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Le Seigneur des empereurs
Titre original : Lord of Emperors
Ecrit par Guy Gavriel Kay.
Heroic Fantasy (Année de parution : 2000), Canada
Appartient au cycle : La Mosaïque de Sarance :
Synopsis :
Caius Crispus, le mosaïste, est enfin parvenu à Sarance. Et ainsi que le veut le vieil adage, son voyage vers la cité impériale a donné à sa vie un tour imprévu. Mais alors qu’il s’attèle à la décoration du sanctuaire, son courage et sa loyauté vont être mis à rude épreuve. Bien malgré lui, il va se trouver mêler aux intrigues de la cité impériale. Et il n’est pas dit qu’il puisse rester neutre bien longtemps.
Un autre voyageur fait son entrée dans la cité impériale : Rustem de Kekarek, simple médecin qui s’est vu confier une étonnante mission par son souverain, le Roi des Rois. Pour la mener à bien, il n’a d’autre choix, lui un asharite, que de s’installer dans la ville symbole de la foi jaddite. Or, si les acharites y sont tolérés en temps de paix, ils n’y sont pas pour autant les bienvenus. C’est donc avec la plus grande prudence que Rustem entreprend sa mission. Pourtant, dès ses premiers pas dans la capitale sarantine, sa vie va prendre un tour nouveau et pour le moins… inattendu. Ce médecin compétent va devoir de toute urgence s’initier à l’espionnage et apprendre sans tarder à qui l’on doit faire confiance et, plus important encore, à qui l’on ne peut se fier.
Car la ville de Sarance est en pleine effervescence. Les travaux de l’empereur Valérius II battent leur plein, les armées se réunissent dans l’optique d’une reconquête de la Batiare et par-dessus tout la saison des courses d’auriges s’annonce passionnante. Mais cette activité frénétique cache de sinistres complots. Dans l’ombre, de sombres machinations se trament pour renverser Valérius II et l’impératrice Alixana. Au train où vont les choses, personnes ne sera épargné.
--« Aut lux hic nata est, aut capta hic libera regnat »--
(Inscription à Ravenne, parmi les mosaïques).
Traduction : « Ou bien la lumière est née ici, ou bien, retenue captive, elle y règne en toute liberté. »
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Styrion : 9/10
Vous pouvez-vous en douter, il y a peu de chance que ma critique de ce tome soit plus objective que ...
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Vous pouvez-vous en douter, il y a peu de chance que ma critique de ce tome soit plus objective que celle du précédent. Je tiens d’ailleurs à signaler dès à présent que « Le Seigneur des empereurs » est la suite directe du « Chemin de Sarance ». Aussi si vous n’avez pas lu, ou pas aimé, le premier volume, je ne saurais trop vous encourager à passer votre chemin. Pour les autres, je vous invite à plonger avec moi dans cette œuvre magistrale.
La rédaction de cette critique s’annonce ardue puisque, sous peine de dévoiler l’intrigue du premier tome, je ne peux rien vous dire de l’histoire du second. Mais qu’à cela ne tienne, accommodons-nous de cette difficulté supplémentaire. Au risque d’être quelque peu réducteur je vais me borner à vous faire part de mes impressions.
Enchanteur ! Je pense que c’est le mot le plus adéquat pour décrire ce second tome. Guy Gavriel Kay nous entraine toujours plus profondément dans sa vision de Constantinople et l’on ne peut pas rester indifférent face à un tel talent. Le lecteur est pris sous un flot d’émotions tel qu’il est difficile d’en sortir une fois le livre terminé. Je ne sais comment l’auteur parvient à créer un monde si cohérent et si riche, mais je suis certain que c’est-là l’œuvre d’un magicien. La magie des mots et du talent sans doute ; mais c’est néanmoins de magie dont il est question. Car redonner vie – et quelle vie ! – à une époque révolue depuis plus de treize siècles est un don rare qu’il convient d’apprécier à sa juste valeur. L’ouvrage se termine sur une citation latine que l’on peut traduire par : « Ou bien la lumière est née ici, ou bien, retenue captive, elle y règne en toute liberté ». J’ai beau savoir que cette phrase fait référence aux travaux de mosaïstes antiques, je ne peux m’empêcher de l’associer au talent de Kay, décidemment maître conteur et poète de génie. Arpenter les rues de Sarance/Constantinople est un plaisir rare, un fragment d’Histoire à la portée de tous. L’univers des sarantins est si bien rendu – animation d’une des plus grandes villes de l’antiquité, ferveur religieuse de tous les instants, peuple de commerçants vivant au carrefour de trois civilisations – qu’en fermant les yeux, l’on pourrait presque entendre des exclamations venues du passé.
