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"La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles"
Un arbre sublime s'élève au-dessus de la forêt.
à l'ombre de cet être quasi-divin, une atmosphère paisible vous enchante. Les dryades se cachent, mais laissent entendre au loins leur chant mystique. Sur la mousse fraiche et douce dans la lumière tamisée, on peut distinguer les traces des lutins venu entretenir ce lieu de culte...
Des lucioles éclairent l'entrée du temple dans la base de l'arbre et vous guident à l'intérieur du lieu sacré.
De gigantesques escaliers mènent alors aux plusieurs étages de ce temple vivant.
Le souffle s’éteint.
Le monde dans l’arbre de la Forêt supérieure s’éteint.
Mais, à l’extérieur du temple, la Vie et la Mort s’entremêlent soigneusement. Le ciel s’obscurcit et laisse se déposer, dans le parc qui l’entoure, une nuée d’argent pur, d’étincelles de couleur ocre, formant un voile d’une trame aussi belle que terrifiante, nimbant chaque silhouette, chaque brin d'herbe . Et, l’arbre lui-même, voit ses racines remonter à la surface de la terre, ramenant entre elles des cendres rosées entre les mottes d’herbe ; emportées par une légère brise, les cendres se recoupent sur le voile d’argent, et y demeurent prisonnières. Les Dryades se taisent, et se retirent dans les arbres tortueux leur servant de refuge, leurs visages évanescents se fondant dans l’écorce rude pour y demeurer. Seules les feuilles, d’un velours vert luxuriant, frissonnent encore légèrement.
Le temps de l’innocence est passé.
La Mort existe à présent dans le parc, plus sûrement qu’elle ne l’a jamais été, et y pose son empreinte mélancolique, attachant les marques de sa présence par chaque souvenir de Thaïs, gisant au cœur de l’arbre. Attendant de se réveiller
Et, autour de l’arbre, des plantes sauvages, des fleurs de lierre, viennent s’épanouir, glissant le long du tronc comme de nouvelles reliques d’une solitude que rien ne pourra jamais effacer.
Shariva, Déesse de la mort et de la vie, vous y attend...
Edité par Thaïs Erin le 15/08/2006 à 12h17
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295 messages, dernier de Knapp (Contrebandier | niveau 7) le 12/09/2008 à 14h49
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#240
Pyrithe (Maître de Magie | niveau 15)
le 27/09/2006 à 00h35
Et adorer la nature alors ?? N'est-ce pas une noble tâche que de vouloir defendre tout ce en quoi je crois ?? Quand on créeer quelque chose, il faut l'entretenir. Les Dieux abandonnent la nature !! Le fait qu'il y ait tant d'arbres morts ne me plait absolument pas. Adrian aussi l'a très bien comprit. Il ne voulait que soulager la nature de ses souffrances, et tout le monde le blâme pour ça...Une vague d'intolerance et d'incoprehension s'abat sur cette Terre et c'est vraiment désolant...Pourquoi personne ne comprend ce que nous essayons de faire ??!! Malgrés tous vos pouvoirs, toute vôtre expérience, vous n'aurez jamais la plus grande des forces : la force du coeur, la sensibilité... car ca ne s'apprend pas, c'est quelque chose qu'on a naturellement...
*Oniros avait perdu son calme légendaire, il était entré pendant 1 minute dans un état second...Le calme revenait enfin... Oniros se savait pas ce qu'il lui avait pris..Malgré cela il était très content de lui, il fallait bien qu'il dise ce qu'il pensait quand même..la liberté d'expression n'ayant pas encore été abolie par tous ces fanatiques...*
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#242
Oniros (Inquisiteur | niveau 11)
le 27/09/2006 à 01h18
*se frappe la tête contre une roche, mentalement*
*Bien, Pyrithe, tente de garder ton calme. Si c'est ca la nouvelle génération de prêtre à venir, et bien on est pas dans la merde!*
Dis moi jeune clerc, c'est ainsi qu'on apprend à respecter les Pretresses et les anciens aujourd'hui?
Je vais être calme, et t'expliquer, une dernière fois:
*frappe le sol en murmurant. Un tableau noir apparait face à eux et Pyrithe tient alors une craie blanche dans sa main. Des lunettes se matérialisent sur ses yeux*
Shariva est la déesse de la vie, de la mort, et de la nature. C'est elle qui engendra toutes les races, c'ets pourquoi nous la nommons la "Mère Originelle".
Régissant les principes flous pour le commun des mortels de mort et de vie, c'est une déesse neutre. Pas de mal ou de bien, seul le régissement de l'ordre naturel et ce qui y contribue de près ou de loin.
Cette forêt est le sanctuaire divin de Shariva, son temple. Choisit par elle, pour en faire son premier lieu de culte avoué.
Couper un arbre ici reviens à couper un pilier de la grande Cathédrale des Primordiaux. Tout ce qui pousse ici est entretenu par sa seule volonté. Si elle décide de faire mourir un arbre, c'est elle qui le choisit, pour le bon déroulement de la vie. La moirt fait partie intégrante de la vie. Qui sait ce que cache ses dessins divins? Peut être qu'elle a décidé de faire mourir le 1/4 des arbres de son sanctuaire pour en faire renaitre de nouveaux, plus jeunes, plus beaux, à leur place. Et ses vieux troncs qui ont servis Shariva le font jusqu'au bout... dans leur mort, leur corps physique sert d'engrais à ce sol si fertile, pour aider les jeunes pousses à former de beaux chênes...
*remballe le matos de prof qui part en fumée*
Voilà, c'est somme toute assez simple non? Aller, fait moi plaisir, dis moi que tu as compris.
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* La pluie qui tombe en gouttes serrées forme un voile liquide presque trop trouble pour être tout à fait réel, levant des nappes d’un brouillard nébuleux entre les branches des arbres centenaires, et les ombres s’y dessinant en sons inaudibles pour des oreilles non initiés tissent la trame d’anciens chants oubliés…Rauques, gutturaux,heurtés, et heurtant les plantes à demi pliées sous la pression d’une main invisible comme des coups physiques d’une immense ampleur, augmentant encore de seconde en seconde, alors que les différents protagonistes, dans la forêt, n’en finissent plus de s’affronter, leurs paroles se mêlant aux mélopées grandissantes jusqu’à ne plus former qu’un tout insupportable, meurtrissant les parois de la ganse de silence ouatée que Thaïs, dans un dernier sursaut d’énergie, a créée autour d’elle et de son corps blessé. Le long de ses jambes posées sur le sol humide, encore recouvert par endroits de dépôts d’une sciure ambrée, courent en réseau ténébreux les lignes recouvrant sa peau pâle, ancrées dans sa chair par la morsure d’un passé qui, de nouveau, vient l’envahir…Même ici, sous la protection de la Déesse, la douleur parvient à dérouler ses reptiliens anneaux, en écume noirâtre dont le souffle amer lui balaye le visage…Même ici, alors que tout ne devrait être que calme et silence, l’Eldoran se réveille déjà.*
* Perdue au fond d’elle-même, en exilée inconsciente de la vie sommeillant autour d’elle, la fée ne sait même plus si elle doit s’en réjouir, ou s’en attrister…Et il y a quelque chose dont elle doit absolument se rappeler, quelque chose qu’elle a induit par ses seuls actes, mais, comme les images tournoient autour de son esprit sans s’y loger vraiment, elle ne parvient plus à faire la distinction entre les rêveries occasionnées par son cerveau malade, la bulle de cristal dont elle vient d’émerger, noyée sous le flot de quelques souvenirs plus pugnaces que les autres, et la réalité…La réalité…Du moins, ce qu’elle a toujours perçu comme étant le réel.*
* Jamais ne cesseront ils de parler ? ne se rendent ils pas compte que d’un simple mouvement trop hâtif, elle peut les tuer, tous autant qu’ils sont, sentir le poids des mains d’ombres déchirer la peau et atteindre les organes fragiles, pourpres et rosés, palpitants encore entre ses doigts ? Vont-ils se taire ? Sont ils inconscients au point de ne pas voir la nuit déposer son baiser de givre sur les branches, soulevant les nervures des feuilles encore vivantes, le ciel se rapprocher de la terre en étreinte mortelle ?*
* La fée secoue la tête, les mèches de ses cheveux roux barrant son front pâle, puis elle se redresse, prenant appui, de sa main jadis brûlée, au contact de la paroi lisse et en même temps rugueuse, de l’enveloppe tissée autour de son corps, en mélange de ténèbres et de larmes d’argent y roulant leurs dernières images. Lorsqu’elle dépasse la ganse de velours d’opale, pour un moment, un court instant, se jouent sur son visage les reflets d’une ancienne souffrance, alors que sa peau semble parcourue de vibrantes étincelles aux teintes de feu, et que les pans de sa longue robe blanche s’accrochent aux reliefs de la bulle dont les parois se diluent. Mais elle n’y prend pas garde, et se dirige d’un pas hâtif vers les trois visiteurs.*
*Lorsqu’elle se met à parler, coupant résolument la parole aux récriminations d’Oniros, son ton est sec, et sa voix tranche l’air comme déchirant l’atmosphère poisseuse de la Forêt, où s’étendent les Ombres*
Ca suffit. Vous n’avez rien à faire ici, si vous ne connaissez pas même suffisamment l’existence pour avoir ne serait ce que conscience de vos paroles : vous parlez de nature, mais vous parlez sans savoir, fils de l’hiver, ou qui que vous soyez.
