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Aux Mille sortilèges
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Une boutique sombre aux couleurs noir et rouge, en face de la forge.
Un jeune apprenti sorcier ouvre cette échoppe un peu plus spéciale que les autres.
"Ici, ventes d'articles de magie et tout accessoires concernant le monde de la sorcellerie. Aides aux problèmes de la vie par la magie, et études de celle ci."
Bienvenue dans la première boutique axée sur la magie de ce monde. Le jeune apprenti Pyrithe tient ce magasin un peu spécial, et vous aidera par un dérivé de la science et de la médecine traditionnelle. Bien sur, sa toute récente accession au statut d'apprenti sorcier ne lui confère pas les pouvoirs d'un mage, et il ne pourra pas faire de miracles... Mais la magie réserve bien des surprises, et des plus merveilleuses à qui l'utilise.
Entrez donc dans ce lieu sombre et mystérieux qui recèle des secrets pour bien des hommes, et pourra peut être vous apporter quelques aides et un peu de bonheur en s'appuyant sur ce don magnifique que nous a donné Celnystra, la grande Tisseuse: la Magie!!
Edité par Pyrithe le 07/07/2005 à 18h21
Edité par Terenas le 18/01/2006 à 21h05
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1100 messages, dernier de laniya (Chaman | niveau 10) le 02/09/2008 à 12h03
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#960
Pyrithe (Maître de Magie | niveau 15)
le 13/01/2008 à 15h25
*Ondine observait Pyrithe de ses yeux noirs brillants de fièvre. Immobile, elle semblait pourtant ne pas le voir… C’est du moins, ce qu’il semblait d’après l’expression de son regard presque sans vie. La demi-nymphe avait enduré des épreuves qu’aucune âme ne souhaiterait avoir vécu… La noirceur de l’hôte qui l’avait mystérieusement enlevé des terres riantes d’Yria, cachait bien des perfidies.
Ondine regardait autour d’elle, mais elle paraissait ne rien voir. La lumière même ne semblait plus vouloir effleurer ses pupilles qui recouvraient bientôt toute la surface de ses yeux, dissimulant la blancheur naturelle de ces derniers. Les ténèbres emplissaient son regard, et rien ne permettait d’affirmer qu’elle pût distinguer quoi que ce soit autour d’elle. Lors de nombreuses semaines, la demi-nymphe s’était aventurée dans un univers sans lumière… un monde de poussière et de terre, où l’asphalte et le soufre ne font qu’un… se dissimulant dans des sortes d'ornières, au cœur des landes boueuses et glacées des marécages humides… La demi-nymphe avait oublié la lumière du soleil et ses yeux s’étaient depuis lors accoutumés à l’obscurité. Cependant, les flammes des lumignons ne semblaient nullement l’aveugler, car elle ne paraissait rien voir… Ou peut-être, voyait-elle autre chose ?*
*Soudain, Ondine ouvrit de grands yeux, tandis que Pyrithe se mit à parler. Sous l’emprise d’une crainte effusive qui s’empara d’elle, Ondine se déhancha sur le côté pour tomber sur la pointe des pieds, comme un félin en alerte. Les genoux plissés, elle observa les deux hommes en face d’elle, d’un regard obséquieux et craintif à la fois. Voilés d’une énigmatique noirceur, les yeux d’Ondine semblaient percevoir une autre réalité. Aveuglée d’un mal qui venait la ronger du fond de ses entrailles, la demi-nymphe pensait voir devant elle, deux créatures abyssales et menaçantes. Le souffle court, elle glissa doucement sa main sous son pardessus couleur de terre… une terre noire issue de lointaines contrées inquiétantes. Lentement, elle saisit quelque chose… mais quoi ?
Elle plaqua son autre main devant ses hôtes, pour leur interdire d’avancer jusqu’à elle…*
Nal wikla sierem tit !
Në...
Krëatura Exëtus! Me silwil ë !
*... dit-elle avec fiel*
*Doucement, Ondine commence à entonner une chanson de sa voix cristalline… Devenue « protectrice de vaisseaux », lors de son interminable périple dans les ombres, elle est parvenue à maîtriser un certaine forme de magie. Sa main droite figée devant elle se mit à briller d’une aura légère et bleutée… tandis qu’elle extirpa de sous sa cape, un simple bâton de bois maculé de boue, et gravé de runes étranges entrelacées. Son chant, destiné à écarter une menace latente, était à la fois enivrant et doux. Mais la langue prononcée par Ondine, était inconnue… La langue des âmes noires… le langage de la créature abyssale, un langage ancestral qui n'est plus guère prononcé ni connu par les mages d'aujourd'hui. La demi-nymphe avait appris néanmoins à le déchiffrer et à le parler.*
Këlo er elmesön terra !
*Amnésique, Ondine ne parvenait pas à distinguer Pyrithe et Kriss, quelle discernait en réalité, sous les traits de sombres créatures issues de l’ombre. La demi-nymphe ne voit que les ténèbres s’ouvrir encore devant elle. Elle ne sait pas qu’elle est de retour à Duruune, et pense avoir rêvé son retour sur les terres riantes. Dans les terres noires des abysses, il était parfois difficile de distinguer la réalité des cauchemars. Ses noires pupilles s’étendent sur toute la surface de ses yeux et rien ne lui permet de voir la lumière. A-t-elle même oublié sa langue originelle ? Comment savoir ?
Oppressée par le regard de Pyrithe qu’elle croit distinguer comme étant la créature la plus imposante, elle dirige un sort contre lui.*
Il nelët ëturra Merwïnin në !
*Frappant vivement le bâton de bois sur le sol, Ondine se fige tandis qu’une imposante aura lumineuse et bleue l’entoure.*
Shhhhhhhhhhhh !!!
Ell mëlët !!! Ran !
*L’aura bleuâtre s’agrandit encore jusqu’à atteindre Pyrithe de façon foudroyante, le projetant contre le mur le plus proche !! L’échine recourbée sous le poids de la force, le sorcier noir a le souffle coupé, tandis que la table, et les objets éparses se vrillent contre lui pour l’atteindre à pleine volée ! Kriss est bientôt repoussé à son tour. Ondine a le regard noir.*
*La demi-nymphe se courbe et tente de trouver refuge autour d'elle. Aveuglée par un sort inconnu, elle ne voit en Pyrithe qu’un être issu des abysses qui veut lui porter ombrage. La demi-nymphe croit se défendre contre une menace qui n’existe que devant ses yeux et l'empêchent de distinguer la réalité. Le sorcier parviendra-t-il à lui venir en aide?*
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*Ne pas tenir compte de ce post, HS*
Edité par Pyrithe le 22/01/2008 à 17h46 : Perso envoyé dans un autre lieu...
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#962
Ondine (Homme Poisson | niveau 13)
le 20/01/2008 à 19h53
*Pyrithe se relève en repoussant les meubles, les yeux pleins d'étonnement. La langue utilisée par la jeune demi-elfe résonnait comme un chant. Mais cette langue lui était inconnue. Ce qui l'étonnait, c'est que son passé de Maitre Scribe ne lui conférait pas la conaissance de cette langue, ne serait ce qu'au niveau consonnace. Ce qui était clair, à y réfléchir, c'est que ces paroles animaient un flux magique. Mais cette langue était un moyen inconnu d'exercer la magie pour Pyrithe. Sondant l'âme de cette jeune créature affolée, il compris que l'attaque lancée était uniquement causée par ce language. En d'autres termes, cette attaque était la source d'invocation pussante, mais mal exercée. Le bâton semblait comme inerte, et la magie courait dans les veines de cette femme de façon totalement désordonne. Bref, elle était surement animée par un esprit, envoutée par un démon suite à une invocation ratée, ou elle venait de découvrir sa capacité à exrcer la magie, mais ne maitrisait rien. Peut être les deux. *
*Reprenant une stature digne et stoïque, Pyrithe souria. Il était chez lui, et en ce lieu, aucune surprise affligeante pour le Sorcier Noir.*
*Prenant son bâton, il invoqua*
ErdFyürk, I'sh Nekyaard!!
*son baton diffusa un halo rougeoyant*
*de sa main, un éclair serpenta jusqu'à une gargouille de pierre, qui ornait une colonne de pierre. La statue représentait un démon de la hauteur d'un homme et demi, tenant une masse en ses griffes*
*la statue pris vie, et s'arracha de son pilier séculaire. Avancant vers la demi-elfe, apeuré, haletante, Pyrithe compris qu'à la peur panique, la fatigue s'ajoutait. Ses pouvoirs naissants l'épuisaient. Le démon de pierre immobilisa la jeune femme au sol, en plantant ses griffes dans le sol, au travers de ses vêtments. Le visage du démon contre le sien, il bavait de rage. La alive se rechangeait en petites pierres avant de heurter l visage de l'inconnue, paniquée*
*Pyrithe s'approcha, et lorsqu'il fut contre elle, il lui oucha le front. Sa main se mis à luire, et il se mit à hurler, d'une voie qui semblait sortie d'outre-tombe*
Eemmhh elk'yärd... Erd'Tälkirad!!!
*La demi-elfe fut prise de convulsions*
*Pyrithe entra en transe*
*au bout de quelques minutes, il repris ses esprits, le visage livide*
Une contrée sombre comme mon coeur, peut être plus encore... C'est à croire qu'elle s'est rendue dans les jadins de Dorenovia!!
Sa magie est vive, et pas encore canalisée... qui est cette fille?
*il se releva, et ordonna au démon de la lâcher*
Greyskal, tu peux repartir... *dit il en invoquant silencieusement*
*il regarda la jeune femme, toujours visiblement perdue...*
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#964
Pyrithe (Maître de Magie | niveau 15)
le 24/01/2008 à 23h59
*Immobile et paralysée par l'inquiétude, Ondine ne voyait que des ombres glisser sournoisement autour d'elle, à l'instar de serpents pernicieux. Ses yeux noirs ne distinguaient que les ténèbres grandissantes, tandis que le sombre suaire qui aveuglait son regard lui masquait la vérité. Duruune et les Mille Sortilèges ne lui apparaissaient que comme un gouffre sans issue... Chancelante comme une pluie de larmes, la demi-nymphe eût à peine le temps de reculer, face à l'imposante et terrifiante statue de pierre qui vint la figer sur place de ses mains puissantes. Mais Ondine ne voyait là qu'une ombre noire aux yeux ternes et lumineux... des yeux sans pupilles et sans âme... une vision de cauchemar qui ne la quittait pas. Oppressée par le néant abyssal qui semblait la poursuivre inlassablement, Ondine observa la créature droit dans les yeux. Fronçant les sourcils, elle ne détourna pas le regard, préférant sonder l'âme de son étrange assaillant. Lorsque le colosse de pierre plaqua son front contre le sien, Ondine lui tint tête malgré la fatigue qui venait ronger son coeur et ses muscles endoloris par un voyage des plus périlleux. Pourquoi la créature des abysses lui faisait-elle endurer tant d'épreuves? Qu'avait-elle découvert dans l'univers inhospitalier de cette dernière? Seule la demi-nymphe le savait, tandis que la rage paraissait l'habiter toute entière... Une colère noire bouillonnait dans ses veines en feu. Indignée mais trop faible pour agir, la jeune femme tint tête à la créature de pierre qu'elle ne distinguait que comme une ombre... La fièvre commençait à l'envahir comme une rivière en pleine effervescence. Mais soudain la créature étrange s'éloigna tandis qu'une ombre similaire s'approcha d'elle... Il ne s'agissait en réalité que de Pyrithe, mais Ondine ne parvenait à distinguer ses traits que sous une apparence des plus terrifiantes... une main noire et vaporeuse toucha son front, puis elle fut prise de convulsions. Cela suffit à affaiblir un peu plus la demi-nymphe qui ferma les yeux sous l'emprise de cette magie inconnue. La statue de pierre relâcha sa proie sous l'ordre impérieux du sorcier noir... Ondine semblait évanouie...*
*Soudain, à la surprise de Pyrithe, la demi-elfe plaqua vivement sa jambe gauche contre celle du sorcier, de manière à le faire basculer sur le côté. Elle lui donna une gifle vive en vue de le laisser abasourdi devant elle.
