*Aux portes de Duruune lorsque la nuit endort les âmes aventureuses et assoupit les élans héroïques les créatures s'éveillent pour régner à leur tour. Les mystères invisibles, les secrets liés aux puissances infernales et toutes autres choses que les humains ne peuvent comprendre et auxquelles le seul droit d'en rêver ou cauchemarder leur est accordé murmurent entre elles et rient de notre ignorance.
Certaines se penchent au dessus de notre couche pour nous regarder insidieusement, les yeux mis clos, ronronnant, en pensant aux douces tortures et agonies qu'elles pourraient nous faire subir. Mais d'autres, dont la lumière ne nous sera jamais accessible les repoussent, les combattent, triomphent ... parfois.
L'air est humide, sent la neige et la pluie. Le vent souffle doucement, portant les murmures indicibles des âmes amoureuses.
La brume recouvre de son linceul transparent et cotonneux toute vie, plus aucun bruit, plus aucun mouvement. Tout est figé, pris dans une étreinte qui semble éternelle, mortelle, salvatrice ?
Mais au loin, dans la nuit, reine incontestable des pensées inavouées, cape sombre aux reflets étoilés, quelque chose miroite, quelque chose ne s'occupe pas du temps qui fait, ou qui passe.
Dans une plaine isolée, vierge, océan vert vallonné, une porte se dresse.
Gigantesque, seule, indétrônable, elle fixe ce qu'elle domine, splendide. Le soleil ne s'y reflète pas, mais la lune ruisselle, ses rayons lunaires se posent sur elle, la caressent, la cajolent. Le blanc de sa lumière devient fantômatique et se transforme en bleu froid, étincelant de mille paillettes argentées.
Aucune inscription, aucune fioriture, aucun artifice, elle se suffit à elle même et sait le faire comprende. Tous posent un genoux à terre devant cette dame solitaire, tous sans exception.
Le monde qu'elle offre est tout simplement le vôtre ... en quelque sorte.
D'une plaine verdoyante vous passez aux Plaines de Jadis. Plaines où la neige tombe sans interruption, où les tempêtes font rage, où vous n'êtes maître de rien. Aucun contour visible, aucune frontière, du blanc, partout, sur la terre comme dans le ciel.
Et là, selon les caprices de la dame solitaire, une pensée, une silhouette, un moment précis, une partie de votre passé ressurgira devant vos yeux. Seulement de votre passé.
Quelque chose de simple, de très douloureux, d'infiniment douloureux.
Cette épreuve sera la vôtre entièrement, un cadeau, une étape pour apprendre à mieux vous connaitre, à devenir plus fort, à vous accomplir.
Si vous échouez, vous restez prisonnier autant de temps que nécessaire, autant de temps qu'elle jugera nécessaire. Si vous triomphez ... mais ça s'est une autre histoire.*
J'attire votre attention dès à présent : dans cet endroit, comme vous l'aurez sûrement (du moins j'ose l'espérer) remarqué, vous ne pourrez pas faire ce que vous voulez.
J'entends par là : impossibilité formelle de faire apparaître quelque chose qui serait inadapté à votre niveau ou à vos compétences (ex : dragon pour niveau deux). La partie de votre passé qui apparaitra sera bien entendue inventée par vous-même, elle doit être simple. Vous ne pouvez pas interagir avec d'autres joueurs seulement, et seulement si il fait parti de votre passé.
Cet endroit est utile pour les personnages voulant faire évoluer leur histoire d'un point de vue psychologique, leur background de façon originale.
Il n'est pas un panier à xp.
Bon jeu et bonne chance.
Edité par Faith InTruth le 09/12/2006 à 21h09
Discussion liée :
5 messages, dernier de Adrian Deft (Maître Luthier | niveau 7) le 19/12/2006 à 14h05
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Oniros
(Prêtre | niveau 10) le 09/12/2006 à 21h57
*Oniros avait décidé d'aller se promener au clair de lune, admirer les étoiles. Il marcha longtemps, porté par le vent, doux et glacé. Plus il marchait, et moins il avait l'impression de reconnaitre cet endroit, qu'il empruntait pourtant toutes les semaines...
Il décida alors de s'y aventurer. Au loin on pouvait voir une petite lueur, presque divine. Etait-ce un ange tombé du ciel ? une étoile échouée sur Terre ? Il allait bientôt le savoir...