Peu m’importe en fait.
La vie est la mort, et la mort la vie. Nul besoin d’expliquer plus ce phénomène intense, existant depuis l’âge des Primordiaux : c’est un cycle, un boucle, sans fin, sans début, dépassant le schéma de notre pensée, comme une forêt mourrant chaque soir pour mieux renaître à l’aube du temps ; et c’est ainsi que nous assistons, chaque jour, au réagencement du Monde.
Maintenant, partez. Je suis lasse des paroles insensées qui ont été prononcées ici, et je perds progressivement patience. Et, croyez-moi sur parole, vous n’aimeriez pas voir jusqu’à quelles extrémités je peux aller.
Partez, tous.
Et laissez –moi seule, car c’est ainsi que tout commence et se termine, ici, maintenant, comme cela l’a toujours été.
* Thaïs jette un regard au disciple, et pour quelques secondes ses yeux se voilent, masquant le feu de ses iris sous un flot d’émotions contradictoires...Mais l’impression de fragilité qui se dégage d’elle se rompt brutalement lorsqu’elle détourne la tête, et toise Adrian qui s’éloigne. Son visage se plisse et elle diminue l’intensité de sa voix, devenant aussi glaciale que la brise se levant, entre les arbres, glissant ses mains avides de chaleur sur les végétaux, les fleurs aux pétales mordorés, et remuant les cendres éteintes et argentées, ramenées du centre de la terre dans les rainures des Racines du Grand Arbre.*
Quant à vous…Vous êtes d’une témérité qui confine à l’inconscience.
Il n’y a pas plus égoïste que celui ne sachant voir au-delà de l’apparence, et si vous espériez trouver sur Yria de gentilles personnes prêtes à écouter votre tragique histoire, ou ce que vous appelez communément votre « passé », vous vous êtes fourvoyé.
Menacez moi encore une fois, et vous serez en mesure d’apprécier ce qu’est la souffrance, et ce malheur dans lequel je me complais...Menacez moi, que je m’amuse à vos dépens… Avant de sombrer moi-même.
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Je vois que Personne n'aime les gens qui soutiennent les amis et défendent leurs convictions...Le pouvoir vous a tous les deux monté à la tête. Tout puissants que vous êtes je n'ai pas peur de vous. Je me permet de vous tournez le dos pour partir à tout jamais. Je m'en vais à Kharlan, le seul endroit où je serai compris, je ne veux plus avoir de contact avec personne, puisque personne ne me comprend. Vous ne me reverrez jamais soyez en assurés...restez seuls avec vôtre prétention..
*Il jeta un regard neutre à Thais et s'en alla...*
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*La forêt. Lieu étrange et sauvage pour qui s'intéresse aux secrets de la faune, dans lequel vous pouvez trouver toute sorte de bêtes, des plus douces et pacifiques aux plus féroces. Dans la catégorie de l'extrêmement féroce, vous avez le Aelthan Psychopathus entrain de fixer l'Oniros Niaisatis. L'elfe avant la main sur un de ses poignards, qu'il serrait assez fort. C'était à la fois pour se retenir de lui sauter à la gorge, et pour être prêt à le faire. Mais de voir le blondinet de sa dame se faire ainsi découper en morceaux avec une telle absence de scrupules par la personne avec laquelle il était venu converser lui aurait donné l'impression de passer après la bataille.
Car c'était bien la flamboyante Thaïs qu'Aelthan recherchait en ce jour. Et bien qu'elle aurait fait une proie de premier choix pour ses penchants les moins avouables, ce n'était pas le but (premier) de sa venue. Mais plutôt de savoir qui était cette demoiselle qui avait élu domicile aux cryptes pendant de longues semaines avec la bénédiction royale de sa soeur/frère (ou de son frère/soeur, ne jouez pas sur les mots). Et, bien sûr, d'essayer de glaner de petites informations sur ce qu'elle y a fait, vu que son frère avait l'air tellement aux prises avec diverses drogues et médiums ces derniers temps que lui poser la question équivaudrait sûrement à la poser à une porte. Une porte qui vous répondrait une charade à vous arracher les cheveux un par un, soit, mais une porte tout de même.
Il attendit donc quelques instants que le feu qui semblait encore briller dans ses yeux après sa colère contre Oniros se calme avant de faire sa sortie. Il passa dans le dos de son interlocutrice, puis la contourna dans de lents mouvements en la frôlant presque. Appelez ça de la provocation, mais chez lui ça tient de l'automatisme. Il fit une petite révérence devant la demoiselle, se releva, et se présenta enfin. Autant commencer par le commencement, pour une fois.*
"Désolé de vous importuner, Mademoiselle, mais ai-je bien l'honneur de parler à demoiselle Erin ? Je me présente, mon nom est Aelthan. Je suis le frère d'Armand, et je souhaitais vivement faire votre connaissance."
