*Depuis maintenant deux ans, le petit royaume de Zanji, situé au delà de la chaîne de Santia, dans le lointain Nord, souffre de la famine du à un hiver interminable qui a détruit toutes les récoltes.
Devant la grande porte nord, une immense caravane marchande, mise en place par la compagnie de transport, est sur le point de s'engager dans un voyage de plus de deux milles kilomètres. Son but, le lointain royaume de Zanji.
Friga discutait avec le responsable du voyage, le cap. Ils avaient dressé une carte où était tracé le trajet du voyage. Le chemin le plus court passait par les bois de Xerox (il tient ce nom de la légende d'un nain qui se serait distingué en abattant un dragon d'un seul jet de hache), il faudrait ensuite traverser le fleuve Cérou, large de quelques trois kilomètres et dont ses protecteurs, des elfes, vivaient sur des radeaux. Il leur faudrait ensuite traverser les montagnes de Santia, il n'y avait pas de col, le seul passage passait par un glacier. Une fois les montagnes franchies, il faudrait encore traverser les steppes de Gorgorian, une immense plaine désertique.
Le voyage serait long. Ils avaient fait appels à deux sorciers pour pouvoir conserver la nourriture, et plusieurs mercenaires étaient en charge de la protection du convoi.
Friga leva son regard vers l'astre solaire, les autres ne devraient plus tarder.*
Edit du MJ: PJ mobilisés par cette quête:
¤Balder
¤Friga
¤Nagar
¤Orcusnf
¤Vidar
Edité par Pyrithe le 24/10/2007 à 09h35 : Précisions des personnages mobilisés par cette quête, ne pouvant être physiquement présents qu'ici...
*quand orcusnf et son ami mage sortirent des souterrains du palais, ils étaient riches, et puissants. la naine emportait avec elle une relique sacrée, la hache magique du premier roi nain de la montagne, un des seuls objets capables de repousser les forces du mal, ainsi que plusieurs amulettes anciennes forgées par les mages anciens qui avaient présidé à la conception de la pierre de zanji. Des objets précieux qui, associés aux pendentifs ornés des plus grosses pierres que la naine avait jamais vues, lui donnerait un avantage certain. Le mage lui, avait emporté les vieux manuscrits cachés et interdits, ceux de la nécromancie et de l'invocation démoniaque. Ils étaient désormais certains de pouvoir vaincre wotan grâce à cet attirail.*
- Vite dépêche toi, j'entends une patrouille arriver.
- Abuse pas, sont lourds ces manuscrits et je peux même pas les alléger, ils sont alourdis magiquement.
*au détour d'un couloir, ils tombèrent sur, quatre squelettes gardiens, invoqués lorsque la salle secrète avait été violée. Les deux compagnons reculèrent prudemment. Orcusnf regarde avec attention la hache qu'elle avait dérobée, elle brillait doucement dans la demi-obscurité et dégageait une aura de force. Elle sentait le bois ancien poli par l'usage et le sang palpiter sous sa poigne ferme, tandis que la hache, comme dotée d'une âme, lui parlait directement, lui indiquant la stratégie à adopter face à ces adversaires. Elle suivit ses conseils et en seulement trois coups et un rebond sur un mur, défit les squelettes. S'ensuivirent des combats contre un phoenix, deux sphinx et trois goules qui ne posèrent guère plus de problèmes. Cette hache était celle que l'espionne recherchait depuis des années, un objet au pouvoir inestimable qui, elle le savait, se réjouissait d'avoir un propriétaire comme elle. Ensemble, ils feraient de grandes choses.*
- Traîne pas orcusnf, on a encore du boulot.
- Ouais ouais, laisse moi profiter de ma hache.
- te l'enfonce pas où je pense quand même...
*Sur cette blague salace, ils débouchèrent à l'air libre. Ils rangèrent leur butin dans leur aéronef, le mage compulsant le manuscrit pour apprendre quelques formules simples mais utiles, alors que la naine troquait définitivement sa vieille hache contre la nouvelle. Puis ils entreprirent la dernière partie de leur plan, et commencèrent à grimper le long de la dernière paroi de la montagne, la plus abrupte et la plus difficile, mais celle conduisant au repaire de wotan.*
- rappelle moi pourquoi je fais ça, j'ai encore des doutes ? *s'enquit le mage*
- Idiot, en brisant la pierre, il en a absorbé une partie, il vient de gagner au moins trois cent ans de vie sinon plus. Il faut le renvoyer à la poussière pour amoindrir le sort de déphasage, car désormais, il en est un des points d'ancrage.
- T'as un plan, un vrai je veux dire ?
- Non mais la hache en a probablement un...
*comme pour approuver, celle ci brilla un bref instant, un mince sourire semblant remplacer le fil de son fer*
#243
Vidar
(Disciple | niveau 11) le 12/04/2008 à 12h27
*En fin de journée, Wotan convoqua, dans la salle du trône, les plus puissants mages qui l'aidaient à gérer ce qui restait de l'Asgard. Vidar faisait parti de cette réunion, non pas parce que c'était un mage, mais parce qu'il était le mjöln de Wotan.
Le roi s'adressa à la foule.*
Mes amis, l'heure est bien plus grave que certains d'entre vous peuvent le penser. Le vol du coffre bien que fort embêtant n'est rien face à l'ampleur du drame qui nous fait face. Les géants étaient nos alliés il y a fort longtemps. Aucun d'entre vous n'a connu cette époque. Mais aujourd'hui, ils nous combattent. Non pas parce qu'ils veulent nous annihiler, mais parce qu'ils sont manipulés par un sorcier que j'ai fini par identifier. Un paria de notre ordre qui a juré ma perte lorsque je l'ai défait sur la colline des pionniers.
*A la mention de ces lieux, plusieurs mages frémirent. Le combat qui avait eu lieu sur cette colline était entré dans la légende. Des démons avaient été invoqués, des armées de morts s'étaient affrontés. Tout le monde en connaissait la fin. Le nom du mage avait été banni du langage tant il était symbole de brutalité et de violence.*
Nous ne pourrons vaincre les géants. Nous ne devons pas les vaincre. Ce matin, j'ai été emmené à revoir un plan que j'avais décidé d'abandonner. Réveiller des morts ne me plait pas. Mais je crois que c'est là le seul moyen.
Rappeler aux géants qui nous sommes. Leur montrer que l'alliance du frêne, de la flamme et du skeln peut être reforgé. Nos peuples ne connaîtront jamais la paix tant que l'étendard ne sera pas complet.
J'ai donc décidé de me rendre dans le lac d'Urda et de réveiller des légendes. Sortir de leur sommeil éternel mes anciens compagnons d'armes, Ymir, le premier roi nain de la montagne et Gël, le premier seigneur des géants.
Ce rappel aux temps passés devrait les faire réfléchir. De telles figures ne devraient être oubliées. C'est par elles que tout a commencé, c'est par elles que nos civilisations ont vu le jour, c'est encore par elles que viendra le salut pour nos trois peuples.
*Un murmure parcourut la salle tant ce plan était dangereux.*
Mais vous l'avez compris. Je n'y arriverais pas seul, et j'ai besoin de volontaires pour m'accompagner dans ce voyage. Plus nous serons, plus nos chances de succès seront grandes.
*Tous les mages avancèrent d'un pas pour se porter volontaire.*
Notre départ ne passera pas inaperçu au sorcier noir et les géants seront vite prévenus. Muspelheim devra se défendre sans ses plus puissants mages. Et je ne sais combien de temps nous devrons nous absenter. A notre retour, il est possible qu'il ne reste plus rien de notre place forte.
*Personne ne broncha. Tous savaient que l'avenir de leur peuple se jouait ans la quête de leur roi. Tous étaient prêts à le suivre.*
Fir, avance.
*Un jeune homme sortit de l'ombre du trône.*
Ton père a servit sous mes ordres lors de la débâcle. Aujourd'hui, je te remets le commandement du fort pendant mon absence. Protège le contre nos frères.
*C'était une cérémonie émouvante.
Wotan se leva et se dirigea vers le couloir, les autres mages le suivirent. Ils se réunirent au sommet du château, face au donjon. Tous en cercle, se tenant par la main, commencèrent à entonner une chanson aux étoiles.
Le silence se fit. Plus un souffle de vent, plus un seul battement d'ailes de mouche. Une fenêtre s'ouvrait dans le ciel. Les corps étaient étirés alors qu'ils se faisaient absorber dans un lieu qui n'était pas sur Yria.
Vidar les regarda partir. La fenêtre se referma, la vie reprit son cours, mais la principale force du royaume venait de disparaître. Désormais, seul le courage des soldats, et l'habileté de quelques sorciers de guerre moyens pourrait affronter cet ennemi. De dures journées attendaient les hommes et les nains.
S'il l'avait pu, Vidar aurait pleuré.*
Edité par Vidar le 02/05/2008 à 22h24
#244
Friga
(Taxi | niveau 7) le 12/04/2008 à 12h45
*Friga avait passé toute la journée dans les pâturages à s'occuper de l'élevage des oliphants avec les dompteurs. Elle aimait ces bêtes. La puissance qu'elles dégageaient était atténuée par la sagesse qui semblait briller au fond de leurs regards.
Isolés des bruits de la ville, la nouvelle du vol ne leur était pas parvenue.
Lorsqu'elle regagna ses appartements, tard dans la soirée, elle eut la surprise de trouver Vidar, le regard dans le vague. Il lui expliqua ce qui c'était passé dans la journée. Le cambriolage le dégoûtait. Il ne comprenait pas comment on pouvait voler le passé, l'histoire d'une civilisation. Mais comme il le lui avait dit, ce n'était que des babioles, certaines dangereuses.