La jeune femme prit le dessus face à son assaillant, qu'elle ne voyait que comme une ombre. Plaquant ses deux mains légères contre les oreilles pointues de Pyrithe, elle figea ses yeux noirs dans les siens.*
Strangulaë el Nën winion !
*Ondine posa son front contre celui du sorcier noir.*
El tu taquere Nën delewen? Tu ilë muerte !
Strangulaë el Nën winion !
*Son langage résonna comme un chant dans les oreilles de Pyrithe qui perçut un goût des plus étranges sur ses papilles... le goût de l'eau...
Les yeux d'Ondine prirent des reflets bleutés, à l'instar de l'onde claire des tourbillons aquatiques. Elle semblait très en colère...*
Strangulaë el Nën winion !
*Le sorcier noir pouvait ressentir les émanations d'une substance liquide et fraîche s'insinuer dans son nez et sur ses lèvres. Une larme coula sur la joue d'Ondine...*
Perniciëre adere nön !
*L'eau pernicieuse s'insuffla bientôt dans la gorge et la trachée du sorcier, qui comprit rapidement ce qu'elle était en train de faire... La demi-nymphe cherchait visiblement à noyer son adversaire, par l'intermédiaire de la magie aquatique... la magie des nymphes sauvages. Cependant, affaiblie par un voyage affligeant au coeur des limbes d'un autre temps, Ondine ne parvenait pas à accomplir son sort, de manière aussi fulgurante qu'elle l'aurait souhaité... Ses mains se crispèrent sur le col du sorcier. Dans une étreinte douloureuse, elle regarda Pyrithe comme étant son unique poursuivant, et adopta finalement le langage des nymphes pour s'adresser à lui... en le considérant comme une ombre noire issue des abysses.*
Öe non as wën tu...
*(Je ne suis pas comme toi...)*
Ëlewen më sanguis inere tën, Öe non as wën tu...
*(Même si ton sang coule dans mes veines sauvages, je ne suis pas comme toi...)*
Irë ven më solwilë! Töt est umbra nemere
*(Laisse-moi en paix, et va-t-en! Tout n'est qu'ombre autour de moi)*
Quaë voles tu haobë ad me?
*(Que veux-tu obtenir de moi?)*
*Dit-elle avec colère, sous le voile noir de ses yeux qui ne distinguaient que les ténèbres... les larmes qui coulaient sur ses joues semblaient éclairer soudain son visage d'opale, sous une poussière grisâtre mêlée de soufre et d'embrun... étrange mélange... D'où venait-elle?*
Edité par Ondine le 27/01/2008 à 19h37
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#965
Ondine (Homme Poisson | niveau 13)
le 27/01/2008 à 19h21
* La neige doucement se déposait sur le sol. Fëatir et Fleur en étaient entièrement recouverts à présent. De temps à autres, les pâles rayons d’Astellar les effleuraient, donnant un air onirique à leurs silhouettes mouvantes à travers l’immobilité et le faux silence de la nuit.
Revenir aux Mille Sortilèges après quelque mission où Pyrithe l’envoyait était toujours agréable. Après tout, c’était peut-être un des seuls endroits à Duruune où elle pouvait panser ses blessures sans qu’on ne lui pose trop de questions.
Elle venait rarement de jour, à la vue de tous, mais les roublards, cambrioleurs ou autres cibles assez téméraires pour se risquer à rôder un peu trop près autour de la boutique du Sorcier Noir, avaient eu l’incroyable plaisir de faire la connaissance de la Garde de Pyrithe. Le grondement d’un fauve tapis dans l’ombre généralement était suffisant pour les rendre nerveux ou pour faire changer d’avis les moins courageux avec empressement. Et si, par un manque total de conscience, ils en venaient à dégainer une lame pour s’attaquer à la panthère, le sifflement d’un trait qui leur caressait la joue et laissant un filet de sang au passage était un message suffisamment clair.
Parfois, elle prenait la peine de se présenter à leurs yeux, tombant lestement d’un toit sous leur nez comme un félin, ne laissant entrevoir de son visage qu’un demi sourire de défi. Puis après leur avoir présenté son arc long, elle se mettait en position de tir à bout portant sans prononcer un mot, prenant même un air plutôt amusé devant leurs regards d’effroi…
Entendre des incantations dans un langage inconnu, n’était pas un fait inhabituel venant de la boutique de Pyrithe, ni même lorsqu’elles étaient accompagnées d’explosions ou autres effets étranges et cela quelle que soit l’heure. Cependant tandis qu’elle s’approchait, elle avait ralenti le pas…
Les runes sur le pendentif que Pyrithe lui avait offert il y a longtemps s’étaient mises à luire d’une lueur inquiétante rouge sang. Un cri lugubre, un râle presque guttural retenti, et puis l’instant suivant, plus rien.
Un frisson nerveux parcourut son corps jusqu’à la racine de ses cheveux. Fleur s’était figée sur ses pas, sa main pâle sur la tête de son compagnon animal qui avait sorti ses griffes et dont le regard luisant scrutait les alentours, tout comme elle. Epiant le moindre son à présent, elle se mit à rôder vers la fenêtre dont la lumière orangée se reflétait sur le sol enneigé. Elle entendit une voix féminine, presque un chant à son esprit. Le langage des nymphes charmait son âme mais ce qu’elle entrevit était toute autre chose.
Le temps d’un souffle d’une explosion de verre, l’archère était debout dans la pièce. L’instant d’après, elle avait rejeté sa cape couverte d’éclats brillants et avant toute réaction de la créature en haillons, elle avait écarté celle-ci de Pyrithe, la projetant contre le mur et lui coupant le souffle sous l’impact.
Pyrithe, qui lui-même était recroquevillé sur le plancher au milieu du chaos de la pièce, portait sa main à son cou dans un effort désespéré de reprendre son souffle, puis se mit à vomir une grande quantité d’eau tandis qu’il s’efforçait de lutter contre le sort de la demi-nymphe.
Fleur était déjà à cheval sur Ondine, lui plaquant les bras le long du corps de ses cuisses, tout en dégainant son poignard échancré qu’elle tenait à deux mains fermement sur son cœur. Plissant les yeux, l’archère la fixait en silence revenant elle-même de sa stupeur. Ondine, les yeux fermés semblait affaiblie soudain, comme épuisée par l’effort dans la lutte intérieure dont Fleur n’était pas consciente.
Pas encore.
Sans détourner son attention une seconde de la Protectrice de Vaisseau, l’archère s’adressa au Sorcier Noir qui reprenait ses esprits, cherchant son bâton de ses yeux rougeâtres.*
Un mot de toi, Pyrithe… et elle n’est plus.
* …aucune pitié dans le ton de sa voix.
Elle attendait, tout simplement.
D’un coin de la pièce recouvert de débris leur parvenait le grondement sourd et menaçant de la panthère noire qui montrait ses crocs.
A cet instant, Ondine ouvrit soudain les yeux. On devinait les traits de son visage, fins et délicats, sous la poussière grisâtre qui l’en recouvrait, mais le regard de la jeune femme était voilé de noir ; un regard de folie lui rappelant un autre, celui d’un Faery.
Fleur en fut visiblement troublée, puis un frisson la parcourut. Elle percevait une autre présence. Sans hésitation alors, elle se pencha un peu plus près du visage d’Ondine, et lentement, sans la quitter des yeux, sa main, où les signes tracés par Nacil s’étaient mis à luire d’une douce lumière orangée, vint se poser sur sa joue souillée de poussière et striée de larmes comme une caresse…
La réaction fut immédiate. Un cri puissant d’agonie retentit des lèvres d’Ondine d’une voix masculine qui ne lui appartenait pas.*
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#966
Fleur Sauvage (Ange Noir | niveau 17)
le 29/01/2008 à 16h20
*Ondine tressaillit sous l'impulsion d'une déflagration de verre qui l'obligea à détourner son regard de sa victime. Elle ressentit un choc qui la projeta contre le mur le plus proche dans un bruit mat. Cependant, ses deux yeux noirs s'agrandirent encore... comme embrumés par un voile de noirceur fielleux; ils plissèrent obséquieusement avant de toiser l'archère inquisitrice qui venait de faire son apparition. En position dangereuse, Ondine ne quittait plus la nouvelle venue des yeux... ne distinguant qu'une enveloppe charnelle des plus opaques et floues... entre l'ombre et la lumière. La demi-nymphe commençait à ressentir les affres de la panique s'insinuer dans ses entrailles... Cette apparition imprévue ne fit qu'accroître son taux d'adrénaline, ajoutant encore une crispation de ses muscles, suite à l'accélération de son rythme cardiaque. Ondine serra les dents... réprimant non sans difficulté, l'idée qu'une créature abyssal ait pu résolument prendre le dessus sur elle. Même si... elle avait bien conscience que son assaillant finirait un jour ou l'autre par la détenir en sa possession...*
*Elle ne voyait Fleur que comme une imposante créature sans visage et sans nom. Celui pour qui la lumière ne trouve pas d'issue dans un univers de poussière et de sombre magie. Doté d'un corps... si tant est que l'on puisse parler de corps pour une ombre, dissimulé sous une cape des plus noires, lacérée par les affres du temps et les batailles.*
*La demi-nymphe ne voyait dans les yeux de Fleur que le néant qu'elle avait pu côtoyer jours après jours, suite à son enlèvement. Mais se souvenait-elle du Forban ? Gardait-elle en mémoire les quelques instants de quiétude passés à Duruune ? La créature abyssale qui la poursuivait inlassablement depuis la disparition des grands lacs d'Inië, semblait vouloir étreindre ses moindres souvenirs, afin d'entériner une sorte de pacte avec elle. Ondine ne comptait plus les heures sombres qu'elle avait pu passer dans les ténèbres. Depuis combien de temps vivait-elle ainsi ? Combien d'ornières et de marais humides traversés ? Combien de mois ? de siècles? était-elle partie des rivages lumineux ? Peut-être l'obscurité avait-elle fini par terrasser son âme et obscurci ses yeux de lumière ? Ou peut-être... que tout ceci n'était qu'un rêve ? Oui c'était cela... un cauchemar d'éternité qui ne faisait que rythmer un sommeil des plus laborieux... Elle se réveillerait un jour et alors...