*Le style était peut-être un brin pompeux, mais tant pis, pour les échos qu'il en avait eus et ce qu'il venait de voir, il valait mieux se montrer sous son jour le plus gentlemen pour espérer s'attirer les bonnes grâces de l'alchimiste.*
Edité par Aelthan le 08/10/2006 à 20h31
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en réponse au message
#246
Aelthan (Maître de Cercle | niveau 14)
le 08/10/2006 à 20h28
* Quelques minutes de silence ont suivi la manifestation de sa colère, et sur les arbres décharnés roulent encore langoureusement des larmes de cendres éteintes, alors que les ombres tissent et retissent sans fin leur sombres trames. Des filaments d’argent, comme des emprunts au ciel muet, sous les nuages qui s’y amoncellent, brodent de leurs contours métalliques des rubans enroulant leurs cercles sur le corps de la fée, le long de sa robe trempée et de ses boucles rousses éparses. Il y a de la beauté dans ces instants que Thaïs se vole à elle-même, tandis que l’Eldoran griffe de ses ongles effilés l’éphémère membrane sous laquelle elle s’est enfermée…L’étreinte en son esprit est si puissante, les mots murmurés vibrants d’une telle haine, que les secondes s’égrenant ont le poids des mois et des années, subtile torsion du temps…Là où la brise levante glisse ses doigts en effleurements de glace, les cicatrices réapparaissent, dessins de jais sur une peau beaucoup trop pâle, car, à présent, sous le couvert des branches torves, il n’y a plus, ni lumière, ni chaleur. Il n’y a qu’un combat désespéré dont l’issue fatale est connue depuis bien longtemps.*
* Soudain, Thaïs redresse la tête, car les sons sinueux de son âme ont fait place à d’autres effluves, rappelant une ronde morbide de souvenirs brisés…Quelque chose, il y a quelque chose qui se rattache, ou du moins essaye de se rattacher, à ces images tournoyantes en ballets éthérés autour de sa mémoire, à ces images sanglantes, dont, peu à peu, les marques pourpres viennent se mêler et déchirer le voile de son mutisme.*
* Devant elle, dans un geste empreint à la fois d’ironie et de délicate provocation, apparaît un elfe, les traits fins de son visage esquissant un sourire n’atteignant pas ses yeux. De lui émane, en aura de feu bien distincte, l’odeur de la mort et de la souffrance, et les sons se précisent alors que l’Eldoran, lentement, s’en repaît comme d’une jouissante étreinte, consolidant les bases de son retour, une à une, comme on dresse un miroir à ses propres failles…Des cris, des gémissements rythmés, il y a eu un, non, deux hommes en proie aux tourments, aux tiraillements de leur damnation, quelque part, il y a peu de temps…Les contours de la vision se cisèlent, acquièrent une forme moins mouvante, alors que l’inconnu s’approche dangereusement de la fée : un instant, mais un instant seulement, se superpose à sa silhouette la figure d’un ancien mage oublié, les yeux noyés sous la pression sans fin de l’Eldoran…*
*Moghan, je pensais que tu ne survivrais pas. Qu’as-tu fait ?
N’as-tu pas encore compris qu’il ne servait à rien de se dresser face à la dualité que nous sommes ? Ploie, pauvre fou, ploie avant qu’elle ne te détruise tout à fait, car il n’y a plus, maintenant, d’endroit où tu puisses te cacher, où tu puisses tresser l’espoir d’un ailleurs qui ne t’appartiendra jamais…
Il n’y a plus que son esprit qui te domine, et mon image qui s’efface peu à peu dans le sommeil des rêves.*
* Sans qu’elle en ait conscience, les lèvres de Thaïs se sont fermées sur ses mots qu’elle ne prononce pas, mais qui résonnent au fond d’elle-même, se faisant les échos de sa propre douleur ; elle se redresse, prenant appui sur l’Arbre, la paume posée en travers du tronc, et repousse les mèches moites qui retombent sur ses joues. Puis elle recule d’un pas, laissant, entre son corps et celui de son interlocuteur, une marge suffisante, où l’air s’infiltre de ses anneaux gelés, avant de lui répondre.*
Nul besoin de vous présenter, votre réputation vous a précédé, quoique j’attache peu de prix aux rumeurs circulant en Yria : les gens s’illusionnent en marquant de mots les choses qu’ils ne peuvent comprendre, et pensent posséder les arcanes d’un monde qui les dépassera toujours.
Que me voulez-vous ?
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*En une cinquantaine de mots, Thaïs avait posé l'ambiance : visiblement, Aelthan sera sanctionné au moindre faux pas. Il avait l'habitude de jouer serré dans les joutes verbales, mais d'habitude, ses interlocuteurs, comme Fleur ou Faith, avaient un tempérament plutôt doux et positif. Aujourd'hui, la situation était inversée. En l'état, le problème était qu'Aelthan était venu sans autre raison que de découvrir qui était vraiment la feary…
Il se sentait donc reparti pour un grand exercice de funambulisme, Il ne savait pas ce qu'elle savait de lui exactement, ni ce qu'elle pouvait peut-être en deviner… Thais avait elle aussi une certaine réputation. De mystique assez puissante, qui arrivait assez rapidement à deviner à qui elle avait affaire. De mégère frigide intouchable et grognonne aussi chez certains, mais ce n'était pas trop le moment d'en rire.
Quelque chose dans l'attitude de son interlocutrice le perturbait, un… Je ne sais quoi sonnait faux. En fait, depuis quelque temps, à Yira, tout sonnait faux. Armand, Faith, Moghan… Et si tout ça avait un lien ? Il passa quelques instants à essayer de tracer mentalement les contours du problème. Faith est liée à Moghan. Moghan, à Thais. Et Thais, à Armand. Il tenait donc son angle d'attaque.
L'Elfe observa l'alchimiste un instant. Elle avait quelque chose de troublant. De fascinant aussi. Une sorte d'aura de mystère, et pourtant ses flammes dans son visage. Sa voix avait été posée et froide, mais sans être cassante. Une nouvelle question apparue donc rapidement dans l'esprit d'Aelthan : que cache t'elle vraiment ? Voilà sans doute une réponse qu'il ne trouvera qu'après avoir creusé dans des strates bien épaisses, mais il comprenait avec aise pourquoi son frère s'y était perdu. Et puis tomber sur quelqu'un qui savait encore parler était assez réjouissant pour qu'il ne boude pas son plaisir.
Petit soupir intérieur. Il avait l'impression de sauter dans un lac du haut d'une montagne.*
"Je viens m'entretenir avec vous des événements étranges se déroulants à Yria dernièrement. Je sais que vous avez passé beaucoup de temps avec mon frère dernièrement, que vous êtes étrangement lié au dénommé Moghan, et je crois que Prythe est venu nous voir récemment aux cryptes pour quelque chose qui est lié à vous. Je viens essayer de comprendre... Ou tout du moins d'apprendre dans un premier temps cette histoire. Et comme tous les chemins semblent mener à vous et que je préfère m'adresser à la source plutôt qu'aux intermédiaires…"
*La réplique était vive et franche, mais il ne faisait que se cadrer sur le ton de son interlocutrice. Et il s'était durci naturellement à l'idée qu'elle ais put, d'une quelconque manière, blesser Armand. Les réponses ne viendraient sans doute pas aussi facilement, mais au moins, l'Elfe aura, pour une fois, posé cartes sur table dès la première seconde.*
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* Les mots d’Aelthan semblent éveiller, ne serait ce que pour un instant fugace, aussi vite né que rapidement dissous dans l’étrange atmosphère ouatée qui a lentement remplacé les bruits sourds de la brise s’accrochant aux branches acérées, l’intérêt de la fée, qui redresse la tête, ses boucles rousses encadrant son visage aux traits serrés par cette douleur qui renaît de ses cendres, aux cris de l’Eldoran dont l’abandon éphémère vient de prendre fin. Thaïs toise l’elfe du regard, s’attardant sur les contours de ses mains, là où les plis froissés de la paume, sous les dentelles fines de sa chemise, laissent exposer à son regard leurs secrets de chair et d’âme. Il flotte en nuances vagues, près du jeune homme, des chuchotements indistincts dont les sons, alourdis par le silence tendant autour de la fée ses ailes meurtries, tranchent nettement l’air épaissi : un rire fêlé dont les fragiles échos se font les reflets d’une souffrance soigneusement dissimulée, des cris d’une voix perdant peu à peu son souffle, et les crissements atroces de mains déchirant un visage dont les traits, masqués par la décrépitude et le pourrissement de la peau, ne lui sont pas inconnus… Il y a sur ce visage les reliefs de son ancienne vie, de celle qu’elle a rêvé, jadis, dans les bras d’un homme dont le nom lui échappe, de plus en plus.