Ce qui le tourmentait vraiment, c'est que l'histoire de son peuple allait se jouer dans les jours à venir. Hommes contre géants, et sans la présence de la magie à grande échelle, le rapport de force était déstabilisé.
Friga se demanda s'il ne valait pas mieux partir tout de suite. La pierre avait été détruite, elle ne pourrait changer le cours de l'Asgard à elle toute seule. D'autant plus qu'elle ne leur devait rien.
Mais elle savait aussi qu'elle ne pourrait pas partir en sachant que Vidar et Balder seraient présent lors de l'attaque. Elle savait aussi que si elle restait, il y avait de grandes chances pour qu'elle y perde la vie.
Elle sut aussitôt qu'elle ne partirait pas. Balder leur avait assez souvent raconté le sentiment de culpabilité qui lui enserrait le cœur depuis qu'il avait laissé ses amis se faire massacrer. Elle ne voulait pas connaître une telle peine. Elle resterait.*
*Nagar avait passé une grande partie de la matinée à s'entraîner avec les soldats. Lorsque la rumeur du vol était parvenue jusqu'à elle, elle avait voulu se précipiter jusqu'à la salle des coffres. Mais l'accès lui avait été interdit par deux gardes, au prétexte qu'une équipe de sorciers était occupée à renforcer la sécurité des lieux en appliquant de nouveaux sorts.
Après cela, Nagar s'était décidée à aller visiter les étages du château que Wotan ne leur avait pas montré. Plusieurs lui étaient inaccessibles car elle n'avait pas d'autorisations spéciales.
Le soir venu, elle était contente de sa journée. Elle avait pu discuter avec plusieurs hommes qui travaillaient dans différents corps de métiers.
Elle avait entendu dire que le roi était revenu, ça ne pouvait signifier qu'une chose.
Elle remonta dans sa chambre pour préparer ses affaires. Elle décida cependant de ne partir que la veille.
Alors que le Soleil se levait à peine, le son d'un cor retentit. Nagar se leva, surprise.*
*Après avoir passé la journée avec les soldats de la griffe (le nom qu’ils donnaient à leur section), je me voyais mal retourner dans les appartements où j’avais dormi la nuit passée. J’allai donc parler avec Dato, le capitaine de la section pour savoir si je pouvais être incorporé à sa section. Il n’y voyait aucun inconvénient.
Je ne fus pas incorporé en tant que soldat, mais je fut accepté dans la griffe. Je reçu tout de même une armure asgardienne.
Le soir venu, je rejoignis donc les hommes. Lorsqu’ils apprirent la nouvelle de mon intégration parmi eux, ils semblèrent ravi. J’avais déjà mis un prénom sur chaque visage dans la journée et j’étais content qu’ils se rappellent aussi le mien.
Le dortoir était découpé en plusieurs salle. Il pouvait héberger deux cohortes (soit mille hommes). Chaque salle hébergeait une section. Les lits étaient sur les côtés, laissant un couloir entre les deux rangés.
Un lit avait été mis à ma disposition tout au bout.
Malgré les trente soldats présents dans la pièce, je me sentais seul. Chaque soldat avait quatre frères d’arme, je n’en avais aucun.
Alors que tout le monde parlait, le capitaine fit irruption. Les conversations se turent.*
Tous les officiers ont été réunis. Wotan et nos plus puissants mages sont partis chercher un remède à la guerre. Muspelheim devra tenir pendant leur absence. Les soldats seront seuls avec pour seul soutient magique celui de nos sorciers de guerre. Et il semblerait que les géants seront mis au courant.
*Il repartit sans ajouter un mot. Les conversations reprirent peu à peu, puis s’éteignirent définitivement. Je m’endormis, comme tous les autres, en sachant que les jours à venir seraient durs.
On se réveilla avant l’aube. Je n’avais pas l’impression d’avoir beaucoup dormi mais je me levais quand même. J’enfilai mon armure. J’étais surpris qu’elle soit si légère, mais elle avait été forgée par des nains et était bardée de sorts visant principalement à la rendre plus légère et plus résistante.
L’équipement standard d’un fantassin se résumait en une hallebarde, confectionnée spécialement pour combattre les géants, à un bouclier rond que l’on pouvait accrocher dans le dos, et à une épée.
Je n’avais pas fini de m’habiller que le son d’un cor retentit. Plusieurs soldats grognèrent. Ce son, ils savaient tous ce qu’il signifiait.*
#247
Vidar
(Disciple | niveau 11) le 14/04/2008 à 20h54
*Avant de partir, Wotan avait confié une mission bien secrète à son mjöln. Vidar était donc reparti dans les mines. Il s'était entretenu avec Resfor, au beau milieu de la nuit, et, le roi de la montagne s'était empressé d'accéder à la requete de Vidar.
Celui-ci se trouvait donc désormais dans les plus profonds boyaux des mines. Le matin venu, il n'entendit donc pas le cor sonner.*
*Notre section déboula au dernier étage du château, sur la place où l'on s'était entraîné la veille, au pied du donjon.
Sur les murs, face à nous, deux centuries avaient déjà pris place. Notre capitaine, Dato, était en grande conversation avec un homme dont les traits me semblaient vaguement familiers. Je demandais au premier homme à ma droite, il me répondit qu'il s'agissait de Fir, le général du for, il ne devait pas avoir plus de mon age.
Je sus immédiatement pourquoi cette personne m'en rappelait une autre.
Dato revint vers nous. Le for ne serait pas attaqué aujourd'hui.
C'était normal: les murs du for était presque deux fois plus haut que ceux de la muraille. Les géants, s'ils voulaient faire le plus de dégâts, s'en prendraient donc à celle-ci.
Le for contenait quatre milles hommes. Trois milles seraient envoyés sur les murs pendant que le millier restant formerait la dernière défense en cas de débâcle.
On fut donc envoyer sur la muraille droite.
C'était assez impressionnant. Les Aesirs étaient répandus sur deux lignes sur plusieurs kilomètres. Plusieurs blocs de pierre étaient alignés, prêts à être poussés sur les têtes des géants.
J'étais devant, au côté de Dato. Face à nous, des milliers de géants (il faut y mettre la bonne intonation, sinon, c'est une phrase pourrie). Plusieurs tours d'assaut étaient poussées jusqu'à nous.
Déjà, les balistes faisaient feu, produisant de nombreux dégâts chez l'ennemi, mais dérisoires vu leur nombre.
Au fur et à mesure qu'elles avançaient, je pouvais sentir la tension monter tout autour de moi. Je posai ma main sur un gamin qui ne devait pas avoir atteint les dix sept ans. Il commençait à trembler.* Le truc, petit, c'est de pénétrer leur distance. Ils ont une plus grande allonge, si t'es proche, ils ne pourront pas t'éventrer et tu n'auras qu'à leur enfoncer la pointe de ta hallebarde à la base de son cou. Bien sur, il pourra toujours t'enfoncer le crâne d'un coup de point sur la tête, mais ça fait moins mal que des tripes à l'air.
*Les maigres couleurs que j'avais réussi à lui faire prendre avec ma première phrase s'envolèrent alors que je prononçais la dernière.*
Tu as des frères d'armes. Combat avec eux. Il n'y a qu'ainsi que tu peux espérer t'en sortir. Met en pratique ce que tu as appris.
*Les tours se rapprochaient toujours lorsque les premières échelles furent posées. Les premiers géants n'étaient qu'à cinq mètres de leur but lorsque les pierres furent passées par-dessus le parapet.
Mais d'autres géants arrivaient. Heureusement, l'organisation de notre armée ne leur permettait pas de mettre le pied sur le chemin de ronde. La première vague se replia. Seuls quelques géants restèrent pour éviter que l'on fasse tomber leurs échelles. Abrités sous d'épais boucliers, ils résistaient aux flèches et autres projectiles.
Les sorciers de guerre essayaient tan bien que mal de retarder les tours mais celles-ci étaient protégées contre leur magie.
Les tours n'étaient qu'à trois mètres des murs lorsque les géants recommencèrent à grimper aux échelles.
Alors que les géants avaient presque atteint le sommet, les pont-levis des tours s'abaissèrent et le carnage débuta.
Les premières lignes asgardiennes encaissèrent un gros choc. Hallebarde en avant, les soldats avaient du mal à ne pas se faire désarmer.
Mon hallebarde et celle de Dato allèrent se planter dans la gorge d'un même géant. Le capitaine me regarda, souriant. Je lui rendit son sourire jusqu'au moment où la moitié de son visage fut arraché par un énorme fléau d'arme. Je me baissais juste à temps pour éviter les boules piquantes qui continuaient leur trajectoire circulaire.
J'enfonçais violemment mon arme dans le torse de cette brute. Je sentis que la puissance de mon coups était décuplée. Le sorcier de guerre, sergent de Dato, avait poussé mon coup avec ses pouvoirs.
Tout autour de nous, les géants prenaient pied sur les remparts. A ma droite, le corps de Dato gisait sur le sol, sa tête dans une marre de sang. A ma gauche, le gamin de dix sept ans était sur le point de s'effondrer. Ses quatre frères d'arme étaient tous morts.*
Suis-moi petit.