A cette pensée des plus furtives, Ondine eut l'envie d'en finir... Un rictus de douleur figea son visage dans une expression de souffrance. La fièvre commençait à suivre son chemin dans ses entrailles... dans ses veines... sous sa peau... et dans son coeur ! Son coeur... oppressé par une lame aiguisée à souhait qu'elle ne demandait qu'à presser contre elle dans un élan de désespoir vain et sordide. Mais la chose... l'être, qui ne cessait de la poursuivre afin de jouer à des jeux malhabiles avec elle, en avait décidé autrement.*
*La demi-nymphe ouvre les yeux. Le temps se fige. Le silence résonne comme un choc sourd.
Ondine n'est plus là... ou presque ?! Peut-elle encore lutter ?
Dans un rictus de colère, la créature qui l'habite toise l'archère avec dédain.*
ë lvelem kiäre te lingua Nën por te speciare... elmë ecce te mundï nen inilë, mea occulaë.
*(Je vais user du langage des nymphes afin de m'adresser à toi... comme à ceux de ton monde inoffensif, à mes yeux)*
Ulna Impertinare !
*(Jeune impertinente !)*
Ecce corpë siare mea häbitu moirë eterna sü !
*(Ce corps qui est le sien sera mon habit de moire pour l'éternité)*
*Claquement de dents*
ë su nilë fecia... ë umbra su regna, importarë maëstra mea fratis et më.
*(Je suis le « sans visage » qui règne dans l'ombre, auguste maîtresse de mes frères et de moi-même)*
Ha ! Ha ! Ha
*Rire guttural... la créature cherche Pyrithe du regard*
Edité par Ondine le 30/01/2008 à 00h03
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*Après avoir vomit toute l'eau qu'il put, Pyrithe se releva. Son souffle était roque, haletant, l'eau qui avait obtrué son oesophage en trop grande quantité avait blessé celui ci. Mais il n'y pensais guère, et souria fièrement en voyant Fleur prendre un malin plaisir à apposer déliactement une dague contre la peau blanche de la jeune demi elfe.*
*Cherchant son bâton de sorcellerie, il se frottait les muscles endoloris par le choc. Une fois son bâton en main, il se rapprocha des deux adversaires féminines, tout en restant à l'écart. Fleur maitrisait paraitement son sujet, dans les deux sens du terme. Cette pensé le fit sourire brièvement.*
Non, Fleur. Maintient là quelques instants, ce serait un gachit de l'achever sur le champs.
*s'approchant lentement, il se placa derrière Fleur Sauvage, qui chevauchait toujours l'assaillante, et, posant brièvement son menton sur son épaule, lui glissa un Merci Fleur*
*Se glissant ensuite vers le visage de la demi elfe, il s'agenouilla au dessus de son visage, les yeux brulants, d'envie de se venger. Elle avait osée s'en prendre à lui. Mais là, pas de doute, plus de doutes. La jeune demi elfe n'était pas elle même, et la possession par une entité quelconque, était certaine.*
Alors jeune demi-elfe... Nous ferez vous l'honneur de nous révéler votre identité véritable?
*tendant la main au dessus de son visage furieux, son regard devient dur, et les traits de son visage tranpirent de colère.*
Ca, c'est uiquement pour te rendre ce que tu m'as affligé...
*Il frappe violament la joue de la créature, qui grimace de douleur.*
Et ca, c'est pour l'affront que tu me fais en venant me défier chez moi...
*Du revers de la main, il frappe l'autre joue de la créature.*
*Se débattant sur le coup, elle est vite rappelée à l'orde et ne bouge bientôt plus. Nul doute que Fleur lui chatouille un peu plus fort le ventre à l'aide de sa dague. Il sourit lorsqu'il constate qu'un filet de sang s'échappe de la bouche de la créature. Sa joue porte la marque de la chevalière de Pyrithe. Se relevant, il toise la créature*
Je vais m'adresser à toi, créature immonde, qui possède cette jeune demi-elfe. Tu sembles bien maitriser le language des nymphes, aussi je l'utiliserais. Mais mon manque de pratique me vaudra un accent peu fidèle... tu m'en excuseras...
Ayë es ti, endrogiare reverïut?
*Qui es tu, créature envoutante?*
Deÿke argärd es miron tykrad elren?
*Pourquoi posséder cette jeune demi-elfe?*
Y crési, deÿke esnier hyrtip mesti?
*Et surtout, pourquoi vouloir t'attaquer à moi?*
Es testi Ryukiöp, tes crilder mes orgänid, y este mies Regnö, ep grigna Dorenovia
*Si tu étais démoniaque, tu craindrais mon courroux, et celui de ma Déesse, la Grande Dorénovia*
Poy te restern agnios mes... calre es te portü fytpo préstender, es megna...
*Mais tu ne sembles pas me connaitre... alors je te demande d'avoir l'obligeance de te présenter, sans quoi*
Tes mourad iñ nominë!!!
*Tu mourras sur le champs!!!!*
*Il regard Fleur Sauvage en levant la main lentement, comme pour lui donner le feu vert. Démon ou pas, si le corps du possédé disparait, il ne vivrait pas, surtout pas ici...*
Edité par Pyrithe le 30/01/2008 à 13h03
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#968
Pyrithe (Maître de Magie | niveau 15)
le 30/01/2008 à 13h02
*Ondine ne respire presque plus... Son coeur cogne de plus en plus contre sa poitrine. Une goutte de sueur froide perle à son front...Elle ne réagit presque pas aux bousculades de Pyrithe, et semble bientôt sans vie... Ne pas bouger... Tapie dans l'ornière marécageuse... Ne pas bouger jusqu'à l'ensevelissement sous la glaise fangeuse... jusqu'à disparaître vivante sous la terre étrange de cet univers où la lumière n'a pas sa place, dans cet enfer crépusculaire... La lumière oui ! La lumière m'importune... Mais d'où vient cette lumière ? Je ne comprends pas... je ne l'ai pourtant pas distingué depuis des... des mois ? Ondine ferme les yeux... Elle a le sentiment de sentir une main emprisonner sa gorge en feu comme une étreinte. Une main... une main ? Non ! La créature abyssale n'a pourtant pas de main... Ce n'est qu'une ombre... une ombre noire sans enveloppe charnelle...
Cette main... elle se pose sur ma joue et me tourmente... me brûle ! Soudain, une flamme légère et lumineuse vient lécher sournoisement le tatouage mystérieux qu'Ondine possède sur son omoplate... La marque noire de son bourreau semble prendre vie. La sueur perle à son front. Son corps se crispe en arrière, soulevant presque Fleur Sauvage qui peut prendre conscience de la force mystérieuse qui habite la demi-nymphe, laquelle rejette sa tête en arrière. Les cervicales tendues... les yeux noirs et fixes dans le vague. Ondine ouvre la bouche, mais c'est la créature abyssale qui s'adresse à sa victime... presque un corps sans vie*
ë spectu te quaë sum ! ë se tu ! Në tu pecciare at destranaï !
*(Tu sais qui je suis ! Tu le sais ! Tu ne peux pas échapper à la voie qui t'est destinée !)*
Më sanguis ina venici të ! Nön te palia specciarë ! ë officiartis destranaï !
*(Mon sang coule dans tes veines ! Tu ne peux pas choisir ! Je t'ouvre la voie !)*
Nïrkialwen !
*Répondit Ondine dans le langage ancestral de la créature.*
Nïrkialwen !
*Dit-elle en secouant la tête en signe de désapprobation*
ë negarwïn destranaï! ë negarwïn destranaï mea te officiartis !!!
*(Je refuse la voie! Je refuse la voie qui m'a été assignée !!!)*
*Soudain, Ondine plonge intensément ses yeux noirs dans ceux de Fleur. La demi-nymphe a-t-elle conscience de sa présence ? Je ne saurais le dire moi-même.*
*Claquement de dents*
ë tu nön oppokiare at me dessilwän !
*(Tu ne pourras t'opposer à mes desseins)*
Ulna Impertinare ! Tu më amusilin ! Ha ! Ha ! Ha !
*(Jeune impertinente ! Tu m'amuses !)*
*La créature ne semble que peu terrifiée par le sorcier noir. Elle le regarde de ses yeux noirs aveuglés par le néant.*
Tu credëre pelwiliö mesquinire me importunaquio?
*(Tu crois vraiment que tes petites gifles mesquines m'importunent?)*
HaHaHa!
Ilë eccë corpus efficiarë selmëre... Ilë hostia nön miserabilis carnaë.
*(Seul ce corps presque sans vie en ressent les effets. Son âme n'est plus que l'hôte misérable de son enveloppe charnelle.)*
Tu adare më minicïle muerte? Sed ë non muertäre... ë umbra sum! Et tenebriël nön muerte NINWILE!
*(Tu oses me menacer de mort? Mais je ne peux mourir... Je ne suis qu'ombre! Et les ténèbres ne meurent JAMAIS!)*
*Claquement de dents*
Clac! Clac!
ë pernicierës cessario ninwë! ë spectu quaë sum! Dï le Ondine! Di le quaë sum! Pronunciarwë labia quaë scelliav sanguis tinis wë!
Dï LE
*(Je la poursuivrai sans cesse! Elle sait qui je suis! Dis-lui Ondine! Dis-lui qui je suis! Prononce le mot qui a depuis longtemps scellé le pacte de sang entre nous! DIS-LE!)*
*A cet instant, Ondine tourne son visage vers Pyrithe, les yeux embrumés de larmes. La créature semble lui avoir laissé quelques secondes de répit, en vue de la laisser dévoiler son identité à sa place.*
NON! Je ne dirai rien!
*Mais son corps se tend soudain! Ondine serre les dents.*
NON!
Dï lë quaë sum!
*(Dis lui qui je suis!)*
Haaaaaaaaaa!! ça brûle!
*La demi-nymphe réprime un cri de douleur en rétractant ses muscles. La brûlure du tatouage qui se trouve à son omoplate s'intensifie de plus belle. Ondine a le sentiment d'être marquée à vif au fer rouge!*
SSSSHHHHHHHHH!!!
*Sanglots de souffrance*
Më sanguis ina venici të ! Nön te palia specciarë ! ë officiartis destranaï !
*(Mon sang coule dans tes veines ! Tu ne peux pas choisir ! Je t'ouvre la voie !)*
Nirwinän!
*Répondit Ondine dans le langage ancestral de la créature.*
Dï lë Nûn!