Quelle folie.
L’éveil de sa conscience, hésitant entre l’abrutissement final et quelques sursauts de vie, s’accélère au rythme des images exsudant d’Aelthan en un cortège morbide dont il ne semble pas même avoir conscience, et Thaïs recule d’un pas, esquissant un sourire de façade. Sous ce masque effrité, ses lèvres tremblent un peu, de froid, ou peut être de cette douleur dont les cendres âcres se réveillent au souffle de l’Eldoran, là, dans le fond de son être, et qui vrille son esprit, et qui vrille l’air, lui-même, sous les ronces naissantes aux arbres gémissants…*
Liée…Comme vous usez de ce mot dur avec insouciance, insouciance qui ne vous sied guère, et qui ment à ce que vous êtes réellement.
Prenez vos renseignements d’autre source que de la mienne, car mes secrets ne regardent que moi, et je serais au regret de devoir vous en faire oublier les arcanes, si jamais vous veniez à les comprendre, ou à les effleurer.
Trop de personnes déjà sont devenues errantes en leur propre corps par ma faute…Souhaitez vous être des leurs ?
* A cette fausse question, et avant même qu’Aelthan ait eu le temps de répondre, la fée hausse les épaules d’un mouvement impérieux, sec, et ferme les paupières. Derrière la membrane délicate cernée de mauve, ses iris semblent la proie de tiraillements internes, et sur ses bras minces, où roulent encore des gouttes d’une eau glaciale, courent en filaments de nuit des dessins d’encre*
Edité par Thaïs Erin le 21/10/2006 à 22h22
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*L'elfe poussa un profond soupir. Il commençait à sentir sa patience s'éroder légèrement sous la pluie de poudre aux yeux que lui jetait son interlocutrice. Ignorant tout de sa condition (et tant mieux d'ailleurs, en l'état) et du risque qu'il courrait en cet instant précis, sa principale préoccupation était de savoir comment il allait bien pouvoir tirer les vers du nez de ce sphinx. L'approche frontale ayant ratée de bout en bout et le charme, bien que la créature était des plus séduisantes (il ne savait pas si Yria était véritablement un gisement de filles superbes ou s"il avait juste de la chance) n'aurait sans doute pas plus de succès. Les menaces seraient sans doute la première chose lui venant à l'esprit mais une petite voix, à savoir celle des rumeurs, lui soufflait que ce ne serait pas très intelligent non plus. Il allait donc devoir se creuser plus que ça… Ou alors… ?*
"Je suis déjà, errant en mon propre corps. Ce que vous dites ne m'impressionne nullement… Si vous savez vraiment lire en moi comme dans un livre ouvert, vous avez vu que j'ai déjà eu mon lot d'horreurs au courant de mon existence, reçues ou distribuées. Je suis ici pour sauver mon frère de ce qui le ronge depuis votre le passage. Nous savons tous deux que de fait, je dois trouver cette réponse auprès de vous. Vous pouvez continuer de me mépriser si ça vous distrait, mais ça ne changera rien à ma détermination ni à mon combat.
Je ne viens ici ni pour vous attaquer, ni pour vous ennuyer d'aucune sorte. Vous prétendez savoir qui je suis réellement ?..."
*L'elfe baissa d'un ton, alors que son sourire s'étirait d'une manière quelque peu malsaine.*
"J'ai de l'insouciance. Quand il m'arrive de barboter dans le lac de sang en m'amusant à éclabousser quelques créatures de passage, n'est-ce point de l'insouciance ? Quand je m'amuse à regarder une de mes proies essayer de fuir avec un bras ou une jambe en moins, n'en est-ce point ? Je n'accorde que peu d'importance à ma vie et aux conséquences de mes actes. La seule chose qui me "soucie", à l'heure actuelle, c'est mon frère. J'ai parcouru toutes les routes possibles et imaginables de ce continent pendant des dizaines d'années pour le retrouver. Alors si je dois y rester des saisons pour que vous m'aidiez enfin, je ne suis plus à ça prêt."
*Aelthan leva un sourcil en laissant filer quelques secondes de silence avant de se reculer de quelques pas. Peut-être avait-il tort de s'ouvrir à elle ainsi... Mais il en avait déjà assez de jouer aux échecs avec elle. Il n'aimait pas être dans la position de celui qui se faisait balader et c'était exactement le cas dans cette situation. De plus, le temps pressait, Armand était en train de se détruire crescendo.*
"Je vous demande de m'excuse pour avoir utilisé le mot lier d'une manière un peu dilettante plus tôt, surtout à l'égard de cette créature que je méprise tout de même, la majorité du temps. Je comprends que vous ayez pu vous en sentir froissée. Mais pour répondre à votre question, si pour obtenir ces informations je devais aller au cœur des pires ténèbres et en revenir, je ne vous demanderais pas même une torche…"
*C'est seulement à cet instant que Thaïs tremblait de plus en plus, comme si elle était sur le point d'imploser, et qu'Aelthan commença à comprendre qu'elle ne menaçait peut-être pas. Il avait mis le doigt dans un engrenage qui semblait sur le point de se refermer sur son doigt. Trop tard pour fuir, trop tôt pour se battre. À son tour d'essayer de garder son sang-froid et de se mettre, instinctivement, en garde. Mais si Thaïs pouvait effectivement sentir ses sentiments en cet instant, elle devrait y déceler de l'appréhension…*
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* Des amas de terre aux poussières cendreuses voletant autour de l’arbre immense, s’élèvent les prémisses de soupirs, coulant en rigoles sur le sol fangeux, et les branches torves surchargés d’ombres resserrent leurs étreintes sur l’air lourd, masquant les dernières lueurs qui projetaient alors, ça et là, de minces et filandreuses tâches de clarté. Comme la rupture de quelque chose d’inachevé, pourtant, d’avorté, de perdu, entre la création du jour et le début d’une longue et douloureuse nuit, et vibrant de sons de plus en plus sourds, martelant la terre et suivant les silhouettes des herbes folles, des murmures brisent le silence de Thaïs, au travers de mains invisibles dont les doigts, meurtrissant leur chair morte, déjà, froissent les feuilles palpitantes des arbres abandonnés. Leurs branches tremblent, et se tendent à se briser.
Le cœur étreint d’une sève corrompue, épaisse, riche, étouffante, étouffante comme les ombres malhabiles dessinant les contours de corps atrophiés qui, lentement, si lentement, tracent un cercle obscur autour de la fée. Celle-ci n’a pas ouvert les yeux, mais ses traits se crispent encore davantage, et ses mèches rousses balayent les traits nets de son visage, parfois soulevées, indistinctement, par sa propre respiration éteinte, trop fragile.*
* Puis elle finit par se réveiller de sa torpeur moite, et ses iris aux teintes d’obsidienne se fixent sur Aelthan, déposés comme une offrande de péché sur l’elfe qui ose, le malheureux, qui ose encore lui parler, et qui ne recule pas devant la nuit qui se tisse, et devant le spectacle de ses mains frêles parcourues de frissons…Elle rabat pensivement les manches de sa longue robe sur ses avant bras, présentant à l’air saturé de sons et de chuchotements tenaces les arabesques qui, le long de sa peau, se tordent et gémissent, exhalant, alors que le sang perle déjà sur les cicatrices, leur plainte damnée, puis, d’une voix plus douce, elle murmure*
Un tel amour est touchant, du moins il le serait à mes yeux, si je pouvais seulement le comprendre…Mais prenez garde, Aelthan, c’est un lien qui, facilement, peut se voir devenir chaîne et vous entraîner, au travers de ses anneaux douceâtres, vers une fin bien plus sordide que ce sang dont vous semblez apprécier le goût.
