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Des horizons rouge sang
Titre original : Red Seas under Red Skies
Ecrit par un inconnu de nos archives.
Heroic Fantasy (Année de parution : 2007), Grande-Bretagne
Appartient au cycle : Les Salauds Gentilshommes :
Synopsis :
Après un départ précipité de Camorr, Locke et Jean se retrouvent dans une situation difficile : sans le sou et traqués de toute parts, ils doivent repartir de zéro. Mais ces génies de l’arnaque ne sont pas hommes à baisser les bras face à l’adversité. La cité-Etat de Tal Verrar peut trembler car c’est sur elle que les voleurs de Camorr ont jeté leur dévolu. Ils ne souhaitent rien moins qu’en dévaliser la plus célèbre maison de jeu, l’Aiguille du péché.
Pour mener cette entreprise à bien, nos escrocs devront utiliser tous leurs talents. Et ces derniers ne seront pas de trop car l’entreprise n’est pas sans risque. Loin s’en faut. Outre une chambre forte réputée inviolable, Locke et Jean devront faire face au mystérieux Requin qui dirige d’une main de fer l’Aiguille du péché et règne en maître sur la pègre de Tal Verrar… Un défi qui mettra les nerfs des Salauds Gentilshommes à rude épreuve.
Sans compter qu’ils vont être confrontés à des difficultés imprévues… Entre les mages esclaves de Karthain – de vieilles connaissances – et les luttes intestines qui opposent l’Archontat au Priori de Tal Verrar, les Salauds Gentilshommes ne risquent pas de s’ennuyer.
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1 critiques (proposer une critique):
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Styrion : 8/10
Je veux voir tous les marins dans la mature. Hissez les voiles et tenez-vous prêts ! Il est plus que ...
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Je veux voir tous les marins dans la mature. Hissez les voiles et tenez-vous prêts ! Il est plus que temps de mettre le cap sur « Des horizons rouge sang », le second tome du cycle des « Salauds Gentilshommes ».
* * *
Excusez cette entrée en matière peu orthodoxe, mais elle me semblait plus qu’appropriée pour présenter un ouvrage vous proposant d’embarquer à bord d’un navire pirate. Je devine votre surprise à la lecture de ma dernière phrase : « embarquer à bord d’un navire pirate » ! Eh bien oui, on peut dire beaucoup de choses sur ce tome mais je mets au défi quiconque de prétendre que Scott Lynch se repose sur ses lauriers. En effet, si le premier tome des « Salauds Gentilshommes » présentait les péripéties d’une bande de voleurs dans les rues de Camorr, celui-ci nous entraine sur les mers. Scott Lynch prend donc un gros risque en plaçant ses lecteurs dans un univers totalement novateur, d’autant que rarement une ville avait eu place si importante au cœur d’un roman. Sans plus attendre mes impressions sur ce second tome plein de surprises.
Je préfère vous le dire tout de suite, ce second opus me laisse une impression mitigée, mon plus gros reproche étant qu’il manque un peu de rythme dans ses premières pages. En règle générale le premier tome d’un cycle souffre toujours de certaines longueurs, le temps pour l’auteur de présenter son univers. En comparaison, les volumes suivants sont plus intuitifs et l’action y est plus présente. Ici, on assiste au phénomène inverse : alors que le premier tome était incisif, l’auteur utilisant d’ingénieux flashback pour éclaircir certains points, ce second opus nous laisse un peu déconcertés face à un démarrage poussif. Il est vrai que le final du premier tome étant ce qu’il est, l’auteur a eu besoin de temps pour remettre ses personnages en selle. Pour autant, je confesse m’être ennuyé dans les premiers chapitres. Sans compter que je me sentais un peu frustré de ne pas pouvoir remettre les pieds dans cette belle ville de Camorr. Ville que j’avais appris à apprécier en raison des magnifiques descriptions de son créateur. Mais ne boudons pas note plaisir. Ce contretemps n’est pas aussi grave qu’il en l’air. « Des horizons rouge sang » souffre plus de la comparaison avec son aîné, « Les mensonges de Locke Lamora », que d’une réelle carence. Je m’attendais à quelque chose de plus et je n’ai eu que quelque chose de différent. Passée la lecture des deux cents premières pages l’auteur retrouve son rythme et le lecteur, son plaisir. Oui, je sais ce que vous vous dites : deux cents pages, c’est quand même très long ! J’aurais tendance à vous répondre qu’il faut relativiser : le début est moins bon que je ne l’espérais ; mais il est bien meilleur que dans beaucoup d’autres productions.