*Dis-lui maintenant!*
*Arrachant les mots d'Ondine en l'accablant sous le poids de la souffrance, la créature émet un ricanement sourd. Soudain, le corps d'Ondine se tord de plus belle en arrière. La demi-nymphe fixe de ses yeux aveugles le mur derrière elle. Son corps de tend de plus en plus.*
CLAC!
*Les os s'étirent et les muscles se tendent sous le poids de la force maléfique qui l'habite... La fièvre s'accentue*
Dï lë!!
*(Dis lui!) dit encore la créature avec un rictus de fiel, amusée par le spectacle sordide.*
NON!....... Mphhh!.... Tu n'es pas mon PERE! NON!
*répondit Ondine avec difficulté, le visage baigné de larmes sous une poussière de soufre et d'embrun*
JE SUIS FILLE DU LAC! JE N'AI PAS DE PERE!
*Cria-t-elle dans un ultime élan de défense impulsive.*
HAHaHa!
Të negationë officiartis occulaë et Virtas segelwën! Të sotiarë maternë Nën Ninwilis nuntiala virta. Eltu suäre bornito familiwis!!
*(Tu refuses d'ouvrir les yeux et de voir la vérité! De même que ta mère nymphe n'a jamais pu vivre avec cette idée. Ce que vous pouvez être entêtés dans cette famille!)*
*La créature regarde à nouveau Pyrithe avec une envie malsaine.*
Nûn së quaë sum! Crederë më annihilé?! HaHaHa!
*(Maintenant, tu sais qui je suis! Crois-tu vraiment pouvoir me faire partir?! HaHaHa!)*
*Claquement de dents sinistre*
Edité par Ondine le 30/01/2008 à 14h16
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#969
Ondine (Homme Poisson | niveau 13)
le 30/01/2008 à 14h05
…une ombre, tu n’es qu’une ombre…
Tu n’as pas de sang…
* Fleur avait retiré sa main d’un geste vif et alors que le rire malsain qui raisonnait dans sa tête s’était tu, elle se mit à murmurer d’une voix brisée d’émotions où se devinait une rage naissante à peine contenue et une certitude.
Elle tenait le poignard fermement à deux mains, et l’avait dressé au dessus d’Ondine, au dessus de la faible respiration de sa poitrine, ne laissant aucun doute sur ses intentions.
Par quelle malédiction ce démon avait-il pu engrosser le corps pur d’une nymphe ?
Elle s’était figée ainsi, et avait fermé les yeux essayant de reprendre le contrôle de ses pensées.
Les secondes passèrent et Pyrithe, qui observait la scène à ses côtés d’un air approbateur, fini par se tourner vers elle avec impatience, levant un sourcil interrogateur. La chevelure d’ébène de l’archère dissimulait son visage de sa vue tandis qu’elle demeurait penchée au dessus de la Protectrice de Vaisseau en haillons.
Il ne pouvait voir les larmes qu’elle retenait.
Elle sentit son regard sur elle et l’espace d’un instant, l’archère redressa la tête plongeant son regard mitigé dans celui du Sorcier Noir sans prononcer un mot. La lumière des flammes de l’âtre se refléta dans les yeux de Fleur à ce moment, lui rappelant étrangement celui d’un chat. Elle lui adressa un léger sourire d’un air résigné, puis porta son attention à nouveau vers Ondine, le laissant perplexe sur ses véritables intentions.*
…tu sais que je pourrais tuer ton hôte. Je pourrais lui offrir la délivrance qu’elle souhaite…
* Elle comprenait le langage des nymphes, pour avoir passé de nombreuses saisons parmi ces créatures durant ses séjours en forêts, mais Fleur continuait à s’adresser au démon directement, d’une voix calme et le provoquait même en lui parlant dans la langue des humains.*
… mais… tu mens…
Tu ne peux être son père.
Tu mens !
Tu as pris possession du corps de son père, comme tu t’efforces de faire, en vain, avec elle. Ce devait certainement être un homme assez grand et fort pour pouvoir accomplir tes desseins. Ce n’est pas ton sang qui coule dans ses veines, mais tu ne pouvais posséder cet enfant au sang mêlé simplement à cause de la nature de sa mère… alors… tu as déposé ta marque abominable quelquepart sur son corps parfait… comme une esclave…
* Ondine était immobile. Son souffle fragile était presque imperceptible. Fleur était toujours sur elle, mais tandis qu’elle avait prononcé ces dernières paroles dans un souffle de dédain, lentement, elle avait rapproché son poignard de son cou…
Ensuite, elle avait apposé la lame d’argent entièrement gravée de runes faery à plat, doucement, sur le faible pouls d’Ondine et d’un geste précis, elle pressa sur l’artère longuement…
Un regard mauvais voilé de noir la fixait tandis que Fleur se concentrait sur sa tâche. Le démon occupait un corps épuisé déjà à l’orée de la mort, sans force aucune pour lutter contre l’archère.
Bientôt, les paupières lourdes et lasses se refermèrent sur un regard empli de surprise tandis qu’Ondine perdit connaissance dans un soupir de répit...
Fleur relâcha alors légèrement son étreinte sur elle. Du bout des doigts, elle essuya la trace de sang qui avait coulé à la commissure de ses lèvres, avant de fermer les yeux à son tour, posant ses deux mains cette fois, sur les bras dénudés d’Ondine. Elle se mit à lui parler d’une voix douce l’appelant, Fille de l’Onde…
Les signes sur la main de Fleur, tracés par l’Homme-Loup, brillaient de plus en plus intensément, tandis que… lentement… la lumière se propageait le long de son bras.
La respiration de Fleur s’était ralentie.
La lumière irradiait sur son doux visage à présent, tandis que son esprit déambulait entre le rêve et l’éveil… à la recherche de celui d’Ondine.
Une bourrasque de vent glacial pénétra dans la grande pièce depuis la fenêtre brisée jusqu’à les atteindre. Quelques fins flocons de neige se posèrent sur le plancher vernis pour disparaître aussitôt.
Pyrithe s’était reculé d’un pas, plissant ses yeux toujours rivés sur Fleur, se rappelant brusquement les paroles de Luuna lors de sa dernière visite. Mais là n’était vraiment pas le moment de se poser des questions sur l’élue…
Le Sorcier pouvait distinguer l’ombre sans peine à présent, penchée au dessus des deux jeunes femmes, immense et imposante ; un démon à la silhouette opaque, au regard vide, qui s’était détaché du corps inerte d’Ondine presque immédiatement au contact de Fleur sur sa peau et avec un cri de rage qui avait fait rugir la panthère noire toujours tapie dans la pénombre.*
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#970
Fleur Sauvage (Ange Noir | niveau 17)
le 31/01/2008 à 11h08
*L’imposante créature abyssale se dresse de sa colossale stature au-dessus des deux jeunes femmes. Près de deux mètres de haut… sans visage et sans nom… Une enveloppe charnelle inexistante… Seul un suaire étrange l’enveloppe à l’instar d’un linceul lacéré… Combien de lames effilées se sont-elles brisées face à ce guerrier de l’obscurité ?! Combien de proies ont-elles pliées devant lui, la face contre terre ?! Non loin de sa proie encore agonisante, il éructe de colère en vociférant face à l’archère qui vient de libérer un tant soit peu sa victime… regardant de tous côtés dans une vive agitation !*
RRRAaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!
*Expiration rauque*
*En situation de léthargie, Ondine est immobile. Etendue sur le sol maculé d’un mélange de poussière et de neige fondue, son teint diaphane paraît plus blême qu’à l’accoutumée. Livide, à l’instar d’un spectre apparaissant dans la splendeur de sa déchéance mortuaire, elle ne réagit plus. Ses yeux pétillants de lumière se sont voilés de noir satiné, pour ne plus s’ouvrir sur l’univers impitoyable qui l’entoure… enfin les dieux d’Yria, dans leur infinie bonté, ont fini par lui accorder un souffle de répit tant convoité, face à l’absurdité d’une existence où seule l’errance est un moyen de survie. Ondine porte sur elle la malédiction des réprouvés.*
*Pourtant, malgré cette apparence laissant supposer que le sommeil éternel serait susceptible de venir l’étreindre sous peu, il semble qu’un léger souffle de vie subsiste en elle. La magie aquatique des nymphes sauvages d’Inië l’habite encore… pour un temps du moins. Ondine, perçoit un faible murmure parvenir à ses oreilles pointues aux aguêts… Fille de l’onde… L’archère, ayant posé ses deux mains sur les bras dénudés d’Ondine, peut ressentir une sorte d’aura étrange la traverser toute entière… Que se passe-t-il soudain ?… Brusquement, la demi-nymphe laisse surgir en elle toutes les réminiscences inhérentes à l’onde, qui lui apparaissent en songe comme un éclair aveuglant… l’onde… fille de l’onde… l’onde… La voix de Fleur se perd soudain dans son esprit pour se démultiplier comme un océan de voix multiples… l’onde… fille de l’onde…
Un flash lumineux apparaît soudain… Ondine ouvre subitement les yeux en inspirant comme si elle jaillissait de l’onde profonde… comme si elle venait de nager dans les profondeurs insondables d’un lac aux eaux sépulcrales ; elle agrippe de ses mains les bras de Fleur qui la retient… L’archère écarquille les yeux à son tour. Il semble qu’Ondine veuille la retenir pour lui montrer…
il faut que quelqu’un sache…
La voix d’Ondine se fait murmure dans l’esprit de Fleur Sauvage.
Ë tuö meminissë mündi tenerë*
*Un autre flash luminescent aveugle Fleur qui ne distingue plus le sorcier noir, ni la créature des abysses pourtant au-dessus d’elle il y a quelques secondes.
Lacëre nominë ë spectö origïnis…
(Laisse-moi te montrer d’où je viens…)*
*Ë tuö meminissë mündi tenerë
Un autre flash aveuglant provoque la surprise de Fleur qui est sur ses gardes. Elle ne sait pas à quoi s’attendre, écoutant toujours la voix de la demi-nymphe qui se bouscule à ses oreilles en plusieurs voix étranges et susurrantes…
meminissë mündi... nominë ë spectö… tenerë... ë tuö…*
Flash !
