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"La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles"
Un arbre sublime s'élève au-dessus de la forêt.
à l'ombre de cet être quasi-divin, une atmosphère paisible vous enchante. Les dryades se cachent, mais laissent entendre au loins leur chant mystique. Sur la mousse fraiche et douce dans la lumière tamisée, on peut distinguer les traces des lutins venu entretenir ce lieu de culte...
Des lucioles éclairent l'entrée du temple dans la base de l'arbre et vous guident à l'intérieur du lieu sacré.
De gigantesques escaliers mènent alors aux plusieurs étages de ce temple vivant.
Le souffle s’éteint.
Le monde dans l’arbre de la Forêt supérieure s’éteint.
Mais, à l’extérieur du temple, la Vie et la Mort s’entremêlent soigneusement. Le ciel s’obscurcit et laisse se déposer, dans le parc qui l’entoure, une nuée d’argent pur, d’étincelles de couleur ocre, formant un voile d’une trame aussi belle que terrifiante, nimbant chaque silhouette, chaque brin d'herbe . Et, l’arbre lui-même, voit ses racines remonter à la surface de la terre, ramenant entre elles des cendres rosées entre les mottes d’herbe ; emportées par une légère brise, les cendres se recoupent sur le voile d’argent, et y demeurent prisonnières. Les Dryades se taisent, et se retirent dans les arbres tortueux leur servant de refuge, leurs visages évanescents se fondant dans l’écorce rude pour y demeurer. Seules les feuilles, d’un velours vert luxuriant, frissonnent encore légèrement.
Le temps de l’innocence est passé.
La Mort existe à présent dans le parc, plus sûrement qu’elle ne l’a jamais été, et y pose son empreinte mélancolique, attachant les marques de sa présence par chaque souvenir de Thaïs, gisant au cœur de l’arbre. Attendant de se réveiller
Et, autour de l’arbre, des plantes sauvages, des fleurs de lierre, viennent s’épanouir, glissant le long du tronc comme de nouvelles reliques d’une solitude que rien ne pourra jamais effacer.
Shariva, Déesse de la mort et de la vie, vous y attend...
Edité par Thaïs Erin le 15/08/2006 à 12h17
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Discussion liée :
295 messages, dernier de Knapp (Contrebandier | niveau 7) le 12/09/2008 à 14h49
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*cela faisait deux heure qu'ils marchait dans cette foret*
*le soleil se lever a peine *
*shade , par securitée , avait les main poser sur les poignées de ses sabres*
*toujours aucune trace de cavernes.....*
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*Silvernight était sur ses gardes, elle savait que ce démon était quelque pars.*
*Il n’avait pas de cavernes.*
On ne trouvera jamais ! C’est trop rare !!!
*Silvernight était un peu énervé.*
*Elle avait toujours pu trouver tout, et servir ses clients mais la… il n’avait rien a faire !!!*
*Oft i Mör, se jeta hors de son épaule.*
*Silver était surprit il ne désendait jamais de son épaule…*
Qu’est qu’il y a ?
*Il commença a courir.*
Reviens ici !!! OFT I MÖR !!!
*Elle lui courais après.*
Reviens !!!
*Elle pris un virage et vit Oft i Mör devant une sorte de trou.*
Oft i… ?
*Elle se tourna, et cria.*
Shade !!! Il a trouvé une !!! Viens vite.
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*deux silouettes arrivent dans le sanctuaire dédié à la "Mère Originelle". L'un des personnages est couvert d'une cape, son visage caché par une capuche. L'autre est une belle femme lègerement rousse, vêtue de verte et d'ocre.*
*Les deux personnes s'avancent au milieux de la clairière, puis s'arrêtent au pied de l'arbre le plus imposant d'Yria: L'Arbre Supérieur, domaine de Shariva, sanctuaire de la déesse de la vie et de la mort.*
*l'homme en cape retire sa capuche*
Voilà Thaïs, ceci est l'entrée du temple de la déesse Mère, celle qui a enfantée toutes les races communes d'Yria. Es tu prêtes pour affronter ton destin??
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en réponse au message
#204
Pyrithe (Maître de Magie | niveau 15)
le 15/07/2006 à 12h42
*Thais observe lentement chaque détail du paysage. il s'en dégage une impression de paix, de sérénité, que la fée n'a trouvée nulle part ailleurs. Et pourtant ce calme apparent, comme la surface polie d'un miroir ancien, semble masquer d'autres échos, d'autres images, se percutant l'espace d'un instant, se divisant, recréant à l'infini des choses sourdes dont on en voit jamais qu'une infime partie, le drapé d'un voile. La silencieuse marche de la vie. De ses pas gracieux, menant une danse éternelle*
* La fée secoue les épaules et se retourne vers Pyrithe. Elle apparait brusquement très frêle, comme perdue dans l'immensité du lieu, et, ses yeux ne seraient pas si noirs, elle aurait presque pu s'y fondre, et y disparaitre. Fugace impression, comme le sorcier en a déjà eu, dans sa boutique, peu de temps auparavant, et qui ne dure pas. Thaïs acquiesce silencieusement.*
*Malgré sa décontenance procurée autant par la majesté du lieux que par l'apréhension de ce qui va lui arriver, Thaïs entre par l'ouverture dans le tronc de l'arbre, suivit de Pyrithe, qui scelle magiquement la porte*
*Les lucioles éclairent les arrivants dans les escaliers de pierre et de bois, premiers visiteurs depuis une période assez longue*
Edité par Thaïs Erin le 15/07/2006 à 12h58
Edité par Pyrithe le 19/07/2006 à 12h17 : ponctuation
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*lempea avait entendu parler du temple de shariva*
Où est-il?
*remarque deux ombres devant un grand arbre!*
HRP: Tu ne peux pas voir deux ombres, nous sommes déjà dans le temple, qui est scellé pour quelques jours, dans le cadre du rôle play en cours...
Edité par Pyrithe le 19/07/2006 à 12h19 : fautes
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*Les escaliers, loin de refléter le temps écoulé depuis les derniers passages, brillent doucement, sous la lueur indistincte de quelques lucioles d’aspect fragile, d’un lustre doux comme du velours fraîchement tissé. Pourtant, sous les pas de Thaïs, les pierres qui en composent les arêtes, sévèrement tranchées dans leurs contours d’acier, sont coupantes et plus d’une fois elle les frôle de sa peau nue, en réprimant le léger frisson que ce simple contact engendre. Pyrithe, marchant devant, ne semble pas s’en rendre compte et d’ailleurs n’a pas prononcé un seul mot depuis leur entrée dans l’arbre. Enfin ils arrivent dans une salle faiblement éclairée par quelques torches dont les flammes déclinent lentement, avant de redoubler d’intensité sous l’effet d’une brise infime, que Thaïs sent autant avec son corps qu’avec son esprit…Une sorte de souffle étrange, à la fois frais et brûlant, complexe, nuancé, une onde de l’air, une simple fragrance, se mêlant à une odeur très caractéristique…une odeur que Thaïs reconnaîtrait entre milles, même s’il lui fallait vivre encore une centaine d’années. Elle interrompt sa marche, le cœur serré dans un étau poignant, et tente de retrouver rapidement une contenance, mais malgré elle son visage se contracte. Le sorcier se retourne vers elle, surpris de ne plus entendre le bruit étouffé de ses pas ; renfoncée dans l’ombre, sa figure semble de marbre, et ne laisse en rien voir le moindre de ses sentiments*
Qu’est ce que tu fais, Thaïs ?
*La fée ne répond pas et tortille une boucle de ses cheveux roux autour de ses doigts. Dans le silence qui s’installe la brise ne parait que plus grande, s'immiscant entre les murs de bois acajou et faisant vibrer le cœur même de l’arbre. Ou peut être n’est ce plus vraiment un arbre…Mais un être, de chair, de vent et d’ombres mouvantes…Thaïs secoue la tête, mais sa respiration, un court instant, s’est faite plus courte, comme si elle freinait les battements de son propre cœur, en restreignait le chant, pour percevoir, à travers ses propres échos, les reliefs minces d’une toute autre respiration.*
Tu ne sens pas quelque chose de….d’inhabituel, Pyrithe ?