Ne vous a-t-on pas appris, aux heures de votre vie de malheurs, que tout amour n’était que les prémisses d’une perdition sans précédents ?
* Thaïs s’interrompt brutalement, et redresse les épaules aux sons qui l’attirent, résonnant en elle, là où son esprit se dévide tel un fil sans fin, sans but, et, au mouvement infime de son corps, quelques branches mousseuses tombent à terre, défiant quelques instants la pesanteur la plus élémentaire, avant de se briser à ses pieds en une ronde de feu. La sciure calcinée rejoint les cendres fumantes en un tout douloureux, recouvrant la peau fine de la fée d’une couche d’étincelles rougeâtres…Un frère…Oui, il y a là quelque chose qui veut se frayer un chemin à travers les décombres de ses souvenirs, quelque chose qui glisse sur les éclats de miroir de ses premières années, mais elle n’arrive pas à se rappeler, pas plus qu’elle ne parvient à trouver le nom de cet homme qui l’obsède, de ce mort qu’elle porte en elle depuis trop longtemps, et de ce goût amer de pourriture décadente…Un frère…Elle en a eu un, autrefois, il y a des années, des années, de ça, quand elle n’était pas encore ce qu’elle est aujourd’hui, dénuée de tous sentiments, vide, si vide, et si avide de comprendre le monde, de le boire et de s’en emplir, pour oublier…*
* L’Eldoran est proche, à présent, elle peut presque sentir son souffle près de son oreille, et le poids de ses mots, toujours soigneusement choisis pour créer en elle tristesse ou terreur, et elle peut presque imaginer ce qu’elle lui dit, ce qu’elle murmure dans son esprit « Ce que nous sommes, Thaïs ? Nous ne sommes rien, et nous sommes tout à la fois…De quel frère veux tu parler, mon autre, et de quel homme ? Ils ne sont que des visages qui nous observent et nous rendent fragiles, oublie, Thaïs, oublie, et fais taire cet impudent qui te demande des comptes sur nous, et notre nouvelle vie que ce charmant petit naïf de Armand nous a gracieusement offerte…Laisse nous enfin vivre, sans contraintes, sans remords, je nous aimerais plus que ces pauvres misérables ne t’ont jamais aimée… »*
* La fée secoue la tête violement et se met à murmurer fébrilement, la voix rauque de souffrance mal contenue, des paroles en faery ancien, vibrantes comme des insultes, mais, aussi vite qu’elle a commencé à parler, ses mots se perdent au fond d’elle et se fêlent dans un silence entrecoupé par les branches brisées, une à une, les fondations des arbres tremblant de sa rage, alors que son corps, inerte, immobile, se tient au devant de l’orage qui gronde dans la forêt en une menace palpable. Du sang tâche le tissu trempé de sa tenue, en mouchetures pourpres, et elle se retourne vers Aelthan*
Je suis navrée de la douleur que j’ai créée autour de votre frère et dans laquelle il s’enlise, car c’est bien par ma faute qu’il perd peu à peu cet esprit que vous vous plaisez à nommer vie, mais ces actes, je ne les ai pas cherchés. Il m’a proposé son aide, maudit soit il, et il me l’a donnée.
Jamais il n’aurait dû me faire confiance.
Edité par Thaïs Erin le 22/10/2006 à 18h16
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*Elle avait bel et bien blessé Armand, et en temps normal, Aelthan aurait dû se jeter sur elle et essayer de la tuer. Mais nous n'étions définitivement pas dans un temps normal. Dans cette forêt, en cet instant, quelque chose ne tournait pas rond. Dans la façon dont le vent s'était levé, dans les bruits qui lui parvenaient, une électricité dans l'air… Aelthan sentait sans le moindre doute que l'atmosphère se chargeait autour d'eux. Une atmosphère plus lourde que le pire soir d'orage, pétrifiante. Était-ce lui qui avait déclenché une telle colère ? L'aura qui s'échappait de Thaïs semblait plus forte que jamais. Malgré la carrure frêle et toute tremblante de la feary, Aelthan ne pouvait s'empêcher de ressentir un certain malaise face à la jeune fille.
Néanmoins, coincé pour coincé au milieu de ce tourbillon, il ne comptait pas lâcher sur la raison de sa visite. Thaïs essayait visiblement de se débarrasser de lui et, en bon sadomasochiste, ça ne le poussait qu'à insister encore pour avoir ses réponses… Son interlocutrice semblait avoir des pointes de franchises. Peut-être y avait-il enfin quelques fêlures dans la cuirasse par laquelle ses mots pourraient se glisser ?
En écoutant ses paroles, Aelthan se sentit profondément désolé pour elle…*
"Comment… Comment pouvez-vous seulement dire ça ? Sachez que les gens ne cobissent pas les liens qui se créent ou pas. Armand vous défend bec et ongle, il pourrait mourir pour vous s'il le faut. D'ailleurs, il le fait en ce moment même. Bien d'autres personnes dans cette bourgade vous admirent. Et vous les méprisez tous autant ?... Je me demande vraiment ce qu'il a pu vous arriver pour que vous vouliez vous faire autant de mal… Vous isoler, vous blesser, vous et tous ceux qui vous approchent… Je trouve profondément triste de se punir à ce point…"
*Une nouvelle odeur arriva aux narines de l'elfe. Une odeur qu'il connaissait sur le bout des doigts, qu'il aurait pu reconnaître entre mille, puisque cela devait être celle qu'il avait le plus respiré au courant de son existence. Celle du sang frais. Cette odeur réveilla quelques pulsions des plus bestiales en Aelthan. L'espace d'une fraction de seconde, il regarda Thaïs avec une infinie gourmandise, comme s'il voulait lui faire rejoindre la longue liste de ses proies, avant de reprendre ses esprits.
Ca n'était, en fait, pas bon du tout. Tous ses signes mis bout à bout dépeignaient un tableau très noir, et il était dans le cadre. Néanmoins, son esprit lui dictait de continuer. Encore et encore. Rien ne se passe. Tout est normal. Une gigantesque catastrophe ne va pas du tout s'abattre sur le bout de ses oreilles dans quelques instants.*
"Si vous êtes vraiment désolée pour ce que vous avez fait à Armand, et vous semblez l'être, vous devez l'aider à votre tour. Il souffre pour vous en cet instant. Je vous assisterais de mon mieux si vous le souhaitez."
*Tout va bien. Il allait mourir, et on verra après.*
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* Pendant de longues minutes la fée demeure immobile, laissant les ombres tisser leur toile entre les branches des arbres, la tête levée vers le ciel s’obscurcissant aux prémisses d’un orage de cendres, quelques débris de bois flottant dans l’air chargé d’une poussière âcre et douce, frôlant le visage de la fée sans s’y attarder, comme brûlés par ce simple contact élémentaire. Ses cheveux mouillés forment une trame de soie rousse derrière laquelle elle se cache, ses traits serrés sur ses hautes pommettes, et les murmures s’amplifient au son indistinct d’anciens chants rauques dans l’atmosphère sombre, sur les premières gouttes d’eau d’une pluie vengeresse, aux relents de pourriture, qui, si elle ne vient pas du ciel, semble trouver sa source très loin, dans les méandres de l’esprit de la fée. Quand elle reprend la parole, le son de sa voix tranche avec le décor morbide qu’elle dessine petit à petit dans une encre de sang pourpre : frêle et doux, il perd un peu de sa sécheresse initiale, mais ses yeux demeurent clos sous les reflets de cette douleur qui enfle, qui se nécrose, qui envahit les chairs et y trace son chemin aux tournures d’arabesques folles, tout comme sur ses bras, et sur la peau fragile de son dos se dessinant sous les assauts mêlés du vent et de cette eau glauque suintant des arbres et d’elle-même, se croisent et s’entrecroisent les anciennes cicatrices.