*Cette fois ça y est… Les Mille Sortilèges ont disparu. Fleur Sauvage est debout. Seule, devant un lac aux eaux verdoyantes et limpides. Un lac à la pureté sans nom. Une forêt étend autour de lui son feuillage rassurant et protecteur, comme un écrin qui viendrait enserrer en son sein le précieux bijou… Quelques rires sonores se font entendre au loin… dans l’ombre des genêts qui bordent le lac aux eaux versatiles… Fleur Sauvage s’avance dans l’ombre des joncs qui se dressent devant elle… espérant presque apercevoir quelque chose… d’où peuvent bien venir ces rires ?! Des voix magnifiques et suaves résonnent à ses oreilles comme du cristal venant se briser en mille éclats… Soudain ! Une petite main saisit son poignet qui tentait vainement d’écarter les joncs dissimulateurs… Un rire enfantin éclate à l’instar de mélodies accomplies par les fées, jouant dans les renoncules sauvages comme avec de simples grelots. Deux yeux verdoyants aux reflets noirs observent Fleur. Il s’agit d’une petite fille au regard espiègle… une mèche soyeuse d’ébène venant tomber de façon sauvage sur son front marmoréen… Ondine… elle remue ses lèvres baignées par la rosée mais en vain… aucun son ne sort de sa bouche. C’est une complainte silencieuse. De sa main, elle montre alors le lac de son doigt en continuant de murmurer des mots que Fleur ne peut entendre. Une larme limpide comme les eaux du ruisseau s’étiole sur sa joue… Fleur Sauvage cherche du regard ce que la petite Ondine lui dévoile…*
*Une nymphe aux yeux verts sourit en peignant ses longs cheveux noirs. Elle regarde un homme qui s’avance vers elle en traversant l’onde claire pour la rejoindre. C’est un homme de belle allure… un homme aux yeux de jais. Son front est droit et ses lèvres sont fines… comme celles d’Ondine. On lit dans ses yeux la même détermination que la petite fille espiègle qui joue dans les marais à ses heures perdues… Ses yeux sont d’un noir intense et captivant… Ses attraits bienveillants ont de quoi séduire plus d’une nymphe… Fleur se rappelle les paroles de la créature abyssale…
Mon sang coule dans ses veines sauvages et bouillonnantes, comme un ruisseau à la source jaillissante. Je suis le sans-visage qui n’a pas de nom… l’obscurité est ma maîtresse…
Esquissant un sourire espiègle, il se rapproche de la nymphe puis la serre voluptueusement dans ses bras… Soudain, il jette un regard noir à Fleur Sauvage qui les observe… un regard qui lui glace l’échine. Une ombre noire passe dans ses yeux… Fleur comprend alors que la créature abyssale est en réalité… un métamorphe. Ayant pris les traits d’un homme de belle allure, il séduisit la nymphe afin que son corps devienne le sanctuaire d’Ondine. Plus tard, ayant abandonné la nymphe agonisante qui ne pût se résoudre à l’idée d’avoir été dupée par un homme malveillant, il revint chercher ce qu’il convoitait depuis longtemps… Ondine. En quel but avait-il commis cet affront ? Lui seul le savait… et peut-être Ondine finirait-elle un jour par découvrir la vérité.*
*La scène se brouilla soudain à la vue de Fleur comme un voile aquatique devant ses yeux. L’archère redécouvrit alors les Mille Sortilèges et le sorcier noir face à la créature abyssale qui rampait déjà jusqu’à lui comme un soudard hostile…*
*Claquement de dent sinistre*
CLAC !
*Un apatride qui ne dort jamais, une âme insoumise qui n’a de maître que lui-même vient de se dévoiler dans toute la splendeur de sa déchéance face à l’ennemi. Ne supportant l’infamie de l’archère qui vient de l’éloigner d’Ondine, il déambule en gesticulant de façon vive et désordonnée… ne craignant guère la panthère tapie dans l’ombre… Ce n’est pas une âme en colère… C’est une furie emplie de haine qui siège sur le devant de la scène terrifiante !*
Rrrhaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!
Ignomini Grïlë Nä Kwenta !!!
*(Langage ancestral d’origine inconnue…)*
*Le sorcier noir parviendra-t-il à lui faire face ?*
*Ondine sera-t-elle sauvée par Fleur ? Toujours agonisante sur le sol, elle remue doucement les lèvres et ses paupières, encore fébrile…*
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*Le Sorcier, qui s'était mis sur le coté, avait bien fait de laisser sa gardienne, si précieuse, faire les choses. Comme à son habitude, elle avait parfaitement tenu son rôle de garde du corps, et même plus encore. Son voyage l'avait rendue encore plus vive, plus réactive, plus forte aussi, lui semblait il. Elle avait réussit à faire intervenir le démon directement, et à l'énerver. Volontairement ou pas, c'est plus que Pyrithe n'aurait espéré. Le démon s'était dévoilé, il était apparu sous sa vraie nature. Il est évident que si ses dires son exacts, il avait pu, pour séduire la mère de la jeune fille, prendre forme humaine. Il y avait fort à parier qu'il soit capable de dons de métamorphisme. Et là, il s'était montré dans sa forme étherique, sa forme basique. Certes, cette forme lui accordait ses plaines puissances, mais il avait commis cette imprudence chez un Sorcier qui versait dans l'ombre de Dorenovia. Cette erreur avait permis à Pyrithe plusieurs choses.
Tout d'abord, pendant que Pyrithe s'était retiré, sous les conseils de Fleur Sauvage, il s'était approché de la cheminée. Pendant que le démon s'enfoncait dans sa fougue, et dialoguait avec Fleur, Pyrithe avait pu prendre quelques gouttes d'un liquide verdâtre. Ce liquide lui avait permis de soigner toutes blessures physiques en quelques minutes. De plus, le feu de sa cheminée n'avait pas pour vocation seulement de rechauffer les murs de sa maison et ses vieux os. Non, ces flammes aux reflets violacés lui permettaient de régénérer ses capacités magiques en quelques minutes d'exposition. Il était désormais en pleine possession des ses pouvoirs magiques, et en celà, le Démon avait fait une grave erreur. De plus, pendant que Fleur luttait verbalement avec lui, Pyrithe avait pris le soin de tracer brièvement un cercle caballistique au sol, à la craie noir.
Les mains enduites d'une huile odorante, Pyrithe affichait un rictus, et s'avancait lui aussi doucement vers la créature. Sous sa capuche noire, son visage ombragé ne se distinguait que grâce au reflet vif de ses yeux. Ses pupilles, qui affichaient parfois des braises flamboyantes, lui étaient acquises par un événement que le commun des habitants de la région ne veulent pas savoir...
S'approchant de la créature, il s'arrêta un instant, figé*
Créature des Abysses Ancestrales, détenteur de pouvoirs oubliés. Je tiens à te rappeler qui est ma maitresse, et en l'occurence, d'où me parviennent directement les pouvoirs dont je bénéficie, et à qui je peut faire appel...
*Levant une main au ciel, il prononce des paroles avec un accent gutturale, et seulement l'intonnation fait froid dans le dos.
Un portail se dessine. Une arche, de la taille de deux hommes, s'ouvre sur un monde de feu, de sang, et de déchéance. Le portail semble conduire à Pandemonia, le lieu ou réside Dorenovia elle même, ses succubes, ses démons, et les créatures maléfiques qui forment sa cour...*
Vois, créature ignoble. Vois, qui me prête pouvoirs et force. Là bas, les mers dont tu sembles être habitués, les fleuves, et les lacs, ne sont pas d'eau, mais de sang. L'eau a laissé place au feu. Les créatures de ton espèce servent d'esclave aux partisans de Dorenovia.
*Par l'intermediaire du portail, on voit un immense lac de sang, dans lequel des succubes et des démons s'adonnent à des orgies. Une statue géante de Dorenovia crache du sang en continue dans ce lac. En son sommet, un trône immense d'ébène supervise tout ce lieu maléfique. La vision est brouillée, et on ne peut voir qui s'y trouve, mais à en juger le regard de Pyrithe, on devine l'importance de la créature.*
*s'approchant jusqu'à moins d'un pied de la créature en levant son bâton de sorcellerie, dont le cristal s'illumine, ainsi que les runes parcourant le bâton de bois, son regard plonge dans les orbites vides du démon*
Tu as commis l'erreur, Créature, de venir, par l'intermediraire de ta possédée, chez moi. Tu as commis une seconde erreur, celle d'oser me défier chez moi. Et tu en a commis une autre, en me laissant recouvrer pleins pouvoirs, et en apparaissant dans ta forme étherique plus de temps qu'il n'en faut pour que je sonde ton âme damnée, afin de savoir comment tu es vraiment fait...
*Créant une boulle d'énergie qui semble grossir de plus en plus chaque seconde dans sa main, Pyrithe recule d'un pas.*
Je te laisse encore une chance de fuir et aller posséder une autre pauvre créature mortelle. Si tu refuses, ce pourrait bien être la fin d'une existance millénaire...
Edité par Pyrithe le 14/02/2008 à 00h40
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en réponse au message
#972
Pyrithe (Maître de Magie | niveau 15)
le 12/02/2008 à 18h27
* Le disciple de Dorénovia, semblait-il, avait ouvert un portail vers Pandémonia…
Quelque part, on observait cette scène avec grand intérêt. Car on ne peut déranger une déesse sans que les autres membres du Panthéon Divin ne le sachent et cela surtout connaissant la rivalité incessante entre eux…
La mort rôdait autour des Mille Sortilèges. Une atmosphère nauséeuse et suffocante s’immisçait dans l’air comme une vapeur inquiétante. A ce moment, seul un fou aurait osé s’approcher de la boutique du Sorcier Noir… et il n’aurait pu réussir à y pénétrer à moins de n’être lui-même une créature de l’ombre.
La créature abyssale fixait Pyrithe dans les yeux de son regard aux orbites vides et fusait de rage. Il était pleinement conscient et cela un peu tardivement peut-être, de la puissance du Sorcier. Le temps d’un battement de cœur ou d’un geste irréfléchi et tout pouvait changer pour l’une des créatures présentes dans la pièce d’une manière fatale.
D’ailleurs, Pyrithe avait commis une erreur lui aussi.
Il lui avait donné un choix.
Et son choix était déjà fait.
Le démon métamorphe se tourna brusquement vers Ondine et Fleur sauvage, et Pyrithe eut le temps d’entrevoir un sourire malsain… mais la créature abyssale ne fit pas mine de s’avancer vers elles et son sourire mauvais se transforma aussitôt en dégoût : de la panthère noire qui s’était interposée à ce moment précis, les yeux luisants et montrant ses crocs, émanait une telle dévotion envers l’archère… voilà qui était si… attendrissant…
Il se mit à rire.
Et puis soudain, Pyrithe fût le seul objet digne de son intérêt. Celui-ci paraissait déterminé et sûr de lui et par tous les démons, comme c’était irritant à supporter !
Comment osaient-ils le menacer, le défier, lui et sa guerrière !
L’empêcher de reprendre le contrôle de sa création, SA chose ?!
Le disciple de la Dame d’Ebène et la créature abyssale se jaugeaient sans un mot à présent. Seuls les hurlements lointains, les cris, les rires et festivités malsaines qui leurs parvenaient depuis le portail que Pyrithe avait ouvert, brisaient le silence.
Mais bientôt, l’assurance que Pyrithe arborait jusque là se troubla légèrement… l’imposante silhouette du démon commença à se métamorphoser lentement avec un bruit de chair que l’on broie, comme dans un mauvais rêve…
Il commençait à porter ses traits… d’abord ses yeux rougeâtres lui rendirent son regard outré de colère, puis les traits fins de son visage, ses cheveux noirs, sa peau… et bientôt devant lui, son propre reflet… pas tout à fait de chair, et certainement pas tout à fait elfique, se mit à lui sourire d’une manière triomphale tandis que la transformation suivait son cours…
A l’écart, Fleur s’était tournée vers Pyrithe au moment même où la créature abyssale qui se disait le père d’Ondine la regardait.
