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Alice au pays des Merveilles
Titre original : Alice's Adventures in Wonderland
Ecrit par Lewis Carroll.
Light Fantasy (Année de parution : 1865), Grande-Bretagne
Synopsis :
Alice est une enfant espiègle, aimant par dessus tout la vie, les rêves et se moquant parfois, avec raison, du monde des adultes.
Un jour, assise dans l'herbe et rêvassant, elle se prend de curiosité pour un lapin blanc qui se dit en retard... Un lapin qui parle? Et en retard pourquoi? Alice le suit, et finit par tomber dans un terrier profond, comme un gigantesque puit.
Lorsqu'elle retombe enfin sur ses pieds, elle est arrivée au Pays des Merveilles, un monde fantasmagorique où les êtres les plus étranges se mettent à parler et à raconter des histoires, où les portes s'ouvrent avec bien du mal, où les biscuits font grandir et les boissons rapetisser...
Où règne la cruelle Reine de coeur sur ses sujets de cartes, alors que, dans les arbres, lui sourit, tel un sphynx, un étrange chat...
Car, se disait Alice, à quoi bon un livre sans images ?
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Thaïs Erin : 9/10
Alice au pays des merveilles, c'est le triomphe du non sens et de l'irrationnel face au sempiternel ...
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Alice au pays des merveilles, c'est le triomphe du non sens et de l'irrationnel face au sempiternel et terne monde des adultes. Le triomphe de l'enfance face au raisonnement mathématique.
C'est aussi et surtout une belle ode au rêve.
Le récit en lui-même, si on prend le temps d’y réfléchir, est construit dans une atmosphère d’onirisme intense, de ces rêves merveilleux mais incohérents dont le souvenir perdure…Les mondes visités par la petite Alice, personnage d’une grande sagacité, presque à mi chemin entre l’adulte qui raisonne et l’enfant qui s’extasie, et qui réfléchit même parfois sur le sens de l’univers (magnifique symbole, cette partie du récit où Alice, tout en tombant dans le puit, se met à penser à l’endroit où elle va atterrir, celui où les hommes marcheraient la tête en bas et les pieds en l’air…L’absurde se mêle à l’attendrissement…), ces mondes donc, sont des pays de fantaisie tendre et déjantés, habités par des personnages tous plus farfelus les uns que les autres. Il s’y passe tant de choses imprévisibles que l’on repense fortement au rêve.
Par exemple, Alice arrive, à un passage de l’histoire, au beau milieu d’une dispute entre la Duchesse et la Cuisinière, qui s’envoient gaillardement des assiettes et des casseroles à la tête, alors que dans un coin un bébé pleure… l’adulte raisonnable rejaillit alors en la petite fille, qui récupère l’enfant dans ses bras, avant de se rendre compte que le bébé est…un cochon ! Il semble ici que nous sommes bien dans un rêve étrange où les choses changent, se dissimulent et ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent être…
A ce titre encore, le dialogue entre la chenille susceptible qui fume et notre petite Alice, dialogue empreint d’un mysticisme exacerbé et d’une absurdité totale (d’ailleurs très bien retranscrit dans le dessin animé de Walt Disney) est proprement culte : les phrases vont et viennent, les sujets évoqués changent toutes les minutes, en bref tout cela donne une apparence d’incohérence et de grande poésie à longuement méditer… Car, ce que j’aime chez Lewis Carroll, c’est que, à travers les univers qu’il crée, des mondes fous, magiques, baroques (par exemple ces histoires de biscuits et de potions qui font grandir, c’est une bien jolie trouvaille), peuplés de créatures ambiguës, il parle aux enfants sans aucune niaiserie. Alice n’est pas un personnage d’enfant naïf et innocent : elle raisonne, s’interroge de cette curiosité propre à l’âge tendre, se laisse parfois emporter par son imagination, et apprend à grandir, au sens propre comme au sens figuré, dans un monde des Merveilles qui va parfois jusqu’à tourner en caricature…
Car, qu’est ce que la Reine de cœur, cruelle, hautaine, narcissique, si ce n’est une parodie du totalitarisme monarchique, du despotisme à l’état pur ? Elle n’hésite pas à trancher les têtes pour un oui ou pour un nom, même lorsqu’elle perd au croquet, terrorise ses sujets (des cartes à jouer qui se plient servilement devant elle). Dans cet univers où les adultes paraissent bien plus puérils et bêtes que l’enfant Alice, on en arrive à un retournement de situation presque aberrant : l’héroïne ne croit pas si bien dire, lorsqu’elle pense, au début du roman, dans le puits, qu’elle va tomber sur un univers où tout marche à contre courant…
Et Alice est elle-même ce contre courant : elle incarne l’adulte en devenir dans l’enfant, elle est la seule à s’insurger du comportement de la reine…
Une autre chose est à remarquer dans cette œuvre : le simulacre de procès, ressemblant fort aux procès se déroulant alors, au temps de Carroll, en Angleterre…Sauf que les jurés, les accusés, les avocats, sont des animaux dont les réponses absurdes n’ont d’égales que les questions stupides…De là à comparer Carroll à Jean de Lafontaine, il n’y a qu’un pas…
En résumé, un roman de fantaisie dont le charme et la fraîcheur ne perdent rien, alors même que l’on devient adulte, on le retrouve avec toujours autant de plaisir, et même redécouvre parfois certaines scènes pas si futiles que ça…
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