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Comme son nom ne l'indique pas, le Forban est d'abord un bateau de pêche, assez ancien mais bien entretenu. Sa coque noire est longue d'une vingtaine de mètres et le tirant d'eau de ce navire ponté n'excède pas deux mètres quatre-vingt. Il possède un gréement de voiles au tiers qui étaient écarlates à l'origine, mais que le vent et l'eau de mer ont délavées vers l'ocre. A la poupe, devant le mât de tape-cul se trouve le timon et un banc pour le barreur. Juste devant lui, un escalier, protégé par une écoutille relevée, mène à la cabine. Là, tout a été pensé pour caser, dans un espace réduit et inconfortable, le maximum de choses : un petit fourneau, six couchettes munies de rideaux, une table, six tabourets. Dans un petit placard, on a placé le matériel de navigation : des cartes sommaires, des portulans, le journal de bord et un sextant. Enfin, une trappe s'ouvre sur la cambuse.
Une autre écoutille est située sur le pont. Large carré, elle permet, au milieu du bateau, d'accéder à la cale.
Marins d'eau douce, attention ! Aux pieds des mâts de taille-vent et de misaine, vous apercevrez une énorme poulie à crochet qui sert de point d'amure à la voile. Lorsque le Forban vire de bord, ces poulies se balancent comme des pendules sur toute la largeur du pont avant d'être à nouveau fixées. L'équipage a surnommé ces poulies, « les faiseuses de veuve ».
Caranthir a acheté Le Forban à Didouladida qui avait alors de lourdes dettes auprès d'un usurier. Le Forban n'a pas, depuis, subi de modifications majeures, si ce n'est que sa cale a été nettoyée et remise à neuf pour en retirer l'odeur du poisson. Ainsi, il peut accueillir des chargements pour le commerce au long court ou le cabotage.
Outre Caranthir et Didouladida, l'équipage est composé de quatre matelots (PNJ) :
_ Moineau : (Humain) jeune mousse de 16 ans et joueur de bombarde à ses heures. D'apparence frêle, la chevelure blonde, épaisse et indisciplinée, Moineau s'est embarqué pour fuir la pauvreté. Assez craintif de nature.
_ Marmite : (Humain) matelot. Grand gaillard ombrageux d'une quarantaine d'année. Visage carré et sourcils broussailleux, il possède, à différents endroits du corps, des tatouages pour se protéger du mauvais sort : une hirondelle sur l'omoplate pour la chance en cas de chute par-dessus bord, un cochon sur la main pour éviter la noyade et une ancre sur l'épaule pour la sécurité et l'espoir de retourner à terre. Marmite est également le cuistot du bord.
_ Drisse : (Demi-Elfe) matelot. Agé de 95 ans, Drisse est, avec Didouladida, le matelot le plus expérimenté à bord du Forban sur lequel il navigue depuis plus de quinze ans. Bon joueur de biniou, il est d'un naturel facétieux et prompt à s'amuser. Sa silhouette élancée cache une force étonnante. (D'ailleurs, demandez-lui pourquoi on l'appelle Drisse) Il possède également une ancre tatouée sur l'épaule.
_ Le Fol : (Humain) matelot ainsi surnommé en référence au fou de Bassan pour la longueur de ses bras légèrement supérieure à la moyenne mais aussi pour l'état de sa santé mentale qui s'est dégradée depuis que sa route a croisé celle d'un Kraken alors qu'il pêchait la morue. Il parle peu et son regard est fuyant. Très agile, il semble ne plus connaître la peur lorsqu'il s'agit de grimper aux mâts pendant un coup de tabac. Comme Marmite, Le Fol ne sait pas nager et possède donc aussi un tatouage de cochon sur le dos de la main.
Pour une vision plus précise du Forban : http://caranthir.arcanes.org/dans-la-guilde-des-rdeurs/2007/07/29/partons-en-mer
Edité par Caranthir le 14/08/2007 à 15h49 : Nouvel instrument de musique pour Moineau.
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*Le flair. Pas vraiment sa qualité principale, surtout sur ce navire, avec cette odeur saline contante. Mais Rohrr ne veut pas décevoir une des rares personnes qu'il considère comme un ami. Il s'approche donc du mat, humant l'air consciencieusement. Diverses odeurs sont présentes. De vieilles émanences de poisson, l'humidité s'élevant des soutes, et des chambres de l'équipage, l'odeur piquante des cordages, une légère senteur d'après-carbonisation s'échappant des cuisines, mais du navire que son oreille devine au loin, pas d'odeur en particulier.
L'orc ne comprend pas très bien ce qu'il se passe, pourquoi ce navire avance dans l'obscurité, pourquoi ils font de même. Il n'a pas vraiment perçu les suppositions de Drisse et Didouladida, aussi ne conçoit-il pas spécialement d'appréhension. Debout près du mat, il ne bouge pas, attendant de voir la situation évoluer. Son regard curieux suit la flèche tirée par Caranthir, petit point lumineux troublant l'obscurité. Puis plus rien, la lumière s'éteint, les son diminuent peu à peu. Mais ils restent dans l'obscurité. Ce n'est pas dérangeant, tout compte fait. Le silence, simplement marqué par le clapotis de l'eau contre la coque, à peine perceptible, et la musique constante des flots. Rohrr s'assied, en tailleur, adossé contre le mat, et écoute attentivement ce son, se laisse bercer par lui.
Là, légèrement somnolant, il reprend, comme de nombreuses fois depuis qu'il s'est fait entrainer sous les flots au lac pas d'ours, les images des différentes créatures qui peuvent se trouver dans ces profondeurs. Il les imagine se laissant flotter dans le courant, à portée d'un filet, ou émergeant à la surface, à la portée d'un des harpons qu'il a découvert dans la journée. Plus rarement, il se laisse séduire par l'idée de simplement pouvoir les observer. Il ne prête plus réellement attention aux autres passagers. Ceux-ci se manifesteront bien assez tôt s'ils ont besoin de lui.*
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#20
Caranthir (Druide | niveau 12)
le 27/08/2007 à 22h39
*Ondine observa Caranthir qui prit rapidement les choses en main avec la dextérité d’un capitaine aguerri. La demi-elfe empoigna fermement le timon et ne quitta plus l’ombre du navire de ses yeux noirs… Quelque chose en elle semblait changé… Mais quoi ? L’habile manœuvre de l’ami de la mer provoqua l’éloignement de l’étrange navire qui visiblement, préféra s’éloigner au risque de devoir contrer la menace latente qui pesait sur lui. Le Forban et son équipage n’avait pas froid aux yeux… et mieux valait ne pas trop les approcher.*
*La demi-nymphe observait l’horizon droit devant elle, sans un regard pour Caranthir qui devait sans doute être surpris de tant de froideur dans son regard et dans sa posture. Lorsqu’il l’interrogea, Ondine fronça les sourcils… réprimant l’oppressante douleur qui pesait de plus en plus sur son omoplate droite… à la manière d’une masse pesante et contraignante qui semblait presque courber légèrement l’échine de son dos. D’une main vive, elle essuya quelques gouttes de sueur qui perlaient à son front en feu… ses joues rosées par la fièvre, et les yeux pétillants d’une étrange lueur noire, la demi-elfe souffrait en silence, dans l’amertume de ses tourments physiques et moraux… Caranthir la regardait sans la quitter des yeux… Il était pénible pour Ondine de soutenir ce regard bleu cobalt… froid et glacial… La demi-elfe fut parcourue d’un frisson qu’elle ne put contenir qu’avec difficulté… expirant furtivement sous l’oppression d’un mal étrange qui venait soudain envahir son corps… mais aussi son âme… Dans un souffle, elle répondit à Caranthir… réfrénant un rictus de douleur.*
Au Lac de Briséphal… un soir où je m’étais attardée dans l’onde du lac aux eaux sépulcrales…
*Ondine saisit le pardessus de son interlocuteur dans un geste vain pour se soutenir… un voile de brume noircit le blanc de ses yeux… étrange…*
La créature abyssale m’a fait quelque chose là-bas… Elle a… plongé sa main d’ombre dans mon corps pour empoigner mon cœur… Il… a failli me tuer… mais le soleil s’est levé…
*Soupir de faiblesse*
La douleur a grandit en moi pour s’insinuer dans mes entrailles… jusque dans mon omoplate… Bon sang… elle ne veut pas cicatriser… la blessure étrange… Je me sens faible…
*Ondine ferme soudain les yeux puis s’évanouit brusquement dans les bras de Caranthir, qui la retint dans un réflexe. Son inertie dure une seconde à peine… Brusquement Ondine ouvre les yeux et les plonge dans ceux du capitaine… Ils sont noirs comme un linceul et le blanc de ses yeux a entièrement disparu… comme si l’opacité mystérieuse avait entièrement recouvert la surface de ses pupilles, de ses iris, de son regard… Avec une force vive, et un sourire pernicieux au coin des lèvres, la demi-nymphe empoigne la chemise de Caranthir et le propulse à terre… Surpris, il ne s’attendait visiblement pas à une telle réaction de sa protégée.
A califourchon sur sa proie, Ondine paraît soumise aux affres de la possession qui est en elle… Elle ne parvient plus à se maîtriser… Dans un grognement guttural étrange, elle approche son visage près de celui du capitaine. Le jasmin… les cheveux couleur d’ébène… tout lui rappelle Ondine, et pourtant… elle semble différente… surnaturelle sous son regard flamboyant… Avec un sourire mutin au coin des lèvres, elle renifle l’air, tout en s’adressant à Caranthir…*
Ton parfum est agréable jeune demi-elfe……… Je dois dire que ma proie a plutôt bon goût en matière de protecteur…
*Caranthir comprend soudain que ce n’est plus Ondine qui parle… non… c’est la créature qui s’exprime à travers elle… Ondine réprime un geste vain pour se contenir, mais trop faible, elle échoue…*
Je serais curieux de me délecter de tes chairs… humble rôdeur…
*Grognement sinistre…*
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#23
Ondine (Homme Poisson | niveau 14)
le 28/08/2007 à 13h39
*Ondine rapproche son visage déformé par un rictus de plaisir haineux. Le grondement guttural qui s'échappe de ses lèvres provoque chez Caranthir un frisson qui lui parcourt la colonne vertébrale. Le demi-elfe, hébété, le souffle coupé et les yeux grands ouverts, reste sans réaction, l'esprit bloqué sur une image. Tandis que ce visage se rapproche du sien, il revoit la créature de l'ombre lors de ce face à face nocturne qui avait duré plusieurs heures. Mais ce n'est plus la largeur d'une rue qui les sépare, c'est un souffle, chaud et malsain, qu'il sent sur son front, sur ses joues. La créature qui a pris possession du corps et de l'âme d'Ondine grogne toujours. Elle raffermit sa prise sur le col de Caranthir et fait glisser ses lèvres affamées sur son visage, humant sa peau par saccade, comme un fauve décide de jouer avec sa proie avant de s'en repaître.
La peur déverrouilla alors tous les réflexes de survie de Caranthir. Le demi-elfe s'arc-bouta et empoigna le pardessus de la créature. Il contracta tout son corps et, dans un geste désespéré et puissant, il la fit basculer, l'arrachant de toutes ses forces à sa prise. Le rôdeur roula pour s'écarter et butta sur le bastingage. Il se redressa aussitôt et prit appui sur le bord du Forban pour reprendre son souffle et faire face. Mais, à sa grande surprise, là où il s'attendait à voir une ombre enveloppée d'une manteau, telle que son esprit lui avait suggéré pour stimuler sa réaction, il vit Ondine, dans son pardessus vert et les cheveux flottant au vent, debout près du brasero, prête à attaquer. La survie entrait en conflit avec l'affection. L'instant d'avant, Caranthir était prêt à tuer. Mais… Il la connaissait depuis si peu de temps et, pourtant, elle prenait en cet instant une importance qu'il n'avait pas soupçonnée.