* Pris de court, il fronce légèrement les sourcils et hume doucement, sans même s’en rendre compte. De son visage, Thaïs ne voit toujours rien, mais elle imagine bien ce qu’il pense d’elle, et ce qu’il croit… Etrangement, cette impression l’ennuie, et elle serre les mâchoires, reprenant l’apparence profondément hautaine qui a toujours été la sienne, redressant imperceptiblement les épaules…Et pourtant … Pourtant le poids n’a pas disparu, il s’est même intensifié, plus oppressant que jamais.. Dans cette salle dont l’obscurité, nappe de brume informe, change si souvent de place, et va jusqu’à se coucher, de temps à autres, sur les flammes évanescentes, il y a quelque chose qui la dépasse. Qui filtre lentement une trame dont elle ne parvient pas encore à saisir le fil.*
Non, mis à part quelques notes d’encens et de mousse fraîche, ce qui me parait tout à fait logi…
* Avant qu’il n’ait eu le temps de poursuivre, la fée le coupe brutalement*
Ce n’est rien, ne m’en dis pas plus, tes pensées ne m’intéressent en aucune façon.
* Sa violence soudaine n’est qu’un masque, derrière lequel Thaïs essaie de se cacher, car, maintenant que tous ses sens sont en éveil, il lui semble percevoir dans l’air, des pulsations rapides et des soupirs fiévreux, résonnant dans une partie d’elle-même qui, longtemps, est restée muette. Et elle souffre, en silence, comme elle l’a toujours fait, un simple frisson nerveux parcourant de temps à autre, de ses doigts brutaux, sa colonne vertébrale. En cet instant, elle se moque bien de Pyrithe, d’Yria et de tout autre chose s’arrêtant aux portes de la salle, des portes finement ouvragées, incrustées d’éclats d’or, qu’elle n’avait pas encore remarquées. Mais sans doute n’étaient elles pas là quelques secondes auparavant.*
* Shariva, Mère Originelle de toute chose, a ce pouvoir de faire ressurgir du passé les images oubliées, des temps anciens et troubles. De remonter à travers l’eau putride d’une mémoire qui s’asphyxie en elle-même. Illusions de vie. Morts, morts sans nom et sans visage, et ces pleurs…Ces pleurs, comme une appellation ridicule à la sentimentalité dans un monde qui n’est que ruines de gloire, d’espoirs déçus et de lave sanglante…*
Si tu ne sens rien, c’est sans doute que tu n’es pas censé être ici. Tu m’as montré le chemin, Pyrithe. Maintenant, laisse moi.
Laisse moi avant que tout ne commence ou ne se termine. Avant que tout n’arrive, ne se précipite ou ne se fâne, je t’en prie, laisse moi.
* Sur cette dernière phrase, prononcée d’une voix que la distance a rendue plus douce, Pyrithe observe attentivement le visage de Thaïs, la peau tellement tendue sur ses hautes pommettes qu’elle parait sur le point de se rompre à tout moment, les yeux fixés sur des images qu’il ne voit pas, qu’il ne peut voir, de folie et de grandeur, de pierres aigues et d’eaux d’une noirceur d’encre, un second ciel, l’image retournée d’une Terre lisse, froide et sombre. Peut être une ouverture vers le centre du monde, ou de l’univers. Ou rien.*
* Il s’éclipse sans autre bruit que celui de ses pas, résonnant faiblement, de plus en plus lointain, sur le sol inégal, couvert de quelques fleurs rachitiques et de terre argileuse et humide*
* Les flammes, tour à tour silencieuses ou hurlantes, redoublent de vigueur et éclairent d’une lumière crûe, sans aucun artifice, violente, aussi brusque sans doute que les ténèbres l’ayant précédée, un décor qui, au rythme des pulsations du cœur de la fée, se met en place, par touches finales, rectifiées parfois, un brouillon disparate, et pourtant d’une intense vigueur. Des images se lient à d’autres, des fils se tissent, et le début d’une histoire se crée. Aux confins du monde, une histoire de cauchemar et de violence. Les murs prennent de l’ampleur, deviennent aussi rigides que les lourdes portes se refermant sur le passage sinueux de Pyrithe, soigneusement délimité par les brumes opalescentes tirant sur l’air et le métamorphosant au gré de leurs envies. Des murs d’or, métal aussi pur que froid, sans une once de vie factice ou dissimulatrice. Pas de gemmes précieuses pour en adoucir la nudité. Austères et fiers.*
* Un Temple d’Or. Une réminiscence de l’esprit malade de la fée, alors que sous ses pieds le sol se fond en une texture plus dure, et que la terre forme les contours de dalles de marbre, d’un bleu et or outrancier. Et toujours, toujours, cet esprit dont Thaïs peut sentir toute la force, qui l’écrase en elle-même et la fait retourner là où elle ne veut pas aller, surtout pas…Surtout pas…Et l’odeur…Cette odeur… ce n’est plus seulement sur elle qu’elle la sent, mais partout, partout, dans le creux des murs, montant du sol en une symphonie morbide d’effluves délicates et subtiles…Cette odeur que Pyrithe n’a pas pu identifier, mais que Thaïs, où qu’elle se tourne, rencontre, mur transparent, cristal qui n’en finit plus de vibrer sur la même tonalité…*
* L’odeur d’une ville arrachée de ses fondations, de la terre et d’Yria. Arrachée sans complaisance, à la mémoire de son peuple et au temps qui guérit tout, mais qui n’a jamais pu cicatriser les blessures d’une fée, morte et respirant comme on survit, sans plaisir, sans goût et sans amour.*
* Thaïs, si elle le pouvait, si elle n’avait pas été si longtemps conditionnée par son éducation, par des principes tuant la moindre émotion avant même qu’elle ne soit véritablement née, tomberait d’abord à genoux, puis s’allongerait sur le sol, soulageant les brûlures qui la hantent, au contact des dalles froides. Recherchant un peu de paix à rester ainsi, couchée, abattue, s’endormant petit à petit dans le recoin de son âme, se coupant du monde, avant de mourir en elle-même. Mais même ce plaisir lui est refusé. L’apprentissage a des torts que nul mal ne peut détruire, et elle reste debout, à attendre que la vision demeure plus claire. Sans fermer ses yeux de jais, qui cillent si rarement. Même pour un court instant*
* Enfin, les ombres semblent errer au centre de la pièce, et se condenser en une vapeur aveuglante qui ramasse en elle chaque lumière, chaque parcelle de vie, et chaque souffle que la fée a perçus depuis son arrivée dans l’arbre. Les flammes se meurent, dans un long soupir craintif .Mais il n’y a, ni fumée ni cendres.*
* Juste le vide incommensurable de la folie*
* Et puis, parce qu’il faut toujours que quelque chose commence, avant qu’une autre ne se termine, un être naît de la vapeur de vie, et de l’écume de la souffrance de la fée. Et il apparaît, sous les traits durs de Chalya. Maîtresse des Messagères d’un empire caché, oublié par tous, ses yeux gris, sans âge, perçant les murs du silence derrière la masse de ses longs cheveux noirs…Mais sa voix, oh, sa voix est si différente que dans le souvenir de Thaïs... Plus douce, mais aussi plus métallique. Vivante, mais sous l’apparence même de la vie, claire et calme, une pointe de force insoupçonnée et de cruauté déguisée*
Ainsi, comme Chalya l’avait prédit, tu as fini par revenir, Kalin.
* A l’entente de son titre royal, la fée frissonne, car l’apparition y a mis toute l’intonation de sa colère et de son contentement, deux émotions si contrastées qu’elles font vaciller le monde dans un gouffre sans fond. Là où les Dieux s’expriment, il y a toujours deux voix. Et Shariva, Mère de tous, est aussi la voix unique, la seule qui prédomine au moment de la naissance, et qui accompagne la mort. Sans infinie bonté. Juste parce qu’elle est. Enfin thaïs reprend*
Vous me volez sans vergogne les souvenirs que j’ai de Chalya, en usant ainsi de son corps sans reprendre sa voix.