Cela étant le ce tome n’est pas dépourvu de qualités. On retrouve, avec bonheur, les personnages de Locke et Jean. Un duo que les lecteurs du premier opus connaissent bien mais qui dans le présent volume me semble mieux équilibré. Autant « Les mensonges de Locke Lamora » laissait la part belle à Locke, autant dans ce tome les deux personnages se partagent l’affiche à parts égales.
Plutôt que d’installer son cycle dans une irritante routine narrative (à l’image d’un Eddings pour ne citer que lui), Scott Lynch n’hésite pas à prendre des risques. Bien que la perte de nos repères soit déconcertante dans un premier temps, force m’est d’avouer que l’intrigue y gagne fortement en originalité. Loin de leur bonne ville de Camorr, nos héros sont forcés de repartir de zéro. Il leur faut nouer des contacts, découvrir à qui ils peuvent se fier, donner vie à de nouvelles identités. Ils sont confrontés à de nouveaux dangers et ne mesurent pas toujours l’importance de certains de leurs choix. Moins assurés que dans le premier volume, ils n’en sont que plus réalistes et sympathiques.
Sans compter que nos deux voleurs vont devoir s’initier en peu de temps à l’art de la piraterie. Leur métamorphose ne va pas sans quelques déboires qui donnent du piment à cet ouvrage. Dépaysement garanti ! On découvre nos héros sous un jour nouveau : vulnérables, peu sûrs d’eux et, pour la première fois, à visage découvert. L’occasion pour l’auteur d’explorer les limites de leur relation. Je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir ce à quoi je fais allusion. Contrairement au premier tome, l’auteur ne limite pas l’univers de ses héros à une unique ville. Piraterie oblige, nous allons voir du pays : Tal Verrar, Port Prodigue, Salon-Corbeau et plus généralement la mer de Cuivre et le pont de navires pirates. Si la multiplicité des lieux évite la monotonie, je regrette que l’on ne s’attarde pas plus sur certains d’entre eux. J’aurais aimé passer plus de temps dans les rues de Port Prodigue, capitale de la piraterie…
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Je l’annonçais en introduction, constat mitigé pour ce second volume. « Des horizons rouge sang » est sans nul doute un bon livre de fantasy, mais je le trouve un ton en dessous de son aîné. Je salue la volonté de l’auteur de ne pas enfermer ses personnages dans un carcan trop strict, mais j’aurais apprécié passer un peu plus de temps à Camorr. J’ai l’impression que l’ouvrage n’a pas su trouver son rythme : on s’ennuie un peu au début et le final arrive trop vite…
Je profite de ce dernier paragraphe pour souligner un point : j’ai lu ce tome il y a déjà deux semaines. Si j’avais dû en faire la critique aussitôt la dernière ligne lue, j’aurais été dithyrambique. Les derniers chapitres sont géniaux : drôles, incisifs, énergiques, etc. A eux seuls ils gomment tous les défauts que j’ai pu énoncer précédemment. Locke et Jean abandonnent leurs habits de pirates et redeviennent le temps de quelques lignes des génies de l’escroquerie. On frémit en découvrant la nature du vol qu’ils avaient en tête et on jubile en voyant comment tout le livre s’articule pour nous offrir un final explosif.
Bref, ne perdez pas de temps à vous poser mille questions. Si vous avez appréciez le premier volume, courrez vous procurer celui-ci. Les premières pages que je fustige ne sont pas si terribles et peut-être n’étais-je tout simplement pas de bonne humeur quand je les ai lues. Ne perdez jamais de vue qu’une critique est hautement personnelle, qu’elle n’engage que son auteur et que même ce-dernier peut de temps en temps trouver à y redire.
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Auteur : Scott Lynch
Editeur : Bragelonne
Date de parution : Février 2008
Collection : Fantasy
Nombre de pages : 576
Format : 15 cm X 23 cm
ISBN : 978-2-35294-143-9
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