Ondine fit un pas en avant qui fit tressaillir Caranthir. Le regard de la demi-elfe était toujours un puits sans fond de noirceur et son sourire celui de la créature. Dans le conflit qui bousculait l'esprit du chasseur, la survie l'emporta. Caranthir sortit sa dague du fourreau et se prépara à subir l'assaut.*
Edité par Caranthir le 29/08/2007 à 12h20
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#24
Caranthir (Druide | niveau 12)
le 29/08/2007 à 12h19
*Debout devant Caranthir, la créature qui a pris possession d’Ondine ne contient plus sa vile colère. Fronçant les sourcils et toisant sa proie, la demi-elfe ne sait visiblement plus ce qu’elle fait… Une ombre noire et fugace comme un suaire nocturne s’agrandit derrière le dos d’Ondine… soumise comme un pantin désarticulé à la danse macabre de son infâme bourreau. Avec une précipitation déconcertante, elle s’avance lestement devant le capitaine... saisissant son bras dans un geste habile et sûre d’elle. La demi-elfe tournoie devant sa victime comme un nuage de brume… un voile sombre est dans ses yeux. Saisissant le cou de Caranthir de sa fine main diaphane pourtant fragile, elle repousse celui-ci contre le bastingage, dans un grognement sourd de bête affamée… et se serre voluptueusement contre lui pour le regarder fixement… droit dans les yeux et sans détours. Avec un mouvement rapide elle le plaque à nouveau au sol… Un rictus de plaisir malsain se peint sur son visage... la créature en elle ne peut s'empêcher de dire...*
Je ne sssupporte pas que ma proie m’échappe… jeune rôdeur… et j’avoue que ce petit jeu attise mon envie insatiable… C’est pour cela qu’Ondine me paraît une proie des plus attrayantes… une des rares à me filer entre les doigts, je dois bien l’avouer, mais non sans une certaine jouissance… Il m’amuse de la poursuivre et de hanter ses pas…
*Ondine recule son visage en arrière…*
Non……. Laisse le………. Tu me veux moi !!!
*Dans un geste inespéré, la demi-elfe plaque soudain son front contre celui de Caranthir… Leurs nez se touchent subrepticement… les yeux d’Ondine s’enflamment soudain…*
Ma parole c’est qu’elle tient à toi, semble-t-il……
*Sourire cruel*
*Caranthir ressent sur lui le souffle chaud d’Ondine qui ne maîtrise plus ses gestes.*
Tu te souviens de la taverne ? Ondine a bien tenté de te dévoiler quelque chose par un acte de magie qui a échoué… Elle est encore trop faible pour le moment… mais moi… je peux te faire voir ce qu’elle désirait te montrer…
Vois la puissance qui est en moi jeune néophyte… Et crains… l’ombre néfaste que je suis !
*A ces mots, Ondine ferme les yeux… le front toujours sur celui du capitaine, médusé par la situation.*
*Caranthir entend la jeune femme psalmodier une langue ancestrale inconnue des mortels, et des autres créatures. Le langage des nymphes monte à ses oreilles et altère sa perception, mais il garde les yeux fermés. C’est alors que les mots changent… ils semblent former une étrange complainte à ses oreilles, une complainte qui se répète comme un murmure. Oui il s’en souvient… Ilniath Eranda Sielth… Ilniath Eranda Sielth... Ilniath Eranda Sielth...
Ondine effleure délicatement les oreilles de sa proie, tandis que ses paroles s’insinuent dans son esprit comme une eau courante et insidieuse à laquelle il ne peut échapper. Caranthir perçoit un bruit sourd... comme un bruit qui résonne au fond des eaux troubles et remonte à la surface… Boum… Il a le sentiment d’une longue chute effrénée dans le vide… Boum… Il ouvre les yeux… Le silence l’entoure et l’apaise. Il est dans l’eau avec Ondine. Son front appliqué contre le sien, la demi-nymphe a les yeux fermés et remue toujours les lèvres en murmurant sa complainte funèbre. Ses muscles se tendent…. dans la perception d’une sournoise menace. Caranthir oublie de respirer. Ici, il n’a pas besoin d’air. Ondine le maintient en vie par son contact, et lui dévoile par l’esprit ce qu’elle sait… ce qu’elle a vu et qu’elle ne peut décrire… Boum… des flashs apparaissent devant les yeux du chasseur… La créature est là et le regarde avec envie…Boum… Elle dévore ses proies et leurs entrailles… Boum… Il y a du sang sur le visage d’Ondine qui semble apeurée… Elle court… essoufflée…son cœur bat la chamade… Boum… Elle n’a pas de visage l’ombre malfaisante… Boum… Elle se repaît de l’âme des justes et la Mort elle-même la craint… C’est une force maléfique qui vient des abysses… Une créature des enfers qui réclame sa proie. Elle veut se délecter de la chair et se repaître des entrailles d’Ondine… Son cri déchirant la nuit rompt le silence comme une lame acérée. Le chasseur voit des larmes couler sur le visage de la demi-nymphe au fond de l’eau. Il sent des larmes sur lui… Qu’est-ce que… je ne comprends pas… Il voit un visage de femme qui lui sourit soudain… elle ressemble à Ondine… mais ce n’est pas elle… sa mère ?… Boum… La demi-nymphe ouvre les yeux au fond de l’eau et s’éloigne de lui. Elle empoigne la chemise du chasseur pour lui faire signe de remonter vers la surface… Ondine s’éloigne vers le haut… Boum… Le chasseur ouvre les yeux et reprend sa respiration… saccadée…*
*A son étonnement, il constate qu’il est toujours sur le navire qu’ils n’ont pas quitté. Son souffle est court, comme celui de la demi-elfe qui a toujours ses mains sur son visage. Elle écarquille les yeux tandis qu’une myriade d’émotions monte en elle. Elle semble pétrifiée par le contact de ses mains sur le visage de Caranthir. Ses yeux qui la regardent de si près…*
Oh diantre mais c’est que le cœur de ta petite protégée bat la chamade dis moi….
*Rire sinistre et complaisant.*
Je te préviens… elle… ne… m’échappera… pas…
*Un rictus de colère se dessine sur ses lèvres*
Elle est à moi ! Le maillon de la chaîne… Je la trouverai… aussi loin qu’elle aille… même si tu l’éloignes des terres… un jour ou l’autre nos chemins se croiseront à nouveau… et alors…
*Dans un dernier élan, Ondine s’écrie en élevant son visage vers le ciel!*
Mets moi aux fers Caranthir… Ne le laisse pas… Enchaîne moi dans une cale !!! Ne le laisse pas……
*Une larme coule furtivement sur sa joue rosée… mais sous une pulsion intérieure qui la ronge comme un feu passionnée, Ondine plonge son visage sur le cou du capitaine pour humer les effluves naturelles de son parfum… et mordiller ensuite sa frêle oreille pointue…*
Mmmmmmm…
*La demi-elfe lutte tant bien que mal contre la chose qui est en elle….. mais ses mains serrent de plus en plus la chemise de Caranthir…*
Je n’arrive plus…… le bien……. Le mal……… aide-moi ! Enchaîne-moi…
*Dit-elle en plongeant ses yeux noirs dans les siens…… Apeurée par ses gestes qui la terrifie… Ondine ne sait plus où donner de la tête… La lutte devient difficile… acharnée contre ce qui la domine…
Dans un geste furtif, elle arrache la chemise du chasseur et le regarde droit dans les yeux…*
Dé… pêche… toi…
Les fers…
La cale…
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#25
Ondine (Homme Poisson | niveau 14)
le 29/08/2007 à 13h53
*Ilniath Eranda Sielth... Une nouvelle fois ces mots font perdre l'équilibre à l'esprit du demi-elfe qui se retrouve dans un éther sans notion d'espace et de temps. La plongée dans les eaux sombres emporte son âme dans un tourbillon qui lui fait oublier le dur contact du pont sous son dos, le poids du corps d'Ondine, le contact de ses mains sur sa peau et les paroles menaçantes, emplies d'un plaisir fielleux, de la créature qui se dévoile. Ilniath Eranda Sielth... L'invocation, dont l'écho rebondit rapidement, tourne sans cesse dans son esprit et l'entraîne, sans qu'il puisse esquisser la moindre résistance.
C'est alors que, flottant tout contre Ondine, - ou bien est-ce la créature ? il ne sait, perdu qu'il est dans ce monde - il devient spectateur passif de la présentation que lui offre l'ombre infernale, dans une mise en scène sordide et macabre dont, étrangement, le demi-elfe se sent détaché, comme s'il se trouvait dépourvu d'émotion. Soudain il a l'impression de comprendre qui est cette créature et quel est son but. Et son esprit note, sans affect, combien elle est dangereuse et combien la vie d'Ondine est fragile. Mystérieuse Ondine, dont les larmes gardent leur consistance dans cet univers aqueux et dont la vue s'imprime définitivement dans la mémoire de Caranthir, plus sûrement encore que ce visage souriant, presque irréel tant le cri de la créature l'a pénétré, qui est apparu.
Retour douloureux dans son corps. Les sens de Caranthir assaillirent son esprit nauséeux et le submergèrent de chocs douloureux, de la caresse des cheveux de la demi-nymphe sur sa peau, des parfums de la mer et du jasmin, du souffle de la créature sur son visage. Tandis qu'Ondine luttait contre la créature avide qui l'habitait, le chasseur tentait de conserver son esprit en équilibre et rivait son regard sur celui d'Ondine. Les hurlements de cette dernière, cette prière lancée comme une bouée dans un ultime sursaut de conscience et d'emprise sur son être eurent pour effet de le sortir de sa catalepsie. Et, juste avant qu'elle ne perde son combat, au moment où la créature lui arrachait sa chemise, Caranthir la saisit à la nuque et attira le visage d'Ondine sur lequel se lisait la peur. Le visage fermé, ses yeux cobalt affichaient une détermination farouche.*
Pardonne-moi...
*D'un mouvement brusque dont l'effort lui arracha une plainte, il fit basculer son bassin pour la déséquilibrer. La main qui empoignait la nuque de la demi-elfe accompagna le mouvement pour frapper violemment sa tête contre le bastingage. Dans un soudain silence, le choc sourd et un grognement de la créature résonnèrent dans tout le corps du chasseur. Ondine, inconsciente, s'effondra sur lui. Caranthir haletant, se dégagea et se mit à genoux, la tête relevée vers les étoiles et la bouche grande ouverte à la recherche de l'oxygène. Sa tête lui tournait et son esprit, emporté dans un maelström d'émotions contraires, tentait de fuir ce cauchemar. Mais un faible mouvement accompagné d'une plainte gutturale attira son regard vers le corps de la demi-elfe. Elle venait de rouvrir les yeux. Des yeux plus noirs que la nuit qui les environnait. Le corps libéré de l'esprit d'Ondine était désormais la pleine et entière possession de la créature dont les traits déformaient le visage originel.