Du coin de l’œil, elle avait vu le portail.
Elle avait compris les intentions sans équivoque du Sorcier.
Cependant, la destruction du démon pouvait aussi entraîner celle d’Ondine, et de le suivre jusqu’au milieu de ce cauchemar de Pandémonia n’était vraiment pas une meilleure alternative pour une créature de l’onde…
Fleur savait ce qu’elle devait faire, même si elle n’était pas certaine encore comment procéder.
Pour l’archère, chaque souffle d’air qui passait dans sa trachée devenait de plus en plus douloureux. Son énergie vitale s’épuisait littéralement.
Mais… pourtant, la lumière qui l’habitait devenait plus vive et même plus puissante comme le jour et enveloppaient les deux jeunes femmes entièrement. Fleur s’était agenouillée à son côté et avait posé une main doucement sur le front d’Ondine et l’autre sur son ventre plat à travers son vêtement en lambeaux sentant sa respiration fébrile devenir plus régulière.
Ondine avait ouvert les yeux; elle ne voyait que Fleur au dessus d’elle et pour le moment son aspect restait flou, mais la vie pétillait dans ses yeux. C’était un spectacle envoûtant pour l’archère. N’a-t-on jamais rien vu d’aussi paralysant que le regard pur d’une nymphe ? *
Je connais ton nom, fille de l’Onde… tes lèvres me l’ont montré dans les rêves où règnent tes souvenirs.
*A présent Ondine distinguait son visage nettement à mesure que Fleur lui parlait. La demi nymphe au regard sauvage voulut se lever mais les forces lui manquaient toujours. Alors, d’un geste furtif de frustration elle porta sa main à son épaule pour l’en retirer tout aussi rapidement. *
Sa marque, Ondine… montre-moi sa marque immonde.
Celle qui te lie à lui… libère-toi, fille de l’Onde…
Tu peux encore te battre.
*Alors Ondine à nouveau porta sa main fine à son épaule et la dénuda sous ses les yeux de l’archère.
Sa peau parfaite était intacte.
Fleur plissa les yeux, se mettant à douter brièvement et pourtant instinctivement peut-être, elle la roula doucement sur son côté. Au même moment où Ondine entrevit vaguement la scène entre la créature abyssale qui se métamorphosait et le Sorcier Noir au regard rougeâtre qu’elle ne reconnaissait pas… Fleur vit la rune étrange sur l’omoplate de la demi-nymphe aussi large que la paume da sa main.
La main pâle de Fleur, où irradiaient les signes de lumière, s’y était déjà apposée.*
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*Un rictus malsain se dessine sur le visage de la créature, laquelle a pris les traits de son adversaire. Aussi redoutable soit-il, elle semble se moquer instamment de sa présence. Ne redoutant que la lumière elle-même. Ce n’est pas un démon et le monde que le sorcier noir lui a dévoilé n’est pas le sien. Ses yeux noirs s’illuminent d’une lueur rougeâtre devant la hardiesse du sorcier. La scène se fige… le temps s’arrête…*
*Les deux mains contractées à même le sol, Ondine est pétrifiée dans un état de léthargie qui la rend vulnérable… inoffensive devant son assaillant et ceux qui viennent la secourir, elle fronce les sourcils face à sa propre colère qui se veut impuissante. Réprimant une douleur qui lui tenaille les entrailles et la chair, elle serre les dents et regarde droit devant elle de ses yeux qui semblent changer soudain. Un voile noir passe dans ses pupilles presque dilatées. Ses muscles se crispent…*
CRAC !
*La demi-nymphe plonge ses ongles délicats dans le bois lézardé du plancher qu’elle écorche de ses doigts meurtris, et contracte les muscles de son dos. Une larme limpide s’étiole doucement sur sa joue diaphane, ajoutant encore un sillon de lumière sur son visage maculé de poussière. Issue des lacs et des rivières… autrefois fille de l’onde et sœur des nymphes, Ondine se dévoile brusquement à l’instar d’un être submergé par la déchéance. Soudain, elle ressent le contact de la main de Fleur sur son omoplate… Elle frissonne de stupeur. Ecarquillant ses yeux de lumière, elle a le sentiment d’avoir le souffle coupé, ayant peu coutume d’être touchée… Une magie inconnue s’insinue en elle comme une source jaillissante. Le souffle court… La demi-nymphe a des difficultés pour respirer. Elle commence à suffoquer sous le poids d’une force qui lutte en elle pour la détenir en sa possession. Tu es à moi…*
*Ilnaë aqua mundis meminissë…
De lointains murmures s’élèvent à l’instar de sinistres complaintes, venant assourdir les bruits environnants… Ondine se baisse furtivement comme un animal traqué, plaquant presque son front sur le sol souillé de terre. Les oreilles aux aguets… elle recherche la source de ses voix qui l’assaillent comme dans un rêve… Un océan de voix cristallines l’interpellent… une lueur bleutée envahit ses yeux à l’instar d’une vague azurée…*
Les nymphes d’Inië…
*La jeune fille de l’onde revoit devant elle les rivages lumineux de ses contrées sauvages, apparaissant comme une image aux reflets contrastés.*
Je rentre chez moi…
*La demi-nymphe ne voit plus le sorcier noir qui observe devant lui son propre reflet obséquieux, issu de ses ténèbres traîtresses. Elle ne sait plus que l’archère est toujours à ses côtés, l’irradiant dans une lumière à la pureté évanescente.*
Je ne quitterai plus les miens…
*Ondine aperçoit les nymphes jouer dans un lac où les eaux tourbillonnent autour d’elle, comme lorsqu’elle était enfant.*
Je les ai retrouvé… les nymphes sauvages d’Inië, divines protectrices disparues avec les lacs et les rivières… Je ne vous quitterai plus et reviendrai dans l’onde claire qui fut le berceau de ma naissance. Laissez-moi revenir…
*Noooon…*
*Un doux chuchotis vient effleurer ses oreilles pointues en un zéphyr caressant.*
*Ton heure n’est pas venue…*
*Ondine ouvre grand ses yeux de lumière.*
Qui es-tu ?!Ta voix… je l’ai déjà entendu…
*Ton heure n’est pas venue…*
*Le chant des nymphes vient l’assourdir en une étrange cantilène incantatoire.*
*Elëkzam Nïwidë Hïaelman terribilë Nën !!*
*Elëkzam Nïwidë Hïaelman terribilë Nën !!*
*Une vague luminescente submerge son regard céruléen… la magie de Fleur poursuit son chemin jusqu’à toucher son cœur qui s’emballe… résonnant dans ses entrailles comme un tambour de guerre.
Elëkzam Nïwidë Hïaelman terribilë Nën !!
Sa respiration s’altère en une course saccadée… une aura bleuâtre entoure sa peau, lacérée par de multiples écorchures…
Etëran obscuräntis Nëlewem !!!*
*Soudain, une rafale de vent envahit la pièce avec fracas.*
Shhhhhhhhh !!!
*La créature abyssale se retourne promptement vers l’objet de son éternelle convoitise…*
*Etëran obscuräntis Nëlewem !!!*
*La demi-nymphe se dresse devant lui en dévoilant son impétueux courroux que seul un ignare candide oserait défier… la main de Fleur toujours apposée sur son omoplate fébrile… Le sang bouillonne dans ses veines sauvages comme un torrent en furie. Possédée par une force aquatique qui a brusquement jaillit en elle sans qu’elle en comprenne la source, Ondine est campée sur ses deux pieds nus et joint ses mains en éventail. Une petite boule aquatique et limpide apparaît devant ses deux paumes qu’elle présente comme un écrin protecteur. Ses longs cheveux d’ébène dansent autour d’elle sous l’emprise d’une brise légère qui semble provenir du corps sphérique, lequel ne cesse plus de tourner sur lui-même. Fille du Lac, Ondine a les yeux pétillants… ruisselant d’une lumière diffuse. Orientée face à Pyrithe elle semble absorbée dans son rituel énigmatique. D’où vient cette magie ?! Est-ce elle-même qui l’a provoqué ? Nul ne saurait répondre, ni même Ondine. Ne quittant plus son persécuteur du regard, elle le défie de ses yeux farouches. *
Ssshhhhhhhh !!
*Le vent glacial issu de la sphère étrange vient mortifier le visage de l’archère dont la main reste plaquée sur l’omoplate d’Ondine. Elle baisse légèrement la tête pour se protéger de la bourrasque impromptue. La demi-nymphe se met soudain sur la pointe de ses pieds tandis que flottent autour d’elle les lambeaux de ses nippes noirâtres, marquant un contraste flagrant avec sa peau marmoréenne. La jeune fille de l’onde s’élève doucement de quelques centimètres du sol. Son visage ne met en évidence aucune expression de joie, ni de tristesse… elle semble d’une neutralité absolue. Insondable comme l’eau.*
*Médusée par la tournure des événements, la créature semble pétrifiée. Il y a là bien plus d’assaillants qu’il ne conviendrait à ses forces. Plissant des yeux avec insolence, elle regarde son double; le sorcier qui se fige semble prêt à parer toute éventualité. Incontestablement, la créature se trouve prise au dépourvu… sans doute est-ce la première fois… et sans aucun doute, la dernière… Réprimant un cri de colère furieuse, ses traits changent à nouveau dans un bruissement de chair déconcertante… La porte de sortie n’est qu’à quelques pas… ses yeux de jais toisent la demi-nymphe avec dédain… ses cheveux noirs ressemblent aux siens… Le père d’Ondine…*
Ëcce morte tis, tu sëdvira më aëternis… diste mündi odare aestia !
*(Si je meurs, tu me serviras pour l’éternité… dans ce monde, ou dans l’autre !)*
Umbrë non mörtis… mëmini mus
*(Une ombre ne peut mourir… Tu dois te souvenir)*
*La créature abyssale se tourne alors vers Pyrithe et l’examine avec perfidie, tout en lui parlant dans le langage des nymphes.*
Peswiniä të më dare icciëre laotas, per si nëlamen duinian, solvëre ?!
*(Puisque tu me donnes le choix de partir librement, alors pourquoi resterais-je en ces lieux plus longtemps ?!)*
*… puis il se tourne vers Ondine, s’adressant à elle dans sa propre langue ancestrale issue des abysses…*
Arkaë Nixan tebere magda… Finis, mesqwenian lungäre crelminisssss. Sed captation katzolak…
*(J’avoue que tu m’amuses… finalement, nos petits jeux mesquins vont durer plus longtemps que je ne le croyais. Mais soit, il me tarde d’être à nouveau le chat…)*
HaHaHa !
*Rire sinistre*
Tenebrius egastios non attenwë
*(Les ténèbres surprennent toujours le voyageur égaré quand il ne s’y attend pas)*
*A ces mots, la créature abyssale s’inclina avec une apparente désinvolture, esquissant un sourire espiègle au coin des lèvres… un sourire qui n’est pas sans rappeler celui d’Ondine.*
Nëgak ! Talbula rä !