*Des géants préparaient une charge depuis leur tour d'assaut. Je leur balançai une grenade à poipoils à la tronche. Les Aesirs en profitèrent. Ils pénétrèrent dans la tour d'assaut, tuèrent les géants qui avaient survécu aux pris de plusieurs blessures, et détruisirent l'échelle qui permettait d'accéder au dernier étage de la tour.
Un sorcier de guerre pénétra alors dans la tour. Une fois à l'intérieur, il était bien plus facile de contourner les sorts du magicien noir de l'autre camp. Il ressortit juste à temps. La tour s'effondra sur elle-même alors qu'il la quittait. En s'écroulant, la tour entraîna la mort des géants qui grimpaient aux échelles situées à proximité.
Ce coin là était dégagé. Plusieurs soldats restèrent sur place au cas ou pendant que les autres allaient prêter main forte là où des bêches avaient été ouvertes dans la défense.
On du combattre ainsi pendant toute la matinée. Courant de droite à gauche. La section des griffes avait perdu tous ses gradés, j'en avais pris la direction un peu comme ça, par hasard. On allait là où ça sentait un peu le roussi sur notre périmètre. Les nains avaient fini par nous rejoindre. Leur arrivée avait fait du bien aux troupes. Ils étaient petits mais leur taille leur permettait d'aller porter des coups vicieux. Et ils étaient nombreux.
A midi, un messager nous parvint. Il disait que la section des griffes en avait assez fait pour aujourd'hui. On pouvait rentrer au fort, d'autres troupes prendraient notre place sur les murs.
Cette nouvelle fut accueilli avec joie par les hommes. Je les comptais. Sur les trente hommes, il n'y en avait plus que vingt-deux. Plus moi. Les trois assauts de la matinée avaient fait des ravages compte tenu des protections magiques que nous portions.
On prit donc la direction de nos quartiers. Dès lors que nous furent rentrés au château, un homme vint à notre rencontre. C'était Fir.*
Où est Dato?
*Il n'y eut pas de réponse.*
Qui est le plus gradé ici?
*Toujours pas de réponse. Je m'avançai vers lui.*
Je crois bien général, que la section n'a plus de tête.
*Il me regarda d'un drôle d'air.*
Vous êtes l'un des types qui sont arrivés il y a quelques jours. Je vous ai vu dans la salle du trône. J'ai également vu que vous meniez les hommes dans des initiatives risquées. *(Et alors?)*
Votre père a pris des initiatives bien plus risquées. La seule fois où il a décidé qu'il serait plus prudent d'attendre des ordres, son corps d'armé s'est fait exterminer.
*Ses yeux furent menaçant. Les hommes de la section préférèrent aller directement se reposer (beaucoup prirent la direction de l'hôpital).
Une fois que tous les hommes furent partis, Fir me prit par l'épaule et m'entraîna vers le chemin de ronde de la forteresse. Il n'y avait plus que quelques sentinelles (des sorciers) qui pouvaient voir où les problèmes étaient les plus importants et où il fallait emmener des renforts.*
-Je n'ai jamais connu mon père soldat.
-Moi, je l'ai vu assez souvent. J'étais l'écuyer d'un de ses généraux.
-Impossible. Il n'y a eu aucun survivant dans son corps d'armée. Un massacre.
-Sur quinze milles hommes, il a bien du y avoir au moins une dizaine de survivants. J'en fait parti.
-Mais c'était il y a combien de temps maintenant? Sept ans?
-En effet. Je n'avais que quinze ans.
*On parla ainsi de la façon qu'avait Fir (le père de ce général -qui se nomme également Fir-) de diriger les hommes. Puis la discussion dévia sur qui était cet homme. Je trouvais étrange le fait que l'on parle d'un mort alors que plusieurs milliers de soldats risquaient la leur en ce moment même.*
Je crois qu'il serait préférable que vous vous occupiez un peu plus de vos hommes général.
*Il me fit un sourire triste:*
Je n'ai jamais connu mon père. Mais vous avez raison. Retournez donc avec vos hommes, capitaine.
*Je me mis au garde-à-vous et partais rejoindre mes soldats. Car c'était désormais le cas. Capitaine. Pas mal, non?
L'après-midi fut identique au matin. Excepté que l'on ne prit pas par au combat. Apparemment, il y avait eut une brèche dans la muraille gauche, et une centaine de géants avaient pu franchir la fortification. Mais ils avaient été exterminés par la cavalerie.
Le soir venu, on s'endormit sur le chemin de ronde qu'il nous faudrait défendre le lendemain matin. Les géants n'attaquaient jamais de nuit. Il en avait toujours été ainsi. On pouvait donc dormir tranquille.*
#249
Friga
(Taxi | niveau 7) le 15/04/2008 à 18h53
*Friga avait passé la nuit dans la ferme à oliphant. Au matin, ils avaient été, comme tout le monde, réveillés par le cor du fort.
Les oliphants avaient été préparés pour la guerre au cas ou. Comme ils faisaient dans les neuf mètres, leur armure avait été conçue pour protéger leur ventre et leurs pattes. Ils avaient également été équipés de tourelle dans lesquelles il y avait quatre balistes et où huit nains pouvaient tenir. Plus la place du conducteur.
La cavalerie se tint prête à intervenir toute la matinée, mais ce fut dans l'après midi qu'elle entra en action.
Plusieurs géants avaient réussi à créer une brèche dans la défense de la muraille, à gauche du fort.
Les onze oliphants s'étaient précipités à leur rencontre. Avant d'entrer au contact, les balistes avaient fait feu, éliminant ainsi une quarantaine d'ennemi. Puis la puissance des mastodontes avait fait le reste. Les géants avaient été massacrés. Friga avait pris part au combat. Elle avait mené dans la mêlée un de ces pachydermes.
C'était assez incroyable: il fallait à peu près trois hommes pour venir à bout d'un géant, alors qu'un seul oliphant pouvait tuer une dizaine de ces adversaires.
Friga préférait ne pas imaginer les dégâts sur une armée humaine.*
*Après plusieurs heures d'escalade, et même un instant d'intense frayeur quand, après que son appui eut cédé, la naine avait perdu l'équilibre et cru faire une chute de plusieurs milliers de mètres, ils parvirent au sommet de l'abrupte paroi à laquelle ils s'étaient attaqués en début de matinée. Alors qu'ils s'adossaient à un rocher bienvenu et se désaltéraient, ils virent le soleil se coucher derrière un horizon curieusement raccourci par la présence de la massive chaîne de montagne où se situait la cité d'asgard.*
- Je serais encore scribe, j'aurais composé un poème je crois...
- Moi j'aurais fait le mégalo, genre je suis le roi du monde, une fille dans les bras...
- mais tu es un mage, donc chaste et sans attaches.
- et toi une terroriste.
- M'en parle pas, j'essaye d'oublier.
- Pas mieux.
*A grand peine, ils parvinrent à se sortir de la mélancolie qui les avait insidieusement envahi à l'évocation de leur vie de merde. Et s'ils ne pleurèrent pas, penchés chacun sur l'épaule de l'autre, ils noyèrent tout de même une partie non négligeable de leurs regrets dans un infâme tord-boyau dont la seule vertu- celle qui justifiait son achat d'ailleurs - était de redonner un peu de vigueur à défaut d'avoir bon goût.*
- C'est l'heure d'aller prier.
- Ta gueule, j'ai déjà assez les jetons comme ça.
*Après s'être remis en route, les deux compagnons cheminèrent un petit moment sur le plateau qui couronnait la montagne d'Asgard. Après avoir grimpé le long de sentiers de chèvres et avoir joué à l'équilibriste sur de minces corniches, ils déboulèrent sur la cheminée qui, depuis l'immense caverne où vivaient les nains, s'élevait sur toute la hauteur de la montagne, ses multiples contreforts formant autant de postes de garde, de greniers, de cachettes et de dortoirs pour les habitants assiégés. Et au sommet de cette tour aux dimensions proprement incroyables se dressait le palais de Wotan, le fameux mage qui avait déjà tenu en échec la naine. D'après la légende, il avait participé à la conception de la pierre de Zanji, la naine avait des raisons de croire que non, car la pierre était bien autre chose qu'un vulgaire artefact magique. Elle était la magie elle-même, emprisonnée sous cette forme vulgaire par les primordiaux lors du déphasage. Une manière de garantir que l'excès de magie ne se déverserait pas dans l'autre phase. Le mage et l'espionne s'extasièrent sur la munificence du palais. Tout de marbre, de verre et d'acier de la plus haute qualité, il constituait assurément l'une des plus grandes merveilles architecturales d'Yria l'ancienne. Une construction qui, fidèle à son concepteur, défiait les lois de la nature pour ne se référer qu'à la magie. Car au sommet d'une tour haute de milliers de mètres, et pour un diamètre toujours égal, à peine contrebalancé par d'épais et fréquents contreforts disposés en quinconce à chaque étage. Et donc, en dépit de tout ces obstacles physiques, l'étrange palais magique s'étalait au dessus du vide, comblant le fossé existant entre la tour et la cheminée creusée dans la montagne. En voyant son faîte, un poète aurait écrit que la tour s'ancrait au sommet de la montagne, mais il y avait bien longtemps que la naine avait abandonné la rime pour la frime. Imaginez donc un bâtiment cylindrique au diamètre double de ses fondations, constituées de minces poutrelles d'acier autour desquelles s'étendait de non moins minces vitraux multicolores, représentant le maître des lieux dans diverses situations épiques où sa maîtrise de la magie était mise à contribution. Au dessus de cet étrange immeuble, s'appuyant carrément sur le verre, une ziggourat de marbre s'élevait altièrement vers la voûte céleste. A son sommet, ultime acrotère de ce monument à la gloire de l'orgueil humain, une flèche en or massif trônait, étincelante dans le soleil mourant. Nulle part ne se dessinait la moindre porte, ce qui n'avait rien d'étonnant puisque nul avant eux n'avait jamais réussi l'escalade jusqu'au sommet, et que Wotan n'usait que de la téléportation pour se rendre dans son repaire , trop fainéant pour se taper les 44 236 marches de l'escalier.*
- Ca te dirait une partie de bowling ?