* L’apparition sourit vaguement alors que derrière elle, de nouvelles images se forment, détendant les fils d’argent qui les parcourent, dans de nouvelles torsions*
Pourquoi le ferais je, Kalin ? Je suis elle sans l’être, comme je l’ai toujours été. Sans distance, sans errance de mémoire, je reprends les images qui t’appartiennent pour mieux t’entendre penser…est ce si cruel ?
* Thaïs ne répond pas, fixant du regard les murs du temple d’Or qui s’effritent sous la pression incontrôlable d’une puissance dont elle ignore tout, si ce n’est le nom. Il est crié partout, dans l’air qu’elle respire bien malgré elle, dont elle aspire des bouffées nauséabondes lui menant le cœur au bord des lèvres, sur les larges ciselures qui se détachent des murs en lambeaux de chair fébrile, encore teints de cette nuance lumineuse de l’or fondu. Shariva…Les sonorités sinueuses de ce nom sont comme des coups de poignards dans la mémoire éparses de la fée…Shariva…*
* Et le décor, comme pour une pièce de théâtre déjà jouée trop souvent, se met en place. Des ruelles obstruées par des corps enchevêtrés, des chevelures nouées par le vent, le sable, la terre et qui bougent encore faiblement, au gré du vent, des pierres antiques renversées, brisées en éclats si minuscules qu’ils passeraient presque inaperçus, s’ils n’avaient pas pris la teinte violente et pourpre du sang frais. L’odeur est partout, et, avançant dans cette vision de cauchemar, où même les mots deviennent impuissants, une jeune fille rousse, le corps baigné dans un mélange terrifiant d’ombres animées de mouvements reptiliens et de plaies suppurantes, marchant sans but, juste parce que, sans mouvements, elle deviendrait folle. Un visage dont les remords n’ont pas encore terni la beauté de la jeunesse, les yeux dorés, reflétant une aube qui ne viendra jamais réparer ses propres erreurs. Thaïs . Voir...Voir son propre visage, amplifié par la souffrance et l'attente d'un espoir vain. devenir spectatrice, après avoir été actrice...*
*L’apparition regarde, et la fée ne peut détourner son attention, ses iris bloqués sur les images n’en finissant plus de se reformer. Son corps ne lui appartient plus. Mais son esprit, son esprit, hésite, papillonne, les ailes déchiquetées, et se cogne à ses propres murs pour ne pas sombrer. Thaïs se met à prononcer des mots qui lui raclent la gorge et la blessent, sans doute parce qu’elle n’arrive plus à respirer et à parler en même temps, car l’air est brûlant de sa douleur, et elle vacille toujours, en équilibre, entre les abymes et la nuance trouble de la silhouette se tenant devant elle. Se raccrocher à la burme est une chose si épéhémère... Lorsque sa voix résonne, coupante et rauque, Shariva, sous les traits de Chalya, se retourne et l’observe*
Je sais, je sais, ce que j’ai fait …Pourquoi m’infliger ça à nouveau ? Je regrette, je regrette tellement, mais je n’aurais pu réagir autrement, et je le referais, sans fin, si la situation se représentait…
* La fée sent une subite torsion dans son esprit, une main de femme, douce, et sauvage, empoignant les méandres de ses pensées et les attirant hors d’elle, et elle se tait, aussi soudainement qu’elle s’est mise à parler, le corps tendu, prêt à se rompre à tout moment, sous la pression que Shariva lui fait subir. Et la voix, calme, d’un calme aussi lisse et glacial que l’eau du ciel, reprend*
Tais toi, Kalin. Tu as dit ce que je voulais entendre. Je ne t’inflige rien du tout, seulement ce que tu te fais à toi-même. Je te parle aussi bien que tu peux le comprendre, avec tes images, tes sons et les senteurs de tes souvenirs enfouis, c’est tout. Il n’y a pas de raison particulière à ça.
Tu le referas, sans doute. Si l’occasion se répète et si je décide d’en boucler la fin, le début et le prolongement. Il existe d'autres choix, mais tu sembles avoir fait le tien depuis bien longtemps...
* Thaïs perçoit faiblement, à travers les battements du sang pulsant contre ses tempes,la pression diminuer et, alors que ses forces l’abandonnent, elle glisse lentement à terre, laissant flotter autour de son corps les pans de sa robe, humide de la sueur moite d’un violent combat intérieur. Ses boucles rousses, comme trempées dans le sang, forment autour de son visage si pâle un halo de feu, une coulée de lave de l’enfer. Pourtant, cette image est étonnamment douce. Et l’Odeur diminue d’intensité, les images se brouillent une fois de plus, tournant sur elles mêmes, laissant entrevoir, dans un flux si rapide qu’il semble à la fée, écrasée par la souffrance et par une autre sensation, sans doute le poids de son propre corps et de sa vie qu’elle a si longtemps oubliée, qu’elles ne s’arrêteront jamais de danser devant elle, de ramper et de recommencer à former des paysages qu’elle voit de moins en moins clairement, la caresse fraîche d’une ondée. Sur sa peau brûlante, l’onde glisse et murmure à ses oreilles des sons qu’elle ne comprend pas, se perd dans ses cheveux qui scintillent faiblement. Car les flammes se sont rallumées. Et, très certainement, elles ne se sont jamais éteintes.*
Encore une chose, Kalin. Pourquoi je t’ai choisie doit te sembler évident, d’une clarté sans précédent, et pourtant…Tu es la Vie. La Mort. Ce que j’enseigne depuis toujours, tu l’as vécu. Et tu es revenue.
Je serais Ta vie. Et ta Mort, quand ce moment viendra. Solitaire, exilée, tu n’as jamais su ce que ces termes voulaient dire jusqu’à présent.
Mais, maintenant, je me retire de toi et vis à tes côtés. Pour toujours, jusqu’à ce que ce toujours prenne fin.
* Dans ce qui lui reste de pensée consciente, la fée se débat encore, mais si faiblement que ses mouvements ressemblent aux tressaillements imperceptibles de ces oiseaux, fauchés en plein vol, atterrissant maladroitement aux pieds des hommes, et qui n’arrivent pas à s’éteindre. Que Shariva la laisse pleurer, rien qu’une fois…Pleurer sur le monde qu’elle a tant de mal à comprendre, et sur cette jeune fille rousse, terrorisée, hantée par sa propre ombre, qu’elle a vue trébucher et se blesser aux arêtes de l’univers. La voix s’approche imperceptiblement de son oreille, mais déjà ce n’est plus qu’un souffle*
Je t’offre mes larmes, Thaïs. Celles qui n’ont jamais pu s’exprimer en toi, celles que tu as perdues. C’est la seule chose que je puisse te faire. Il n’y a pas de moments où tu te sentiras plus proche de moi qu’en ces instants où tu ne refuseras plus tes propres faiblesses, celles que je t’ai données, que j’ai peintes sur ton corps et vrillées sur ton âme.