*La créature abyssale s’enveloppe dans son suaire et se rue au-dehors avec un cri strident qui s’éloigne… Déjà les ombres fondent sur elle pour la dissimuler des regards. Le silence résonne soudain dans la pièce comme un fracas assourdissant…*
*La demi-nymphe ferme les yeux et s’effondre sur le sol à l’instar d’un corps sans vie, comme une poupée de bois. Ondine ouvre les yeux. Affaiblie par l’expérience, elle semble ne plus se souvenir de ce qu’elle vient de faire et regarde Fleur, ainsi que Pyrithe de ses yeux verts...*
Où suis-je?!
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*Pyrithe se penche sur la jeune demi-elfe*
Tu es chez moi, dans ma demeure.
Tu étais visiblement possédée par une entité démonique, qui vient de quitter ton corps... pour le moment.
*Pyrithe se redresse*
Mais je ne pense rien t'apprendre en te disant celà... tu dois être au courant mieux que nous de qui est cet entité, et de sa présence dans ton corps matériel...
*regardant à nouveau la demi-elfe*
Ah, j'oubliait: je me présente: Pyrithe, Sorcier Noir, pour te servir... *s'en suit une courbette ironique*
*Pyrithe, s'éloignant de la jeune femme, se dirigeait vers la cheminée*
Je ne sais qui tu es, ni ce quet u faisais là, mais ce qui est sur, c'est que ce qui vient de se passer dans ma demeure est clair: Je ne sais d'où ca vient, mais tu as manipulé un fluide magique spécifique. Et crois moi, en ce domaine, je sais de quoi je parle. *il s'asseoit sur son fauteuil* Tu viens de manipuler un fluide magique qui avait pour spécificté de maitriser, même si c'était insuffisant pour être parfait, les liquides naturels. C'est à dire l'eau, en grand majorité. Cette magie spécifique était autrefois l'appenage d'une civilisation. Aujourd'hui, elle est peu usitée.
*Pyrithe allume sa pipe, alors que la jeune elfe se relève*
Ce qui est aussi certain, c'est que cette créature était liée à ce sort que tu as lancé. Sinon, tu n'aurais pas pu maitriser une masse d'eau aussi aisément. Cette créature physiquement sur terre, tu ne parviendra jamais à controller tes dons...
*les yeux de Pyrithe se mettent à briller alors qu'il réfléchit*
une possible héritière de souche... voilà qui est interessant...
*il se lève et s'approche de la jeune créature en souriant*
En attendant, tu es ici chez toi... Mage, bois, réchauffe toi à la chaleur de cette cheminée, tu es mon hôte d'honneur... Je répondrais à toutes les questions qui te viendront aussi.
*il pose la main sur son épaule*
Je sais que tu va traverser une période de changements dure à gérer. La découverte de la magie n'est pas simple, mais tu n'es pas seule, désormais!
*il s'éloigne, puis se rapproche de Fleur*
*son regard devient sombre, il plonge les yeux dans ceux de la guerrière qui lui ait si précieuse*
Je crois que nous devrions parler un peu... non?
*il rallume sa pipe en expirant bruyament les effluves parfumées*
Qu'est ce que c'est que cette histoire... ou as tu appris ce que tu viens de faire?
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en réponse au message
#975
Pyrithe (Maître de Magie | niveau 15)
le 21/03/2008 à 22h00
*Ecarquillant les yeux de stupeur, Ondine regarde Pyrithe sans mot dire, laissant soudain une vague de souvenirs refaire surface dans son esprit, comme un flot d’affliction croissante venant s’emparer de son âme. La demi-nymphe avait le sentiment d’avoir le devoir de fuir, encore et toujours sur les routes poussiéreuses qui la conduiraient sans doute vers le trépas… le repos éternel, et l’abnégation de la souffrance dans une vie itinérante et hostile. S’abreuvant des paroles du sorcier comme d’un réconfort qui avait longtemps tardé à venir, la demi-nymphe l’observa de ses yeux aux teintes limpides, imitant le reflet des grands lacs. Libérée de la créature abyssale qui venait de quitter ses entrailles, elle se sentait néanmoins, faible et fragile, sous le poids des incertitudes à venir. Elle le savait. La créature avait quelque chose à lui révéler… quelque chose à lui dévoiler, à lui montrer. Lui, son propre père qui s’était nourri de ses craintes les plus amères, qui l’avait menacé de ses jeux cyniques et vils au cœur des ombres traîtresses. Elle savait bien que ce jeu n’aurait pas de fin… jamais… Oui… je sais qu’il sera toujours en moi, courant dans mes veines bouillonnantes de jeune fille sauvage… imprévisible comme l’eau. C’est de lui que je tiens ce trait de caractère, je le crains. Ondine observe le sorcier noir qui est en train d’accomplir une courbette ironique… un sourire amusé se dessine sur ses lèvres, mais il meurt bientôt en un éclat de brume qui vient ternir la brillance de ses yeux. Ondine, ne se sens pas à sa place ici… parmi les mortels qu’elle n’a guère coutume de côtoyer… Il y a bien longtemps que je n’ai revu la lumière. Il me semble avoir vécu dans les limbes abyssales depuis des siècles… Et leur noirceur ne me quittera jamais plus… Il est trop tard.
Prostrée, la demi-nymphe ne dit mot. Elle avait envie de sortir pour quitter ces terres qu’elle n’avait l’habitude de parcourir… Elle ne comprenait pas ce qu’elle faisait là, ni pourquoi le sort l’avait conduite ici. Pour quelles raisons suis-je la cible d’un Destin qui joue avec moi comme avec un fantoche… Où étais-je avant d’entrer dans les abysses ? Avec qui ? Je me rappelle de vagues souvenirs… deux yeux comme l’océan… le mouvement fugace de la houle sous mes pieds… Ce sont les deux seules choses pour lesquelles je suis restée en vie… les deux seuls éléments d’un souvenir pour lequel j’ai lutté afin de survivre dans les landes noires… Et pourtant ces réminiscences me paraissent tant dérisoires… si futiles… Ondine détourne les yeux vers l’extérieur. Elle ne sait plus où elle en est, ni ce qu’il conviendrait de faire à l’avenir… un avenir dont les incertitudes pèsent lourdement sur son cœur déjà meurtri. Serrant les dents, Ondine pose une main au sol afin de trouver la force de se lever avec faiblesse. Elle toise le sorcier noir du regard, avec toute l’impétuosité d’une nymphe obscure et sauvage. Son genou lui fait mal… son cœur cogne dans sa poitrine en feu. Mais elle a conscience d’être redevable à ces deux étrangers qui lui ont sauvé la mise pour cette fois-ci. Ondine incline la tête avec grâce vers Pyrithe, puis se tourne vers Fleur dont la magie énigmatique l’a foudroyé. Plongeant ses yeux dans ceux de l’archère, elle décèle alors que l’inconnue qui l’a sauvé recèle un secret en elle. Elle le ressent, elle le sait. Ce n’est pas une simple archère… Leurs regards se croisent, tandis qu’une esquisse commence à poindre sur les lèvres d’Ondine, en guise de remerciement. La demi-nymphe n’a plus l’habitude des règles de bienséance. Il y a longtemps qu’elle n’a plus côtoyé d’autres êtres que les ombres elles-mêmes… La demi-nymphe continue à écouter le sorcier noir avec attention. Ondine connaît bien l’élément aquatique et quelques-uns de ses mystères, mais même pour elle, l’eau recèle encore bien des secrets. La demi-nymphe reste méfiante à son sujet, et ne daigne dévoiler ce qu’elle a découvert… au plus profond des abysses aquatiques… dans les ténèbres de l’eau.*
*Le sorcier noir allume alors sa pipe. La fumée âcre du tabac vient soudain titiller ses narines. C’est une odeur que j’ai déjà senti… mais où ?!
La demi-nymphe observe Pyrithe s’approcher d’elle avec toute la méfiance des nymphes qui se trouve en elle, mais elle lui est redevable de cet accueil auquel elle ne s’attendait pas, ayant conduit jusqu’ici un hôte des noires abysses. Elle daigne esquisser un sourire et murmurer dans un souffle…*
Merci… pour tout.
*Dit-elle en regardant à la fois le sorcier et l’archère de l’ombre pour laquelle elle ressentait une sympathie particulière. Quelque chose lui laissait supposer qu’il existait une part sombre en elle… Comme pour moi… *
*Voyant le sorcier s’approcher de Fleur, elle se dit que leur conversation ne la concernait sûrement pas, et, ne voulant point gêner l’hôtesse qui lui était venue en aide, elle s’éloigna de quelques pas avec une discrétion courtoise. Debout, devant l’encadrure de la porte qui avait volé en éclat peu de temps auparavant, elle regardait au dehors en fronçant les sourcils, réfléchissant aux dernières paroles du sorcier: Cette créature physiquement sur terre, tu ne parviendras jamais à contrôler tes dons... lui avait-il dit…*
Certes… mais cette créature reste … mon père…
*Une vague de brume dans les yeux, Ondine est en proie à des interrogations qui la tenaillent.*
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*Laniya restait immobile, appuyée contre le mur poussiéreux d'une ruelle assez sombre. Elle observait de son regard luisant la demeure de son maître. Chaman…enfin…elle savait que les exercices du sorcier et le décès de Lyr, avaient permis cette ascension.
Pourtant aucune joie ne se lisait sur son visage, le deuil y était encore trop présent et bien qu'elle fermait son âme à toute peine, la dureté et le changement se lisaient sur son visage comme un livre ouvert.
Son escapade sauvage l'avait apaisé et la jeune elfe avait fini par accepter ce qu'elle était, une âme noire dévouée à Dorenovia, un esprit haineux en quête de sang et de vengeance…
Elle était libre et pouvait désormais se consacrer entièrement à son apprentissage.
Il ne lui restait personne à protéger, étant donné qu'il ne lui restait plus personne.
C'était étrange, mais bien qu'elle eut totalement conscience de sa jeunesse et de sa faiblesse, elle sentait en elle une puissance toute nouvelle, un feu ardent qui ne cherchait qu'à se déchaîner…Cette force était aussi difficile à contrôler qu'elle était presque imperceptible, mais qu'importe c'est pour ça qu'elle était ici aujourd'hui. Pour que son maître l'aide à révéler cette puissance que la haine et la douleur avaient forgée dans le fond de son coeur.
La nuit était claire ce soir. Les étoiles brillaient, petits points lumineux éparpillés dans le vague espace…La nuit était belle et l'obscurité de la ville terriblement attirante.
La jeune chaman était épuisée, elle avait passé plusieurs jours sans dormir, à errer, plongée dans des méditations interminables. Il fallait qu'elle se repose pour ensuite être à nouveau entièrement dévouée à son enseignement.