Et ce ton est peut être la chose la plus abominable de cette vision dantesque, tant il semble augurer d’un futur incertain et d’un passé détruit. Le présent s’abolit, déjà il n’existe plus, si tant est qu’il ait un jour existé. Il n’y a plus que cette voix légère, et l’odeur de la mort sinueuse, et les fleurs qui se meurent, une à une, et ne repousseront jamais.*
Je ne peux pas aider Armand, pas plus que je ne peux m’aider moi-même…Je n’ai fait que déblayer les racines obscurcissant un chemin de pierres froides qu’il n’avait jamais emprunté, mais le lierre est tenace, lentement il l’envahit, glisse le long de sa peau et l’étouffe, et la passerelle de silence se referme.
Je n’ai pas le pouvoir de l’ouvrir, et je n’en ai pas la force.
Je ne méprise personne, Aelthan, je hais la vie avec la férocité d’un amour qui me consume et me tuera, qui donnera raison à ceux qui, proclamant ma venue au monde, en ont aussi déterminé la fin.
Et à présent, je n’ai plus rien.
Alors, que le monde s’éteigne avec moi, qu’il me porte comme on ne m’a pas porté, et que son chant endorme mes dernières réticences, car je suis lasse de me battre en silence, et il est si facile d’abandonner…
* L’elfe tressaille sous la pression d’une intense force dont il ne peut percevoir encore que les échos, et une branche s’abat à ses pieds, manquant de peu sa tête, écrasant sur sa brusque envolée quelques herbes sauvages chargées de poussière duveteuse. Le bois se tord et les maintes ganses dorées et brunes composant sa matière primaire se détachent, comme une mue sournoise dont l’issue en peut qu’être fatale, délaissant les senteurs de cèdre et de mousse fraîche pour se parer, peu à peu, de cette fragrance indéfinissable de terre morte et de tourbe grasse et sordide. Aelthan se détourne et observe la fée, mais n’a pas le temps de formuler ses pensées, car Thaïs ouvre les yeux et se décale légèrement, laissant entrevoir la formation d’une nappe de brume parcourue de frissons et de parcelles d’or, un second reflet d’elle-même qui entoure son corps d’une aura trouble, et sur laquelle les ombres rampent de leur nuit affamée, y insinuant leurs griffes tranchantes comme l’acier, enroulant les anneaux de ténèbres sur la peau délicate, rejoignant les dessins d’encre sur les bras de la fée, et il n’y a plus de limite entre l’obscurité et Thaïs, entre le monde basculant et les cheveux bouclés, roux, poisseux sans doute d’un sang versé, il y a bien longtemps.
Et pourtant, elle continue de parler, d’un filet de voix que l’air éteint, où brutalement intervient la colère, un sursaut de dignité ou de douleur mal contenue. Un infini regret*
Ce qui m’est arrivé ? Rien.
Justement, rien. Je suis née, c’est tout, et l’univers s’est empressé de me dresser un berceau d’ombres pour ne pas voir mon visage et ma peur ; masquée entre des draps de nuit, ma peine lui était peut être plus acceptable. Mais tout ceux qui m’ont approché, tout ceux qui ont soulevé le masque, à un moment ou à un autre l’ont payé.
Et le paieront.
D’une simple pression je pourrais vous anéantir, comme ces arbres meurent, et comme le bois perd de ses couleurs sur un sol qui n’existe plus, bancal, tournoyant. Je pourrais, mais je me suis fatiguée de cette force qui m’enterre, et je n’aspire plus qu’au repos.
Que cessent les hurlements d’agonie, que cessent les rondes des images de mort, et qu’enfin je m’endorme et que je sombre.
J’ai crû que les Dieux pourraient m’apporter des réponses, mais leurs paroles sont vides de tout sens, et ils ne peuvent comprendre, car leur vie d’immortels les a retranchés du monde et des sensations, ils ne sont que calme et glace, alors que je brûle.
J’ai crû que l’amour me sauverait, mais l’amour n’est rien de plus qu’une chimère éphémère, qui me rappelle à moi-même ce que je ne pourrais jamais être.
Je suis lâche. Mais je suis épuisée.
Advienne ce qui doit advenir, je n’ai plus rien à apporter…
* La fée s’interrompt brutalement, et la trame qui se noue, resserre encore son étreinte, l’air se charge de murmures qui n’en sont plus, qui sont à présent des hurlements déchirant les pâles lueurs d’un soleil agonisant, sous les feuillages denses et les ronces, et le sol se fond, perd de sa densité, les herbes arrachés de leur terre, les racines soulevant les arbres encore vaillants hors de leur sécurité précaire, le monde tourne, dans ce temple amer où les certitudes se brisent, et Thaïs esquisse un sourire qui n’en sera jamais un.*
Ne l’entendez vous pas ? Elle arrive, cette autre partie de moi-même, et je m’endors dans les rêves d’absence.
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*Aelthan n'avait pas compris le sens de chacun des mots de Thaïs, mais ce que le passé de l'étrange demoiselle recelait encore de secret, le présent l'expliquait tout aussi bien. Il avait l'habitude de la forêt. Il avait vécu dedans à de très nombreuses reprises, connaissait ses codes, des secrets, ses dangers. Jamais, de toute sa vie, n'avait-il assisté à pareille vision. La forêt semblait mourir sur place autour de la jeune femme, dans un cercle grandissant. Les arbres semblaient s'être subitement vidés de leur sève, les herbes séchées, les plantes pourrir, les animaux avaient fui…
Le cercle atteint ses pieds et dans un réflexe l'elfe eut un mouvement de recul, pour se cogner violemment contre un mur invisible, qui s'était visiblement formé derrière lui. Il était emprisonné, témoin, voir acteur, forcé de la suite des tragiques événements qui se préparaient visiblement. Reportant ses yeux sur Thaïs, il comprit enfin le changement s'opérant. Sa peau était couverte de marques noires, faisant ressortir chacune de ses veines, chaque nerf, d'un noir de jais zébrant sa peau pâle. Ses pupilles elles aussi semblaient désormais remplies d'un liquide sombre.
L'elfe comprit enfin. Thaïs Erin ne pourrait pas l'aider. Elle ne pourra peut-être plus jamais l'aider. Puisque Thaïs Erin était en train de mourir, remplacée par il ne savait quelle créature transpirant le mal par chaque pore de sa peau.
La pluie redoublait d'intensité, les rampants tout deux jusqu'aux os. Un bourdonnement se fit entendre au loin, lourd et puissant comme l'écho d'un éclair frappant le sol. Tout ça dans un cercle qui ne cessait de s'agrandir, mais qui n'était pas plus grand que la chambre de l'Elfe dans les cryptes. Au-delà, il pouvait encore voir la forêt vivante et verdoyante, image sur laquelle il se concentra pour garder le maximum de calme. Une vague de froid vint soudain le mordre sous ses vêtements, d'autant mieux conduits par la pluie qui le trempait.