Caranthir se redressa. Oubliant de respirer, rampant et courant, il se précipita vers son arc et son carquois où il saisit trois flèches garnies d'étoupe. Il les plongea dans le brasero et se retourna vivement pour les brandir enflammées au visage de la créature qui chargeait. Elle arrêta net sa course et leva un bras pour se protéger. La créature qui ne supportait pas la lumière et le feu commença à reculer. Caranthir se redressa et s'avança, menaçant. Les flammes dansaient dans le reflet de ses yeux pleins d'une sourde colère. La prédiction de la créature lui revint en mémoire et il la reprit d'une voix qui grondait comme une lame de l'océan.*
Un jour ou l'autre vos chemins se croiseront, et alors… Je serai là, et tu mourras…
*La créature émit un cri strident à percer les tympans et, ne supportant pas davantage la lumière du feu, elle abandonna, pour un temps, le corps de sa proie qui chancela et s'écroula devant le timon.
Alerté par le cri de la créature et par la route du bateau qui, sans personne pour le diriger, tournait et prenait une forte gîte, l'équipage accourait et contemplait la scène avec stupeur, ne sachant trop quoi penser ni comment agir. Le capitaine, la chemise déchirée et ouverte sur son torse balafré de trois vieilles cicatrices, les cheveux flottant au vent et le regard dur, jeta ses flèches à la mer et les interpella.*
Que quelqu'un prenne la barre et quoi que vous entendiez, ne descendez pas dans la cabine. *il se rapprocha d'elle et ajouta d'une voix sombre.* Si vous voyez Ondine sur le pont cette nuit… Tuez-la…
*Jamais il n'avait cru devoir souffrir de donner des ordres. Mais il n'y avait pas d'alternative. Caranthir prit dans ses bras le corps inconscient de la demi-elfe et descendit les escaliers. Il s'approcha des couchettes superposées et, nerveusement, étendit Ondine sur celle du bas, avant d'allumer le plus de lampes et de bougies qu'il pouvait. Dans un petit placard, il trouva les fers qu'elle priait tant qu'on lui mît et se rapprocha d'elle. Il resta un instant à la contempler, quelque peu perdu dans les méandres de son esprit qui, déjà, déroulait le fil des évènements. Il s'agenouilla en soupirant et joignit les poignets de la demi-elfe dans son dos pour, dans un claquement sinistre qui ricocha sur les parois de la cabine, boucler les fers dont il garda la clef dans sa poche. Il la retourna et l'examina. Son poul était chaotique et sa respiration faible et erratique. Il approcha une lampe de son visage et souleva sa paupière. Avec soulagement, il constata que la pupille de la jeune femme avait repris sa couleur verte, celle de l'Ondine rieuse et impétueuse. Alors, il posa doucement son front contre le sien et entonna tout bas la prière elfique de la guérison. Ceci fait, ses réflexes de rôdeur reprirent le dessus. Il commença par retirer sa cape et fit de sa chemise de la charpie afin d'en faire bandages et éponges. Il regroupa les herbes et racines qu'il avait emmené et prépara une décoction qu'elle pourrait prendre à son réveil. Puis, s'étant assuré que sa blessure à la tête n'était pas plus grave qu'une belle bosse, il alla chercher un tabouret pour la veiller.*
Edité par Caranthir le 29/08/2007 à 23h09 : Finalement, Ondine garde ses fers^^
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#26
Caranthir (Druide | niveau 12)
le 29/08/2007 à 21h16
*Dans un soupir de douleur, Ondine ouvrit faiblement ses deux yeux verts... un élancement des plus désagréables semblait cogner dans sa tête à la manière d'un poids violent sans qu'elle puisse en déterminer l'origine. Visiblement, la demi-elfe ne se souvenait plus des événements précédents qui lui étaient arrivés. Concernant sa confrontation avec le capitaine, elle ne gardait en mémoire que les quelques soubresauts de conscience selon lesquels elle lui recommanda de l'attacher fermement. La demi-nymphe ressentait toujours sur son omoplate une masse énorme et lancinante qui la contrariait quelque peu... Observant Caranthir, elle lui avoua...*
Il... est toujours là...
*D'un coup d'oeil furtif et déterminé, elle lui indiqua le fond de la cabine où se trouvait un anneau de métal fiché sur le mur de la pièce exiguë. Caranthir comprit ce qu'elle voulait lui dire, même si décidément, il n'approuvait pas ces méthodes quelques peu virulentes pour soigner la demi-nymphe... Avec un hochement de tête d'approbation, il accepta néanmoins d'accéder à la requête d'Ondine. D'un geste souple et leste, il la prit dans ses bras pour la déposer au fond de la cabine... près du maillon infernal, qui attendait les chaînes métalliques tant convoitées... Caranthir relia celles-ci aux fers des poignets de la demi-elfe... Ainsi liée, elle ne risquerait plus de s'échapper durant la nuit. A genoux sur le sol, Ondine observa de près le capitaine qui fit une moue dubitative, en la regardant de ses yeux bleus... La demi-elfe inclina la tête avec reconnaissance...*
Merci... de ton appui... il est toujours là... Eloigne-toi...
*La tête baissée vers le sol, la demi-nymphe resta immobile... comme dans l'attente d'un ultime sursaut de son assaillant... Vingt minutes passèrent ainsi, peut-être plus... elle ne le savait plus, ayant perdu toute notion du temps... Caranthir lui-même finit presque par se détendre... Soudain, Ondine leva le visage vers le capitaine qui était resté sur son tabouret pour la veiller d'assez loin... Deux yeux complètement noirs le toisèrent avec dédain... un tel fiel paraissait surnaturel dans les pupilles de la demi-nymphe pourtant si douce...*
Je suis toujours là !
*Dit-elle en claquant désagréablement des dents...*
Je te l'ai bien dit, jeune rôdeur, je n'aime pas perdre ma proie...
*Grincement des canines*
*Sous le poids de la colère et d'une force vive qui fait saillir les muscles de ses jambes, de ses bras, et de son dos, Ondine serre les dents... dans un supplice qui la tourmente au coeur de ses entrailles. Déchirée dans sa chair et dans son âme, elle lève la tête vers le ciel dans un élan d'espoir inespéré...Tirant énergiquement sur ses chaînes qui compriment sa peau marmoréenne et fragile... Déjà de vives rougeurs irritent ses poignets qui sont blessés jusqu'au sang... Ne pas céder... Ne pas fléchir... sous les affres du bourreau qui a élu domicile dans son propre corps...
La demi-elfe réprime un sanglot de souffrance, tandis que les larmes coulent furtivement sur ses joues en feu... Les yeux noirs et pétillants de lumières enflammées, elle est en proie à la malice d'un être tortueux qui la détient de son plein gré...*
Qui es-tu ?... Pourquoi... moi...
*Lâche-t-elle avec vulnérabilité. Affaiblie par ce qui lui semble être un affreux cauchemar confus, Ondine s'effondre brusquement sur le sol en contorsionnant son corps volubile.*
Vas-t'en... Laisse-moi... LIBRE ! Je veux...
NON! Tu es mienne!
*Répond la chose maléfique en usant des lèvres rosées de sa proie.*
J'ai des projets pour toi...
*La demi-elfe observe Caranthir dans un souffle enfiévré... le regardant dans une sombre vision qui lui paraît à la fois floue et lointaine, à l'instar d'un tourment d'agonie... Perdant toute notion du temps et des faits, elle ne se souvient plus ni de ses gestes, ni de ses mots, à l'encontre du chasseur... qu'elle revoit sourire le soir devant elle... A la taverne de Duruune... La demi-elfe sourit à son tour croyant le voir devant ses yeux...*
Caranthir...
*La sueur perle sur son front enfiévré par une chaleur éreintante qui l'assaille, tandis que sa chemise mouillée fait désormais office de seconde peau... *
*Soudain le visage de la demi-elfe se métamorphose sous une vive colère.*
Regarde là ! Ta protégée !
*Dit-elle avec mépris sous le poids du mal qui la ronge...*
Tu ne peux pas l'aider ! Je la destine à des choses bien plus grandes encore ! Et tu ne peux rien pour elle dans ta folie illusoire de vouloir lui venir en aide !
*A ces mots, le corps d'Ondine se tend, contractant ses muscles le plus possible pour affronter son vil bourreau. Dans un cri déchirant, elle se contorsionne en proie aux affres de la douleur qui la ronge comme un mal pernicieux. Une goutte de sang vient se frayer un ultime chemin à la commissures de ses lèvres... légère... sur sa peau diaphane de demi-nymphe. Pétrifiée, Ondine écarquille brusquement les yeux...*
Mon corps... je... je brûle !
*Dit-elle dans un cri déchirant le silence, saisissant son large pardessus dont elle se débarrasse avec difficulté en se contorsionnant, les mains liées dans son dos... La chaleur devient suffocante au coeur de ses entrailles, sans qu'elle puisse en comprendre la raison. Ses yeux noirs s'enflamment soudain d'un éclair de feu qui l'aveugle et lui dévoile un univers étrange qu'elle observe de ses yeux médusés...*
Je ne... vois... plus... rien... mais... qu'est-ce que... les ombres noires m'environnent et je suis seule dans les ténèbres... Las dans les affres de mes vils tourments, je me promène parmi les ombres...
*La demi-elfe regarde droit devant elle et ouvre deux yeux révulsés d'horreur... levant son visage alarmé vers un ciel inconnu qu'elle semble regarder... les yeux lumineux... emplis de larmes vaines...*
NOOOOOOON !.... Laisse-là ! Mais quel être abject es-tu donc pour me tourmenter ainsi...
*Dit-elle dans un ultime sanglot... Ondine suffoque brusquement et semble avoir des difficultés à respirer...*
Haaaa... haaaaa... haaaaa... La chaleur ! Le feu ! Les tisons ardents !
*La demi-elfe empoigne soudain dans son dos sa propre chemise souillée par la sueur vaporeuse qui lui glace l'échine et le coeur... Elle lacère avec ses ongles le tissu délicat tout en se recroquevillant sur elle-même... dévoilant ainsi sa frêle peau diaphane et fragile... Elle tourne le dos à Caranthir qui peut voir désormais son omoplate mise à nu, sous sa chemise déchirée... Un symbole étrange se dessine sur sa chair agonisante... comme si un être invisible la scarifiait en incisant sa peau dans un geste habile et précis. Ondine serre les dents sous la douleur qui l'obsède comme une infâme torture... Ne pas fléchir... Ne pas tomber sous la lame effilée du sordide bourreau qui l'assaille jusque dans sa chair. Bientôt un cercle mystérieux se dessine sur l'omoplate, venant souiller de sa couleur rougeâtre, la frêle peau de la demi-nymphe recroquevillée dans son affliction. Le cercle étrange fait tout au plus sept centimètres de diamètres, tandis que des runes elfiques issues d'un langage ancestral se forment en son sein... accompagnés de symboles énigmatiques... Que peut-il bien signifier ?... oeuvre de la souffrance et de la colère... de la peur et des larmes, le tatouage néfaste s'enflamme soudain. Des langues de feu viennent ainsi lécher le sordide dessin, le fichant sur la chair de sa propriétaire qui se contorsionne sous une oppressante douleur...*
Nooooooon.... Je brûle !