* Le souffle s’éteint. Le monde dans l’arbre de la Forêt supérieure s’éteint. Mais, à l’extérieur du temple, la Vie et la Mort s’entremêlent soigneusement. Le ciel s’obscurcit et laisse se déposer, dans le parc qui l’entoure, une nuée d’argent pur, d’étincelles de couleur ocre, formant un voile d’une trame aussi belle que terrifiante, nimbant chaque silhouette, chaque brin d'herbe . Et, l’arbre lui-même, voit ses racines remonter à la surface de la terre, ramenant entre elles des cendres rosées entre les mottes d’herbe ; emportées par une légère brise, les cendres se recoupent sur le voile d’argent, et y demeurent prisonnières. Les Dryades se taisent, et se retirent dans les arbres tortueux leur servant de refuge, leurs visages évanescents se fondant dans l’écorce rude pour y demeurer. Seules les feuilles, d’un velours vert luxuriant, frissonnent encore légèrement.*
* Le temps de l’innocence est passé.*
* La Mort existe à présent dans le parc, plus sûrement qu’elle ne l’a jamais été, et y pose son empreinte mélancolique, attachant les marques de sa présence par chaque souvenir de Thaïs, gisant au cœur de l’arbre. Attendant de se réveiller*
*. Et, autour de l’arbre, des plantes sauvages, des fleurs de lierre, viennent s’épanouir, glissant le long du tronc comme de nouvelles reliques d’une solitude que rien ne pourra jamais effacer.*
Edité par Thaïs Erin le 17/09/2006 à 16h44
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*Pyrithe s'éloigne de la fée, un sourire sarcastique aux lèvres... Au fond il la comprenait, elle qui était si fière, qui se rendait hautaine comme un guerrier enfilerai une cuirasse hideuse, pour ne pas faire voir le moindre instant ses sentiments profonds, elle ne voulait sûrement pas d'un type comme moi si elle venait à pleurer, car elle le savait, la pire des épreuves était toute trouvée: une confrontation par rapport à elle même... C'est pour ça qu'il s’était téléporté à l'extérieur sans rien dire, la laissant seule face à elle, avec pour arbitre et juge la déesse Mère.*
*en s'éloignant de l'arbre, Pyrithe croise une femme, brune aux cheveux bouclés, revêtue d'une tunique blanche aux liserais rouges.*
*il s'arrête à son niveau, et lui dit sans la regarder*
Tiens, vous reprenez votre forme humaine à l'extérieur du temple? C'est vrai que vous êtes séduisante dans ce corps... La Mère Originelle est plutôt jolie et plaisante...
Shariva: Oui, je trouve aussi, petit mage sarcastique. Mais mon corps, le jour ou nous nous sommes vu avec mes semblables du Panthéon n'était pas mal non plus, non? Enfin bref. Je te remercie quand même, même si tu me devais bien ça. Nous sommes quittes désormais, je ne pense pas que nous nous recroisions de si tôt. Mais laisse moi te dire que j'ai suivit de loin ton évolution, et que nous avons parlé de tout ça avec Celnystra, à temps perdu... oui, nous avons d'autres chats à fouetter que de suivre tes rêves de puissance, mais j'avoue que Celnystra m'en a parlé tout de même. Et je dois te mettre en garde, tu n'es pas au bout de tes peines, et la route que tu empruntes me semble sinueuse et semée d'embûches. Je n'aimerai pas que nous ayons à nous recroiser avec les membres du Panthéon!
*Pyrithe se tourne vers la déesse*
Oui, je sais plus ou moins cela, mais (visiblement un peu vexé) vous avez d'autres chats à fouetter, alors laissez moi à mes rêves de puissances comme vous le dite, et si je tombe, ce sera bien moi encore une fois qui me ramasserai... vous autres êtes bien au chaud. *se rattrape soudainement* Excusez moi déesse Shariva, mais je m'emporte quand il s'agit de me remémorer l'épisode de mes petites "explications houleuses" avec vous autres. Je suis désolé. Finis en avec la jeune kalin, et je continuerai à l'épauler si le besoin est.
Shariva: Mais son épreuve est bien finie, elle va avoir l'impression que tout ca était long, mais elle est endormie au pied de l’Arbre Supérieur. ce genre d'expérience est fatiguant moralement... Tu ferais bien d'aller la voir, elle sera peut être plus heureuse que tout à l'heure de te voir a ses cotés... Au revoir jeune Pyrithe, et dans l'espoir de ne te revoir qu'ici ou de ne pas te revoir, tache de ne pas refaire deux fois tes erreurs, sert t'en comme de ce que c'était: une leçon.
*Shariva disparaît dans un souffle de vent frais, sentant la brume marine et le bois vert*
*Pyrithe se dirige alors vers l'arbre sanctuaire, et réveille doucement la jeune fée endormie au sol, dans un tapis de lichen odorant... Thaïs ouvre les yeux doucement*
*Pyrithe lui souris et s'incline gracieusement*
Bonjour Prêtresse de Shariva, représentante de la Mère Originelle sur Yria...
Edité par Pyrithe le 20/07/2006 à 00h06
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en réponse au message
#208
Pyrithe (Maître de Magie | niveau 15)
le 20/07/2006 à 00h05
* ¨Thaïs, un moment interloquée de se retrouver hors de l'arbre, se rappelle vaguement avoir été déposée sur quelque chose d'infiniment plus doux que les dalles rudes et rèches du sol, enfin, des images formées par Shariva, et du contact de mains délicates, contrastant avec les paroles sévères qui semblent encore résonner dans sa tête...Et de s'être endormie. De s'être endormie, pour une nuit, un couple d'heures, une année entière...De ce repos forcé, la fée n'a que peu de souvenirs, et encore moins de rêves, mais une sensation de plénitude qui perdure quelques instants. Pour elle qui ne dort jamais sans être aussitôt attaquée par des nuées de souvenirs disparates et violents, il y a comme un second présent de la part de la déesse, et elle demeure encore, quelques minutes, allongée dans le lichen*
J'ai...Dormi?
* La façon dont elle pose cette question, d'une voix que la fatigue a rendue infiniment plus fragile, et peut être plus pour elle même que pour Pyrithe, ressemble à s'y méprendre à celle d'une enfant. Un écho, peut être, à celle qu'elle aurait pu être. Si les choses avaient été différentes.et si elle avait vécu, un peu, si peu... Et puis les images redeviennent claires et elle se souvient. de tout. Une fois de plus, elle revoit Chalya et réentend le son de ce qui se cache derrière les paroles sèches, le comprend mieux qu'elle ne l'a jamais compris. Elle passe une main sur son front, et presse un instant sa paume brûlée contre sa peau fièvreuse. Quand elle reprend la parole, elle est redevenue froide, et même son visage perd ses contours flous pour reformer ses traits finement ciselés, d'une dureté de statue*
Oui, sans doute... Tu pourrais m'aider à me relever?
* Elle tend la main à Pyrithe, une main qui ne tremble plus, et le sorcier s'exécute, tout en l'observant du coin de l'oeil. Sitôt remise debout, la fée retire sa main, fuyant par habitude tout contact, quel qu'il soit, et lisse les pans de sa robe avant de promener son regard sur le paysage. Elle note les divers changements, et s'attarde quelques instants sur les branches tortueuses du lierre qui se sont nouées à l'arbre dans une étreinte douloureuse. Elle les caresse d'une main pensive*
Ah.. je vois que la forêt portera des marques de mon passage...Des cicatrices, en somme, bien qu'elles soient autrement plus décoratives que les blessures réelles.
* elle se retourne vers Pyrithe, rejettant sur le coté ses cheveux encore humides où viennent se perdre quelques unes des particules de cendres rosées que le souffle de Shariva, en un chant étrange, a ramené du centre du monde, et flottant encore dans l'atmosphère éthérée du parc.*
Pourquoi être venu me chercher, Pyrithe? j'aurais pu m'en sortir seule.Ne te sens pas obligé de m'aider pour la seule et unique raison que tu as obéi à un ordre de Shariva...
* Cependant elle vacille quelque peu à ces dernières paroles, et une ombre de fatigue passe sur son visage. Qu'elle se hait lorsqu'elle est faible...*
Edité par Thaïs Erin le 20/07/2006 à 01h40 : Rajout
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*lempea sent le changement*
Quelqu'un à reprit la direction du temple!
*accoure vers le temple et voit deux perssonnes*
Qui à été choisi par Shariva?
*voit le regard de thais qui répond à sa question*
*il se met à genoux et dit*
Shariva ma dit en rêve qu'elle allait choisir unenouvelle perssone pour diriger son temple et que je devrai protéger le temple et l'élue. si vous le voulez!
Edité par Lempea le 23/07/2006 à 21h28
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#210
Lempea (Chevalier | niveau 10)
le 20/07/2006 à 21h20
* La fée esayant de repousser les vagues de sommeil qui s'emparent à nouveau d'elle et lui embrouillent l'esprit, se retourne vers le chevalier et l'observe un long moment en silence, détaillant les traits de son visage extatique. Enfin elle reprend d'un ton plus calme*
Je ne suis pas persuadée que vous mettre à mon service serait une bonne idée, j'ai peu l'habitude de compter sur les autres, et encore moins sur quelqu'un en particulier. De plus * un léger sourire frôle ses lèvres* je ne tiens pas particulièrement à être protégée, sauf contre moi-même...