- de quoi ???
- laisse tomber, c'est un jeu moderne. Je vais te montrer, tu vas vite comprendre les règles.
*se reculant dans une anfractuosité de la montagne la naine arracha la manche gauche de sa tunique, dévoilant la complexe mécanique de son bras gauche artificiel. Elle ouvrit un clapet, se saisit d'une corne de boeuf évidé qu'elle pencha vers l'ouverture, y déversant quelques pincées de poudre. Puis dans une rainure qui venait d'apparaître là où aurait du se trouver l'os du bras, elle posa délicatement une bille de plomb dans un écrin de chiffon. Elle referma la rainure et mit le feu à la poudre. Aussitôt, comprenant son intention, le mage lança rapidement un sort de surdité autour d'eux deux, tandis que la bille de plomb, lancée à une vitesse fantastique, venait frapper le baroque assemblage de verre et d'acier, le brisant en milliers d'éclats qui, en se disloquant, tapèrent un tel vacarme dans la vallée, que cette dernière en frémit et y répondit. Des tremblements se firent sentir, alors que les deux compagnons se collaient contre la paroi qui était censée les protéger, et une muraille de pierre dévala les pentes et s'abattit sur le palais de wotan, détruisant en quelques secondes l'arachnéenne structure d'acier qui la composait, déclenchant ses sorts de défense. Lorsque le calme fut revenu, et que le mage se fut assuré qu'ils ne couraient plus aucun risque, les deux amis se rendirent sur les lieux de la catastrophe.*
- Effectivement, ça a l'air sympa ton jeu. Mais j'aurais aussi pu le faire avec un sort.
- Ouais mais c'est pour le plaisir d'insulter les primordiaux avec ma technologie hérétique.
*Le mage ne releva pas, se contentant de sourire en coin. Il ne se faisait toujours pas aux extravagances de son alliée de circonstance. Sans se détester vraiment, ils s'étaient mêmes trouvés plein de points communs, ils étaient après tout tous les deux des Révoltés dans leur pays, ils maintenaient toujours une distance prudente entre eux, ne sachant pas comment réagirait l'autre. La naine avait moins de réticences que le mage, mais cela tenait à son caractère décidément, et en dépit de toute sa bonne volonté, fantasque et indomptable. Lui-même, sans se l'avouer vraiment, appréciait parfois ses piques cyniques et totalement immorales, mais rafraichissantes à ses yeux de civilisé. Il pénétra dans les ruines du palais, sautant de rocher en rocher, manquant plusieurs fois se tordre à la cheville. Au passage, il remarqua les précieux ouvrages jetés à terre par l'avalanche, et ne put s'empêcher d'en compulser quelques uns rapidement, sans parler des quelques objets magiques et produits introuvables qu'il cacha opportunément dans une de ses nombreuses poches à ingrédients. De toute façon, ils n'intéressaient pas orcusnf, il en avait eu à plusieurs reprises la preuve. Celle-ci furetait déjà, sans avoir contrairement à son habitude fouillé les coffres, du côté de la flèche en or massif. La flèche, par il ne savait quel miracle, avait résisté à l'avalanche, et avec elle toute la partie émergée de la tour, à l'exception de quelques moellons délogés par les vibrations. Il supputa une intervention magique, ce en quoi l'espionne le confirma.
- Regarde au sol, la tour n'était pas seulement le centre géographique de la pièce, mais aussi le centre d'un vaste pictogramme tracé au sol. Ou plutôt gravé dans le verre devrais-je dire, et rendu possible grâce à de l'orichalque fondu. *dit-elle en examinant une plaque de verre ornée de superbes arabesques.*
- Oui c'est bien ça, toute la pièce formait ce que vous appelez en magie un pentacle, la structure de verre et d'acier supportant les parties annexes destinées à accumuler le mana, à le faire changer de nature ou à rendre plus puissant l'invocateur qui se tenait là.
*ce faisant, elle s'était déplacée vers une niche creusée dans la tour.*
- Dommage pour le pentacle complet, mais nous n'aurions pu de toute manière nous en servir puisque, même en disposant de sa forme complète, nous n'aurions pu savoir à quoi elle correspondait. Tu es bien placé pour savoir quels dangers doit affronter un mage usant d'un pentacle inconnu. Au moins avons nous la partie centrale, restée vierge puisque le pentacle principal est différent selon l'incantation exécutée.
- Comment comptes-tu obtenir la puissance nécessaire à notre projet alors ?
- Facile, grâce à la tour. Elle est traversée de minuscules lézardes, joints, éraflures et autres fissures qui, reliés les uns aux autres, charrient des courants de force accumulés au fil des siècles dans cette énorme structure. Wotan n'en a jamais eu conscience car cette forme empirique de magie lui semble déshonorant, mais grâce aux résidus vitaux des hommes et des nains morts ici depuis des millénaires, ce que d'aucuns appellent l'âme, nous disposons d'une incroyable réserve de mana. Une réserve qui, rajoutée à celle que nous comptons obtenir par des moyens moins conventionnels, nous permettra de réussir.
- En théorie.
- Nous les nains ne sont pas de grands magiciens, si nous connaissons la théorie, la pratique nous reste un peu difficile, personne n'a jamais tenté le rituel que je vais te présenter. D'ailleurs, si tout se passe bien, ton rôle sera de pure forme.
*Orcusnf débarrassa le plancher de la tour des rochers qui l'obstruaient, et commença à tracer le pentacle de son incantation au charbon de bois. Pendant ce temps, le mage avait posé un creuset sur une brassée de bois enflammé et y faisait chauffer une pâte rougeâtre, molle et épaisse, qui devint gluante et dégagea une odeur odeur nauséabonde en fondant. Décidément, le sang de dragon ne ferait jamais un ingrédient agréable pour une incantation. Puis il rajouta quelques ingrédients divers, dont un coeur de bébé humain, une chaîne en argent, un edelweiss ou encore une once d'orichalque, ce fameux métal primordial qui renforçait les pouvoirs magiques en contrepartie d'un raccourcissement de la durée de vie de l'invocateur. Il se dit avec admiration que sa comparse était vraiment prête à tout pour rendre yria meilleure, même à se sacrifier. Quand sa mixture fut prête, il en enduisit un pinceau fait de crin de licorne, et dessina le pentacle esquissé par orcusnf. Cette dernière ne resta pas inactive, traçant une reproduction miniature du pentacle sur la paroi interne du dôme couronnant la tour, et reliant les deux pentacles - l'un situé sur le plafond, l'autre sur le plancher - par les dessins adéquats. Pour finir, tandis que le mage grimpait sur la flèche d'or pour y finir ses préparatifs, la naine disposa en dehors du pentacle principal le matériel dont elle userait lors de ce rituel qui resterait dans les annales. Elle n'avait jamais fait de magie avant, elle n'avait pas fait d'études en ce sens, mais disposait d'un potentiel latent lui permettant d'y résister ou de s'en servir sans jamais pouvoir espérer plier la magie à ses désirs. Elle n'en avait cure, puisque le mage était là pour donner forme à ce qu'elle avait en tête. Et puis elle ne comptait pas faire appel qu'à la magie, car sa seconde source de puissance demandait bien plus qu'un don magique.*
- C'est prêt, je peux commencer quand tu veux.
*le mage reposa son pinceau et se passa une main lasse dans son abondante chevelure.*
- De toute manière, nous ne pouvons plus attendre, ce serait d'une part trop dangereux et je n'aurais plus la force de me relever si je faisais une pause maintenant.
*Alors qu'il disait ces mots, orcusnf était restée silencieuse, concentrée sur ses perceptions. le silence régnait depuis plusieurs secondes quand elle prit la parole.*
- Tu as tout à fait raison, d'autant qu'en contrebas, les géants ont donné l'assaut, profitant de l'absence des mages. C'est le moment où jamais d'entrer dans la légende, jamais nous n'aurons autant de désespoir et de détermination à notre disposition.
*D'un hochement de tête, ils scellèrent leur accord et chacun se mit en position. Tandis que le mage allait s'asseoir dans la niche initialement dévolue à l'invocateur, orcusnf s'installa au centre du pentacle, assise en tailleur, le buste droit, pile au centre de la tour, la tête prolongée par la flèche d'or. Elle ferma les yeux un instant, et lorsqu'elle les rouvrit, ils brillaient d'une détermination farouche, de celle qui l'animait lors de ses attentats révolutionnaires. Orcusnf la sanglante était revenue..