*Ondine sanglote... et se débat tandis qu'un terrible effroi se dessine sur son visage souillé par les larmes et la poussière. Tout à coup les flammes disparaissent dans un voile de brume légère... dévoilant au chasseur une marque noire qui est désormais posée sur l'omoplate d'Ondine... à l'instar d'un sceau mystérieux sur sa victime... comme un tatouage étrange aux significations inconnues...*
*Repliée sur elle-même, Ondine ne cesse plus de pleurer les larmes de son corps... elle ne comprend plus ce qui lui arrive... se sentant seule au coeur des ténèbres... Rien ni personne ne semble pouvoir lui venir en aide...*
Il est... parti...
Oh Caranthir... dis-moi que je ne suis pas comme lui... dis-moi... que son sang ne coule pas dans mes veines...et qu'un jour je serai libre de son joug...
*Les larmes sur son visage s'étiolent inlassablement, à l'instar de l'onde qui sur le lac, vient apaiser le vif courant aquatique en accalmie...*
Edité par Ondine le 30/08/2007 à 12h40
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#27
Ondine (Homme Poisson | niveau 14)
le 30/08/2007 à 12h25
*Caranthir, sa main serrant comme dans un étau la garde de son épée qu’il a sortie du fourreau au retour de la créature, observe avec horreur et stupéfaction les flammèches qui ravagent la peau d’albâtre de la demi-elfe, la consument et la marquent du sceau de son bourreau. L’air confiné de la cabine s’est empli d’une puanteur de chair brûlée dont l’âpre lourdeur porte les hurlements d’Ondine. En cet instant, il aurait tout donné pour avoir une once de sorcellerie en lui et pouvoir contrer l’abomination qui, non contente de le narguer d’une suffisance qui faisait oublier les fers, prenait un malin plaisir à le rendre spectateur ignare de la souffrance d’Ondine.
Le corps tendu dans l’attente d’une attaque qui peut-être briserait les chaînes, le rôdeur surveillait les réactions d’Ondine, dont il ne voyait que le dos torturé et secoué de spasmes. Le retour de la créature, au mépris de toutes les sources de lumières et de feu dont il avait paré la cabine, le rendait très méfiant et incrédule. Qui était cet être d’apparence fragile, recroquevillé contre la paroi du navire ? La demi-elfe qu’il avait rencontrée était-elle une apparence ? Ou bien, l’essence même de ce corps ? Lentement, il s’approcha d’elle et tendit le bras pour placer l’extrémité de sa lame sous sa gorge. Le contact brutal de l’acier surprit Ondine qui tressaillit, mais le chasseur, sans ménagement, l’obligea à se maintenir à genoux. Puis il la força à tourner son visage vers lui. Le regard encore vitreux et ruisselant de larmes de la demi-nymphe croisa celui de Caranthir, tranchant et glacial, qui cherchait une réponse, un souffle de vie, une âme…*
Comment pourrais-je te répondre ? Qu’est-ce que ce sceau, ce symbole cabalistique qui vient de te brûler les chairs ? La créature arrogante a commencé à me montrer ce qu’elle désire, mais elle joue… *Caranthir tourna son regard vers un hublot par lequel l’aube entrait timidement.* Peux-tu m’assurer qu’elle ne va pas revenir la nuit prochaine et sacrifier tout mon équipage pour arriver à ses fins ? *Stupéfaite par la voix du demi-elfe, Ondine n’ose répondre.* Non… Bien sûr que non, tu ne sais pas… Que faire, donc ? *Il poussa légèrement la lame contre le cou de la demi-elfe.* Te trancher la tête ? Tu n’es pas comme lui Ondine… Tu es lui… Lorsqu’il prend possession de toi et te dirige comme un pantin. Tu auras un jour ta liberté Ondine, sois-en sûre… Mais il te reste à déterminer de quelle manière. Et en cela, je t’aiderai.
*Le bras du rôdeur commença à trembler légèrement. Caranthir recula d’un pas et força l’air à quitter ses poumons, comme pour rejeter la solution qu’il venait lui-même d’esquisser. De sa poche, il sortit la clef des fers. Il écarta les bras et lui montra les deux objets qu’il tenait. La clef et l’épée… Toutes deux reflétaient les premiers rayons du jour qui atténuaient la lueur des bougies. Caranthir, de marbre, ne quittait pas le regard d’Ondine.*
Alors ?
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#28
Caranthir (Druide | niveau 12)
le 30/08/2007 à 19h12
*Une lame sous sa gorge, Ondine plongea ses yeux verts dans ceux de Caranthir devenu méfiant à son égard… Les yeux hagards, et presque sans vie, elle ne quittait plus son interlocuteur des yeux. La poussière et les larmes limpides maculaient son doux visage de porcelaine, sur lequel s’entremêlaient quelques mèches de cheveux couleur d’ébène… Dans un souffle, elle se mit à genou sans vaciller… âme légère et soumise à son nouvel… adversaire ?... La chemise lacérée et maculée par la sueur dévoilait sa peau marmoréenne, trahissant ses origines nymphéales… Les joues rosées par l’embarras, elle regardait le capitaine avec humilité… soumise à son regard glacial…
La lame effilée qu’il maintenait sous son cou blessait bien plus son âme de nymphe, que la chair de sa gorge endolorie… La demi-elfe se souvint alors de la vision de cauchemar qu’elle avait vu, se laissant convaincre par les voix gutturales qu’elle avait entendu… Je ne suis qu’ombre et me promène parmi les ombres… La solitude est mon fardeau et les ténèbres le vil bourreau qui vient m’affliger dans les abysses… La liberté ?… la mort sans doute…
Ondine observa attentivement les yeux de Caranthir qu’elle avait maintes fois frôlé depuis son arrivée à Duruune… mais la lueur bienveillante avait disparu... La demi-elfe sentit monter en elle la méfiance farouche qui l’avait si longtemps tenue éloignée des hommes et de leur dualité fragile. L’instinct de conservation inhérente à son espèce reprit le dessus. Lui faire confiance ? A lui, dont la lame m’afflige le cœur… Lui révéler ce que j’ai vu ? Ou lui cacher… Je voudrais être une goutte d’eau dans l’océan pour me cacher… de son regard glacial… D’une voix faible, Ondine chuchota…*
Vivre… ou mourir… L’existence que je mène est semblable à la mort elle-même… J’ai vu bien plus de choses horribles qu’une jeune fille ne devrait en voir… je le crains… Le temps de l’innocence n’est plus désormais… soumise à l’assaillant maléfique qui me poursuit. Tu as raison… Il joue… Je ne sais quoi te répondre à propos de cette marque qui souille mon dos… Est-ce le sceau du bourreau qui veut marquer sa victime à l’instar de l’animal que je suis devenue depuis des mois ?
*A ces mots, Ondine réfléchit un instant… marquant le temps d’un silence pesant… Caranthir… le premier homme… à ne l’avoir pas considéré comme du bétail… au contraire de son terrible assaillant. Lui faire confiance ?*
Cette marque a-t-elle une signification précise ou non ? Si au moins je pouvais la voir… elle est dans mon dos… Vivre ou mourir… Si je pouvais choisir la lame… sans te mentir… je la prendrais moi-même de tes mains pour la plonger dans mes entrailles… La vie ? Quelle vie ? Celle que j’ai mené en valait-elle vraiment la peine ? Enfant trouvée… cachée parmi les nymphes des eaux limpides… orpheline de parents sans noms… traquée comme une bête effarouchée dans les bois par une chose…
*Ondine ferme soudain les yeux*
… par un être sans pitié… corrupteur de chairs… et d’âmes…
Devrais-je parler de mon avenir ?
*La demi-elfe sourit ironiquement.*
En aurai-je… un ? Et sera-t-il comme l’existence infâme que j’ai menée jusqu’à présent… Je suis maudite Caranthir… Il aurait sans doute mieux valu pour toi de ne pas croiser ma route tortueuse… Dans ma faiblesse… je t’ai laissé me venir en aide… J’aurais peut-être dû fuir pour me terrer sur des sentiers sauvages… sans doute…
*Dit-elle dans un souffle en fixant les yeux bleus qui la toisaient sans ménagement*
Je crains d’être le fruit d’une alliance interdite… l’enfant maudite… d’une union charnelle qui n’aurait pas dû être… Je ne sais pas moi-même qui je suis… d’où je viens… comment savoir ce qu’il convient alors… Vivre… ou mourir avec mon secret ?
*Ondine ferma la bouche… ne sachant si elle devait continuer ou pas. Elle ne quittait plus des yeux le regard de Caranthir… sans comprendre ce qu’elle ressentit soudain… Vivre ou mourir…*
Ce que je crois… moi… c’est que par ce sceau mon bourreau accomplit les desseins qu’il convoitait depuis longtemps. Me marquer… voilà ce qu’il voulait. Aurait-il une autre raison de me poursuivre à nouveau ? Je souhaiterais te dire que non… mais ce serait un vil mensonge. Je sais bien qu’un jour ou l’autre je serai à nouveau confrontée à lui… que ce soit sur l’océan tumultueux, ou sur les terres les plus hostiles d’Yria. Nul doute que je sois liée à cette créature par un hasard funeste… du moins… c’est ce que j’imagine… d’après les visions que j’ai eu lors de ma possession… Ces visions étaient-elles de vaines chimères ? des vérités outrageantes, blessantes, sur mes origines? ou des mensonges pour mieux me duper et me corrompre ? Je ne le sais moi-même… Mais je sais que ma mère était nymphe… et son sang qui coule toujours dans mes veines sauvages… n’est pas une source corrompue par les affres du mal… Qui je suis… Maintes fois je me suis interrogée au cœur de l’onde des grands lacs… avec pour seule réponse le silence oppressant des profondeurs aquatiques.
*Tu auras un jour ta liberté Ondine, sois-en sûre… Mais il te reste à déterminer de quelle manière. Et en cela, je t’aiderai lui dit-il… Lui faire confiance ?
Ondine observa le chasseur qui lui demanda de faire un choix déroutant… la mort… ou la vie ?… Soumise au nouveau maître de sa destinée, la demi-elfe se tint tranquille… éreintée par les épreuves qu’elle venait de subir, elle resta impassible… examinant les mains du capitaine qui dévoilaient deux objets menant à deux « libertés » différentes… cruel dilemme… funeste existence… La demi-elfe, jouet des dieux d’Yria et du hasard… ne savait que répondre.*
Choisir la mort serait libérateur…
*Ondine détourne furtivement le regard*
… mais cet acte servile serait preuve de lâcheté de ma part… Je ne suis pas âme à être résignée…
*La demi-elfe plongea ses yeux pétillants de lumière dans ceux du capitaine, pour le regarder avec la détermination des nymphes… Farouche et sauvage comme les rivières, impétueuse comme la source et insondable comme l’eau… Ondine paraissait impérieuse et indomptable, malgré les chaînes qui venaient enserrer ses graciles poignets diaphanes… Vulnérable ? Elle ? Non… pas après tout ce qu’elle avait vécu… et vu…*
Soit ! Je ne suis pas âme à me soumettre si facilement aux abîmes de la mort que j’ai longtemps défié sur les terres hostiles d’Yria. La lâcheté n’est pas inhérente aux êtres de mon espèce. Je ne daignerai pas mourir sous le supplice… pour le plaisir de mon bourreau et de ses sbires de l’ombre. Je préfère vivre et me battre dans la douleur… Seule s’il le faut, sans compagnon d’infortune ! S’il ne tenait qu’à moi, je choisirais la clé… et donc la vie… mais ce navire n’est pas le mien… et c’est toi qui tiens la clé. Que choisiras-tu… toi ? Seras-tu l’âme salvatrice, ou le bourreau corrupteur de ces chairs qui sont les miennes ? J’avoue m’interroger moi-même… intriguée de savoir quelle voie tu m’assigneras.