* Elle adoucit quelque peu son sourire et lève le bras dans un geste lent*
Pour le sanctuaire toutefois, je ne peux vous empêcher d'y venir vous recueuillir...
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#209
Thaïs Erin (Grand Alchimiste des Arcanes | niveau 19)
le 20/07/2006 à 00h44
*un sourire en coin se dessine sur le visage de Pyrithe à l'écoute de ces mots*
Me sentir obligé? Je ne suis obligé de rien, et si je fait quelque chose, c'est toujours par interet ou plus rarement par plaisir. Sache le. Mais la je sais bien que tu avais besoin qu'on te reveilles, un avenir nouveau te tend les bras, de par la decision que tu viens de prendre. Il te faut maintenant aller de l'avant et prendre ces choses en main. De plus, une grande pretresse qui se prélasse sous un arbre, ca tue un peu le mythe! *souris gentillement*
*constate que Thaïs réfléchis*
*hausse les épaules*
Ce que tu es compliqué ma petite!
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#212
Pyrithe (Maître de Magie | niveau 15)
le 24/07/2006 à 16h00
* La fée se détourne brusquement, et s'éloigne du temple, la démarche légèrement vacillante*
Bien, je suis épuisée, si jamais tu as besoin de moi (ce dont tu me permettras de douter) tu sais où me trouver Pyrithe.
* A son passage, les fleurs de lierre semblent se recroqueviller en elles-même et fermer leurs boutons à peine éclos. Mais ce n'est qu'une impression fugace, bien vite envolée dans la brise se levant*
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*lempea est déçu par cette réponse. Mais il décide de rentrer dans le temple*
elle me la autorisé!
*se dit il pour se donner du courage*
*alors qu'il prenait à droite dans un couloir il tombat dans une petite chambre qui devait se trouver à l'extrème sud du temple. il se couchat sur le lit et il s'endormit.*
Edité par Lempea le 31/07/2006 à 22h10
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*le matin il décida de retourner parler avec thais*
*il prend le plus grandcouloir et le suis espérant tomber sur Thais. pour lui parler de la quête que lui avait confié Shariva*
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* Bien des jours se sont écoulés depuis que Thaïs est allée se recueillir dans le sanctuaire, et pourtant le chemin à suivre s’impose à ses pensées comme une évidence, à travers les méandres de ses souvenirs épars, et de ses sensations physiques nouvelles. Le matin s’est levé sur la ville, laissant peu à peu les brumes éphémères d’une nuit s’éteignant, se diluer aux contours des ruelles dont les chemins artériels forment quelque gigantesque organisme vivant ; les premiers pas des archers courrant à leurs rendez vous, dans le frôlement de lin de leurs vêtements aux résonances métalliques des armes, la silhouette fière, éclatante sous les rayons du soleil s’intensifiant de minute en minute, de la tour Blanche d’Alnéir, au loin, découplée à l’horizon d’un ciel dont les teintes varient du bleu d’onde au mauve des volutes d’une aube s’endormant, des gnomes à l’aspect affairé dont les pas presque sautants vibrent au sol de pierre et de terre humide comme autant d’échos aux joyeux entrechoquements des chopes de bière, à la taverne…Une vie, unique, diverse, chatoyante de mille et un visages et masques, appose sa marque de chair, de sang, et de rires mêlés, sur Yria, et, oh, comme l’Eldoran, en cet instant fragile, où tout lui semble possible, où tout lui semble accessible, voudrait en faire partie, n’être qu’une image de plus dans cette ronde qui l’exclut, quelles que soient les figures qu’elle a modelées au gré de ses nombreuses existences, ou plutôt présences…Juste un instant, un souffle, le rythme doux d’une respiration, cesser de réfléchir, cesser de penser, sans fin, aux murs étroits de Balagadil, au visage sévère, atroce, d’une mère qui n’en a jamais été une, à la vengeance qu’elle accomplira de ses mains…La haine, la haine, épuise autant que l’amour, et ne bâtit pas plus de chemins que ce sentiment abject, repoussant, corrupteur des sensations et de l’esprit. Et l’Eldoran, les poings serrés sur le linge déjà poisseux qui recouvre sa main entaillée par le médaillon, en fait le douloureux apprentissage. Vivre, ce n’est pas seulement respirer et se remplir du monde, en étreindre entre ses doigts fragiles la moindre des nuances et des odeurs, c’est aussi souffrir.*
* Thaïs, Kalin, tu ne l’as jamais compris, mais il ne sert à rien de vouloir nous fuir, et malgré tes nombreuses errances, tu as conservé sur tes épaules le joug invisible de notre prison d’or, notre monde caché des hommes, révélés à la haine et la colère…Tant que nous ne l’affronterons pas, tant que nous ne nous libèrerons pas en devenant ce que nous aurions toujours dû être, jamais nous ne serons en vie.
Nous pourrons jouer, à faire semblant face au monde, en lui jetant des images et les reflets éthérés de notre propre corps, de notre propre esprit, nous ne pourrons jamais amplifier le mensonge jusqu’à nous illusionner nous-mêmes.
S’il doit y avoir une fin, je la trouverais, et j’en apposerais le sceau de mes mains, sur cet univers qui nous a meurtries…Quittes à en périr, faisons basculer notre monde, qu’il périsse avec nous et qu’il souffre ce que nous avons enduré. C’est là toute la justice que je souhaite, que j’appelle de mon âme, et qu’un jour je tiendrais dans mes mains, Kalin…*
* Sur ces dernières pensées, qui, sans que l’Eldoran en ait seulement conscience, l’aident à affermir ses pas le long des ruelles aux dalles recouvertes de mousse croupissante de la ville, elle sent un souffle, à la foi brûlant et glacial, effleurer son visage en caresses éternelles, et, dans la Forêt au silence pesant, l’Arbre dont les racines, relevées de la terre, mettent à nu les reflets de cendres nacrées et de terre fangeuse, se matérialise devant ses yeux. Sous les ronces dont, lentement, des mains invisibles ont tracé et délimité les lacis et les entrecroisements tortueux, quelques feuilles aux teintes de jade et d’ambre frissonnent faiblement, dressant, entre le ciel s’éveillant à la nature et le sol d’herbe tendre, une voûte luxuriante, filtrant les rayons d’un soleil dont on ne peut percevoir la chaleur, sous les murmures des plantes et les épines gémissantes des buissons, et pourtant, pourtant, quelques traces d’une luminosité amoindrie viennent, de temps à autre, au détour, peut être, d’un nuage plus clément, éclairer de l’intérieur les nervures veineuses des feuilles, en distillant à l’envie des tâches d’un vert translucide sur les racines épaisses de l’arbre…Rappel de la vie qui palpite encore au rythme des jours, et des nuits, même si, depuis bien longtemps, les dernières Dryades se sont enfuies, laissant sur leurs demeures d’écorce et de bois ciselé, quelques filaments d’or de leurs cheveux, et les senteurs fugaces de sève onctueuse, et de vétiver amer.
Autour du tronc de l’arbre, formant un réseau de toiles arachnéennes, des fleurs de lierre, aux capiteuses fragrances, enferment dans leur corolle d’une blanche pureté des cendres rosées, ramenées du fond de la Terre et des Ages, par le déplacement de l’Arbre, et son adaptation lente à l’esprit de la nouvelle Prêtresse. Thaïs…*
Voici donc le reflet de ce que je suis…Quelques touches d’une vie factice, enterrées sous les ronces de ma colère et de ma rage impuissante ; un monde de silence, où les derniers oiseaux se sont tus à jamais, dans une inertie de marbre où se meurent les rêves et se brisent les illusions, accrochées en lambeaux de chair aux épines qui se dressent, entre moi, et le Ciel.
