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Carrie
Titre original : Carrie
Ecrit par Stephen King.
Fantastique (Date de parution inconnue), Etats-Unis
Synopsis :
Carrie est une adolescente renfermée, taciturne, maltraitée par sa mère, une fanatique religieuse enfermée dans un univers bilatéral, de péchés, de punitions et de démons ou de rédemptions obtenues par de longues prières solitaires au fond d'un placard. La jeune fille, souffre douleur de ses camarades de classe, a passé sa vie à attendre un quelconque signe, un geste bienveillant, une parcelle de joie dans le monde qui le rejette...
Mais justement, ce que personne ne sait, c'est que Carrie White possède au plus haut degré le don de télékinésie, qu'elle ne le maitrise qu'à grand peine et qu'il va se réveiller graduellement, sous la pression de sa mère étouffante et des lycéens qui l'entourent, et qui ne perdent pas une occasion de lui faire du mal...
Cette phrase s'inscrivait toujours dans sa tête, lumineuse, rassurante, lorsque Carrie se mit soudain à hurler de désespoir, à reculer en agitant les bras, à pousser des hululements entrecoupés.
Les filles s'arrêtèrent, comprenant que le stade de la fission, de l'explosion, était atteint.(...) Soudain, cette accumulation de brimades cristallise et la masse critique est atteinte. L'ultime degré de la méchanceté, de la vacherie dans le coup bas si longtemps recherchée, est trouvé.
La Fission.
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Thaïs Erin : 9/10
Ce livre m'a complètement bouleversée.
Stephen King a un style plutôt inégal, et j'avoue ne pas ...
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Ce livre m'a complètement bouleversée.
Stephen King a un style plutôt inégal, et j'avoue ne pas toujours aimer ses livres, pour la simple et bonne raison qu'il a tendance à relativiser les légendes (voir Salem sur les vampires par exemple) et à les détourner au profit d'une horreur grand guignolesque, avec des tas de tripes, de boyaux et de sang qui dégoulinent.
Trop d'horreur tue l'horreur, je préfère les choses suggérées...
Mais, quand il s'en donne la peine, il est surtout un analyste hors pair des sentiments humains, de leur bassesse, de leurs faiblesses ou de leurs forces. A ce seul titre, Carrie est un livre intemporel, culte, parce qu'il retrace à traits vengeurs le portrait d'une Amérique cruelle, en proie à ses démons internes, où le culte de la perfection est élevée en temple, où le mal s'insinue même dans les lycées, où la méchanceté mais aussi la tendresse rôde et se disperse.
Carrie, c'est l'histoire d'une déchirure, d'une adolescente malheureuse que la vie n'a pas épargnée, qui vit dans un monde de torture, et en vient presque à renier Dieu. Pas un moment de joie dans son existence, juste une accumulation de douleurs... Plus d'une fois en m'imaginant ce que pouvait être sa vie, j'en ai pleuré.
Elle devient laide, complexée, et pour cet outrage au culte de la beauté et de la perfection que j'ai cité ci dessus, est encore plus rejetée, un peu à l'instar d'une Cosette dans les misérables (battue par les Thénardier, l'enfant devient une petite loque souffreteuse, et Victor Hugo, je me rappelle, insiste bien sur le terme " laideur". On voit sur son visage le reflet des cruautés du monde).
Carrie ne sait rien de la vie, elle ignore même le phénomène de menstruation, elle n'a jamais embrassé un garçon, lu un magazine féminin (sauf dans le secret de son placard, où sa mère l'enferme pour qu'ele y expie des péchés imaginaires et disproportionnés), elle ne connait de l'univers que les plaisanteries douteuses de ses camarades. On sent que, inconsciemment peut être, King essaie de se défaire de ses anciennes peurs, et il traite avec son style inégalable, fait de violence et d'analyses psychologiques, d'une partie de l'Amérqiue qui s'enfonce dans le chaos. On en vient à se demander, comment des adolescents intelligents, ocnscients de leurs actes, peuvent ainsi s'acharner sur une des leurs, la piétiner sans fin... le phénomène dit de la meute, où l'on tue le plus faible.
Quand Carrie deviendra bourreau, on éprouvera, nous lecteurs, plus de sympathie pour elle que pour ses victimes.
Ce que j'aime dans ce livre, c'est que les personnages ne sont pas trop caricaturaux. Bien sûr, comme dans tout King qui se respecte, il y a une peste, une jolie blonde de surcroit intelligente, la miss perfection, mais cette miss est un démon, une fille d'une méchanceté sans nom, qui n'hésite pas à torturer ses camarades moins gâtés qu'elle par la nature. Mais il y a surtout, outre le personnage magnifique de Carrie, celui de l'autre héroïne, Sue.
Sue est une jeune de bonne famille, tout lui réussit dans la vie, elle a un petit ami parfait, le golden boy du roman, le gentil de l'histoire, celui qui invitera Carrie au bal et qui la prendra en pitié. Sue elle aussi va s'amuser sur le dos de Carrie, et puis il va se passer quelque chose en elle qui va la faire changer. Elle se détache de la meute, et c'est aussi ça la force du livre, on assiste au passage à la vie adulte d'une jeune fille, sa prise de conscience de la réalité de la vie de Carrie, sa décision d'abandonner le bal de fin d'année et d'y convier une autre fille, rejettée et profondément malheureuse. Cette décison ne va pas sans heurt, parce que Sue est un personnnage ambigü, de cette ambivalence qui caractérise les hommes, elle aussi trouve Carrie repoussante, elle aussi ne l'aime pas. Mais elle tente, à sa manière, de se faire pardonner.
Je finirai sur une note de psychose bien dans la veine de Stephen King. Dans ce livre, il nous met en garde contre les dérives d'une religion extrémiste, à travers le personnage de la mère, bigote irréelle, évoluant dans un autre monde complètement tordu... C'est elle qui devient la sorcière de ce récit, et non plus Carrie. D'où l'intelligence de King, il retourne les situations et ainsi les sentiments de ces lecteurs comme il le veut.
En résumé, un bijou de livre fantastique, pas si frivole que ça, violent, certes, mais pas de la violence du sang. De celle de l'esprit, et c'est bien la pire de toutes.
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Auteur : Stephen King
Editeur : J'ai Lu
Date de parution : 11/1970
Collection : J'ai Lu Epouvante, numéro 835
Nombre de pages : 252 pages
Format : 11 cm x 18 cm
ISBN : 2290302511
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