Mais cette ambiance extraordinaire ne serait pas grand-chose si elle ne savait se mettre au service de l’une des histoires les plus passionnantes qu’il m’ait été donné de lire. Une histoire qui ne souffre d’aucun temps mort. L’auteur jouit de la capacité rare de mettre en valeur sa trame principale par de petites touches apparemment sans importance, mais qui, au final, se révèlent indispensables à la compréhension globale de l’œuvre. En ce sens, Guy Gavriel Kay fait à son tour œuvre de mosaïste : construisant une fresque immense et sublime à partir de morceaux épars.
Sans n’en rien révéler d’important, laissez-moi vous révéler quelques aspects de cette histoire afin que tout un chacun sache ce qui l’attend. L’auteur vous transporte au sein d’une cour impériale dominée par un esprit hors du commun, l’empereur Valérius II. Mais le plus grand des génies lui-même ne saurait gérer seul un empire aussi immense que celui de Sarance. Aussi, alors qu’il entreprend la reconquête de la Batiare, la construction d’un magnifique sanctuaire afin d’honorer Jad comme il se doit et que les armées du Roi des Rois se font plus menaçantes que jamais sur les frontières orientales de l’empire, certains tentent de tirer profit de cette conjoncture. La cours impériale raisonne des murmures des comploteurs et il faudra que Valérius II use de toute sa sagacité pour éviter que son règne ne termine comme il avait commencé : par l’assassinat d’un empereur.
Vous l’aurez compris, dans ce tome les personnages rencontrés dans le premier volume vont faire face à leur destin. Les événements se précipitent et il semble que rien ne puisse les arrêter. Une course contre la montre va débuter et Crispin va se retrouver au centre de toutes les attentions. Le dénouement de cette histoire s’annonce palpitant et de toute beauté. Mais la magie de ce tome tient en la personne de Rustem de Kekarek. Ce personnage, fraichement arrivé à Sarance et catapulté contre son gré en plein cœur d’une cour d’intrigue et de trahison, permet à Kay de donner à ce second tome une certaine fraicheur. Asharite au sein d’une population jaddite, Rustem va assister à tous les évènements importants et porter sur ces-derniers un regard quelque peu décalé. L’auteur renouvèle ainsi l’intérêt de cette œuvre et lui évite l’écueil d’une routine narrative ennuyeuse.
Et les dernières lignes ! Comment ne pas vous parler de la fin de ce livre ? Magnifique, une fois de plus. Dans la droite ligne de l’exploit qu’il avait réussi lors de la rédaction des « Lions d’Al-Rassan », Guy Gavriel Kay nous tient en haleine jusqu’au tout dernier mot de cette œuvre. Grandiose !
Enfin, laissez-moi vous dire deux mots de quelques uns des acteurs du cycle de la « Mosaïque de Sarance ». Si les noms de Valérius, Alixana, Gisèle, Léontès, Styliane, Caius, Rustem, et cætera, ne vous disent rien, ce n’est pas grave. Mais gageons qu’une fois que vous aurez fait leur connaissance, vous ne les oublierez pas de si tôt. Pour qualifier la palette de personnage de Kay, le terme le plus adéquat n’est autre que celui de « mosaïque » : tant par leur extraction que par leur caractère, ils nous offrent une des plus riches palettes qu’il m’ait été donné de voir.
Et fidèle à son habitude, l’auteur se désintéresse d’une vision manichéenne. Préférant laisser la liberté à son lecteur de tirer ses propres conclusions.
Je vous l’avais annoncé dès le début de cette critique, je n’ai pas été objectif. Mais que voulez-vous ? en présence du talent de Guy Gavriel Kay je suis incapable de museler mon admiration. Si ce livre est si extraordinaire, certains pourraient se demander pourquoi il n’obtient pas la note maximale ? Je crains simplement d’être trop optimiste : j’ai toujours l’espoir de tomber sur un ouvrage meilleur encore… bien que là, permettez-moi d’entretenir quelques doutes.
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Auteur : Guy Gavriel Kay
Traducteur : Elisabeth Vonarburg
Editeur : Buchet/Chastel
Date de parution : avril 2001
Nombre de pages : 501
Format : 16 cm X 24 cm
ISBN : 2-283-01852-8
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