*De ses yeux verts, la demi-elfe observe consciencieusement le capitaine qui ne la quitte plus des yeux. Ondine souhaiterait tant y lire à nouveau la bienveillance qu’elle remarqua dans la taverne de Duruune, mais ce temps lointain semblait maintenant révolu… A l’instar d’une statue de sel, immobile, elle ne pouvait qu’espérer un geste d’indulgence du capitaine à son égard… Soumise au choix d’un homme… jamais un cœur de nymphe ne dut endurer pareil supplice…*
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#29
Ondine (Homme Poisson | niveau 14)
le 30/08/2007 à 21h40
*Alors qu'il écoutait le discours d'Ondine avec attention, l'expression de la demi-nymphe le secoua. Ses yeux verts montraient une amertume et une déception qu'il comprenait bien, même s'il la trouvait injuste. Cependant, il ne regrettait pas son geste car, désormais, il voyait et il savait. Son visage se détendit imperceptiblement. Il posa son épée sur la table et revint vers Ondine avec un lambeau de sa chemise gorgé d'eau douce. En silence, il passa derrière elle et s'accroupit. L'infâme tatouage rougeoyait encore de chaleur et la peau de la demi-elfe, fine et fragile à cet endroit, palpitait des battements de son coeur. Caranthir observa un instant le dessin tracé par le feu, mais aucune réponse ne vint à ses multiples questions, si ce n'est que pour asservir un être de l'eau, la créature avait choisi l'élément antagoniste. Délicatement, il posa le linge dégoulinant sur la plaie. A ce contact, il sentit le corps d'Ondine se contracter. La demi-elfe entendit alors dans son dos la voix grave du rôdeur.*
Tu te méprends sur mes intentions, Ondine. Je n'ai jamais tué qu'une seule fois de sang froid. C'était il y a fort longtemps et cela hante encore mon esprit. Ce meurtre a failli faire de moi un assassin... Mais je ne veux tuer que pour défendre. Mon coeur refuse que je sois ton bourreau… Quant à être une âme salvatrice… ma seule responsabilité est de faire en sorte que l'équipage de ce navire reste entier. Si la créature reparaît et qu'elle s'en prend à nous, sache bien que je devrais tenter de la tuer, quelle que soit son apparence... Pour le reste, je n'ai aucun droit sur toi, comprends-le bien. Ce choix que je t'ai offert, il n'y a que toi qui puisses le faire.
*Caranthir passa doucement le tissu sur la plaie.*
Je ne voulais pas te faire peur ou blesser ton orgueil. Je voulais m'assurer que c'était bien toi, et non la créature, qui me parlais. Je ne peux pas te demander de me faire confiance, mais j'ai besoin d'avoir confiance en toi... En choisissant la lutte et la souffrance, tu me montres à qui j'ai affaire.
*Ondine perçut un cliquetis et sentit que ses poignets s'allégeaient de leur fardeau tandis que résonnait sur le sol, le claquement lugubre des fers.
Caranthir cependant, ne voulait pas croiser tout de suite son regard avant d'en avoir terminé, de peur que l'incompréhension ne s'installe définitivement. Il posa sa main sur l'épaule d'Ondine pour la maintenir doucement et reprit le nettoyage de la plaie.*
Pour ma part, sache que je ne regrette en rien le soir où je t'ai trouvée à la taverne… Et ce malgré tout ce que la créature m'a fait cette nuit. Tu t'en souviens ? Avais-tu conscience du jeu qu'elle jouait avec moi au travers de ton corps. Cette bête immonde mêlait l'horreur à… une sensualité perverse… Elle m'a nargué, elle m'a provoqué et elle m'a humilié… *Un silence gêné se fit un instant.* J'ai un autre compte à régler avec elle maintenant. Comme toi, je ne sais pas si ce qu'elle m'a montré par son envoûtement est réel, ni pourquoi elle l'a fait. Ilniath Eranda Sielth...
*Caranthir se redressa et aida Ondine à se relever.*
Je vais te dessiner le sceau que la créature a gravé en toi.
*Il glissa la clef des fers au creux de sa main.*
Edité par Caranthir le 31/08/2007 à 14h33 : Ajouts
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#30
Caranthir (Druide | niveau 12)
le 31/08/2007 à 14h04
*Ondine observait les moindres gestes de Caranthir avec une attention soutenue, comme une jeune fille sauvage et tourmentée… ne quittant plus des yeux la main leste qui empoignait fermement son épée habilement aiguisée. De ses yeux verts elle contemplait la lame finement travaillée, qui peut-être viendrait ouvrir pour elle les portes d’une liberté sans doute plus douce… que la voie qu’elle avait choisi de suivre. Indécise concernant les intentions du capitaine, elle ne savait trop que faire… De dépit, Ondine baissa furtivement la tête vers le sol, dans l’attente d’un jugement impartial… Mais un bruit métallique résonna jusqu’à ses oreilles pointues aux aguets… Elle leva son visage empreint de larmes et suivit Caranthir du regard, tandis qu’il déposait son arme redoutable sur la table. Le jugement était levé, de la main de cet homme qu’elle observait avec humilité, de son regard farouche. Le capitaine s’approcha d’elle avec un lambeau de chemise gorgé d’eau… Ondine resta immobile… mais ne comprit pas son geste… Tant de fois elle avait pansé elle-même les blessures infligées sur ses chairs endolories… seule… La demi-elfe ne s’attendait visiblement pas à un tel geste de compassion à son égard, d’autant plus qu’elle n’acceptait pas aisément l’approche d’un homme aussi près…*
*Alors que Caranthir posait délicatement le linge humide sur sa peau dénudée, la demi-nymphe tourna fébrilement la tête sur le côté et ferma les yeux, réprimant un élan craintif et sauvage… inhérent à l’instinct de conservation de sa propre espèce. De sa vie entière la demi-nymphe n’avait jamais daigné laisser un homme poser la main sur elle… Mais Ondine contracta ses muscles sans plus bouger… car le contact de l’eau fraîche sur sa peau écorchée rassérénait son âme… elle ouvrit les yeux… tout en écoutant la voix du capitaine qui se faisait apaisante à ses oreilles. Tu te méprends sur mes intentions, Ondine… lui dit-il. En cet instant la demi-elfe sembla imperceptiblement se détendre, tout en reconnaissant l’homme bienveillant qu’elle avait rencontré à la taverne… par un de ces soirs d’amertume qui rythmaient son existence de réprouvée… Soulagée, elle lâcha un soupir exténué… de légers picotements se faisaient sentir sur son omoplate droite où se trouvait l’étrange marque noire. Mais décidément, son cœur de nymphe effarouchée ne faiblissait pas sous le contact apaisant du linge humide… Un frisson ténu parcourut l’échine de son dos… elle ferma les yeux… pour lutter contre l’envie irrépressible de s’éloigner…*
Je respecte et comprends l’initiative que tu as accompli à mon égard… Caranthir… Je choisis la souffrance mais finalement, ce n’est là que la suite cohérente d’une existence déjà sombre.
*La capitaine libéra Ondine de ses chaînes… mais la demi-elfe resta immobile, fourbue par l’épuisement et l’affliction qui lui rongeaient l’âme… Soudain, à la stupéfaction de la demi-nymphe qui écarquilla les yeux, Caranthir posa sa main sur son épaule… Elle ferma les yeux et laissa quelques mèches de cheveux noires dissimuler ses joues rosées par la confusion, tout en réfrénant un réflexe qui lui sommait de s’écarter vivement de son bienfaiteur. Te souviens-tu de tout ce que la créature m’a fait cette nuit ? Avais-tu conscience du jeu qu'elle jouait avec moi au travers de ton corps. Lui demanda-t-il… A ces mots, Ondine ouvrit ses grands yeux verts et le questionna avec incrédulité…*
Quel jeu ? heu… Qu’est-ce que tu veux dire ?
*Abasourdie, la demi-nymphe ne savait trop que dire… elle ne se souvenait que de quelques bribes de souvenirs, remontant dans son esprit comme un voile de brume qui vint soudain ternir l’éclat de ses yeux.*
Je me souviens d’avoir marché dans les ténèbres durant un temps interminable… Les secondes semblaient des heures dans cet enfer crépusculaire… des voix… des milliers de voix remontaient à mes oreilles pour venir troubler ma conscience… Je me rappelle… t’avoir dit de m’attacher… je me rappelle… les fers sur mes poignets… ma lutte enfiévrée contre cet être abominable, que je souhaitais voir plus que tout au monde s’extirper de mon enveloppe charnelle… Oh Caranthir… j’ai vu lors de ma possession… un univers obscur et sans lueur… sans étincelle de vie… les abysses de confins oubliés… un royaume de damnés et d’êtres maudits pour l’éternité… j’ai vu aussi…
*Ondine marqua soudain ses paroles d’un silence pesant qui vint assourdir l’échos de sa voix…*
Bon sang Caranthir… si je pouvais comprendre ce que j’ai vu… ou crus voir… dans les ténèbres fallacieuses… Une poussière insidieuse venait peser dans mes poumons comme un fardeau… Je peinais même à respirer… des effluves de souffre…
*La demi-nymphe voulut retenir en vain une larme qui déjà se frayait un passage sur sa joue, et détourna la tête.*
Je souhaiterais me méprendre au sujet des autres choses que j’ai vu… je te les raconterai peut-être… mais… là… il est trop tôt… car la douleur est vive en moi.
*Interloquée par les mots de Caranthir, elle lui demanda vivement…*
Que veux-tu dire par… "sensualité perverse et humiliante"?… Bon sang ! Qu’est-ce qu’elle voulait te faire à travers moi au juste ? et pourquoi ta chemise est en lambeaux ?
*Ondine rougit… ne sachant que dire…*
Quel envoûtement a-t-elle commis ?
*Ilniath Eranda Sielth...*
Je pense que la créature abyssale a voulu te mettre en garde… sans doute… pour te dévoiler les abjections dont elle est capable… Crois-moi… pour mon plus grand malheur… je l’ai déjà surprise à l’œuvre… tandis que je tentais de lui filer entre les doigts, au cœur de l’ombre… Me diras-tu ce qu’elle me faisait faire à ton encontre… tandis qu’un voile noir obscurcissait mes yeux et mon âme aveuglée ?…
*Ondine sentit subrepticement sur sa peau frêle la clef des fers qui vint reposer dans le creux de sa main. Les fers s’ouvrirent ensuite, libérant ses poignets marqués du sceau rougeoyant de ses entraves… Un rictus de souffrance se peignit sur son visage… de profondes marques rouges irritaient ses avant-bras diaphanes et fragiles, qu’elle frôla négligemment de ses doigts froids. Curieuse de découvrir la marque noire qui souillait désormais son corps de demi-nymphe, elle attendait que le capitaine la lui dévoile en une esquisse…*
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#31
Ondine (Homme Poisson | niveau 14)
le 31/08/2007 à 18h09
*Tout en réfléchissant à ce qu'il devait lui dire, tout ce qu'il pouvait lui raconter sans créer une gêne durable entre eux, Caranthir conduisit Ondine vers un tabouret où elle s'assit. S'armant d'une plume, de son encre et d'un morceau de vélin vierge, il s'installa à la table derrière elle. Cependant, il se releva et se rapprocha de la demi-nymphe, dont les longs cheveux d'ébène masquaient la marque sur son omoplate. Délicatement, il rejeta sur l'épaule les mèches soyeuses dont certains filaments s'étaient, déjà, collés à la plaie et il écarta le tissu déchiré d'une manière qu'il pût bien voir le noir dessin. Il retourna s'asseoir et, trempant la plume, commença par tracer, avec application, le cercle.
