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Les mensonges de Locke Lamora
Titre original : The Lies of Locke Lamora
Ecrit par un inconnu de nos archives.
Heroic Fantasy (Année de parution : 2006), Grande-Bretagne
Appartient au cycle : Les Salauds Gentilshommes :
Synopsis :
Le Faiseur de voleurs se frotte les mains : une épidémie de Souffle Noir frappe le quartier de Prendfeu. Là où tous ne verraient que mort et désolation, lui discerne une occasion à ne pas manquer : prendre sous son aile de jeunes orphelins et en faire de parfaits voleurs. C’est ainsi que Locke Lamora va débuter sa carrière d’escroc. Carrière pour laquelle il va montrer des prédispositions peu communes. Pendant de longues années, il n’aura de cesse de perfectionner ses talents jusqu’à devenir celui que tout le monde ne connaît que sous le nom de la Ronce de Camorr.
Bien des rumeurs circulent au sujet de ce voleur légendaire. Certains prétendent que ce n’est qu’une ombre, un être immatériel capable de traverser les murs. D’autres affirment que c’est un bretteur émérite qui dérobe l’argent des riches pour le redistribuer aux nécessiteux. Certains vont même jusqu’à mettre en doute son existence. Mais personne ne soupçonne qu’il puisse s’agir de la bande des Salauds Gentilshommes dirigée d’une main experte par Locke Lamora.
Tout semble sourire à Locke, jusqu’à ce les bas fonds de Camorr soient secoués par de mystérieux meurtres. Les voleurs ne savent plus à qui faire confiance et la guerre civile menace. Pour Locke et ses amis, l’avenir s’annonce plus dangereux que jamais. Pour rester en vie il leur faudra employer toutes leurs ruses et tous leurs talents…
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« Ce roman m’a captivé dès la première page et ne m’a laissé aucune porte de sortie. Une histoire fraîche, originale et captivante racontée par une brillante nouvelle voix de la Fantasy. Locke Lamora est un bandit plein de charme et la cité de Camorr un décor fascinant et magnifiquement dépeint qui rivalise avec Lankhmar et Ambre. »
_ George R. R. Martin, auteur du Trône de fer _
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Styrion : 9/10
Inutile de tenter de garder le secret plus longtemps, « Les mensonges de Locke Lamora » est vraiment ...
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Inutile de tenter de garder le secret plus longtemps, « Les mensonges de Locke Lamora » est vraiment un excellent roman de fantasy. Certainement l’un des plus agréables qu’il m’ait été donné de lire depuis quelques mois. Je profite d’ailleurs de cette courte introduction pour saluer la performance de Scott Lynch qui, avec la parution de ce premier tome des « Salauds Gentilshommes », a fait une entrée fracassante dans le petit monde de la fantasy. Le moins que l’on puisse dire c’est que pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Et c’est tant mieux car ça laisse augurer du meilleur pour la suite de sa carrière. Bref, vous l’aurez compris ce livre ne m’a pas laissé indifférent.
Voyons sans plus attendre les raisons de ce succès.
* * *
Avant de commencer la critique proprement dite, permettez-moi de glisser deux mots sur la couverture de Benjamin Carré. Oui je sais, je suis censé ne donner mon avis que sur les qualités littéraires de cette œuvre, mais la couverture est si recherchée que je pourrais me contenter d’en faire un commentaire pour critiquer le livre. Pour ne rien vous cacher, il est rare qu’une couverture parvienne si bien à cerner un roman. En quelques traits, l’illustrateur a réussi à présenter un condensé de l’œuvre : tous les ingrédients de l’histoire y figurent. On retrouve ainsi une ville quelque peu oppressante sur laquelle plane un parfum de mystère, mais qui pour autant n’est pas dépourvue d’une certaine grandeur. L’illustration laisse deviner que nous allons évoluer dans l’ombre, les bas-fonds de la ville sans pour autant sombrer dans une atmosphère glauque et pesante. Le personnage principal demeure mystérieux et il semble que l’on doive rester dans l’expectative quant à ses capacités. Pourtant on devine chez lui un certain charisme et une noblesse à peine dissimulée. Bref, un travail d’une intelligence rare. Je vous invite d’ailleurs, à jeter un œil sur les couvertures anglaises des « Mensonges de Locke Lamora » : vous pourrez ainsi constater que le travail de Benjamin Carré n’est pas passé inaperçu et qu’il a été repris en lieu et place de la couverture originale.
Cela étant dit, il est plus que temps de nous attaquer à la critique de ce premier volume. Alors que j’écris ces quelques mots, je ne peux m’empêcher de me demander par où commencer. Vais-je vous parler du personnage principal ou des personnages secondaires ? Dois-je m’étendre sur la description extraordinaire de Camorr ? Que vous dire de l’histoire sans vous en gâcher la découverte ? Aurais-je le temps de vous parler de l’arrière plan, des différentes cultures et systèmes politiques décrits dans ce livre ? Ne pouvant me décider, je n’ai d’autre choix que de vous faire une présentation rapide des points susmentionnés.
Le personnage principal, Locke Lamora, m’a séduit dès les premières lignes. Je ne peux qu’admettre que Scott Lynch connaît bien son affaire et qu’il a tout fait pour nous rendre le personnage attachant. Aussi plutôt que de nous parler d’un voleur accompli, prend-t-il le parti de faire débuter son roman par un long prologue où l’on découvre les premières années du jeune Locke. Comment ne pas apprécier ce petit gamin débrouillard et facétieux qui ne s’en laisse pas compter par ses ainés ? Comment ne pas sourire à la lecture des facéties de ce jeune voleur qui imagine des subterfuges incroyables pour escroquer les honnêtes passants ? Je pense qu’une partie du talent de Lynch réside dans ces premières lignes : il parvient en peu de pages à faire de ce voleur un personnage sympathique.