*Lentement, d'une voix grave, elle chanta une envoûtante mélopée dans une langue gutturale dans laquelle de vénérables érudits auraient reconnu un de ces incompréhensibles sabirs qui se forment au contact de deux races, ici le nain et l'humain, un de ces sabirs qui pullule en Asgard. Mais ils se seraient fourvoyés car cette langue était une langue primaire, une de celle qui existait avant le déphasage, une langue de pouvoir, une langue dont chaque mot avait un sens tout autre que lexical, une langue dont l'infrastructure communément appelée phrase pouvait tuer ou soigner. Une langue qu'aucun humain ne pouvait plus connaître, car il fallait tout une vie pour apprendre à la connaître, et orcusnf en était déjà à la fin de sa troisième vie d'humain en comparaison. Dès les premières sonorités, les murs s'étaient éclairés de lueurs surnaturelles, des voix d'outretombe avaient ri et pleuré, et le souvenir des jours enfuis avait resurgi du coeur des deux compagnons. Mais leur volonté était ferme et inflexible, et orcusnf avait terminé sans se déconcentrer son chant d'introduction. Déjà, le pentacle pulsait faiblement dans la nuit grandissante.
Orcusnf se tourna vers la gauche, superbe dans sa fixité, et posa une balance à deux plateaux en argent sur un pentacle tertiaire. A ce moment, la naine se laissa submerger par la douleur de ses regrets, de ses doutes, de toutes ses peines d'enfance, des morts qu'elle avait causée ou n'avait pas pu empêcher, de la perte de ses parents, de son chagrin d'amour avec ce nain artiste des rues nommé krishpa, de l'humiliation subie dans sa forteresse d'orcana, de toute la douleur de ses multiples échecs et renoncements. Et ses larmes, pleines de l'amertume d'une vie en apparence gâchée, se déversèrent sur l'un des plateaux de la balance, sans parvenir à le faire pencher. Au contraire, le cercle du pentacle s'embrasa et consuma la balance, qui fut remplacée par une colonne d'énergie bleutée. Puis revenant à sa position initiale, Orcusnf recommença sa mélopée, intensifiant ses effets dans la pièce. Quand elle l'eut de nouveau achevée, elle se tourna vers la droite, et là, posa dans un deuxième pentacle tertiaire la hache magique qu'elle avait subtilisée dans la salle du trésor d'asgard. Se saisissant d'une dague de cérémonie, elle se taillada les bras, inondant la hache immaculée de son sang écarlate. A travers ces blessures qu'elle s'était elle-même infligées, la naine rappela sa bravoure sur les champs de bataille, la bravoure de ses parents avant elle,
sa mort héroïque dans les cryptes de Dorenavia, sa ressurection glorieuse toute entière vouée à la mort et à la destruction. Elle rappela aussi la fraternité éprouvée dans de nombreuses guerres, dans la phase moderne contre les autres gangs, dans l'ancienne phase contre Amphictos, contre les chevaliers de Palidor, contre les ennemis de la caravane, contre tous ceux qui s'étaient un jour dressés face à elle, et qu'elle avait combattus dos à dos avec ses camarades. Toujours en infériorité numérique, mais avec la rage au coeur, la froide détermination du combat chassant la haine et la soif de sang. Enfin, grâce à ce sang, elle rappela sa nature de nain, souvent reniée, jamais oubliée. Le présent fut acceptée, et après s'être embrasé, le pentacle consacré de son sang consuma la hache souillée, la remplaçant par une colonne d'énergie rougeoyante. Enfin, elle se leva, se débarrassant de ses vêtements, comprenant d'instinct ce qu'elle devait dire et faire, effectuant les gestes que requérait la situation. Plutôt que de s'adresser séparément aux deux primordiaux invoqués, elle avait décidé de les prier ensemble, car elle avait besoin de la fusion de leurs pouvoirs, et non de leur juxtaposition.*
Ô Maar et Firun, vous à qui j'ai prêté allégeance
primordiaux de la dualité et de l'ambivalence,
toi Maar du regret et de la douleur,
toi Firun du courage et de la détermination.
Vous dont les attributs primordiaux,
la balance à double plateau et la hache à double fer,
s'équilibrent si parfaitement en une unicité
symbole de nature incompréhensible aux hommes.
Je requiers aujourd'hui votre force commune,
toi Maar que je sers par mes larmes quotidiennes,
toi Firun que j'adore par les ennemis massacrés,
et vous implore d'écouter votre servante.
Hache et Balance unie dans leur équivalence,
la douleur de la guerrière, la bravoure de la pénitente,
égals attributs de celle qui demande aujourd'hui,
après avoir donné tant d'années durant.
De vos pouvoirs honorez moi en ce jour,
de votre clairvoyance dotez moi une seconde,
Pour que l'impie à la poussière je renvoie,
que la magie à jamais revienne sur le monde.
Toi Maar tu auras ton lot de souffrance,
toi Firun tes guerres à n'en plus finir,
car la pierre et son maître détruits,
l'héritage ancien sera anéanti.
Plus de pierre, plus de contrôle de la magie,
fini la séparation, fini les phases,
et que la magie reprenne sa place dans le monde,
pour l'avénement de la guerre et de la peine.
*A peine avait-elle fini son chant que toute la pièce s'illumina sous les pouvoirs conjugués des deux primordiaux invoqués. Sans s'incarner en personne, ils répondirent favorablement à la requête de leur servante en lui fournissant l'énergie qu'elle demandait, ce qui remplit la pièce toute entière d'éclairs, de crépitements et de petite explosion. Les deux primordiaux tiraient l'énergie dont il gratifiait la naine des échos de la bataille qui se déroulait au pied de la montagne et des cris de souffrance des blessés, des agonisants, des veuves et des orphelins. Au centre de ce maelstrom d'énergie, orcusnf, la bouche pendante, la barbe dressée par l'électricité statique, les yeux révulsés , se balançait d'avant en arrière en récitant pour la troisième et dernière fois la mélopée qui devait lui assurer le pouvoir des âmes décédées dans cette tour au fil des siècles. Le mage, effrayé, se força par un sursaut de volonté à rester immobile tandis que des milliers de spectres remontaient des profondeurs de la caverne, filaient autour de la couronne de pierre de la tour et se concentraient sous son dôme d'or. Quand ils se furent tous dissous dans les inscriptions magiques qui y étaient dessinées, la pièce sembla se décoller de quelques centimètres tant elle était chargée en magie. Il n'était que temps de passer à la seconde phase du rituel, des bouleversements commençant à se produire dans le paysage alentour, tel ce rocher qui, alternativement, se mutait en golem. Décollant sa langue de son palais, le mage entreprit de donner une forme à la magie brute, une forme correspondant au sort qu'il avait en tête. Lorsque ce fut prêt, alors que la naine, épuisée, était sur le point de relâcher son contrôle sur le mana, tel un fusible à moitié-fondu, il lança son mot de pouvoir.
Le temps sembla se figer durant le bref instant où toute la magie, divine ou non, fusait de la tour, concentrée en un mince rayon par la flèche d'or, pour frapper les cieux et se répandre dans les environs. Orcusnf et son comparse connurent même un bref instant d'accalmie, la normalité ayant fait un bref retour dans le palais en ruine. Juste au moment où ils reprenaient leur souffle, le pentacle d'invocation parut imploser et s'effondrer sur lui-même. Lorsque la brume magique se fut dissipée, wotan se tenait face à la naine, emprisonnée entre la force de Firun et la souffrance de Maar, tenu immobile par des rets qui dépassaient sa compréhension, lui qui avait dédié sa vie à la thaumaturgie, non à la théologie.
Orcusnf se releva souplement, tendant ses bras à l'horizontale de chaque côté de son corps. Son bras gauche pénétra dans la colonne bleutée et en ressortit une nouvelle balance, la balance personnelle de Maar, alors que faisant de même avec le bras droit, elle prenait possession de la hache même de Firun. Momentanément dépouillés de leurs pouvoirs, les deux primordiaux s'étaient incarnés dans leurs attributs chtoniens pour prêter assistance à leur prêtresse, tous deux conscients de son rôle décisif dans les évènements à venir, Firun se rappelant qu'il l'avait rappelée du pays des morts pour cet unique dessein, alors que Maar évoquait les longues nuits de pénitence de la naine consacrés à sa préparation pour cet unique instant.
Ramenant les bras devant elle, la naine mélangea les deux instruments, fondant définitivement leur puissance commune, leur unicité dans la dualité. Agitant l'étrange artefact né de cette fusion, une hache dont les fers étaient deux plateaux de balance, elle le plaça sous la figure de wotan, le faisant hurler comme un vampire l'aurait fait en présence d'un crucifix.*
- Réponds impie, qu'as tu fait de la pierre ? Je sais que tu ne l'as pas véritablement détruite, tu l'as simplement absorbée, contrôlant par ton corps sa diffusion dans Yria pour éviter une explosion, car tu te vantais en prétendant la maîtriser. Car je connais ta nature Wotan, tu es une liche, une de ces créatures contre-nature qui, pendant des siècles, exercent leur colère contre le monde à l'aide des pouvoirs magiques qu'ils ont repris aux primordiaux.
*D'un geste sec, elle trancha la carotide de wotan, aucune goutte de sang ne coula et les plaies se refermèrent aussitôt*
- Et j'en apporte la preuve. Ton invulnérabilité n'est pas le signe de ta supériorité magique mais bien de ta nature inhumaine. Tu n'est pas simplement un mort vivant, tu es un démon resté bloqué sur Yria. Et il est de mon devoir, moi Orcusnf, ocula suprême honoraire de Maar, princesse naine et par ce titre grande prêtresse de Firun, de te renvoyer à la poussière pour t'empêcher de sévir plus avant. Ta mort permettra la diffusion rapide et sans danger de la magie zanjienne dans les terres spoliées dont elle est originaire. Si seulement tu avais accepté de me confier la pierre, j'aurais pu fermer les yeux sur la présence d'une liche en ces lieux...