Profitant de cet instant, il lui expliqua sa vision des évènements.*
Je ne crois pas que la créature voulait me mettre en garde. Je ne crois pas qu'elle s'inquiète un seul instant de ma santé. Elle voulait plutôt jouer à me terroriser et aussi se délecter de sa force. La peur fait partie de ma vie et le jeu auquel je joue, moi, c'est de l'accepter, de la prendre comme une sensation instinctive des vibrations de l'air. Elle voulait me faire peur ? Elle a réussi. Mais ce n'est pas pour ça que je vais l'éviter, au contraire.
*Le capitaine fit une pause pour observer à nouveau le symbole qu'il voulait retranscrire. Parallèlement, il faisait le tri dans ce qu'Ondine se rappelait. Finalement pas grand-chose… Avec précision, il se remit au dessin de ces runes dont il ignorait le sens. A Ondine, il raconta d'une voix dont il bannissait les émotions, l'attaque de la créature : son discours arrogant, la certitude qu'il avait de la posséder, sa volonté de se repaître du chasseur. Il lui expliqua aussi comment sa chemise s'était retrouvé déchirée, comment la créature, par le corps de la demi-nymphe, s'était retrouvé à califourchon pour le humer, promener ses lèvres sur sa peau, ses oreilles et d'autres détails encore, afin qu'Ondine pût comprendre ce dont il parlait. Cependant, il passa sous silence toutes les allusions de la créature au sujet des sentiments de sa protégée, comme elle l'appelait, envers le rôdeur.
Caranthir jeta une dernière fois un oeil sur le tatouage d'Ondine et jugea qu'il n'avait rien oublié.*
Tu vois donc maintenant de quel jeu, je parle ? *Conclut-il d'une voix insondable.
Il se redressa et s'étira. Par les hublots, les premiers rayons de Solinar lui offraient la vue des vagues calmes qui ondulaient lentement. Le capitaine aperçut également au loin, la côte nord de la baie dont ils s'étaient rapprochés. Réalisant qu'il avait laissé le Forban sans direction précise, il se secoua mentalement.*
Bien. *Dit-il d'une manière plus énergique.* Je vais retourner sur le pont voir où nous en sommes. *Et annuler l'ordre donné cette nuit, pensa-t-il. Il poussa le vélin sur le bord de la table pour qu'Ondine pût le voir.* Nous reparlerons de tout ceci, et de cet envoûtement plus tard, au grand jour… Je ne tiens pas à ce que la créature épie nos discussions, si cela lui est possible… Tiens, je t'ai préparé ça tout à l'heure. *Il désignait la décoction et l'onguent posés sur le sol, près des couchettes superposées, côté tribord.* Ca devrait un peu soulager tes blessures au poignet et à la tête. Quant au tatouage… Je ne sais pas…
Edité par Caranthir le 01/09/2007 à 13h46
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#32
Caranthir (Druide | niveau 12)
le 01/09/2007 à 13h44
*Sans un regard pour le capitaine qui s’apprêtait à dessiner la mystérieuse marque de son omoplate, Ondine s’assit sur le tabouret de bois… laissant ses longs cheveux noirs s’entremêler sur son visage, à l’instar d’obscurs filaments d’ébène. Les yeux verts perdus dans de sombres souvenirs, elle regardait droit devant elle, à travers le sombre feuillage de ses cheveux. La demi-elfe redoutait l’avenir… bien plus encore qu’un passé douloureux qui venait tourmenter son âme d’exilée… Qu’il était doux le souffle de l’enfance… à jouer dans les genêts avec les nymphes… sur le rivage lumineux des terres sauvages… La demi-nymphe esquissa un léger sourire… qui vint mourir sur ses lèvres en une expression d’amertume… Le temps de l’innocence était perdu depuis longtemps désormais, et une nouvelle page venait de se tourner dans son existence… une existence marquée par un sceau énigmatique qui faisait à présent partie de ses chairs diaphanes…*
*Ondine entendit Caranthir s’installer à la table derrière elle… Déjà celui-ci se levait pour écarter de la main ses longs cheveux noirs et le tissu délicat qui masquait quelque peu son noir dessin. La demi-elfe ne put s’empêcher de froncer les sourcils… et fit un geste furtif pour éviter légèrement la main pourtant délicate du capitaine. Jeune fille sauvage et effarouchée, Ondine ne se laissait guère facilement approcher, tout comme les nymphes aquatiques dont elle reçut les enseignements et les préceptes… Attentive au moindre bruit, elle prêta l’oreille au murmure de la plume qui laissait courir son encre sur le papier… et se détendit à nouveau. Tandis que Caranthir évoquait les péripéties d’une nuit des plus agitées, Ondine resta immobile… cherchant dans sa mémoire quelques bribes de souvenirs qui lui auraient permis de se rappeler de ses faits et gestes à l’encontre du capitaine…Mais non… rien… elle ne voyait que les réminiscences des ténèbres devant elle… et des visions de cauchemars qu’elle préférait ne pas aborder pour le moment.*
Oui… la créature abyssale se délecte de jeux pernicieux et je connais quelques unes de ses insidieuses distractions… C’est bien pour cela que je suis longtemps restée seule… errant comme une âme solitaire pour préserver les âmes justes de sa rencontre… m’éloignant des villages et des terres habitées. L’ombre noire convoite volontiers les plus noirs supplices qu’elle pourrait commettre, à l’encontre des personnes qui me portent quelque intérêt… Elle me veut tout entière… et cette vision de cauchemar me terrifie… je dois bien l’avouer.
*Caranthir poursuivit son récit… Elle voulait me faire peur ? Elle a réussi. Mais ce n'est pas pour ça que je vais l'éviter, au contraire.
A ces mots, Ondine esquissa un léger sourire… Elle constatait la détermination du capitaine qui avait quelques analogies avec les nymphes… et comprenait la protection farouche de Nënwen à son égard… Peu d’hommes méritaient aisément l’appui des nymphes, et Ondine en savait quelque chose… Lorsque Caranthir évoqua l’attaque de la créature à son égard, et sa volonté sournoise de se repaître de lui, la demi-elfe serra les dents… Insurgée contre la créature qui avait ainsi pris possession de son corps pour en abuser sous de vils atours et de perfides parades, elle contracta ses muscles. Ecoutant attentivement le discours du capitaine, elle ne dit mot et réfréna une indicible indignation qui faisait rage dans ses veines sauvages… la chemise déchirée… à califourchon sur son corps pour le humer… promener ses lèvres sur sa peau… ses oreilles… Un long frisson lui parcourut l'échine... Exaltée par la colère, Ondine serra les poings et se recroquevilla subrepticement pour dissimuler son embarras, comme pour mieux cacher son corps. Tu vois donc maintenant de quel jeu, je parle ? Conclut-il d'une voix insondable. Avec la détermination farouche des nymphes offensées, Ondine lui répondit.*
Non. Je n’ai aucun souvenir de tels actes corrupteurs à ton encontre, et crois bien que l’idée même de semblables… vices ne me viendraient pas à l’idée… La possession était d’autant plus douloureuse que je n’avais aucune conscience du jeu malsain qui se déroulait sur le navire. La créature s’est octroyé le plaisir d’user de mon corps comme d’un servile fantoche dont il tirait les ficelles, pour s’amuser sous de petits jeux mesquins. Je suis d’autant plus humiliée que toi… avilie, flétrie par une obscure magie qui m’a assujetti. Bon sang ! L’infâme… Cette insulte à mon égard est un affront qui ne restera pas impuni…
*Une lueur diffuse et bleutée pointa dans les yeux pétillants d’Ondine.*
Quoi qu’il ait pu faire… ou même dire… il ne pouvait s’agir que de vils mensonges pour mieux se livrer à ses jeux fantasques… Ne crois en rien ce qu’il a voulu te faire croire ou laisser présager peut-être. La créature est un être des abysses… rien de favorable ne peut en être issu. Il aime manœuvrer ses victimes par leurs faiblesses… Il se délecte de leurs doutes, de leurs craintes… et de leurs appréhensions. C’est une certaine jouissance pour lui que de manipuler ses proies et de les égarer par des tentatives sournoises. Je n’étais pas maîtresse de mon enveloppe charnelle au moment des faits.
*Ondine rougit quelque peu…*
…et mon âme… possédée par une obscure magie… ne faisait qu’errer dans les affres d’un univers sépulcrale qui, je dois bien le dire, m’a terrorisé. Bien des hommes ont tenté de soudoyer les nymphes des rivages sauvages d’où je suis issue… mais crois bien que notre cœur est farouche... hostile à de tels irrévérences, et la créature le sait…
*Ondine se retourna et observa le capitaine de son regard impétueux.*
Moi aussi je vais avoir un compte à régler avec lui…
*La demi-elfe suivit le regard du capitaine qui observait les premières lueurs de l’aube… Les yeux verts, pétillants de lumière, elle sembla reprendre espoir. Déjà la lumière rasséréna son âme tourmentée par de vagues chimères, issues de la terrible nuit qu’elle avait vécu. Ondine observa le vélin sur le bord de la table et se leva… saisissant lestement son large pardessus vert qui était à terre… Avec agilité, elle s’en couvrit rapidement les épaules, en vue de dissimuler sa chemise lacérée qui révélait par endroit sa peau dénudée. La demi-elfe saisit délicatement le dessin où se trouvait la marque noire… l’observant de ses yeux verts, intriguée par les runes ancestrales dont elle ignorait la signification. Une étrange tâche noire lovée contre le cercle de sept centimètres de diamètre, lui faisait instinctivement penser à une goutte d’eau aux contours parfaits… mais elle ne dit mot… mue par l’étonnement. Il lui faudrait trouver le sens de tout cela, ce qui prendrait sans doute du temps…
Caranthir désigna la décoction et l’onguent qu’il avait préparé pour panser ses blessures… Ondine l’observa d’un regard reconnaissant et esquissa un léger sourire de ses lèvres rosées… le premier depuis de nombreuses heures qui lui parurent interminables.*
Merci capitaine… je vais de ce pas panser mes blessures pour être fin prête sur le pont. Je ne voudrais pas contrarier le capitaine avec mes petites blessures… je suis loin d’être une jeune fille vulnérable...
*Ondine sourit pour détendre un peu l’atmosphère, puis détourna furtivement le regard. Elle reprit d’un ton plus sérieux.*
Merci de ton appui Caranthir… Quant au tatouage en question… Son sens m’intrigue beaucoup je dois dire, mais j’ignore l’origine du langage noir qu’évoquent ces runes ancestrales.