Au lieu de quelque céleste apparition, une porte se tenait devant lui. Elle était belle, et semblait capturer la lumière de la lune. Oniros s'avanca doucement, et pu sentir tout le froid qu'elle dégageait, une puissante magie était à l'oeuvre ici. On aurait dit que la porte était vivante...des tas de questions se bousculèrent dans son esprit. Il décida alors d'examiner cela de plus près, et tendit la main. D'abord il s'agenouilla, forcé par l'admiration, le respect pour ce lieu...
Plus sa main se rapprochait, plus le froid envelopait son corps et semblait l'aspirer...
Quand tout à coup il se retrouva en pleine tempête, il avait complètement changé d'endroit...le blanc avait tout recouvert...c'était si beau. la neige tombait sans s'arrêter, et offrait un spectacle inoubliable. Prit de peur au début, Oniros fut gagné par une grande curiosité...quand soudain il entendit des vois derriè lui, des voix qui venaient des profondeurs de la brume, mais qui étaient en même temps très proches, et accompagnés de cris de détresse...*
Maman !!
*Oniros se retourna d'un coup, complètement térrorisé, quand il vit un petit garçon, à genoux, penché sur le corps d'une femme, pleurant toutes les larmes de son corps...Oniros resta figé pendant deux minutes, se demandant pourquoi il voyait sa mère allongée par terre, alors qu'elle était morte quand il n'était encore qu'un enfant...un homme était alongé près d'elle également, il était mort lui aussi.
C'est alors qu'Oniros fut pris de violents maux de têtes, des démons semblaient s'être emparés de lui...des souvenirs qu'il avait enfouis au plus profond de lui même refirent surface, et torturaient son âme...était il possible que l'enfant qu'il avait en face de lui soit lui même il y a 17 ans auparavant ? Non cela ne se pouvait...
Il tomba à genoux sur la neige, complètement éffondré par ce qu'il venait de voir..il tenait sa tête entre ses mains en se répetant qu'il allait bientôt se réveiller. Soudain le petit garçon disparut, et il vit un jeune homme, le poignard à la main, trempé de sang...
Il en avait assez vu, il voulu sortir de cet endroit maudit..*
laissez moi sortir !!
*Mais la douleur dans sa tête grandit encore plus, et d'horribles visions vinrent obstruer son esprit... il vit la mort de ses parents..il était désormais seul dans ce désert, ce désert de souffrance, seul avec ses propres démons intérieurs...aucun moyen de s'échapper...son passé était en train de le rattraper, un passé qu'il aurait bien aimé ne jamais avoir vécu...cette fameuse nuit lui revenait maintenant...cette fameuse nuit où il...non il ne pouvait y croire...comment cela pouvait être possible...il s'avancait près de la marre de sang, quand tout à coup il entendit des hurlements de mort...des animaux qu'un jeune homme était en train d'égorger...il s'agissait de la même personne, celle qu'il venait de voir avec le poignard teinté de sang...quand il vit le visage de ce jeune homme, il reconnut le sien...c'était lui même qu'il avait vu faire ces choses horribles...prit d'une immense peur, il se mit à courir le plus loin possible, dans n'importe quelle direction. Mais son pied heurta quelque chose dans dans la neige et il tomba. un cerf était allongé, sur le point de mourir..et il était là, son démon intérieur, qui n'était autre que lui même, se tenant debout avec un arc, un petit sourire au coin des lèvres...le cerf lui murmurait des paroles qu'il ne comprit pas tout de suite, mais dont le souvenir fit rapidement surface...*
puisque tu es cruel et sans coeur envers la nature, nous te maudissons, un jour tu tueras tes parents
*Oniros ouvrit grand les yeux et recula, complètement terrorisé...il se rappelait parfaitement les paroles du cerf ce jour là...tout était clair désormais...la puissante magie qui régnait ici le forcait à revivre son passé. les évènements depuis sa naissance jusqu'à la nuit de la mort de ses parents se succèdaient les uns après les autres. Ce jeune homme le poignard à la main, c'était lui...c'était lui qui avait égorgé les animaux et tué le cerf...*
Oniros...le gentil de service, tu parles...tout me revient à présent...je tuais les animaux, mais ce cerf a été l'erreur de trop. je me souviens de ses dernières paroles...
un jour tu tueras tes parents j'aurais mieux fait de me donner la mort ce jour là...
*Il s'assit par terre, dans la neige, complètement gelé, ses pouvoirs avaient disparus ici. Fils de l'hiver ou pas, il fallait désormais affronter les ténèbres de son esprit, et vaincre son démon intérieur le plus redoutable : la culpabilité...il devait accepter son erreur et en tirer des leçons. C'était le seul moyen de s'en sortir... Oniros sortit une feuille et un crayon, puis se mit à rédiger quelques mots. Il allait tout raconter...pourquoi a t'il tué ses parents, qui était ce petit garçon...vraiment tout...