*se saisissant du pinceau dont le mage s'était servi pour dessiner le pentacle, elle en usa pour dessiner un nouveau cercle, de destruction cette fois, sur le torse du magicien. Puis regardant l'artefact qu'elle tenait à la main, elle vit le plateau de gauche s'incliner, indiquant sans doute possible la culpabilité aux yeux des primordiaux de l'homme. Acceptant la sentence, Orcusnf appuya le bout pointu du manche de hache contre le coeur de wotan, et l'enfonça d'un seul coup dans son thorax. Le pieu dans le coeur n'était pas réservé aux vampires, mais à tout non-mort quelqu'il soit. Grâce à son ancienneté et à l'étendue de ses pouvoirs, wotan résista un moment, mais sa force finit par le quitter et il laissa le pieux transpercer son coeur, s'affalant sur le pieu de bois, retenu debout par les rets de feu forgés par les deux primordiaux.*
Magie de Zanji, tu es libre,
retourne égayer tes terres fertiles,
faire chanter les fleuves et les lacs,
déchirer le coeur des hommes en ton nom.
De par ta présence, un nouvel ordre s'instaurera,
un ordre de feu et de sang, de bravoure et de chagrin
guerre et expiation unies en un seul moment
pour la seule gloire de Firun et de Maar.
*Pour seule réaction, la dépouille de Wotan tomba en poussière, une poussière qui s'éleva en volutes torturées, se dispersant aux quatre vents sous l'effet d'une
force intérieure. Lors que la brume issue du corps de wotan se fut dispersée, la naine sut que la magie emprisonnée avait retrouvée sa place dans le monde.
D'ici à quelques jours, les champs devraient devenir plus fertiles, les sorts plus puissants, et la barrière entre les phases plus faibles. Orcusnf sourit à
cette pensée car elle connaissait la prochaine étape de sa quête, il lui fallait retrouver les cinq derniers médaillons d'Amphictos, elle qui en possédait déjà
dix-neuf, tous pendus à son cou.
A ce moment-là, alors que la magie stagnait encore dans la pièce, elle avisa Vidar, prostré dans un coin, lui-même en train de se dissoudre. Elle comprit aussitôt ce qu'il lui avait caché tant de mois. Il n'y avait rien à dire de plus, il était le faé de Wotan, son homme lige, la créature née de ses mains qui devait disparaître une fois son maître mort. Un destin bien cruel pour celui avec qui elle avait voyagé si longtemps, elle même se remémorant la peine que ses amis avaient éprouvée lorsqu'elle avait bien failli disparaître au sortir des cryptes de Dorenavia, aussi prit-elle en un instant sa décision, tant qu'elle était encore capable de procéder à l'échange. Déjà le mage se relevait et, chancelant, se dirigeait vers elle, les traits marqués par les colossales quantités de magie qu'il avait forgées. Profitant de sa faiblesse, la naine le poussa dans le cercle où se tenait précédemment wotan et, d'un coup derrière le genou, le fit s'affaler au sol, incapable de se relever. Tout aussi rapidement, elle dessina un cercle de transmutation sur le torse de son compagnon et courut faire de même sur le corps presque transparent de Vidar. Sans cesser de courir, elle improvisa sa dernière mélopée.*
Ô Primordiaux unis dans mon coeur
Je vous implore une dernière fois de m'aider,
de ne pas laisser l'injustice régner sur Yria,
et de réparer les torts causés par ma faute.
La créature en train de se dissoudre,
fils des noirs desseins de Wotan,
est innocent des crimes dont on l'accuse,
et ne mérite pas la dissolution qu'il subit.
En échange de sa vie, je vous laisse ce mage
dont les actes diaboliques vous sont connus
lui qui a bien vécu et n'en avait plus pour longtemps
acceptez sa puissance et sa gloire comme offrande.
Redonnez vie au dénommé Vidar
redonnez lui l'apparence humaine d'antan
libérez le des chaînes de la servitude magique
faites en un homme à part entière.
Tel est mon souhait et mon unique désir
moi orcusnf, votre prêtresse dévouée
souffrant déjà de la mort de cet être
pur de toute pensée mauvaise.
*Orcusnf s'effondra par terre tandis que les primordiaux accédaient une seconde fois à sa requête. Grâce à son artefact, la naine opéra la transmutation, transférant la vitalité du mage à l'être agonisant dans un coin. Il ne vivrait pas des siècles, mais au moins il vivrait encore. Le mage, dans un sursaut de lucidité, lança un regard d'incrédulité à la naine, surpris d'être aussi aisément sacrifié, surpris aussi de ne pas avoir su se défendre, tout aussi inconscient comme son illustre congénère que la magie naturelle devait s'incliner face à la magie primordiale. Il disparut dans une bordée d'imprécations, tandis que Vidar revenait à la vie, ss traits s'affirmant, son corps reprenant consistance, le sang recommençant à battre dans ses veines. A cet instant, l'artefact divin double dont s'était servi la naine fondit, reprenant la forme d'une balance et d'une hache bien distinctes. Précipitemment, la naine les replaca dans leurs colonnes respectives, qui immédiatement s'effacèrent, alors que les derniers vestiges de magie disparaissait de la pièce. La flèche d'or s'effondra, ses fondements détruits par la magie, qui n'était plus là pour la soutenir, et alors qu'un sourd grondement résonnait depuis les profondeurs de la montagne, la naine sortit en rampant du palais détruit, portant sur son dos vidar, qui n'avait pas encore repris conscience. Quand elle atteignit la terre ferme, le palais s'effondra totalement sur lui même, et la tour commença à se désagréger, chaque étage tombant sur celui immédiatement inférieur et l'entrainant dans sa chute. A cause de la hauteur inconmensurable de l'édifice, son effondrement dura près d'un quart d'heure, ce qui laissa largement le temps à ses occupants de déguerpir, et ne fit en tout et pour tout qu'une trentaine de morts.
Epuisée, toute son énergie disparue dans le rituel qu'elle venait d'accomplir, la barbe et tous les poils de son corps entièrement consumés, ses vêtements grillés, les traits marqués de trente ans de vie qu'elle n'avait jamais vécus, la naine se laissa tomber au sol, s'endormant avant même d'avoir touché le sol. Vidar, encore évanoui, tomba à côté d'elle, guère en meilleur état qu'elle.*
Edité par orcusnf le 16/04/2008 à 10h42
#252
Vidar
(Disciple | niveau 11) le 16/04/2008 à 23h36
*Alors qu'il approchait de son but, Vidar sentit que quelque chose n'allait pas. Il ne savait pas pourquoi, mais il était sur que Wotan était revenu de sa quête. Soudain, il sentit ses forces décliner. Il savait ce que cela signifiait.
Vidar ne s'écroula pas. Lorsque Wotan fut tué, les cendres qui constituaient le corps du mjoln se désolidarisèrent.
Dans la galerie, il n'y avait plus qu'une vieille tunique et un masque. Ainsi que de la poussière.
Vidar avait une drôle de sensation. Comme si son âme, si longtemps enchaînée, était enfin libre.
La mort était une sensation étrange. Soudain, il sentit qu'on le tirait. Il voulut d'abord résister, mais l'attraction étant bien trop grande, il se laissa aller.
Lorsqu'il reprit connaissance, Vidar se sentait différent. Tout d'abord, il était nu, il avait une peau, avec des veines. Il pouvait entendre son cœur battre. C'était là une exquise sensation.
Il remarqua ensuite l'endroit où il se trouvait et su à quoi correspondaient les ruines. Il remarqua ensuite Orcunsf et il comprit ce qui c'était passé.* Pourquoi?
*orcusnf râlait comme un porc qu'on égorge, elle avait vraiment dépassé ses capacités, et sentait la vie s'enfuir d'elle pour le seconde fois. Faut dire aussi qu'elle était pleine de mini coupures, la magie ayant fermement insisté pour ne pas rester emprisonnée dans le corps d'une naine tueuse de mage.*
#254
Vidar
(Disciple | niveau 11) le 17/04/2008 à 18h29
*Vidar s'accroupit près du corps d'Orcusnf. Celle-ci avait du mal à respirer, comme si elle manquait cruellement d'eau. L'ancien mjoln jeta un rapide coup d'œil autour de lui, il n'y avait rien qui lui permettrait d'étancher sa soif.
Pendant un court instant, il eut l'idée de la laisser périr au sommet de la montagne, après ce qu'elle avait fait. Mais il n'oubliait pas que s'il était encore en vie et maître de sa vie, c'était bien grâce à elle.
Il la hissa sur son dos. Elle était sacrément lourde pour sa taille.
Descendre la montagne serait long et dangereux, surtout avec une telle charge sur les épaules. De là où il était, Vidar pouvait voir en bas, la muraille qui devait résister aux géants. La ville était juste à ses pieds.
Après quelques minutes de marche, Vidar sentait déjà ses forces le quitter. Il glissa sur un caillou et, en voulant se rattraper, il tomba. La naine et l'elfe dévalèrent la pente de la montagne jusque dans le vide. En effet, la pente raide s'interrompait d'un coup pour laisser place à une falaise.
Ils tombèrent de la montagne. Quelques secondes avant de toucher le sol, Vidar sentit que quelque chose s'opérait en lui. D'un coup, la sensation de chute s'atténua et il remarqua que celle d'Orcusnf perdait de sa vitesse. Ils se posèrent délicatement sur le sol. Vidar était tout surpris. En quittant sa condition de mjoln, il avait également retrouvé ses pouvoirs. Wotan les lui avait confisqués après un échec lors d'une de ses missions. Enthousiasmé, Vidar voulut refaire un essai mais rien ne se produisit. Il comprit alors que, comme Balder, il lui faudrait réapprendre à contrôler des pouvoirs qu'il détenait depuis longtemps et qui avaient été bloqués durant une bien longue période.