Soit, Shariva…
* Thaïs murmure ces quelques mots, puis se rapproche d’un pas aérien, ses pieds semblant à peine toucher le sol, le visage sévèrement posé contre la brise qui l’attire entre ses bras fuyants, les yeux fixes malgré l’air glacial qui lui brûle les iris, et malgré cette sensation soudaine de pesanteur, comme si la Déesse avait posé ses mains sur ses épaules, pour la faire ployer, ou pour la briser, peut être…Et le souffle, de seconde en seconde, l’étreint, en volutes sur son corps blessé, en caresses violentes glissant dans les boucles de ses cheveux, alors que se plient les morceaux rugueux de l’écorce, tordant leur matière comme autant de reptiliennes invites, et que les lucioles luminescentes, heurtant de leurs ailes diaprées les contours flous de quelques lampes de cristal, éclairent l’entrée du temple.*
* La porte se referme sur le passage de la fée, et c’est un silence froid qui l’accueille, en haut des escaliers de pierre et de bois mêlés, l’atmosphère moite de quelques cours d’une eau invisible, aux remous sourds et onctueux, seulement entrecoupés des bruits de pas de Thaïs, lorsqu’elle descend lentement les marches, les pans de sa longue robe bleue, tâchée d’humidité et de terre, traînant derrière elle comme une ombre fugace…La puissance, sauvage, haletante, d’une indicible présence heurte ses sens aussi violement que des coups physiques, se mesurant à la sienne en des étreintes de pensées poisseuses, et bientôt les murs de la salle centrale, recouverts de ces mêmes vases de verre teints où dorment des êtres de lumière, de fragiles ailes de soleil, bruissent des battements fébriles de son cœur, à l’unisson de son corps, et du sang courrant dans ses veines, sous la peau marquée d’arabesques noires. Thaïs s’avance encore, et les lampes diminuent d’intensité, n’éclairant plus que par intermittence les nervures tortueuses du bois et le marbre blanc du sol.*
* Au tout début, il ne se passe rien, si ce n’est la sensation que le souffle grandit, puis gronde en renflements de l’air glacial, jusqu’à l’extase…Puis, lentement, comme se veut toute chose dépassant l’entendement des êtres vivants, une silhouette se matérialise, usant de la moindre parcelle de lumière, ou d’ombre, pour tisser les reliefs de ses muscles, et le lacis de ses artères, jusqu’aux traits de son visage à la peau diaphane. Des feuilles déposées en offrande de la nature entre les mèches de ses longs cheveux noirs, tombent des volutes de lumière nacrée, dessinant la trame d’une robe aux teintes d’or soyeuses. Et la jeune femme ouvre les yeux, les déposant sur Thaïs comme si elle avait voulu percer les secrets les plus intimes de son âme, les iris sévèrement braqués sur elle, cherchant, avec ce mélange de douceur et de brutalité inhérente aux Primordiaux, les failles, les doutes et les mystères enfouis dans la chair. La fée ne recule pas sous le choc, et conserve, au prix de la douleur traversant ses fibres nerveuses, sa position de statue, le dos droit, les épaules redressées, et le menton volontaire. Enfin la jeune femme se met à parler, d’une voix sèche, et pourtant sans trace de dureté*
Ainsi, Thaïs, tu as renoncé...L’Eldoran t’a remplacée, et tu te meurs en silence dans ta bulle d’inconscience.
Je n’attendais pas autant de lâcheté de ta part, Kalin. Tu me déçois.
* Cette fois-ci, l’Eldoran esquisse un pas en arrière, sous la sauvagerie cachée derrière ces dernières paroles*
Je suis juste ce que vous avez fait de moi, ni plus, ni moins. Prenez vous en au mage qui m’a fait naître de sa rage et de sa souffrance, et du monde que vous avez créé, aussi dur à cerner, et à maîtriser, que les arcanes d’un univers onirique.
Ce monde à l’antithèse de ce que je suis, et me vomit chaque jour, du fond des entrailles de la terre où je me sens enfermée…
- Non, Eldoran, tu n’as rien en commun avec ce que j’ai jadis dessiné de mes mains.
A chaque être, je laisse le choix, et vous auriez pu, toi, Thaïs la Multiple, prendre une toute autre direction. Il n’en a rien été.
Laisse moi la voir.
* Un sourire sibyllin se joue sur les lèvres de Shariva, mais ce sourire n’emplit de vie que la partie inférieure de son visage, et son regard demeure, dans cette écume floue qui le compose, comme autant de reflets anciens, centenaires, de mers déchaînées et de ciels mourants, d’une fixité triste et dure, cristalline, inflexible. L’Eldoran rejette en arrière la masse moite de ses cheveux car, malgré l’intensité du souffle gelé qui passe en effleurements sur son corps, au travers du fin tissu de sa robe, elle brûle d’un feu ravivé, et, dans son esprit, où les Spectres de ses souvenirs hantent les ruines de son passé, et les portent entre leurs bras fragiles, la Glace commence déjà à se fendiller…Non, pas question…j’ai trop souffert de n’être rien pour reprendre la place de Thaïs.*
Non. Il vaut mieux pour elle qu’elle ne se réveille plus jamais…
Il n’y a plus d’issues possibles, il n’y en a jamais eu.
- Tu es d’une naïveté confondante pour un Etre aussi âgé, Eldoran. Tu devrais pourtant savoir qu’il n’existe jamais, dans la nature comme dans l’univers, qu’un seul chemin dallé. Bien d’autres traverses se dessinent sur la terre, si on sait seulement les regarder, mais tes yeux ne se sont jamais véritablement ouverts, malgré les siècles d’errance et de doutes, tu as encore tant à apprendre, que cela m’effraie.
Tu n’es rien de plus qu’une enfant, égoïste, malheureuse et fourbe, et tu hurles ta haine envers chaque minuscule bris du monde sans jamais chercher à le comprendre…
La seule erreur de ta présence, c’est cette puissance que tu voles au corps de Thaïs, après lui avoir donnée pendant des années.
Mais la puissance n’est rien si on ne la maîtrise pas, ce n’est, tout au plus, qu’une arme délicieuse aux reflets de sang, une destruction massive aux cendres de l’univers, qui ne t’apportera jamais ce que tu recherches, et tes pleurs, lorsque tout sera fini et que le néant t’envahira, n’y changeront jamais rien.
Laisse-moi voir Thaïs, une dernière fois, avant que tout ne s’arrête et que tu ne te détruises en pensant dominer.