*Elles… me semblent inquiétantes… voulut-elle dire, mais elle n’en fit rien. Se détournant du capitaine pour échapper à son regard glacial, elle se dirigea vers les couchettes superposées, afin de trouver les onguents à l’apaisante médecine. Avec un regard empreint de lassitude, elle observa ses poignets endoloris, et glissa le vélin au dessin mystérieux dans son corsage, comme pour dissimuler une nouvelle plaie qui ne guérirait peut-être qu'avec le temps. Déjà Caranthir s’apprêtait à se rendre sur le pont et saisit la poignée de la cabine…*
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#33
Ondine (Homme Poisson | niveau 14)
le 01/09/2007 à 16h14
*Caranthir écoutait la sourde colère d’Ondine tout en cherchant une nouvelle chemise dans son vieux sac de voyage. Il en trouva une qu’il passa et, pour une fois, il ne pensa pas à en lacer le col pour cacher le cristal de larmes. Son esprit tentait de lire entre les lignes révoltées de la demi-nymphe et il réussit à cacher sa déception lorsqu’elle lui déclara, sans aucune contestation possible, que tous les dires de la créature n’étaient que mensonges. Il est des mots que nous sommes toujours prêts à croire, qui que soit la personne qui les prononce, et le rôdeur aurait aimé que les allusions aux sentiments d’Ondine à son égard fussent vraies. Mais les yeux flamboyants de la demi-nymphe lui montraient que tel n’était pas le cas. Le visage fermé à toute émotion, il boucla sur ses hanches le baudrier de son épée. Après tous les évènements de la nuit, il fallait redoubler de précaution.
Au moment de quitter la cabine cependant, Ondine réussit à détendre l’atmosphère par son autodérision et le capitaine esquissa un sourire. En réponse à ses remerciements, il s’inclina en posant une main sur le cœur et, sans un mot, il gravit l’escalier raide qui menait au pont.
Alors que sa tête apparaissait en haut de l’escalier, et que le vent frais du matin s’enroulait autour de sa nuque pour agiter ses longs cheveux sombres, Caranthir aperçut Moineau qui se tenait devant lui. Le jeune mousse craintif s’était emparé du grand arc du chasseur de monstres et avait encoché une flèche. Caranthir lui jeta un regard noir et après un temps d’arrêt, il reprit l’ascension.*
Pose cela, Moineau. Tu n’es pas de taille à te servir d’un tel objet et la seule chose que tu réussirais à faire, c’est t’envoler à la place de la flèche…
*Devant l’air stupéfait de Moineau, Caranthir éclata de rire. Un rire dans lequel il réussit à chasser une grande partie de la tension de la nuit. Il prit tranquillement l’arc des mains du jeune homme et s’en alla le ranger. Au passage, il apprit à l’équipage qu’il annulait l’ordre de tuer Ondine, mais il se garda bien de leur expliquer ce qu’il s’était passé, se contentant de leur demander de la laisser tranquille un petit moment.
Puis le capitaine fit le point sur leur position. Solinar s’élevait doucement dans leur dos, au-dessus de la ligne d’horizon. Le Forban semblait une goutte d’eau isolée dans cet océan sur lequel on ne voyait plus aucun bateau, si ce n’est quelques cotres de pêcheurs côtiers. Le mystérieux navire de la nuit avait disparu. Cependant, leur manœuvre d’esquive et l’apparition de la créature avaient rapproché le Forban de la côte nord de la baie et l’île de Beauchêne se présentait droit devant eux. Chose extraordinaire pour ce caillou isolé et offert à tous les vents, cette île, aux falaises érodées, était couverte d’une épaisse forêt. L’on racontait que, jadis, un élémentaliste de la terre s’était retrouvé sur cette île après que son bateau fut drossé sur la côte par un vent contraire. Isolé au milieu de l’eau, l’élémentaliste s’était employé à faire sortir de la roche toute la végétation qu’il pouvait lui masquer la vue de l’eau.
Caranthir ordonna un virement de bord pour passer l’île au vent et ensuite reprendre au près vers le nord-ouest. Laissant la barre à Didouladida, le demi-elfe se mit en quête de Rohrr Marnack.*
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*Quelques jours plus tard, le Forban poursuivait toujours sa route vers des confins inconnus... voguant au gré des vents qui venaient sans cesse jouer dans les cordages et les voiles de couleur ocre... La brise facétieuse faisait avancer lestement la bisquine dans les flots vrombissants, à l'instar d'une coquille de noix sur l'immensité d'un océan imprévisible et redoutable... Quelles sortes de péripéties et d'obstacles allaient rencontrer les voyageurs intrépides du navire? Eux qui osèrent défier le terrible océan... Les dieux d'Yria seuls, pouvaient savoir ce qui les attendaient... Mais un soir, alors que le souffle impétueux des vents maritimes s'étaient tu, pour laisser place à la brise vagabonde, une étrange lumière vacilla derrière le hublot de la cabine du navire... Voyez plutôt...*
*Déjà la Lune s'est levée au coeur d'un ciel obscur et brumeux, ne dévoilant en son sein que quelques étoiles scintillantes... Au cœur de la sombre cabine du Forban, les ténèbres ternissent déjà les murs de leur encre nébuleuse. Silencieuse et légère, l’obscurité étend devant elle ses longues mains d’ébène, afin d’élire domicile dans la pièce exiguë… Pas un bruit ne vient troubler le mutisme étrange qui vient de s’installer… Pas un bruit ? Sauf peut-être le frôlement de doigts diaphanes qui viennent effleurer les pages poussiéreuses d’un grimoire ancestral, à la reliure craquelée par les vicissitudes du temps. De fines mains marmoréennes tournent les feuilles volubiles… Le visage penché sur l’imposant ouvrage qui s’ouvre devant elle, Ondine dodeline de la tête… Il est bien tard et la demi-nymphe commence à tomber de sommeil… En proie au démon de la fatigue qui vient la tourmenter dans ses recherches, la demi-elfe ferme subrepticement ses deux yeux verts… pétillants de lumière… devant la flamme ténue de la chandelle qui ose défier encore Dame Ténèbres et ses atours… Ereintée mais téméraire, Ondine utilise ainsi quelques grimoires de la Tour d’Alnéir, que les moines lui avaient gentiment confié avant son départ. Mais décidément, les indices susceptibles de lui faire découvrir la signification de son tatouage semblaient plutôt minces… La demi-nymphe plongea négligemment ses doigts dans son corsage, en vue d’en extirper le dessin que Caranthir avait réalisé pour elle. Ondine l’observa de ses yeux mus par la fatigue… Esquissant un sourire, elle effleura doucement le vélin noirci de ses doigts… et pensa au capitaine qui lui paraissait distant depuis la terrible nuit de sa possession. Que pouvait-il bien penser à son sujet ? Sans doute l’avait-elle blessé par des gestes et des mots indélicats lors de sa mésaventure… et maintenant était venu pour lui le temps de la méfiance envers celle qu’il avait d’abord protégé… Peut-être regrettait-il cette rencontre fortuite qui l’avait mené sur sa route… Comment Ondine pouvait savoir ? Caranthir paraissait aussi impassible qu’elle finalement… Deux âmes au passé brumeux ne peuvent que s’écorcher pensa-t-elle…*
*Ondine songea aux révélations que Caranthir avait fait au sujet de sa possession… ses mains sur lui, ses yeux près des siens, sa chemise déchirée… Sans s’en rendre compte, la demi-elfe se mit à rougir devant la flamme aguichante de la chandelle… Mais ce n’était pas moi… ce n’était pas moi… c’était… la créature abyssale… elle joue avec moi pour mieux m’éloigner des êtres pour lesquels… j’éprouve un sentiment d’amitié noble et respectable… oui c’est bien de cela qu’il s’agit… d’amitié… que pourrait-il y avoir d’autre ? Ondine détourna furtivement le regard avec une moue dubitative. La demi-elfe était parvenue à dissimuler le trouble qu’elle avait ressenti lors de son contact avec Caranthir… sur le pont du navire… Ilniath Eranda Sielth… Un sentiment étrange qui ne la quittait plus chaque fois qu’il posait les yeux sur elle… Mais c’était plus fort qu’elle… De nature méfiante et craintive avec les hommes, Ondine préférait lui cacher tout attachement… aussi amical soit-il… peut-être… Peu encline à dévoiler la faiblesse qui faisait rage en elle à chaque regard, elle fronça les sourcils de dépit…
Méfie-toi des hommes, Ondine… lui conseillaient les nymphes… Ils font acte de noblesse et de vertu pour obtenir ce qu’ils convoitent… Mais soumis à leur inconstance naturelle, ils finissent toujours par abandonner ce qu’ils désiraient pourtant depuis longtemps… La demi-elfe pensa aussitôt à sa propre mère dont le cœur fut brisé par un de ces êtres malveillants à l’âme de pierre… c’était plus fort qu’elle… Ondine imaginait les hommes de cette manière… même si décidément… elle ressentait quelque chose d’étrange à l’approche du capitaine… mais quoi ? Jamais elle n’avait côtoyé les sombres mortels, issus des contrées avoisinant les lumineux rivages d’Inië… Elle ne pouvait pas comprendre ce qu’elle ressentait… un peu comme le sombre tatouage qu’elle ne parvenait pas à déchiffrer… Ondine ferma les yeux et plongea son visage entre ses deux bras… étendue à demi sur le bureau de bois où se trouvaient des grimoires et des feuilles éparses… La distance de Caranthir lui faisait mal pourtant…*
S’il pouvait me comprendre d’un seul regard…
*lâcha-t-elle dans un souffle exténué… Elle se laissa ensuite aller, pour errer dans un tourbillon de somnolence, contre lequel elle n'opposa aucune résistance...*
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Une... deux… trois…
Une... deux… trois…
Une... deux… trois…
*Quelques petits pas légers d’orc frappent le bois du pont dans un pas de valse original. Tout guilleret, Rohrr se promène sur le pont, admirant le soleil éclatant dans son immensité d’un bleu immaculé, le vent se glissant dans les voiles, faisant onduler le pavillon, rasant le sommet des légères ondulations de l’eau. Sautillant, bondissant, serrant contre lui une poignée de ses harpons bien aimés, il s’extasie devant sa chance, ce voyage magnifique.
Une poignée de créatures abyssales, dressées hors des flots, tendent leurs tentacules vers lui tout en poussant de somptueux accords de corne de brume, et reçoivent avec gratitude les traits qu’il jette autour de lui gracieusement. Une langue taquine dépose sur lui une bassine de bave tandis qu’il rit aux éclats, portant à nouveau un œil à cet astre lumineux, si lumineux, presque brulant. Comme hypnotisé, il ne peut en détourner le regard. Et le soleil se rapproche, encore et encore, montant petit à petit vers lui. Pourquoi tout est-il soudain si noir autour ? Et qu’est ce que c’est que cette lumière*
Il est là haut !
Merde, Rohrr, j’sais pas comment tu t’en es tiré pour t’mettre dans c’t état, mais faudra qu’tu m’explique.
*Clignant des yeux, Rohrr tente d’apercevoir la personne qui lui parle. Mais son regard est entièrement capté par la lampe qui se trouve maintenant juste devant son visage. Il a cru deviner dans la voix qu’il s’agissait du cuistot. Marmite. Un gars sympa. Mais qu’est ce qu’il fait là, et où est-ce qu’il est ? Sa tête l’élance fortement. Un peu comme une fois précédente, quand il a glissé dans la rivière et que sa masse lui est retombée sur le front.*
Lumiere !
*Un grognement pour diminuer la torture actuelle.*
- Ah oui, pardon. Bon, va falloir qu’on te détache. Dis donc, t’as bien arrosé le cordage. Tu m’étonne avec toute une bouteille de rhum dans l’bide ! Qu’est ce qui t’as pris ?
- Bon, rhum !
