3. La rose du prophète"- Donc, reprit l’Imam, votre dieu vous donne des ordres et vous obéissez ? - Oui. - Par conséquent vous n’êtes pas vraiment libres. - Nous restons libres de désobéir, souligna Kardhan dans un haussement d’épaules. - Quelle est la punition de la désobéissance ? - La mort. - Et quelle est la récompense pour une existence vertueuse ? - La mort."
Résumé
Dans cette trilogie, l’histoire se déroule dans un monde très proche des Milles et Unes Nuits.
Il existe vingt Dieux, et chacun à son peuple et ses serviteurs immortels pour l’aider à faire ses volontés sur la Terre. Chaque Dieu est une face d’un diamant, et représente dans ce diamant un triangle composé de trois valeurs. Le but de son existence est de transmettre à son peuple ses valeurs pour garder constant l’équilibre terrestre. Et il ne doit pas chercher à prendre plus d’importance que les autres, sinon le diamant céleste ne sera plus solidaire, et donc détruit.
L’intrigue proprement dite débute lorsque les Dieux du Bien et du Mal s’affrontent et se détruisent, et que l’équilibre commence à vaciller. On va alors suivre les peules du Dieu du Désordre et celui du Dieu de l’ordre dans leur quête pour retrouver l’équilibre.
Composition
Le désir du Dieu Errant
Le Paladin de la Nuit
Le Prophète d’Akhran
Critique
C’est encore un chef d’œuvre d’imagination et de fantasy. On y retrouve toutes les figures mythiques de l’Orient (Djiins, Efrits, tribus de nomades, architecture à coupoles, harems, sultans…) mélangées au catholicisme (la religion de l’ordre avec toute sa hiérarchie d’archange, chérubins, etc), avec des personnages pur RPG comme les Paladins de la Nuit. Ce qu’il y a de vraiment très fort, c’est que malgré tous ces archétypes, jamais on ne tombe dans le cliché. Les personnages sont attachants, jamais lourds, le scénario est réellement imprévisible car on voyage beaucoup sans savoir sur quoi on va tomber, et en fait, on n’a pas l’impression d’avoir à faire à du banal, comme c’est trop souvent le cas dans ce genre de littérature.
Personnellement, je me suis régalé, j’ai bien rigolé, bref j’ai dévoré les trois tomes en trois jours. C’est franchement agréable comme dépaysement de voyager en Orient, et le mélange de la mythologie d’Aladin, avec sa lampe et ses génies, avec celle RPG faite de chevaliers, de donjons et de magiciens est génial. De plus j’ai trouvé les personnages très bien trouvés, biens aboutis, et le plus important, ça ne finit pas comme on s’y attend. Encore une fois, vive W&H !
Une chose à déplorer cependant, c’est la qualité de la traduction de Pocket. C’est parfois à la limite de la catastrophe. Je trouve ça vraiment dommage car des fois on se prend la tête à comprendre une phrase parce qu’elle est incorrecte ou parce qu’elle a été mal recopiée et qu’un nom s’est substitué à un autre. Bref, il serait temps que ce cher éditeur cesse de ne s’occuper que de son profit maximum pour prendre un peu en compte ses lecteurs, et choisisse de meilleurs traducteurs qui font attention à ce qu’ils écrivent, ou alors de mieux les payer. Tout le plaisir de la lecture est régulièrement gâché, et c’est une insulte aux écrivains
Edité chez Pocket; collection "Fantasy"
4. Lancedragon
Résumé
Lancedragon est une extension AD&D, et comme toujours, il y a une série de livres, édités pour ceux-là chez Fleuve Noir, qui se déroulent dans ce monde. Je ne sais pas à quel point W&H ont été libres pour la création du monde et des personnages, aussi j’ai du mal à considérer cette série comme la leur. Je la cite néanmoins pour le geste, mais elle est très en-deça du reste.
Des amis sont aux prises avec la déesse du mal qui veut s’incarner sur Terre. Pour cela elle a réveillé les mauvais dragons qui ravagent tout sur leur passage. Avec l’aide d’un vieux fou ils vont essayer de retrouver les bons dragons et la science pour forger les Lancedragons qui seuls peuvent vaincre la menace.
Mais pendant cette quête on suivra enfin deux jumeaux dont l’un est le magicien le plus puissant du monde, et qui a décidé de prendre la place de la Reine des Ténèbres, la déesse du Mal.
Composition
Dragons d’un crépuscule d’automne
Dragons d’une nuit d’hiver
Dragons d’une aube de printemps
Le temps des jumeaux
La guerre des jumeaux
L’épreuve des jumeaux
Critique
Sans grand intérêt, comme tout ce que j’ai lu chez Fleuve Noir d’ailleurs, dont les traducteurs sont encore pires que ceux de chez Pocket. C’est du bas de gamme de la fantasy, mais on retrouve quand même la touche de W&H dans les personnages qui ont tous un petit quelque chose (du moins lorsque ce n’est pas le héros qui se doit d’être un cliché, puisque ces livres ne sont rien d’autre que de la pub pour AD&D). De plus, on voit apparaître un personnage qui sera l’un des personnages principaux des Portes de la Mort, puisqu’il s’agit de Zifnab, qui s’appelle ici Fizban.
On leur pardonne quand même car ils n’ont pas dû s’amuser à faire ça, vu que dans ce genre d’histoire tout est normé à l’avance (comme dans les policiers S.A.S. ou Arlequin). Mais bon, après le succès de la campagne du même nom pour ADD ils ont du être obligé de le faire…
Au fait, ils ont écrit d’autres choses dans les Lancedragons (qui possèdent plusieurs écrivains, et maintenant une trentaine de tomes, essentiellement sur les rencontres et aventures antérieures des héros de ceux que je cite), mais je ne pense pas qu’il soit nécessaire de les citer, au pire si cela vous intéresse, sachez juste qu’il y en a et regardez dans un Lancedragon aux pages de garde.
Edité chez Fleuve Noir; collection "LanceDragon"
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