* L’Eldoran secoue la tête en un geste de dénégation enfantin, mais déjà sa vue s’obscurcit, les contours des murs de la salle et du faible éclairage des lucioles, ou des flammes de bougies sur leurs chandeliers d’or terni, s’estompent en esquisse brouillonne, et son esprit s’attache, aux liens de chair et de sang, aux battement sourds de son cœur qui s’amplifient, rythmé par le bruit lointain d’une déchirure…Sous la lisse surface d’une glace épaisse, aux reflets bleutés, des coups sourds martèlent l’onde de leurs poings serrés, des filaments d’un air opaque se tissent autour d’une bulle de cristal, et la glace, de fêlures, s’entrouvre, ses bords ébréchés luisant d’une teinte d’argent lunaire, laissant voir, entre leurs interstices, les contours adoucis d’un visage auréolé de boucles rousses, les yeux clos sur quelques rêves secrets. L’Eldoran voudrait hurler, mais sa voix ne traverse pas ses lèvres, et se perd dans les profondeurs insondables de son âme, alors que le corps de Thaïs émerge de sa ganse de verre et que, brutalement, il tombe dans l’eau froide, où flottent des parcelles de glace, sous les ruines et les décombres de leurs esprits.*
* Thaïs : je sens comme une force, irrésistible, me poussant jusqu’à mes dernières limites, ma rupture, glissant entre les fragiles failles de la bulle m’enserrant au sein d’une matrice d’immobilité et d’inertie, et ma volonté, sous le chant d’une voix indistincte dont les paroles ne me parviennent pas, se réveille, se réveille. Et l’air remplace le silence, puis l’onde remplace l’air, je nage dans l’eau trouble de mes souvenirs et de mes peurs, de nouveau, et j’ai si froid, si froid…je voudrais me rendormir,maintenant, et rêver encore, et rêver toujours, mais quelque chose se révolte, au sein de mon être, contre ce sommeil forcé qui me tue lentement, et je m’étouffe sous l’eau, l’air ne me parvient plus, tout n’est que noir, ténèbres et silhouettes qui me frôlent de leurs mains avides…*
* Dans la salle centrale, près de la Déesse Shariva dont le visage s’est mué en un masque factice, la fée tombe à genoux, alors que les battements de son cœur changent de rythme et s’affolent sous la pression des pensées et des images qui l’assaillent, la fée gémit, les mains posées sur le sol, tentant désespérément de s’ancrer, de leurs ongles, ou de leur volonté, dans le marbre froid et lisse où demeurent encore quelques brins d’herbe tenaces. Puis, de ses cheveux roux, de son corps lui-même, jaillissent des coulées d’une onde sombre, et forment des contours nuancés, comme des dessins d’enfants, autour de sa robe trempée, glissant le long de ses traits jusqu’à son cou gracile, et ses épaules agitées de frissonnements involontaires. Thaïs se met à tousser, rejetant l’eau qui gonfle ses poumons et l’empêche d’atteindre l’air, et d’en emplir son corps glacé, et roulent, sous sa tenue humide, des larmes d’argent et de verre effilées. Lorsqu’elle se redresse, d’un mouvement malhabile, ses jambes dérapant sur les dalles moites, elle serre ses bras contre sa poitrine en un réflexe purement physique, avant de parler d’un ton rauque, presque indistinct*
Pourquoi m’avoir réveillée ? Le sommeil réparait mes failles, et tissait de nouvelles membranes sur mes cicatrices. Et, comme j’étais bien, à dormir enfin de cette nuit qui m’a si longtemps été refusée…
- Ce n’est que pour un temps, Thaïs. L’Eldoran s’est meurtrie aux murs de mes paroles, et elle t’a laissée, pour quelques minutes, quelques heures, peut être, à l’abandon de ton propre corps.
Mais cela arrivera de moins en moins, Kalin, et bientôt tu ne seras plus qu’une ombre en ton âme, qu’un souvenir fugace dans ton esprit.
- Je sais.
* Shariva s’approche de la fée dont les tremblements diminuent doucement, et la gifle à la volée, avant d’agripper son bras droit, enfonçant ses doigts dans la chair, à travers la soie trempée de sa manche.*
Non, tu ne sais rien du tout, tu te contentes d’abandonner sans résister davantage, Kalin, et tu es d’une lâcheté confinant à l’inconscience. Tu oublies que tu as des armes dont elle ne disposera jamais.
* La Déesse relâche sa pression, et Thaïs recule. Sous les mèches rousses qui se collent à son visage en étreintes d’un feu éteint, ses yeux luisent de rage, d’une colère augmentant de seconde en seconde, masquant toute sensation de froid et de peur, posant un voile d’ambre brûlant sur ses larmes secrètes, et la fée rétorque d’un ton cinglant*
Oh, je suis sans doute lâche de ne plus vouloir jouer selon des règles qui m’ont toujours été imposées, mais la plus grande des lâchetés de ce monde, ma Déesse, est la vôtre.
Vous ne savez pas ce qu’est de vivre, et vous me parlez d’une résistance et d’une volonté que vous ne sauriez avoir éprouvée…Qu’en savez-vous ?
- Tu n’es pas toute seule, Thaïs, et ce que tu éprouves, je l’éprouve aussi, chaque aube qui se lève est la prémisse d’une de mes nouvelles vies.
Ne l’oublie jamais…
* Les derniers mots de Shariva, prononcés sur un ton radouci, blessent plus profondément encore la fée, et, sans qu’elle l’ait véritablement souhaité, les mains serrées en poings qui meurtrissent les paumes de ses mains, elle se détourne, et gravit d’un pas hâtif les marches des escaliers, manquant parfois de glisser, les pieds nus s’enroulant dans les pans de sa longue robe. L’air oppressant de la forêt l’accueille en son sein, sous les murmures frémissants des lianes, et des fleurs de lierre parsemant le tronc de l’arbre de leurs lueurs pâles, et elle s’agenouille sur un tapis de feuilles mortes, avant de ramener les genoux sous son menton et d’y poser son visage.*
L’Eldoran va revenir, je le sais, et de nouveau, la bulle se refermera sur les soupirs de mon sommeil, mais, pour l’instant, une seconde d’éternité, le temps d’un souffle ou de l’épanouissement d’une fleur sous les cendres de mon esprit, laissez-moi, laissez-moi tranquille…
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*Adrian avait déjà vu bon nombre d'arbres séculaires, abritants les plus belles créatures comme les plus repoussantes, bien que lui même ne fasse pas la distinction. Celui-ci était incontestablement beau et il n'y avait aucun doute quand au rayonnement divin qui s'en échappait. Peut-être était-ce cela qui le décevait. Les arbres étaient pour lui des communiquants, des êtres dotés de leur intelligence propre mais à qui on ne pouvait imposer une valeur ou une doctrine. Si proche du cycle dela vie soit-elle comme le semblait Shariva.
Il ne leur rendait visite que le soir, lorsqu'un voile de calme et de silence permettait de les entendre. Les petits êtres affiliés naturellement aux arbres sont d'excellentte compagnie et il ne se lassait jamais d'entendre leurs histoires.
Il s'assit donc, de l'autre côté de l'arbre à l'opposé de l'entrée du temple, calé entre deux immenses racines.
La tête levée vers les branches, il repensait à ses voyages.
Edité par Pyrithe le 26/09/2006 à 16h39
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*Après cet intéressant passage du sieur Damocles aux chutes de cristal venu leur montrer, malheureusement pour lui pour rien, ce qu'un inquisiteur pouvait faire, les deux compagnons s'en allèrent vers la forêt où Adrian avait encore du travail à faire.
Il avait déjà repéré le bois mort, les arbres malades, mais surtout avait remarqué un petit pièce de bois ovale, lisse d'où l'on voyait les veines de l'arbre auquel elle avait appartenu courir à travers la matière. Il l'avait caché dans un tailli, pour des raisons particulières. Maintenant qu'Oniros était avec lui, il sut pourquoi il l'avait fait.
Ils avaient marché en silence, côte à côte, Oniros levant parfois la tête pour regarder les nuages d'un air pensif, Adrian agitant les doigts avec sa baguette sculptée, un feu naissant parfois dans ses yeux qu'il avait tôt fait de calmer.
Cette forêt lui faisait toujours le même effet, grande, belle mais prisonnière de quelque chose.
Ils dépassèrent le grand arbre séculaire pour senfoncer plus avant dans la forêt. Adrian passa en revue les arbres qu'il avait discrètement marqué puis demanda à Oniros de l'attendre quelques minutes le temps qu'il aille chercher du matériel.
Il revient avec une hache et une petite fiole d'où flottaient des paillettes dorées de lumières. Il donna cette dernière à Oniros en lui recommandant de bien faire attention, de ne pas l'ouvrir et de ne pas l'agiter.
Puis il commenca son travail, méthodiquement, patiemment, sans montrer le moindre effort physique. Ses coups étaient réguliers, pas vraiment puissants mais très précis. Les muscles de ses bras saillaient sous sa tunique, son regard était fixé sur un endroit de l'arbre, il ne disait rien.
Arrivé presque au bout de sa première tâche il s'arrêta, essuya une ou deux gouttes de sueur roulant sur ses tempes puis planta la hache dans le sol et posa ses deux mains sur le manche.
Il regardait Oniros, d'un air très sérieux puis lui demanda.*
Dis moi Oniros, je vois que tu n'as pas d'arme .. compte-tu en avoir une un jour ?
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*Oniros le regarda en souriant, esperant qu'il ne le prenne pas pour un charlatan après ce qu'il allait lui dire.*
Je suis le fils de l'hiver, les seules armes dont je dispose sont mon amour pour la vie, et la protection que m'offre le froid. Ma meilleur attaque est ma défense. Quand je suis en danger, le froid fait sentir à l'ennemi qu'il me protège. En hiver je suis presque intouchable car la neigee et la glace sont partout, ils veillent sur moi. Je n'attaque jamais, je n'en éprouve pas le besoin, je ne fais que me défendre avec mon coeur. Tant que je serai droit, juste et respecteux de la vie, de la nature et de tous les êtres vivants, l'hiver continuera à me protéger. Donc ma réponse est non.