*Quelques souvenirs reviennent. Des images des jours précédents. Le manque de vent qui les laissait presque sur place, un comble dans et endroit apparemment. Il ne savait pas pourquoi. Le trouble du capitaine, devant cette situation, devant la jeune femme. La manière dont il le compensait par des discussions incessantes auxquelles Rohrr ne comprenait pas grand-chose, mais hochait la tête parce que cela faisait apparemment plaisir aux gens. Et la soirée de la veille, avec le rhum. C’était bon. Et maintenant il avait la jambe entortillée dans les cordages, et se trouvait la tête en bas, à regarder ce qu’il s’y passait, autour des quelques torches allumées.*
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en réponse au message
#36
Rohrr Marnack (Membre d'Equipage | niveau 6)
le 17/09/2007 à 23h00
*Caranthir aperçut l'attroupement autour du grand mât et s'y dirigea. Compte tenu des évènements des quatre derniers jours, à commencer par le vent qui leur faisait défaut pour sortir de la longue baie de Duruune, le rôdeur n'était pas d'humeur joviale. Alors que la nuit tombait, un crachin pénétrant enveloppait le Forban dans un cocon de brume. Caranthir ajusta sa capuche sur sa tête et s'emmitoufla dans sa cape. Etrangement, les gouttelettes qui noyaient l'atmosphère avaient sur lui un effet quelque peu rassérénant. L'équipage, qui gardait le nez en l'air à observer, se poussa rapidement lorsqu'il se plaça au milieu d'eux. Tous sentaient qu'il ne valait mieux pas chatouiller le capitaine. Il suivit leur regard et tomba, à mi-hauteur de l'espar, sur la silhouette massive de Marmite, une lampe tenue à bout de bras, debout sur le cordage qui permettait de grimper au mât. La faible lueur de sa lampe montrait un Rohrr en fâcheuse posture. Le demi-elfe, avisant les retours stomacaux de l'orc qui maculaient les cordages et le pont, se fit rapidement une idée de la situation. Il se tourna vers le demi-elfe.*
Drisse, grimpe de l'autre côté et va installer la potence de chargement. Accroche-le je vais le descendre.*
Avec agilité, le matelot rejoignit Rohrr et Marmite. Et tandis qu'il ceinturait Rohrr d'une corde, Caranthir lança un regard assassin au reste de l'équipage.*
Vous êtes tous responsable de son état. Croyez-vous que je n'ai pas vu votre jeu ? Vous vous êtes dit qu'il serait drôle de faire boire Rohrr ? *Le demi-elfe planta son regard dans celui de Didouladida, qui commençait à peine à dégriser.* Vous êtes tous de quart cette nuit, y compris Rohrr. Vous allez nettoyer tout ça et le reste du pont.*
Marmite appela Caranthir. Rohrr avait été attaché à la potence de chargement et libéré du sac de noeud dans lequel il s'était coincé, si bien que désormais, écarté du mât, il flottait dans les airs tel un pendule. Caranthir libéra le noeud du cabillot correspondant et descendit Rohrr sans trop le ménager. Cependant, il prit garde de ralentir pour que l'orc s'affale sur le dos en douceur. Le rôdeur observa Rohrr.*
Et bien Rohrr ? As-tu l'intention de vider notre réserve de rhum ?
*L'ami de la mer affichait un masque glacial. Cependant, au fond de lui, il n'arrivait pas à en vouloir à l'équipage qui, comme lui, devait trouver un moyen de passer le temps en attendant, ce qu'il espérait le plus tôt possible, le retour du vent. Sans se départir de sa mine sombre, il tourna lentement sur lui-même et s'éloigna pour retourner en cabine, laissant à l'équipage le temps de réfléchir sur sa conduite. C'étaient de braves gens et le capitaine estimait qu'une nuit sur le pont serait une punition amplement suffisante.*
Edité par Caranthir le 25/09/2007 à 19h17 : ajouts
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*Le chasseur pénétra dans la cabine et referma la porte. Une faible lanterne jetait un éclat pâle sur la sombre chevelure d’Ondine qui dormait le visage reposant sur un bras et un vieux grimoire ouvert sur la table. A cette vue, le cœur du demi-elfe se serra et toutes les pensées que Rohrr, involontairement, avait chassées, revinrent à son esprit aussitôt. La demi-elfe semblait tellement vulnérable, ainsi plongée dans ce sommeil qui avait eu raison d’elle. Pourtant Caranthir la connaissait suffisamment pour ne pas se laisser tromper par cette image et il savait l’énergie farouche qu’elle recelait. Ainsi que la créature qui, quelque part derrière ce regard troublant, se tapissait, tel un loup. Depuis trois nuits Caranthir rêvait d’elles. C’était toujours la même histoire qui se répétait à volonté, jusqu’à ce qu’il s’arrachât du peu de sommeil qu’il avait le temps de s’accorder. Ondine apparaissait dans un nuage de brume, au pied du phare d’Israk, vêtue de sa cape et ses yeux verts scintillants. Il se rapprochait d’elle, attiré comme un papillon de nuit par la lumière et, au moment où il allait l’embrasser, elle se transformait en la créature abyssale. Dans un rire démoniaque et un tourbillon vertigineux, ce monstre le transportait sur le pont du Forban où il pénétrait son âme et prenait possession de son corps sans qu’il n’eût le désir, un seul instant, de résister… Que faire lorsque les cauchemars deviennent des rêves ? Caranthir n’arrivait plus à savoir qui des deux le troublait, l’attirait : la belle Ondine ? Ou bien l’immonde créature à son apparence ?
Il soupira doucement et se débarrassa de sa cape qu’il suspendit à un crochet pour qu’elle s’égoutte. Sans faire de bruit, il se munit de son matériel d’écriture et du carnet de bord, avant de se trouver une place face à Ondine et de s’y installer.
Cinquième jour de mer. Astrellar est au début de sa course.
Pétole. Pratiquement aucun vent et cela commence à m’énerver. Qu’ai-je donc fait aux dieux ? Remontons nord-ouest dans la bruine vers l’île de Serdh, au sud-ouest de l’anse rouge.
Je n’ai pas revu le navire qui nous a passé la première nuit. Hier, j’ai cru discerner un point noir sur la ligne d’horizon, mais je ne suis pas sûr que cela soit lui. L’équipage a du mal à rester vigilant, d’autant plus qu’avec le manque de vent, il s’ennuie. Il n’y a rien de pire lors d’une traversée, je crois, que l’ennui qui pèse sur les cœurs. Hier soir ils se sont saoulés au rhum. J’avais envie de les rejoindre et de m’assommer avec eux pour oublier tout ce qui me pèse. Ondine… Enfin, il fallait bien quelqu’un pour tenir le timon.
L’équipage est consigné sur le pont toute la nuit.
Caranthir reposa sa plume et son regard revint une nouvelle fois sur la silhouette endormie. Les longs cheveux sauvages d’Ondine cascadaient sur son dos qui montait et descendait doucement au rythme de sa respiration, comme un océan bercé par de rares et douces vagues. Cédant à la tentation, il avança lentement sa main vers cette chevelure, mu par le désir d’un nouveau contact et l’envie de lui transmettre la sérénité qu’il ne possédait plus et dont elle avait besoin, tourmentée qu’elle était par cette marque dans son dos. Comme il remarquait les tremblements de sa main, il arrêta son geste. Il enroula le vélin, ramassa encre et plume puis se leva discrètement pour ranger le tout et revêtir sa cape. Mais, au moment de s’en aller et regagner l’air frais et gorgé d’eau de la nuit, il revint une nouvelle fois vers elle. Cette fois, sa main ne trembla pas lorsqu’il passa délicatement ses doigts sur les soyeuses mèches d’ébène qui reposaient sur ses tempes.*
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en réponse au message
#38
Caranthir (Druide | niveau 12)
le 25/09/2007 à 19h24
*Assoupie négligemment sur le bureau de bois qui la recueillait comme un écrin, la demi-nymphe demeura immobile... impassible comme l'onde. Les douces lueurs des flammes dansantes venaient illuminer langoureusement son teint de porcelaine... tandis que le souffle régulier de sa respiration se faisait entendre, à l'instar d'une brise apaisante sur un lac endormi... Soudain, le sourcil droit d'Ondine frémit légèrement... Egarée dans les affres d'un rêve étrange, elle percevait le frôlement énigmatique d'une plume sur le papier jauni... Venant subrepticement l'extirper de ses chimères troublantes... Qu'est-ce que... Dans le dédale de visions nocturnes toujours plus inquiétantes, elle apercevait le capitaine qui ne cessait de s'éloigner d'elle... Toujours plus loin... pour mieux la quitter vers un monde inconnu qu'elle ne préférait pas découvrir... Impuissante au coeur de ses visions de cauchemar, elle regardait Caranthir qui semblait sourd à ses appels... détournant son regard vers les ténèbres obséquieuses, irrésistiblement attiré par une ombre enchanteresse contre laquelle la demi-nymphe ne pouvait lutter... à ses dépens. Elle en avait conscience et pourtant... de ses lèvres baignées par la rosée elle poursuivait ses vains appels... infimes murmures d'une âme perdue depuis bien longtemps...*
Caranthir, ne m'abandonne pas...
*dit-elle dans un souffle... alors que le capitaine, était en train de passer délicatement ses doigts sur quelques mèches sauvages de sa chevelure noire. Intriguée par cette main qui courait langoureusement sur ses cheveux, elle resta immobile... Rassurée... bien plus heureuse de ce contact qu'elle ne l'aurait cru... Mais la demi-elfe croyait encore être bercée par les affres de son rêve étrange... à la limite du sommeil et de l'indicible réveil... Elle ouvrit doucement les yeux... observant devant elle la chandelle bientôt consumée qui vacilla sous une brise à l'origine incertaine...*
*Ondine frémit soudain en ressentant dans son dos une présence qui lui était tout d'abord étrangère... Elle écarquilla les yeux, et scruta l'ombre qui grandissait sur le mur devant elle... La demi-elfe se retourna brusquement, croyant voir derrière elle la créature abyssale revenue pour l'emporter dans les méandres de ses tourments. Mais son regard vert irradiant plongea dans deux yeux bleus qui la firent frissonner agréablement. Elle figea son regard pétillant dans celui de Caranthir qu'elle reconnut comme dans un rêve... et se mit à rougir.*
Je... Je ne t'avais pas entendu entrer... J'ai veillé tard ce soir... Mais je n'ai pas trouvé les réponses que je cherchais.
*Dit-elle en désignant du regard ses vieux grimoires, dont les pages flétries laissaient entrevoir d'énigmatiques symboles...
Ondine se retourne soudain pour observer le capitaine qui a déjà revêtu sa cape afin de sortir de la cabine...*
Je t'en prie reste... Ne me laisse pas seule... pas maintenant...
*La demi-nymphe détourne ses yeux pour dissimuler l'émotion qui l'anime à l'instar d'un feu ardent... A la sortie du rêve étrange qu'elle venait de faire, elle craignait de voir à nouveau Caranthir disparaître avec l'ombre tentatrice... Elle hésita un instant puis finit par dire...*
J'ai à te parler... d'une chose qui me tourmente quelque peu depuis la nuit étrange que nous avons tous deux passés.
*Ondine n'osa pas regarder le capitaine dans les yeux et s'esquiva fébrilement, craignant de revoir dans ses pupilles le regard dur et froid qu'il avait eu, au moment où il avait placé sur son cou de nymphe, la lame effilée de son épée...*
Edité par Ondine le 26/09/2007 à 23h56
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