Il n'y avait rien à faire. Il n'y avait rien à dire, ni à penser, ni à comprendre. Aelthan était impuissant devant le destin se déroulant devant lui…
Si. Il l'entendait bien.*
Edité par Aelthan le 05/11/2006 à 16h55
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*Seth et Sabat arrivèrent dans ce champ de bataille. Bataille pour la vie et pour la mort aussi... Le sanctuaire de la déesse Shariva...*
*Ils étaient arrivés à Duruune la veille au soir et avaient demandé à presque toutes les personnes vivant dans la ville s'ils savaient où se trouvait la fée alchimiste Thaïs Erin. Personne n'avait su leur dire exactement où elle était, n'y si elle était toujours en vie. Toutefois, on leur avait dit qu'elle était prêtresse de Shariva et qu'il se passait des "choses" étranges dans la forêt de l'Arbre Supérieur.*
*Les deux elfes y avaient alors pénétré, passant de la superbe forêt aux couleurs vives et chaleureuses à ce désastre, ce paysage de désolation sans fin.*
*Au centre d'un cercle se trouvait Thais Erin en proie à des démons intérieurs et un elfe de dos. Sabat ne le reconnu pas, pour le court instant où elle l'avait vu...*
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* Des heures se sont écoulées, ou peut être des mois, ou peut être des années…Qui peut aisément parler du passage du temps lorsqu’il n’existe plus ni repères, ni reliefs de vie, aussi putrides et glauques soient-ils, qui peut augurer du lever du soleil lorsque les racines l’étouffent et le griffent cruellement de leurs ronces sournoises, là, si loin, en même temps si près, le mordent et le déchirent, en lambeaux d’étincelles éparses, avant de l’annihiler dans une gangue de tourbe noirâtre. Il n’y a plus grand-chose à voir de la Forêt de Shariva, où s’entremêlaient chants et danses éternelles, herbes caressantes et linceuls de lumières douces, folles, immuables, car la brume, cette nappe de pensées sourdes, de cris indistincts, de hurlements sans voix, a envahi chaque parcelle du paysage et y insinue sa palette de gris éteints. Cendres sans feux. Miroir sans gloire aucune, la force d’une intensité poignante passe et repasse sur la terre épuisée, en craquements secs et cassants, enroulant Thaïs et Aelthan, témoin muet de ce qu’il n’aurait jamais du ne serait ce qu’apercevoir, dans son air opaque et glacial, étreignant la peau de l’elfe, sous ses vêtements en lambeaux. Ils s’agitent sous le vent de folie qui s’abat sur le monde, vains drapeaux loqueteux de vie, ils se confondent dans la nuée scintillante des spectres naissant lentement à l’obscurité. Une souffrance pour une souffrance, peut être pleurent ils également, mais leur larmes sont invisibles, et leurs traits mouvants, malléables. Dans cet océan de visages se confondant, seules sont visibles les yeux d’une densité troublante, d’agate sombre à l’ambre d’or fondu, et ses yeux convergent tous vers la fée.*
* Elle ne parle plus. Elle ne parle pas, car c’est inutile, parce que les paroles parfois sont des obstacles à l’esprit, ou des bulles irisées qu’elle ne peut plus laisser éclore. Ou parce que, peut être, elle craint de ne plus pouvoir le faire, sous la nuée rousse de ses longs cheveux de sang, sous les marbrures noires de sa peau, une simple enveloppe de chair et de muscles barrant de son corps l’impensable…Lutter, se débattre, encore...Quelle ironie, quelle bêtise que cette humanité ridicule…Peu importe, en fait, peu importe cet instinct de survie que les Dieux ont, semble t’il, donné à chaque être, comme on donnerait à un enfant malhabile des ailes trop étroites pour lui permettre de s’envoler, car la survie n’a jamais été une priorité pour elle. Ou alors, il y a bien longtemps.*
* Il y a bien longtemps.*
* Au fil de ses bras, courrant sur ses jambes, des ombres percluses d’indicibles torsions, les reliefs de sa vie passée, des souvenirs dont elle ôte lentement, un par un, toute substance. Là où son esprit se meurt, nul n’est besoin de souvenirs qui la hantent et la consume. Rien que le silence, l’absence de tous bruits, de tous mouvements, et d’elle-même. La plus grande des fuites en avant, pour celui qui ne saura jamais ce qu’elle a enduré, cette sensation de n’être rien, de n’avoir jamais été, de respirer la vie sans en sentir les fragrances, et d’avoir osé, un jour, touché ce qui lui était interdit…Folle, folle qu’elle a été, aussi folle que sa mère d’avoir pu croire qu’on la sauverait, et qu’elle apprendrait à vivre, à marcher sans se plier sous le poids de sa malédiction, sans plier sous le poids des regards des spectres qu’elle a jadis fait revivre…*
* Thaïs La Multiple n’est en définitive qu’une brise où se mêlent des vents qui l’écartèlent, et un masque de jade qui a fini par remplacer un visage qu’elle n’a jamais pu montrer, ou reconnaître.*
* Alors, laissons faire le destin, puisque le destin s’empare d’elle, retrouvons nos Ombres et nos villes englouties, nos rêves détruits et l’eau du ciel en consolation, sur nos lèvres et sur notre corps, Thaïs, l’eau du ciel qui ne remplacera jamais ce qui nous a été volé, il y a des siècles, ce qui est plus précieux que l’argent à notre front de Kalin, que la soie à nos bustes de femmes, que l’amour, Thaïs, que l’amour dans les gestes d’un homme. Le droit d’être, juste nous-mêmes…*
* L’Eldoran susurre ses mots aux oreilles de la fée, et pour la première fois, pour la dernière sans doute, celle-ci acquiesce, secouant ses boucles moites, passant une main lasse sur les écorchures vives parsemant ses avant bras, le sang qui s’en échappe et les Ombres de glace, de froid et de silence qui tissent leurs toiles autour d’elle.*
* Rupture.*
* Thaïs gémit faiblement sous la brûlure à son côté, et déchire avec des gestes désordonnés, mal agencés, les membres agités de frissons violents, la besace de cuir qui ne lui oppose aucune résistance. Au contact de sa peau rougie, le tissu se froisse et noircit, avant de prendre l’apparence d’une parchemin émietté, et délivre le médaillon d’argent ciselé entre ses mains fébriles. Elle redresse la tête, inconsciente du chant de mort accompagnant chacun de ses gestes, inconsciente des branches d’arbres rampantes dans les sillons profonds de la terre, et fixe d’un regard vide la silhouette de Sabat.*
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#256
Thaïs Erin (Grand Alchimiste des Arcanes | niveau 19)
le 23/12/2006 à 18h35
*Depuis qu'elle était arrivée, malgré la peur qui l'enserrait, elle retrouvait ses forces, elle reprenait confiance en elle, en la vie... Elle ne savait que penser de la scène qui c'était jouée devant ses yeux... Seth n'avait pas bougé, stoïque pour ne pas changer...
Lorsque la fée présenta le pendentif dans sa main, Sabat repensa à l'elfe noir au cheveux d'argent qu'elle avait croisé lors de sa perte de connaissance : "Que désires-tu ? Vivre également, alors va t'en, sors d'ici ! Retourne chercher ce cher pendentif et que je ne te revois plus..."
Elle ne savait pas pourquoi elle en avait besoin mais une chose était sûre : elle ne pouvait s'en passait. Il ne lui était arrivé rien de bon depuis qu'elle l'avait laissé à la fée et il ne semblait qu'il n'arrivait rien de bon à la fée non plus, si tentait que le pendentif est eu une autre valeur que sentimental...*
*Sous le regard vide que lui lançait Thaïs Erin, elle se sentait faiblir mais en même temps fortifiée par une force inconnue.