Il se couvrit avec son manteau pour que le papier ne soit pas abimé par la neige, et commenca à écrire en murmurant tout bas...*
Je m'appelle Oniros, et j'ai tué mes parents...tous les évenements de ma déchéance jusqu'à ma nouvelle vie seront décrites ici...tout commenca à l'âge de 6 ans, quand je tua mon premier paon...je prit un certain plaisir à l'égorger alors qu'il était blessé et ne pouvait plus bouger...une proie facile. Je n'allais pas m'arrêter là, alors que la forêt était pleine de gibier. Quand j'eu 10 ans, mon père m'emmena à la chasse avec lui, et je découvrit la satisfaction de tuer sa première biche...plus je tuais, plus je me rendais compte qu'il manquait quelque chose à a vie, mais j'éprouvais aussi beaucoup de plaisir...
A 13 ans, mon père m'offrit un arc...c'est ce jour là que ma vie bascula dans les ténèbres. Un jour marqué par le sang et la haine...
*Sa plume avait de plus en plus de mal à glisser sur le papier tellement il tremblait..était-ce de froid ou de haine envers lui-même ?*
* Déjà deux heures qu'il n'arrivait plus à dormir.
Il regardait la lune glisser lentement sur sa toile noire. Et pour la millième fois il frissonna. Peut-être à cause du froid, la rivière de l'ouest était devenue son auberge, son espace ...
La rosé se déposait lentement tout autour de lui .. il passa une main dans ses cheveux humides puis allongea ses bras le long de son corps et frôla l'herbe avec ses mains. Il adorait cette sensation. Mais l'herbe n'était pas aussi ... douce, que chez lui. Ici elle était plus craquante, plus tranchante, plus acérée, sauvage ...
Il se releva légèrement et regarda autour de lui. La lumière de la lune ondulait sur l'eau claire, les ombres des arbres avaient un côté tout aussi familier qu'inquiétant. Il soupira et se releva.
Allez .... petite marche Adrian ... toute façon tu peux plus dormir ...
Tout était si calme ... si silencieux, si froid.
Sauf en passant près de la taverne où de vives lueurs rouges éclataient sur les fenêtres embuées, des éclats de rire et de la musique filtraient à travers la porte.
Les mains dans les poches, il continua sa route, imperturbable, s'amusant à regarder le plus loin possible grâce à sa vision.
Il distinguait du coin de l'oeil certains animaux nocturnes qui s'échappaient sur son passage, même si il ne faisait pas beaucoup de bruit il était un intru.
Un écureuil passa un bondissant le plus vite possible juste devant lui. Adrian s'arrêta vivement et s'immobilisa, le regardant sautiller. Il sourit légèrement ...
Puis un chemin en amena un autre et il arriva devant cette porte, comme si cela était évident.
Son corps se raidit, ses mains se crispèrent et l'une prit sa baguette qu'il fit tourner entre ses doigts, plongé dans d'intenses réflexion.
Tiens, tiens ... madame doit certainement être un beau cadeau empoisonné ...
Il s'agenouilla et la regarda longtemps, détaillant chaque recoin, mais son regard revenait toujours sur cette lumière si belle, si vivante.
Aucun regret ... après tout, tu as choisi l'exil pour l'aventure .. allez Adrian, assume.
Il traversa la porte.
Et ne vit que du blanc.
wouow ... dans quoi tu t'es encore fourré mon vieux ...
Mais la réponse n'allait pas tarder. Une silouhette qu'il reconnu aussitôt s'avancait vers lui. Décharnée, pâle, macabre.
Une fois devant lui, il ne rigolait plus du tout, ne se parlait plus. Son regard était juste fixé devant elle et c'était tout.
Il était complètement paralysé et ne savait plus si il respirait.
Il articula lamentablement un mot ..*
Ttt t t tooi ...
*Tout revenait ... son visage se crispa, et son esprit replongea vers les ténèbres de ses souvenirs qu'il avait mis tant de temps à murer.*
Allez, engage moi tu l'regret'ra pas j'te dis ! Chui un elfe, chui fort, j'vois loin, j'entends des trucs qu'vous pouvez pas parfois ...
*Il le regardait d'un air tellement amusé qu'Adrian aurait pu lui en mettre une ... mais il serra les poings et attendit.
