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Voici l'homme
Titre original : Behold the Man
Ecrit par Michael John Moorcock.
Science Fiction (Année de parution : 1969), Grande-Bretagne
Synopsis :
Karl Glogauer est un homme désespéré. Tout l’insupporte. Il sent bien qu’il n’est pas à sa place dans le XXème siècle. Aussi lorsqu’un jour, une de ses connaissances lui dit avoir mis au point une machine permettant de voyager dans le temps, il n’hésite pas longtemps et se porte volontaire pour expérimenter la machine. Une seule question se pose : remonter le temps, mais pour aller où ?
Bien qu’incroyant, Karl ne peut résister à la tentation de percer à jour le plus grand mystère de notre monde. Aussi demande-t-il à être ramené en Terre promise en l’an 28. Quelle n’est pas sa surprise de découvrir à son arrivée que personne ne semble connaître Jésus de Nazareth.
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Styrion : 7/10
Je préfère mettre les choses au clair dès le début de cette critique, « Voici l’homme » est un roman ...
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Je préfère mettre les choses au clair dès le début de cette critique, « Voici l’homme » est un roman étonnant, presque dérangeant. N’étant pas un inconditionnel de Moorcock – je n’ai lu que quelques uns de ses ouvrages et ne garde pas un excellent souvenir du premier volume du cycle « Elric » – je ne sais pas si la tonalité de ce livre est conforme à l’univers de l’auteur. Tout au plus me risquerai-je à vous dire qu’on ne reste pas indifférent à la lecture de ce volume. En ce sens, je ne peux que vous encourager à jeter un œil à la présente critique. Peut-être vous permettra-t-elle de découvrir un livre que, spontanément, vous n’auriez pas lu.
* * *
« Voici l’homme » est un stand-alone qui ne fait référence à aucun des autres romans de Moorcock. Inutile d’y chercher une référence à « Elric » ou « Corrum », vous n’en trouverez pas. Si la trame principale emprunte beaucoup à la Science-Fiction, ne serait-ce qu’en raison du thème des voyages temporels, j’attire votre attention sur le fait que ce roman n’est pas un véritable livre de SF. Je manque de référent en ce domaine, lisant plus volontiers de la Fantasy, mais j’ai l’impression que ce livre tient plus de l’essai philosophique que d’un simple roman SF.
Ainsi que vous pouvez le lire dans le synopsis, l’auteur envoie son personnage principal sur les traces du Christ. Dès lors, vous pouvez vous douter que les éléments SF vont être réduits à une portion congrue et, pour être tout à fait franc, inexistants. Si vous cherchez un roman sur les affres des voyages temporels, les délicates questions des causes et des conséquences, passez votre chemin. Moorcock expédie toutes les questions techniques dès le premier chapitre. Une fois le voyage terminé, il ne revient plus sur ses aspects triviaux. Son héros, Karl Glogauer, va devoir se débrouiller seul en Judée au premier siècle de notre ère sans soutien technologique d’aucune sorte. Amoureux de hard-SF passez votre chemin, vous risquez de ne pas trouver votre bonheur ici.
Etrange, me direz-vous : un livre de science-fiction sans science-fiction. Quel peut bien être le mystère de ce livre qui, bien que publié pour la première fois en 1969, était réédité une fois encore en 2006 ? Si je devais vraiment apporter une réponse, je dirais qu’il reste le talent d’un auteur ayant toujours eu un faible pour les écorchés vifs.
J’ai mentionné en introduction que ce livre n’avait pas de rapport avec les cycles plus connus de Moorcock. A vrai dire, ce n’est pas tout à fait exact. Si ce volume ne parle pas d’Elric et s’il est tout aussi juste de souligner que l’histoire de « Voici l’homme » s’ancre dans un univers très différent de ceux, fantastiques, auxquels l’auteur nous avait habitués ; nul ne peut pourtant nier que les thèmes qui y sont abordés, sont ceux qui ont fait la renommée de Moorcock. Quelle est la place de l’homme ? Dans quelle mesure le Destin régie-t-il la vie d’un homme ? Comment doit-on réagir face aux coups du sort ? En raison des sujets abordés, le livre peut est dense et parfois à la limite du supportable. D’autant que le héros, pessimiste névrosé, n’aide pas à alléger l’atmosphère.
Mais ne nous y trompons pas, ce livre est en fait plein d’espoir. L’auteur a conçu son livre autour d’un perpétuel balancement entre le passé de Glogauer et son présent. Le lecteur navigue donc entre les expériences malheureuses de Karl et le parcours initiatique de ce même homme qui, en cherchant Jésus, est obligé de prendre en compte ses expériences afin de se reconstruire. Moorcock fait de Glogauer un Christ moderne qui accepte les péchés et les fautes de notre temps et va tenter de se racheter pour rendre l’espoir au monde.
En raison du ton et des thèmes abordés, je ne vous cache pas que ce livre est parfois d’une lecture difficile. Pour ma part j’étais peu habitué à lire des romans « mystiques », mais je n’ai pas été déçu. Evidemment, j’ai conscience que les réflexions sur la nature du christianisme qui pimentent ce livre ne seront pas du goût de tout le monde. Pour autant, je ne saurais trop vous encourager à y jeter un œil : le livre ne fait que 185 pages et se lit très rapidement. Loin de sombrer dans du prosélytisme, l’auteur mène une réflexion passionnante qui mérite que l’on s’y arrête.
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Que vous dire en conclusion ? Je pense devoir vous mettre en garde à nouveau. Ce livre est d’une nature particulière, il n’est pas question de l’aborder sans un minimum de recul et d’ouverture d’esprit. Ne l’achetez pas non plus si vous pensez le lire sur la plage pendant les vacances. Je peux vous assurer qu’il n’est pas d’une lecture reposante. Entre fable mystique et roman philosophique, « Voici l’homme » se propose de vous emmener en plein cœur de l’âme humaine, là où grandeur et déchéance se côtoient en permanence.
Si les arguments précédents ne vous ont pas fait fuir, je ne peux que vous encourager à jeter un œil à ce livre. S’il n’est pas indispensable dans une bibliothèque d’amateur de SF ou de Fantasy, il peut néanmoins vous apporter quelque chose sur un plan de culture générale. Sans compter que vous risquer d’appréhender la religion chrétienne un peu différemment.
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Auteur : Michael John Moorcock
Editeur : L'Atalante
Date de parution : avril 2001
Collection : La Dentelle du cygne
Nombre de pages : 185
Format : 13 cm X 18 cm
ISBN : 2-84172-169-8
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