Laniya sortit de la ruelle et s'approcha de la porte entrouverte. Etrange.. Dans l'encadrure de l'entrée, une jeune femme observait la nuit, plongée dans ses pensées. L'elfe hocha la tête en sa direction pour la saluer puis pénétra silencieusement dans la boutique, un peu honteuse de débarquer dans la boutique à une heure si tardive, surtout que son maître avait l'air assez occupé. Il régnait dans la pièce principale un désordre inhabituel.
Ce n'était pas ses affaires, elle balaya les lieues du regard et posa ses yeux sur Pyrithe en discussion avec une personne dont elle ignorait le nom.*
Excusez-moi *leur dit-elle, de peur de les avoir interrompus*
Je ne veux pas vous déranger, *elle fixa le sorcier* Je vous parlerais demain, Maître...
*Elle s'inclina légèrement puis indiqua un bonsoir courtois à la femme qui se tenait à ses cotés.
Laniya grimpa les escaliers et se rendit dans sa chambre. Un feu de cheminée crépitait dans l'antre et les ombres qu'il dessinait, dansaient sur les murs blancs. L'elfe se débarrassa de sa cape et s'allongea dans les draps froids de son lit. Elle s'endormit vite et plongea dans un flot de cauchemars sanglants.*
Edité par laniya le 23/03/2008 à 23h33
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* Immobile, dans une rage silencieuse, elle serrait son arc d’une main depuis le départ du démon métamorphe, fixant l’endroit où il avait disparu de sa vue. L’archère avait saisi l’occasion qui s’était présentée, comme n’importe quel guerrier à sa place l’aurait fait, presque certaine de pouvoir blesser le démon des abysses fatalement tandis que son corps était encore à moitié de chair. Mais le trait qu’elle avait tiré à l’insu de tous n’avait fait que rencontrer le vide de l’ombre, là où son cœur aurait du être, et s’était planté profondément dans un volet d’une des habitations de l’autre côté de la rue, d’ailleurs, juste avant l’approche furtive d’une jeune femme Chaman au regard perdu dans les étoiles...
Une flèche d’argent manquait à son carquois qui gisait à terre à présent, près de son arc long qu’elle avait fini par apposer contre la paroi d’un mur. La panthère noire, son compagnon animal, n’était plus parmi eux dans la boutique, mais elle ne s’en inquiétait pas vraiment.
La menace passée, mais toujours méfiante, Fleur observait, étudiait en détail la pièce dévastée où un courant d’air glacial semblait lui rappeler comme la vie peut-être précaire. Tout en regardant Pyrithe et Ondine tour à tour, lentement, elle se dirigea vers l’âtre et y ajouta du bois, puis se tourna vers Pyrithe lorsque celui-ci s’approcha d’elle pour lui parler.
L’hospitalité du Sorcier noir vis-à-vis d’Ondine ne la surpris guère, ni d’ailleurs sa question qui était restée sans réponse, au moment où l’énigmatique Laniya surgit de nulle part, demeurant parmi eux qu’un court instant, visiblement épuisée et perdue dans ses propres déceptions, avant de se retirer à l’étage.
Fleur profita de cette diversion pour scruter discrètement Pyrithe, cherchant quelque trace de blessure et esquissa un léger sourire qui s’effaça aussitôt derrière la barrière de sa chevelure d’ébène, lorsqu’elle baissa la tête au moment où le regard sombre du sorcier revenait sur elle. Aucune trace de sang sur lui. *
… un instant, je te prie…
*… Pyrithe, à nouveau intrigué par la guerrière, la suit des yeux et la regarde déambuler vers Ondine, à l’embrasure de la porte. Défaisant sa cape d’un geste, elle la lui glisse sur les épaules, couvrant ses haillons entièrement. Tandis qu’elle relève la tête, son regard mitigé rencontre celui si clair de la demi-nymphe, sans un mot, elle se recule aussitôt et se présente à elle avec grâce, d’une révérence comme l’on verrait à la cour de Balagadil. Ondine pouvait voir que la jeune demi-elfe était entièrement revêtue de cuir. Un poignard dont la garde d'argent était entièrement gravée de runes faery était attaché à sa cuisse et un médaillon doré, couvert de runes qu'elle ne pouvait reconnaître et qui brillaient d’une lueur bleutée et apaisante, reposait sur sa poitrine ; cette même nuance de bleu qui émanait du cristal au bout du bâton de sorcier de Pyrithe.*
Ondine, je te prie de considérer l’offre de Pyrithe, du moins pour quelques temps encore…
* Elle s’interrompt soudain en esquissant un sourire et jette un regard à l’extérieur. Au moment où Ondine se retourne, Fëatir sort de la pénombre d’une ruelle et pénètre dans la boutique en grondant, frôlant la main de la protectrice de vaisseau d’un mouvement de la tête au passage.
Fleur le laisse venir à elle et le caresse en le fixant dans les yeux, puis laisse échapper un léger soupir et revient sur ses pas, auprès de Pyrithe. Elle se saisit du tisonnier et se met à remuer les braises dans l’âtre. La douce lumière des flammes baignait son doux visage d’une chaleur agréable. *
J’ai rencontré le Loup Blanc dans cet endroit où je m’égarais souvent sans le savoir. Cet endroit si fragile entre le rêve et l’éveil…
Cette fois, il m’y attendait.
* L’archère fini par détacher son regard des flammes et le plongea dans celui de Pyrithe sans réserve aucune.
La prophétie parlait de Gardiens, tout comme l’Ombre avait ses Marcheurs. Certains, elle avait déjà pu identifier en contemplant la fresque dans le Hall des Guerriers… Fëatir, Arésius, Luuna et… oui, même Moghan et cela peut-être bien malgré lui… mais, il y a avait aussi un Guide qui avait fini par se révéler à elle de lui-même.
Pyrithe devait savoir, il connaissait les écrits.
Fleur n’était seule qu’en apparences.*
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en réponse au message
#978
Fleur Sauvage (Ange Noir | niveau 17)
le 24/03/2008 à 19h37
*Pyrithe fronca les sourcils*
Le Loup Blanc... *Pyrithe tire une grosse bouffée de fumée, comme s'il en avait besoin cette fois*
Le Lycan tu veux dire... C'ets un homme qui prend l'apparence d'un loup, surement par magie je crois. Ce personnage énigmatique maitrise une magie peu puissante, mais proche de la nature. Je l'ai rencontré quelques fois, il y a très longtemps.
*Ses yeux se rivent dans ceux de Fleur. Qu'est ce que Nacil venait bien foutre dans toute cette histoire? C'est vrai qu'il est parmis les rares utilisateurs de la amgie des chamans ici bas, mais pourquoi s'amuse t'il à apparaitre dans des rêves, ou autre, et surtout en ce qui concerne Fleur... Il fallait bien qu'il se mêle de ca aussi!!*
Je suppose que le Loup Blanc t'as parlé de prophétie...
*Il sourit, avant de prendre un air grave*
Tu dois me dire ce qu'il t'as dit, Fleur. C'est très important. *ses yeux deviennent froids* Il se peut même que je te demande s'il m'est possible d'accéder à ce monde...*
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*En retrait, Ondine réfléchit aux dernières paroles de Fleur la concernant, et plonge son regard dans l’obscurité croissante qui s’est abattue sur la ville endormie. Ondine, je te prie de considérer l’offre de Pyrithe, du moins pour quelques temps encore… lui avait-elle dit.*
*La jeune fille observe des ombres se profiler sur les murs lézardés des chaumines chaleureuses aux alentours… De ses oreilles pointues, elle perçoit un craquement fugace dans le lointain, ce qui a pour effet de la faire tressaillir désagréablement. Jetant un bref coup d’œil à Pyrithe, elle se demande si elle se doit d’accepter son offre. De nature méfiante à l’instar de ses semblables, elle ne daigne accepter l'aide d'autrui qu'avec réticence. Ce n’est guère dans ses habitudes de jeune fille effarouchée… Cependant, Ondine a conscience que son voyage dans l’univers abyssal de la créature a eu pour effet de nuire à une partie de ses souvenirs. Quelque chose lui manque… créant une sorte de vide immatériel et inexplicable dans son cœur… Mais quoi ?! Elle avait le sentiment d’avoir oublié des fragments de souvenirs dans les abysses sépulcrales… comme si son géniteur à l’âme noire voulait lui faire oublier quelque chose… L’océan… à perte de vue devant moi… je sens la houle sous mes pieds… il me faut avancer dans les ténèbres sans l’oublier… tenir ou courber l’échine sous le poids de son regard…
Ondine ferme furtivement les yeux. Elle doit se rappeler ce qui semble enfoui au plus profond de sa mémoire… Elle ne se souvient plus… pourquoi? Je suis sans doute restée bien trop longtemps sur les terres noires… J’ai oublié la lumière…*
*Soucieuse de ne point déranger ses hôtes qui lui sont déjà bien venus en aide, elle décide de s’éclipser comme une ombre dans l'une des chambres du haut, sur les pas de cette jeune inconnue qui est entrée sans crier gare. Sans un mot, elle plonge ses yeux lumineux dans ceux du sorcier noir, en guise d’acceptation pour l’offre charitable qui lui a été proposée. Tournant son visage maculé de poussière vers l’archère, elle décide de prendre congé à sa manière, et pointe son index diaphane sur le front de Fleur Sauvage… y traçant un cercle furtif qui s’éclaire en une aura légère et lumineuse… mais l'esquisse disparaît aussi soudainement qu’elle est apparue.*
Que les nymphes te protègent… sœur des ténèbres…
*Ondine ayant apposé le sceau de protection des nymphes sur la guerrière de l’ombre, elle adresse une esquisse de sourire à Pyrithe puis entreprend de disparaître dans l’une des chambres du haut. Après avoir gravi quelques marches, la demi-nymphe pousse une porte gravée de runes derrière laquelle se trouve une source lumineuse apaisante… Un feu est en train de crépiter dans l’âtre, faisant danser les braises suaves au cœur du foyer. Intriguée, elle s’approche de la fenêtre d’où elle écarte légèrement le rideau carmin de ses doigts légers… La silhouette qu’elle craignait est toujours là… dressée comme un colosse de pierre il reste immobile et semble attendre patiemment quelque chose, la toisant de son visage qui n’en est pas un… Aucun regard ne croise le sien… et pourtant… il semble la contempler avec l’avidité sournoise d’un assaillant qui ne quitte jamais la proie tant convoitée… tant désirée…*
*Ondine ferme brusquement le rideau et se recule, se précipitant vers la cheminée où elle attise encore les flammes dansantes… Il déteste la lumière… Elle regarde vers le conduit qui mène sur le toit des Mille Sortilèges… Il la maudit et l’exècre… puis elle s’engouffre dans un recoin de la chambre et se recroqueville sur elle-même. Enveloppée dans la chaude cape de l’archère, elle commence à fermer doucement ses yeux noirs qui ne voient plus que les ténèbres devant eux… L’obscurité sera toujours là… même quand je fermerai les yeux… Elle ne me quittera donc jamais. Vivre… ou mourir… Lui… ou moi…*
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