Le pirate frotta son menton où naissait une barbe clairsemée et partit d'un grand éclat de rire. Puis il se pencha vers lui et le poussa d'un doigt contre le torse.*
Prouve le moi !
Prouve moi qu'tu viens pas d'un peuple de fam'lettes .. et p't'être que j'te laisserai monter à bord.
*Bien sûr que le pirate avait fait son choix, mais il voulait voir si le gosse avait assez de tripes. Il séloigna laissant derrière lui des effluves de wisky, de sueur et de sel. Adrian le regarda, puis petit à petit un sourire carnassier naquit sur ses lèvres.
Il n'avait rien calculé, rien prémédité.
Ca s'était passé comme ça, une pulsion rageuse, violente, tout ce qu'il avait de plus sauvage. Mais le pire, c'est qu'il avait aimé ça.
Elle n'était pourtant pas spécialement belle, mais elle s'était trouvée là au mauvais moment.
Une ruelle sombre, très tôt le matin, des bouteilles de verre dans lesquelles il shootait .. et elle.
Et cette superbe pensée qui lui avait traversé l'esprit en deux secondes. Il s'était jeté sur elle, lui avait arraché tout ses vêtements en hurlant, leurs cris ... de toute façon ... qui s'en souciait ?
Il se rappelle l'avoir mordu au moment où ...
... elle s'était laissée glisser contre le mur de briques sales et suintantes, puis était restée là, les yeux vides. Jusqu'à ce qu'elle lui crit ces mots qu'elle n'aurait pas du. Peut-être qu'alors, il l'aurait laissée partir. Mais lui, dans cette euphorie, dans l'état second, voire tertiaire, qu'il était, complètement oublieux de tout, il la frappa encore et encore et hurla en même temps qu'elle continuait inlassablement à lui crier ces mots, mais pourquoi ? Pourquoi faisait-elle ça ? Si elle s'arrêtait ce serait tellement plus simple ...*
La ferme, La feeeeerme !!!!
*Un dernier coup, puis elle s'écroula sur le côté. Il la ramassa, la hissa sur ses épaules puis partit à l'auberge.
Lorsqu'il comprit ce qu'il avait fait, sa douleur n'en fut que plus terrible. Mais il n'avait pas le temps de pleurer, il devait partir, coute que coute. Elle ferait l'affaire.
Il l'amena le jour même aux docks.
Elle, elle était cassée, meurtrie et n'était plus qu'un pantin. Elle avait abandonné toute lucidité et s'était murée dans un mutisme complet.
Adrian se planta devant les pirates qui s'appretaient à partir et la jeta vers eux.
Il ne dit rien, regarda seulement celui qui l'avait poussé à faire ça, celui qui était le vrai meurtrier.
C'était tout ce qu'Adrian arrivait à se dire pour se donner des excuses ... foutaises, il le savait bien.
Le pirate le regarda, toujours son foutu air amusé. Puis lui fit un signe de tête.*
#5
Oniros
(Prêtre | niveau 10) le 13/12/2006 à 20h52
*Oniros se remit à l'ouvrage, de plus en plus affaibli par le froid. ses mains étaient devenues bleues, ses joue rouges. Il avait du mal à écrire.*
la brume qui d'habitude m'accompagnait dans mes exploits meurtriers n'était pas présente ce jour là, probablement dégoutée par les horreurs que je lui faisais subir. Je me rapelle avoir aperçu un magnifique cerf marcher dans la forêt. J'ai lentement ajusté mon arc et, sans le moindre sentiment de regret je lui ai envoyé ma flèche...la pauvre bête tomba, sans aucun bruit, comme si elle savait que j'allais la tuer...maintenant que j'y repense, il me semble que ce cerf m'a regardé juste avant que je tire, et qu'il ne s'est pas enfui. Bizarre...
*Oniros fut interrompu dans son écriture par un hurlement de douleur..le paysage avait encore changé. Il était maintenant dans la forêt, un mourant se tenait au pied de ce jeune homme, lui même...il avait la lèpre, et était complètement nu. Il vit alors le jeune hmme prendre le malade dans ses bras...cette vision lui réchauffa un peu le coeur, il se rappelait parfaitement de cette scène. Tout était mélangé, mais les évenements prennaient peu à peu tout leur sens sur le papier. Avec un petit sourire, Oniros se remit à écrire... *
il faisait nuit, je marchais dans la forêt, à la recherche de l'oubli, de la rédemption, juste vêtu d'une simple cape...soudain j'ai entendu des petits gémissements de souffrance, ceux d'un mourant. Un homme était allongé là, nu, glacé. Il trouva néanmoins de tendre le bras en ma direction, et me regardait avec un air morbide, seule la souffrance qu'il endurait arivait à sortir de sa gorge. Le dernier chant d'un homme sur le point de mourir
"j'ai faim, donne moi à manger..."