Ils étaient plus prêts de l'entrée principale de la caverne des nains que de la ville humaine. Vidar en prit donc la direction. Le peuple mineur avait un hôpital dans l'une de ses cavernes, proche d'une sortie pour des raisons d'hygiène.
Vidar la porta jusqu'à un de ces lits et l'allongea délicatement sur un matelas. Vidar remarqua alors les regards suspicieux des autres nains présents. Il faut dire qu'il était nu, qu'Orcusnf était nue et qu'elle était marquée de nombreuses coupures. Le corps de Vidar en revanche, était intact. Mais il s'aperçut, en se regardant dans un miroir, que sa renaissance en elfe n'avait pas été parfaite. Il arborait une couleur très pale, si pale qu'il semblait avoir séjourné dans la glace. Il pouvait voir, mais ses yeux étaient aussi aveugles que ceux d'un mort. Et même s'il ne pouvait le savoir avec certitude, il se doutait que sa chaleur corporelle était bien en dessous de celle d'un vivant.
Alors que des médecins se rapprochaient de la naine, Vidar prit une chaise, attendant que celle-ci revienne à elle. Lorsqu’elle pourrait parler, donc si elle survivait à ses blessures, il aurait de nombreuses questions à lui adresser.
Pendant un instant, il eut dans l'idée de prévenir les autres de ce qui c'était passé là-haut, puis il se rétracta. Ils avaient bien assez de soucis comme ça.
La loi mise en place par Wotan s'appliquerait et Fir deviendrait le nouveau roi d'Asgard.*
*Orcusnf était nue à l'exception des médaillons qu'elle portait au cou, elle en avait tant qu'on avait l'impression de voir un étal ambulant qu'autre chose, il faut dire qu'entre les amulettes, les grigris, les médaillons magiques et les autres, on en perdait son nain. En voulant la nettoyer avec une éponge, une naine bouscula l'empilement des médaillons, révélant un si particulier qu'en le voyant, elle en tomba à genoux. Il s'agissait d'un cercle en or, qui soutenait deux haches croisées en argent, à l'intersection desquelles était incrustée un rubis. L'infirmière lança un glapissement de surprise, et ses camarades la rejoignirent. Voyant, le médaillon, ils tombèrent eux aussi à genoux et l'un d'eux partit chercher le chef de l'hôpital, voire le chevaucheur de dragon qui s'occupait de leur quartier, ces deux là seraient bien les seuls à pouvoir s'occuper de la naine. Quand ils arrivèrent, eux aussi eurent un choc.*
- Pas possible, la princesse Orcusnf.
- On ne peut pas la laisser là, il faut l'emmener à l'hôpital royal.
- Certes non, elle pourrait nous en garder rancune.
*Les nains emportèrent orcusnf sur un dais, l'entourant des plus grands soins possible, une compagnie de soldats fut même dépêchée pour la protéger, tandis que les plus grands médecins et chamans nains se regroupaient à son chevet. Ne comprenant pas ce qui se passait, Vidar suivit l'étrange cortège à distance.*
#256
Vidar
(Disciple | niveau 11) le 18/04/2008 à 18h30
*Alors que tout ce petit monde se déplaçait jusqu'à l'hôpital royal, Vidar choppa l'un des nains et lui demanda ce qui se passait. Il n'obtint qu'une réponse:*
C'est Orcusnf.
*Super intéressante comme réponse. Le nain, voyant que Vidar n'était pas satisfait préféra ajouter:*
C'est une princesse naine itinérante. Les grottes naines de Muspelheim possèdent un roi et des princes. Il existe un autre royaume nain qui comporte un roi et dix princes ou princesses. Orcusnf est l'une d'entre eux. Ici, elle ne serait rien de plus qu'une princesse étrangère en visite à Muspelheim, rien d'autre qu'une invitée de marque, mais sa popularité l'a précédée jusqu'ici.
*Voilà qui était déjà bien plus intéressant. Les soldats et autres nains qui n'avaient rien à faire dans un hôpital n'y pénétrèrent pas.
Vidar se retrouva assis au chevet de la naine, une dizaine de médecins compétents s'activant autour d'elle, se marchant sur les pieds, se rentrant dedans.*
Bon, on va faire simple puisque vous n'arrivez pas à vous coordonner. Vous trois vous restez, les autres, vous dégagez.
*Vidar retint l'un des médecins qui s'en allait.*
Si on pouvait me trouver des vêtements, ce serait pas mal.
*orcusnf ouvrit les yeux alors qu'on s'apprêtait à lui enfoncer une grande seringue dans la fesse gauche. Elle se mit sur son séant, pendant que des infirmiers lui mettaient de grand oreillers en granit dans le dos pour la soutenir. Son regard se porta sur Vidar.*
Je vois que tu as survécu, c'est bien. Et en plus, la magie pulse en toi, c'est encore mieux. Ce que tu as vu ou cru deviner tout à l'heure, oublie le. Ce ne sont pas des rituels normaux, ils demandent une maîtrise de la magie naturelle ou divine que tu n'atteindras pas avant plusieurs dizaines d'années. Sache cependant que j'ai invoqué deux primordiaux, et qu'avec leur aide, j'ai accordé à wotan le repos éternel, il vivait depuis bien trop longtemps, sa vie s'étirait au delà de la vie d'un elfe ou d'un troll, tu peux juger par toi même de son immensité. Quant à la necessite de cet acte, c'est pour détruire la pierre de zanji, qu'il n'avait pas détruite, mais avalé pour accroître ses pouvoirs. En détruisant la pierre, j'ai rendu la magie à Yria, d'ici quelques semaines, tu pourras sentir une augmentation notable des flux magiques de cette phase. Il reste encore trois pierres à détruire, l'une d'elle est quasiment en ma possession, la seconde appartient au conseil des arcanes, la dernière est perdue. Mais il faut toutes les anéantir pour sauver Yria de sa propre fin.
*Epuisée par cette longue tirade, la naine cracha du sang et se mit à respirer avec peine. Appuyant sur sa clavicule gauche, elle détacha son bras gauche mécanique et le tendit à l'un des médecins.*
Si vous pouviez le faire examiner par un mécanicien, je sais que vous ne comprenez pas toute la technologie employée, mais graissez au moins les articulations et redressez la tôle froissée, j'en ai encore besoin. La magie l'a déréglé.
*les nains se pressèrent à son chevet, soucieux de l'aider*
Je vous remercie de votre aide, mais il y a plus urgent. Wotan mort, les géants sont susceptibles de déborder les défenses humaines. Allez les aider, et essayez de tenir deux jours, c'est le temps qu'il me faut pour retrouver mes forces et venir vous aider. Rappelez vous le fort d'Inschuk, nous étions 100 contre 2000 et nous avons vaincu, nous pouvons réitérer cet exploit, il suffit de croire en moi. Et aidez mon jeune ami ici présent, il est mon assistant.
*fait un clin d'oeil à vidar pour lui intimer le silence, seule condition de la réussite de ce plan*
#258
Vidar
(Disciple | niveau 11) le 19/04/2008 à 10h57
*Vidar regarda la naine pour essayer de comprendre, mais rien n'y fit. Un jeune nain était arrivé, avant le réveil d'Orcusnf, portant des vêtements pour l'elfe et celui-ci s'était empressé de les mettre.
Vidar décida d'aller prévenir les autres sans plus attendre de ce qui c'était passé. Rien n'est pire que l'ignorance, surtout en une époque pareille. Escorté d'une dizaine de nains, il se rendit à la forteresse.
Tout en marchant, il se demanda comment la naine pouvait espérer tenir sans Wotan et sans les plus grands mages d'Asgard. Mais après tout, pourquoi pas. C'était toujours préférable de penser à la vie.
L'autre fait important était les pierres et Wotan lui-même. Vidar et les Aesirs l'avaient toujours considéré comme une sorte de divinité. Il avait fait beaucoup de bien à l'Asgard. Vidar l'avait servi pendant tous ces siècles sans jamais remettre sa condition en question. Pourtant, il devait bien admettre que lorsqu'il était sous la forme d'un mjoln, il vivait sans cesse avec l'impression d'avoir son âme enchaînée. Mais il admettait tout de même que les mjolns s'étaient avérés bien utiles dans la guerre. Il était partagé entre la tristesse d'avoir perdu un ami et le sentiment que Wotan appartenait à une autre époque et qu'il n'avait plus rien à faire ici.
Quant aux pierres, si ce que disait Orcusnf était vrai, il faudrait bien les détruire.
La naine était dans un sale état, et Vidar voyait mal comment elle pourrait se remettre d'ici deux jours.
Arrivé au sommet de la forteresse, Vidar remarqua qu'une agitation particulière régnait sur la place.
Un attroupement s'était formé et Vidar eut toutes les peines du monde, même avec l'aide de son escorte naine, à se frayer un chemin parmi la foule. Ce qu'il vit lui retourna le coeur.
Sör, désormais le plus puissant mage d'Asgard, était étendu sur le sol dans une marre de sang. Il vivait toujours et voulait parler, mais personne ne semblait disposer à s'approcher de lui.