Mais ce héros atypique ne serait rien s’il n’était secondé par la bande des Salauds Gentilshommes. Des escrocs, au nombre de quatre, aux capacités variées portent bien leur noms : des voleurs, certes, mais qui opèrent avec classe et sans se départir d’une certaine éthique. L’auteur bien qu’ayant pris le parti de construire son récit autour d’une société secrète, a fait en sorte que les personnages principaux conservent une certaine moralité. Ce qui pourrait sembler « politiquement correct » est en fait, à mon sens, un habile procédé littéraire : le lecteur a ainsi le loisir de s’identifier plus facilement à ses héros. Pour autant, ne vous inquiétez pas. Ce roman demeure rugueux et si les personnages principaux font preuve de retenue, il n’en va pas de même pour les « seconds rôles ». D’ailleurs la présence de « vrais salauds » permet à nos Salauds Gentilshommes de laisser libre cours à leur nature profonde. L’auteur en profite pour écrire quelques bonnes pages de combats vicieux où couteaux et à haches s’entrecroisent sur un rythme endiablé.
Ce mélange des genres, parfaitement maitrisé, permet au lecteur de s’immerger dans un monde mature et crédible, mais qui ne cède jamais à la surenchère de violence ou de sordide.
Ne comptez pas sur moi pour vous parler de l’histoire sous peine de la gâcher. Tout au plus vais-je me borner à signaler que l’auteur nous réserve bien des surprises. Notez au passage que si l’intrigue générale se veut celle d’une immense supercherie – escroc oblige, le lecteur n’est jamais perdu. Toutes les informations nécessaires lui sont fournies ; l’auteur se permettant même régulièrement d’utiles digressions qui, sous forme de flashback, éclairent d’un jour nouveau l’histoire principale. Aussi, au fil des pages, fait-on plus ample connaissance avec tous les protagonistes de l’œuvre, en apprenant toujours un peu plus sur leur enfance et leurs talents respectifs. Là encore, je me permets d’insister sur la qualité de ces digressions : loin de ralentir la lecture – comme c’est trop souvent le cas – elles sont toujours agréables et intéressantes. Pour ma part je les attendais avec une certaine impatience, tant j’étais curieux d’en apprendre davantage sur Locke, Jean, Calo, Galdo, Moucheron, Chains etc.
Il est à présent temps de vous dire deux mots du décor de cette histoire : la cité de Camorr. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’auteur a réussi à en faire un univers riche, cohérent et extravagant. Imaginez un mélange entre Venise et Londres. Camorr est en effet construite en bord de mer sur des canaux formant de véritables labyrinthes et une brume persistante renforce l’atmosphère sombre et humide de ses bas-fonds. L’auteur a pris soin d’imaginer tout un folklore tournant autour de l’utilisation qui peut être faite de ces canaux : foires et marchés fluviaux, ponts nombreux donnant lieu à des postes de douanes, quartiers divisés etc. En conséquence, le lecteur a toujours l’impression d’évoluer dans un univers atypique et quelque peu inquiétant. Car les canaux de Camorr ne sont pas ceux de Venise : de nombreux animaux marins les peuplent et peu parmi eux sont pacifiques.
Mais plus qu’un simple décor ou la réunion de quelques quartiers, Camorr se distingue surtout par ses habitants. Tous sont humains bien que provenant parfois d’horizons lointains (n’oublions pas que Camorr est une cité riche et un port prospère). Mais Scott Lynch a pris soin de compenser cette apparente pauvreté : aussi a-t-il développé l’arrière plan culturel et politique de sa cité. Le lecteur est confronté à une mosaïque sociale et culturelle : nobles habillés magnifiquement, artisans à la mine austère, tire-laines des bas-fonds, etc. Toutes ses couches sociales se croisent et évoluent de manière crédible. Une des grandes forces de l’œuvre réside aussi dans le soin qu’a mis l’auteur pour codifier les mœurs et habitudes des Camorriens. A titre d’exemple, je pourrais vous faire un commentaire de la société des voleurs : organisée en bandes hiérarchisées sous la direction d’un chef unique qui perçoit une partie des bénéfices et s’assure de la bonne marche des opérations et du respect des territoires de chacun. Malheureusement cette critique est déjà bien trop longue et mon talent étant loin d’égaler celui de Scott Lynch, il vous vaut mieux découvrir tout cela par vous-même. L’auteur nous a réservé bon nombre de surprises supplémentaires : un panthéon original, des animaux étranges, un calendrier festif, etc.
Enfin, il me semble important de signaler que le monde de Scott Lynch ne se limite pas à la seule cité de Camorr. Au travers d’allusions et de rumeurs, on la sent immergée dans un monde immense. L’auteur fait d’ailleurs de nombreuses références au passé de la ville alors qu’elle était sous la domination des mystérieux Anciens. Ajoutant à la description de Camorr une part de mystère et de magie.
* * *
Je ne sais si ma critique vous aura donné envie de lire ce livre. Dans le doute, je ne peux que répéter que, pour ma part, j’ai pris un grand plaisir à partager les premières aventures de ces Salauds Gentilshommes. Qu’ajouter ? sinon peut-être qu’en raison du final du premier tome, le second s’annonce particulièrement passionnant à suivre.
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Auteur : Scott Lynch
Editeur : Bragelonne
Date de parution : février 2007
Collection : Fantasy
Nombre de pages : 551
Format : 15 cm X 23 cm
ISBN : 978-2-35294-027-2
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