Je lui donna les dernières provisions qu'il me restait.
"J'ai froid, réchauffe moi.."
Je mis alors ma cape sur ses épaules et le serra contre moi, lui donnant ce qui me restait de chaleur...
la nuit était glaciale, toutes les souffrances que cet homme endurait semblaient venir en moi, et ça le soulageait..plus il se sentait mieux, plus je semblais partir, au loin, vers l'infini...la lumière devint nuit,tout était fini...
*Vie de pirate, vie de débauche ... il avait toujours ses oreilles pointues, mais n'avait plus rien d'un elfe sautillant dans les prairies avec ses amis les écureuils. Que des canines lui auraient poussées dans la nuit ne l'aurait même pas dérangé, bien au contraire.
Il avait l'air d'avoir grandit. Rectification : il avait l'air d'un mâle tout ce qu'il y a de plus excitant et troublant dans la fleur de l'âge. Toujours affûblé de deux ou trois femmes complètement soules ou droguées, il pillait, violait, et se retenait de faire bien pire la plupart du temps. Les soirs de tempête étaient ses préférés, il allait alors à l'avant du bateau le plus souvent accompagné d'une bouteille et divaguait, pestait, sermonait, provoquait un certain maître des mers ... manquant de se faire embarquer par une gigantesque lame de fond.
Pourtant, arriva ce qui arriva. Il se retrouva seul, échoué sur une plage qui avait l'air de tout sauf paradisiaque. Le bateau en morceaux et les corps de ses "amis" qu'il s'empressa de délester de choses qu'ils n'avaient plus besoin à présent.
Année d'errances rimaient souvent avec années de souffrance. Mais pas pour lui.
Loin de se confesser de quelque manière ou de chercher la voix d'une quelconque absolution qu'il savait impossible, et dont finalement il n'avait peut-être pas envie, il poursuivi sa route seul, loin de la piraterie.
Mais elle le hantait toujours, jours et nuits, comme si elle marchait à ses côtés, lui tournant autour, le maudissant pour l'éternité.
Et voilà qu'elle se trouvait devant lui.
Il revint à la réalité, froide, amère et vive.
Mais le choc passé, il reprit ses esprits comme il l'avait appris.*
Qu'est-ce que tu fais là ? Va t'en ... je n'ai rien à te dire, rien. Rien tu m'entends ??
J'y peux rien si t'étais là !! De toute façon, t'étais dans cette rue pour ça non ?? Alors quoi !!
J'ai pas d'excuses, j'vais pas tomber à tes genoux ... j'ai aimé ça ... j'ai adoré te faire du mal !!!
*Elle pointa un doigt bleu et rigide qu'on aurait dit sur le point de se casser, vers ses oreilles, et ses lèvres givrées se fendirent d'un sourire narquois. Elle articula un mot, silencieusement, mais il n'eut aucun mal à le comprendre.
Il s'avança pour la prendre par les épaules et la secouer de toutes ses forces mais au ses mains se refermèrent sur du vide.*
Elfe
Tiens !! tiens , voilà ce que j'en fais de ton mot !!! *il sortit un canif de sa poche qu'il avait toujours l'habitude de garder si il trouvait une branche qui lui plaisait pour la sculpter, et commenca à se tailler les oreilles, les déchirants, les déformants.
Le sang coula sur son cou, puis sur la neige, éclat vermeil d'une beauté et d'une pureté parfaite sur la neige.
Il regarda les gouttes tomber et arrêta sa mutilation, complètement fasciné par cette nouvelle vision. Puis il s'agenouille, trempa ses doigts dans son sang frais et resta là.
Il avait tout compris.*
* La nuit n'avait pas avancé d'un pouce. La lune était toujours au même endroit que lorsqu'il avait passé la porte. Il était à présent debout face à elle, son oreille en feu, mais il n'y pretait pas attention. Il la regarda encore longtemps et ne savait si il fallait qu'il la maudisse ou la remercie. Finalement, il se pencha en une profonde et respectueuse révérance.
Avant de partir, il toucha son oreille, puis, les doigts ensanglantés, il les posa sur l'embrasure de la porte qui l'absorba et le transforma en volute de crystal.
Une horreur pour une beauté.
Son chemin, à présent, n'appartenait qu'à la nuit, comme il l'avait toujours été.*
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