Vidar se rapprocha encore un peu plus et se pencha sur le mourrant.* Ils sont tous morts... Wotan a disparu alors... alors que nous arpentions des contrés emplies de.... démons.... Les mages les plus puissants l'accompagnaient.... mais nos pouvoirs combinés n'ont rien pu faire contre ses armées de monstres sans son aide... Nous avons échoué,... l'Asgard est perdu.
*Ce fut sa dernière phrase. Vidar se releva. Au même moment, des troupes arrivèrent. A leur tête, Fir, désormais le roi d'Asgard et, à ses côtés, Balder.
Ils étaient tous les cinq réunis dans le bureau de Fir. Vidar venait de raconter au souverain, à Balder, à Friga et à Nagar, ce qui c'était passé et un silence de mort régnait. Fir était assis la tête calée par ses mains. Vidar prit la parole.*
Wotan, même s'il s'est montré avide de pouvoir, a toujours agit pour le bien de son peuple. Il affirmait que les géants pouvaient être ralliés aux nains et aux hommes et je suis d'accord avec lui. Mais tant qu'ils seront aveuglés par le mage noir, ils n'en feront rien, et tant qu'ils disposeront d'une armée capable de nous détruire, ils ne nous écouteront pas. Ce qu'il nous faudrait, c'est qu'ils soient agressés ailleurs pour diviser leurs troupes. On ne peut pas rester enfermer ici indéfiniment. Il nous faut trouver un allié extérieur pour les menacer véritablement et les contraindre à la négociation. Une idée?
Edité par Vidar le 19/04/2008 à 10h58
#259
Friga
(Taxi | niveau 7) le 19/04/2008 à 11h51
*L'effondrement du palais avait surpris tout le monde, bien moins, cependant, que le retour de Sör. Un vent de panique s'était abattu sur assiégés.
Friga, elle, avait été convié au fort pour une réunion. Elle ne savait pas pourquoi jusqu'à ce qu'elle en découvre la raison.
Le discours de Vidar l'avait tout bonnement stupéfié. D'une part, elle avait été surprise par sa transformation physique, d'autre part, elle ne s'attendait pas du tout à ce qu'elle venait d'apprendre.*
La plus proche frontière est celle qui nous sépare de Zanji. Je peux toujours essayer d'y retourner. D'autant plus qu'ils ont beaucoup de sorciers et encore plus d'oliphants. Et on sait que ce sont deux atouts majeurs dans la lutte contre les géants. Le problème, c'est qu'on ne connaît pas la situation actuelle du royaume. Il est possible que la guerre civile soit encore d'actualité. Après tout, nous ne sommes partis il y a même pas deux mois. Mais il faut en avoir le cœur net. Je partirai dès demain. Les géants seront trop occupés à s'attaquer aux murs pour faire attention à moi. Je n'aurai qu'à sortir d'ici par là où nous sommes entrés.
en réponse au message
#259 Friga (Taxi | niveau 7)
le 19/04/2008 à 11h51
*Nagar s'était assise sur un meuble bas, les jambes pendantes. Une fois que Friga eut annoncé sa décision, la roublarde sauta du meuble et s'approcha de Friga.*
Très bien Friga. Je te suivrai. Je ne suis pas une grande guerrière et je gênerais plus qu'autre chose en montant sur les murs. Et puis, à deux, les chances de réussite sont doublées.
*Elle s'adressa ensuite aux trois mecs présents dans la pièce.*
Vous pouvez résister à une armée, mais sans le concours de vos plus puissants mages, comment comptez-vous combattre le mage noir qui nous combat?
*On était venu me réveiller sur le chemin de ronde. Fir voulait me parler. A peine l'avais-je trouvé que nous avions du nous rendre au sommet de la place forte. On y avait retrouvé Vidar (que je n'avais tout d'abord pas reconnu) et le cadavre d'un mage.
Les nouvelles que nous avait apportées Vidar n'étaient pas pour me rassurer, mais après tout, mieux valait ne pas succomber au désarroi.*
On se débrouillera Nagar.
*La conversation dura encore plus d'une heure. Il s'y dit tout plein de choses mais comme ça risquerait de vous paraître barbant, je préfère passer rapidement là-dessus. Finalement, je partis rejoindre mes hommes sur la muraille, non sans avoir, au préalable, fait mes adieux à Nagar et Friga. On ne se reverrait probablement pas avant longtemps.
J'eus du mal à m'endormir. Je réfléchissais au meilleur moyen d'avouer aux soldats que leurs chances de réussir s'étaient encore amoindries.
Finalement, j'étais parvenu à m'endormir. Un soldat m'avait réveillé avant que le soleil ne se soit levé. Des hommes passaient entre les soldats pour distribuer de la nourriture et fournir des gourdes pleines.
On avait à peine finit notre repas qu'un premier rayon passa au-dessus des montagnes. Aussitôt, on entendit les troupes ennemies se remettre en marche. Il ne leur restait qu'une dizaine de tours d'assaut. Faut dire que la veille, on avait mis le paquet. Ils s'étaient retirés en protégeant un maximum de tours mais dans la journée, une trentaine avaient été détruite grâce aux catapultes et d'autres avaient été prises d'assaut par les défenseurs.
Mais les tours qui s'avançaient vers nous ne subissaient aucun dégât. Les pierres qui leurs étaient projetées étaient toujours déviées. Je montai sur un créneau et m'adressais à la foule de soldats, humains ou nains.*
Soldats, n'oubliez pas que ce sont vos familles que vous défendez. Si vous avez survécu à la première journée, vous survivrez à la seconde, et pourquoi pas à la troisième. Et peut-être même que vous mourrez au coin du feu après avoir fait à vos petits enfants le récit de vos exploits sur la muraille de Muspelheim. Je veux que vous pensiez à cela maintenant, je veux que vous soyez fier de vous maintenant. Car dans quelques minutes, les émotions vous déserteront toutes, sauf une: la peur. Mais je veux que cette peur ne soit pas un frein, je veux, au contraire, qu'elle vous pousse à aller de l'avant. Souvenez-vous qu'en face, ils se battent pour raser, détruire et tuer. Ici, on se bat pour protéger, pour notre avenir et pour les vies qui sont sous notre protection. Nous sommes le frêne et la flamme. Nous sommes face à notre destin. Beaucoup d'entre nous rêvons d'un temps de paix, d'un temps d'harmonie. Mais c'est la guerre, et notre seul moyen de parvenir à notre rêve, c'est de survivre. Et pour cela, il nous faudra se battre.
*Ma voie avait été amplifiée grâce à la magie, et elle se répercutait dans toute la montagne.
Les premières échelles furent posées.*
N'oubliez pas, portez vos coups avec violence. N'oubliez pas votre peur! Derrière elle se cache l'amour que vous portez aux votre. N'oubliez pas que vous n'êtes pas seul! Ce sont des frères qui combattent à vos côtés, et peu importe la race. N'oubliez pas non plus que ce sont des frères aveuglés que vous devrez tuer pour que ceux-ci ne vous transpercent pas de leur gui.
*Je faisais la référence à une ancienne légende qui comptait la mort d'un héros, tué par son frère aveugle mais dont le bras avait été dirigé par un tiers, et dont l'arme du crime était une flèche faite en gui.
Le combat était encore plus violent que la veille. Les défenseurs se battaient avec beaucoup d'acharnement et les géants avaient du mal à prendre pied sur le mur. Même lorsque les tours furent en positions, ils ne réussirent pas à se déployer. Ils avaient beau être nombreux, ils ne pouvaient pas tous monter aux échelles en même temps. On profitait bien de ce rare avantage. Deux tours, sur les cinq qui assiégeaient la muraille droite, furent même détruite grâce au concours de nombreux sorciers de guerre, mais beaucoup d'entre eux avaient péri dans l'opération.
Dans l'après midi, ils redoublèrent d'effort. La section des griffes n'existait plus. Elle avait été remplacée par des soldats qui, après avoir perdu plusieurs frères d'armes, s'étaient joins à nous. Il y avait presque autant de nains que d'hommes. Incorporer ce corps d'armée se faisait toujours un peu par hasard, mais l'organisation régnait. Il s'agissait de bons soldats. Et il valait mieux pour eux. Car notre force faisait peu de pause. Et on était très mobile. Là où une section devait défendre une portion de muraille, notre force intervenait là où les risques de débordement étaient les plus probables. Notre technique était simple. On l'avait définitivement adopté après une charge réussie.
On venait d'aider une section à enrayer un débordement lorsqu'on avait remarqué que, plus loin, un groupe de nains se trouvait en fâcheuse posture. Hallebardes levées, on avait perforé le mur de géants. Une fois le premier contact établit, les nains de notre force s'étaient portés à l'encontre de l'ennemi, frappant de leurs haches, tout ce qu'ils pouvaient. Puis le massacre se terminait à coup d'épées. On avait également un soutient magique car deux sorciers de guerre s'étaient joins à nous. C'est quand même bien pratique.
A la fin de la journée, nous étions tous exténués. Les pertes avaient été bien moins nombreuses que la veille. En revanche, les géants en avaient bien pâti.
Je regardai avec fierté mes soldats. Déjà, un nom courrait sur les lèvres de tous les défenseurs. Un nom qui faisait également référence à une légende guerrière. Notre force, composée indifféremment de nains et d'hommes étaient désormais nommés par les autres défenseurs, les Vals. Je me sentais assez flatté car les Vals faisaient parti de héros de ma jeunesse.
Je regardai alors par la fenêtre. Je n'y avais pas pensé de toute la journée, pourtant, hors des murs protecteurs, deux voyageuses couraient chercher notre salut.*
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