*Il adressa à Adrian un clin d'oeil sans ajouter un mot, sachant que son ami en avait comprit le sens. Il leva le yeux vers le ciel pour admirer le haut des arbres. Il vit que quleques nuages étaient en train de traverser la forêt.*
Veux tu que je t'aide mon ami ? Je peux sûrement me rendre utile ici.
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en réponse au message
#219
Oniros (Inquisiteur | niveau 11)
le 26/09/2006 à 13h21
*Adrian éclata de rire après les dire d'Oniros, un rire beau et communicatif, un rire qui résonna dans la forêt et qui illumina son visage.*
Ah mon ami, je crois que tu n'as pas fini de m'étonner. Le fils de l'hiver hein ?
*Il le regarda très attentivement, détaillant chaque parcelle de son visage, de sa posture, de ce qu'il dégageait. Adrian avait bien deviné, cet homme là avait la neige dans ses pas.
Il se prit soudain d'une immense affection pour ce garçon qu'il ne connaissait pas du tout mais qui pour lui dégageait quelque chose de très particulier. Une seule personne avait été proche de lui, mais elle s'était évanouie, et ses souvenirs avec elle.
Ce sentiment de lien unique le remplit d'une immense joie, mais il n'en montra rien. Il était comme ça Adrian,
indéchiffrable et solitaire. Il regarda autour de lui puis lui indiqua quelques endroits*
Tu peux ramasser du bois mort si tu veux, on finira avant la pluie.
*Il se décala de l'arbre et le poussa juste d'une main. Dans un grand fracas, comme une déchirure, l'arbre s'abbatit, un choc sourd fit trembler le sol juste le temps d'une seconde ou deux.*
Donne moi la fiole Oniros.
*Il posa un genoux à terre, regarda la souche puis compta les années et fixa l'âge dans sa mémoire. Il ouvrit la fiole mais une jolie et espiègle créature vint la lui piquer sous son nez.*
Hé ! *Il regarda la pixie s'envoler et décrire un cercle autour d'Oniros et lui. Il la reconnu à ses ailes, l'une avait un bleu absolument remarquable et l'autre un vert tout aussi magnifique. Poings sur les hanches il s'adressa à elle avec beaucoup de sérieux ,en elfique. Elle revint vers lui lentement, posa la fiole dans sa main ouverte puis s'écarta d'Adrian.
Il baissa la tête en guise de remerciment et la pixie en profita pour recommencer son petit jeu, faire loucher Adrian. Cela la faisait éclater de rire et il ne tarda pas à en faire de même.
Elle se posa sur son épaule et regarda avec attention tout ses gestes.*
Oniros, vient par ici s'il te plait. Assied toi près de moi et ne bouge pas, quoi qu'il se passe.
*Il se tourna vers lui, un regard d'enfant espiègle puis amena la fiole ouverte au dessus de la souche. Une myriade de paillettes d'or semblaient sortir de la souche en un tourbillon. La lumière composée de ces particules si particulières se dirigeaient vers la fiole et s'y déversa, rejoignant les autres. Adrian dit un mot en elfique, reboucha la fiole et la montra à Oniros.*
Tu vois ! Une âme pour chaque chose, ceux qui pensent que les arbres n'en ont pas sont stupides.
*La pixie émit quelques petits bruit de ravissement et s'approcha de la fiole pour y coller son nez.*
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* Des coups…Des coups… Sourds et réguliers, ils se profilent le long des fibres nerveuses de son corps, et glissent sur sa peau agitée de frissons incontrôlables, sous sa robe détrempée où le tissu fait place à chaque morsure de la brise…Et, sous les feuilles nervurées de l’Arbre, près des racines noueuses enroulant leurs anneaux reptiliens sur les dernières parcelles de cendres éteintes, en un flot d’écume d’acier rosé, Thaïs redresse la tête, le visage masqué par les mèches de ses cheveux qui dessinent les contours durs de son visage.*
* Des coups…Comme des battements d’un cœur atrophié qui ne cesse de se débattre contre quelque chose d’impalpable, venant rompre le voile du silence bienvenu, venant déchirer l’air de ses pulsations frénétiques, et soulever les dernières trames de rêves qui n’existent plus. Qui n’ont jamais vraiment existé. La fée prend appui sur l’humus humide et la mousse rejetant, de ses trames duveteuses, la rosée d’un matin, ou d’une nuit, peut être…Après tout, ici, le temps a si peu d’importance. Sa main tremble sous la pression de ses muscles, et la douleur vrillant ses tempes, s’insinuant en elle, dans ce fossé marécageux où, pour un court instant, l’Eldoran s’est terrée, animal en cage de bois, n’attendant qu’un souffle pour reprendre sa place, étendre ses mains sur elle, et lentement, la rendormir…Dormir…Depuis combien de temps n’a-t-elle pas pu se reposer, vraiment, de ce sommeil qui appartient à chaque être vivant, mais qui la fuit éternellement, laissant se profiler, à l’orée de ses éveils troubles, les silhouettes de disparus, les ombres d’un passé...Ses mouvements, ralentis par le jeu complexe de ses nerfs et les blessures de son corps, les fines lignes noires traçant sur sa peau trop pâle l’histoire de sa vie elle-même, ses mouvements sont, à chaque seconde, une souffrance supplémentaire, et elle se mordille les lèvres, avant de repousser une boucle rousse retombant sur son front moite.*
Tu disais, Déesse, que tu me donnerais des larmes pour pleurer, et pour apprendre à vivre, à ressentir, à être…mais je ne peux pas pleurer. Alors, où s’est perdu ton présent, et où commence mon existence ?
* Les coups…Les coups se sont encore amplifiés, jusqu’à ne plus former qu’un tout indistinct avec le flux de son sang, courrant dans ses veines en un flot pourpre qui n’atteindra jamais sa peau, et qui, quelque part entre son corps et son esprit, finit par s’éteindre dans ce froid glacial, cette inertie, qu’elle est devenue. La fée se surprend à crier, sentant les mots s’échapper de ses lèvres sans qu’elle ne puisse les retenir, roulant au creux de sa gorge, brûlants et rauques, chargés de ses émotions qu’elle taira, comme elle les a toujours tues ; mais seul le frôlement inconscient d’une feuille mourante, se détachant des lourdes branches aux senteurs d’herbes et de sève crémeuse, lui répond, effleurant ses épaules frêles. A ce simple contact, Thaïs tressaille, et quitte l’abri temporaire de l’ombre luxuriante de l’arbre, où quelques lueurs d’un soleil pâle viennent se refléter sur le parterre de pousses déjà brunies par le passage du temps. Sa démarche, hésitante, comme aux premiers jours de sa vie, est encore alourdie par le poids de sa robe, où se glissent des rigoles d’une eau sombre, et ses pas la mènent, en avant, puisqu’il lui faut avancer, puisque même le repos lui est interdit, au cœur de la forêt. Du paysage, des plantes sauvages retirées dans leurs ombres comme perdues au fond de leurs ganses de velours noires, et des volutes indécises qui se jouent en échos sur les arbres abandonnés par les dryades, la fée ne voit rien, pas plus que les filaments d’or et d’argent, de lune noyée, qui parsèment encore le sol de quelques éclats fragiles…Deux hommes, il y a deux hommes dans son sanctuaire, et qui parlent, et qui bougent, et qui vivent…Leurs paroles murmurées lui reviennent , heurtant les coins de ses rêveries et se mêlant au chuchotement de la brise.*
Vous êtes là où vous n’avez rien à faire…A moins que vous ne veniez rendre hommage * elle se mordille les lèvres au simple énoncé de ce mot* à Shariva, et dans ce cas-là, vous devriez en passer par moi.
Qui vous a permis d’entrer ?
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