Elle s'avança d'un pas sûr pour venir reprendre le médaillon, trop sûr peut être...*
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#257
Sabat Tailor (Trafiquant | niveau 10)
le 23/12/2006 à 22h27
* Le médaillon laisse son empreinte de feu sur la paume de la fée, et ses volutes rouges s’enroulent autour de son avant bras, faisant miroiter en reflets d’or rougi les arabesques sombres sur sa peau ; pourtant Thaïs ne le lâche pas, bien au contraire, son étreinte se resserre autour de l’argent, ses doigts animés de mouvements spasmodiques se replient au centre de la pierre, et pour un instant, un court instant, les ombres cessent leurs gémissements sourds, laissant la brise retomber en nappes indécises de poussière. Elle se redresse encore, rejetant les épaules en arrière, en un geste de défi bien vain, faisant transparaître toute la faiblesse de son corps blessé, et ses yeux troubles semblent retrouver une existence éphémère, lorsqu’ils se posent sur la silhouette tassée d’Aelthan, autour de laquelle luisent faiblement des parois d’une transparence nacrée. La fée observe un instant le paysage qui se dresse dans tout son néant, heurtant son regard voilé, les racines mises à nu des arbres centenaires, et les runes effacées du sol mousseux, à présent emplies d’un tout autre dessin, puis elle tend brutalement la tête vers Sabat qui s’approche d’elle. Sa voix claque dans l’air comme une déchirure, ou un coup sec, lorsqu’elle parle d’un ton rauque, les syllabes rendues presque indistinctes par le sang maculant ses lèvres*
N’avance pas. Un pas de plus, et je ne serais déjà plus moi-même. Tu regretteras de m’avoir éveillée, comme tant d’autres l’ont regretté avant toi.
Tu dois avoir perdu l’esprit pour venir me trouver ici, ou être bien misérablement guidée par les Dieux…
Peu importe, en fait, pourquoi tu es venue.
* Thaïs murmure lentement pour elle-même de douces paroles, une mélopée aux consonnes sifflantes, et masse pensivement sa peau endolorie, caressant de la paume les spectres d’argent qui la nimbe d’une aura de cendres, et ne cessent de se déplier à l’envie.*
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en réponse au message
#258
Thaïs Erin (Grand Alchimiste des Arcanes | niveau 19)
le 23/12/2006 à 23h19
*Elle resta immobile un instant, interdite... Thaïs Erin semblait différente... peut être pas la même personne... mais en proie à la même folie...*
*Elle regarda son médaillon briller dans la main fermée de la fée et se sentit plus forte encore, mais pas assez pour défier une alchimiste...*
Je pars pour mes îles... Je viens récupérer mon médaillon. Comme je vous l'ai dit, je ne peux me séparer de ce pendentif si longtemps, il m'est trop cher.
Nous vous avons chercher dans tout Duruune et des murmures couraient sur votre présence en ces lieux.
*Elle évita de parler du paysage macabre et lugubre qui les entourait. Elle n'avança pas, se doutant qu'il ne serait plus si facile de récupérer son bien, s'il avait été facile de le récupérer un jour...*
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#259
Sabat Tailor (Trafiquant | niveau 10)
le 24/12/2006 à 00h10
* Les spectres d'argent, sinueux comme un cours d'eau d'une teinte irréelle, se mêlent aux relents de la terre desséchée, et parcourent langoureusement la peau de la fée, irradiant sur ses mains serrées, où repose le pendentif. Un long moment d'un silence pesant s'installe, les murmures s'accrochant en toiles de sons graves aux branches encore vaillantes des quelques arbres ayant échappé au vent, mais le cercle étend ses ondes sournoises jusqu'à toucher, en un effleurement morbide, les jambes de Sabat. Thaïs secoue la tête, grimace douloureusement puis éclate d'un rire argentin, repoussant d'une main malhabile les mèches rousses de ses cheveux sur son front pâle.*
* Rappel d'une enfance aux couleurs du sang, sous un étendard de violence, ce rire s'éternise en un tintement effrayant, tant il ressemble, à s'y méprendre, à un appel de quelque chose de profondément interne, et d'inhumain. Thaïs rit, du paysage dont elle se joue des moindres parcelles, de l'air qui caresse sa peau endolorie, des coulures grises se réunissant au centre de ses mains, des Ombres en apesanteur, silencieuses et sourdes, voile d'obscurité affamé d'une chaleur qui lui manque encore, et la pression s'accentue brutalement sur le corps de l'elfe…Explose dans son esprit une myriade de couleurs éclatantes, en coups brusques, en souvenirs s'amenuisant, et cette voix d'enfant qui hurle à s'en meurtrir la gorge…Faites que l'on m'arrête, faites que l'on m'arrête.*
* Seulement il y a bien longtemps que la dernière personne s'étant mise au travers de sa route est morte, et sous la pourriture de sa chair brûlent encore les cendres de la fureur douloureuse de la fée.*
Tiens donc, il semblerait que tu aies changé d'attitude depuis notre dernière rencontre, car j'ai le souvenir, sans doute ramené à la surface de ma mémoire par le rappel de ta figure d'une innocence à pleurer, qu'à une certaine époque de ta vie tu ne considérais ce médaillon que comme une babiole.
Mhhhh… mais la vie, elle aussi, est un bibelot d'une sentimentalité écoeurante, ne crois tu pas ?
* La question, aussi obscure que l'eau noirâtre s'agitant autour de ses bras dont la peau cède, peu à peu, sous les effleurements des spectres, n'appelant pas de réponses, Thaïs continue d'un ton plus rauque, tranchant avec son rire qui se meurt sur ses lèvres en une amorce de sourire sans expression…Sans la moindre chaleur.*
Enfin, peu importe ce que tu peux penser, seul compte ce que tu veux de moi. Vois tu, cette chose que tu possédais ne te revient pas, elle ne t'a jamais appartenue, bien au contraire. C'est toi qui lui appartenais.
Tu devrais être ravie de me voir te libérer d'un si lourd poids, puisque tu ne peux que le subir sans le comprendre…
Edité par Thaïs Erin le 24/12/2006 à 13h46
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Il est temps de gagner mon salaire je pense.
*Seth, qui était resté en arrière depuis le début, s’avança à trois pas derrière Sabat.
Le vent sembla soulevé sa large cape, mais il n’y avait pas un souffle.
Un couteau long et fin s’envola comme une feuille dans une rafale d’ouragans. La créature face à Sabat poussa un cri de surprise, la lame était passé entre son cubitus et son radius et lui clouait le poignet sur un arbre. Sous le choc, le petit bijou tant convoité était tombé au sol.
Seth menaçait à présent ce qui devait être la charmante alchimiste d’une petite arbalète.*
Un seul geste et se n’est pas ton bras qui sera cloué à l’arbre.
Sabat, tu ramasses le bijou et on s’en va.
*Seth était quelque peu désemparé fasse à ce qu’il voyait, mais son instinct reprenait toujours le dessus. Cet instinct de chasseur, de tueur, qui lui interdisait de devenir la proie. Il se concentra sur le front de Thaïs Erin. Au moindre geste le coup partirai, Seth était calme. Le temps s’était arrêté, le monde avait disparu, il ne restait que le carreau d’arbalète, et le front de Thaïs Erin. Il était le carreau, ce front lisse était sa cible.*
Un geste et la mort frappera, qui que tu soit.
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