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Tous à Zanzibar
Titre original : Stand on Zanzibar
Ecrit par un inconnu de nos archives.
Science Fiction (Année de parution : 1968), Etats-Unis
Appartient au cycle : La Tétralogie Noire :
Synopsis :
Nous sommes en 2010, le monde est dans une paix relative, mais l’atmosphère est polluée, ce qui a conduit des villes comme New York à s’isoler sous un dôme. A l’intérieur, plusieurs millions de personnes vivent et travaillent, dont Norman House, vice président noir de la Général Technics (grand conglomérat possédant le monopole dans plusieurs secteurs) et Donald Rogan, docteur en biologie, blanc et agent secret des USA. Le monde est régi par des commissions eugéniques qui disent qui est apte à procréer et qui devra se stériliser; les tensions sont donc énormes et les émeutes sont monnaie courante. Dans cette situation tendue, Elihu Masters, ambassadeur américain au Béninia, un petit état africain coincé entre deux puissantes fédérations africaines attirées par cet état, propose à la General Technics de prendre en main le Béninia et d’en faire un pays industrialisé. Tâche ardue pour un pays sans ressources et à la famine persistante, qui malgré la coexistence de plusieurs ethnies, vit dans une paix absolue depuis plusieurs siècles et où le dernier meurtre remonte à 15 ans. Pendant ce temps, Hogan est pris dans une émeute dont il a été l’élément déclencheur, par le simple fait d’être un bourgeois qui, piégé par un voleur, appelle la police. Quelques jours plus tard, le Yakatang, un état du sud-est de l’Asie, annonce que son généticien vedette, Sugaigutung, est en mesure d’améliorer le génome de l’ensemble de la population, permettant ainsi à tous d’avoir un enfant, et de faire des surhommes.
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
orcusnf : 8/10
A première vue, "Tous à Zanzibar" est une oeuvre banale, peu connue, mais on se rend vite compte que ...
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A première vue, "Tous à Zanzibar" est une oeuvre banale, peu connue, mais on se rend vite compte que cette mise à l’écart est injuste, tant cette oeuvre semble proche de la situation actuelle, quoique celle décrite n’arrivera probablement que dans 40/50 ans, en ce qui concerne la décadence de la société, car la description est vraiment mordante. Brunner met en garde contre de nombreuses choses qui, bien que marginales à son époque, seront pour nous tout à fait normales.
On peut ainsi montrer plusieurs axes dans cette oeuvre :
- la place de l’homme dans la société, qui est totalement remise en cause : décisions prises par un super ordinateur, qui comme ses prédécesseurs porte un nom de roi perse un tantinet mégalomane; plus tous les autres axes, qui montrent des gros problèmes de société, dans lesquels le groupe ou l’inanimé remplace l’humain.
- le pouvoir des médias, avec l’abondance des publicités que Brunner nous offre; la surmédiatisation de Rogan, dont la couverture est celle d’un reporter vedette; sans oublier la présence des Jesuispartout, individus intéractifs qui prennent l'apparence que désire chaque téléspectateur. Ce sont eux qui forcent les opinions de la masse laborieuse, grâce à leurs voyages incessants à travers le monde, pendant lesquels ils dérivent ce qu'ils voient et donnent leur avis.
- le développement de la violence : banalisation des émeutes, société holiste poussant les individus à se rebeller, en devenant des amocheurs, surhommes hyperviolents et ne visant que la destruction; création d’un nouveau passe-temps, le sabotage, avec son économie souterraine, ses manuels pour débutants, etc...
- la place des grands groupes dans le monde des multinationales qui passent "métanationales" (néologisme emprunté à Robinson in "Mars la rouge", ou l’histoire en 4 tomes de la colonisation de Mars), qui gèrent les pays les plus pauvres.
- problème de surpopulation, qui est résolu par la limitation des naissances, avec un permis alloué aux individus parfaits ou aux défauts mineurs. Conséquence directe, les gens sont obsédés par le désir d’avoir des enfants et ainsi font du baby-sitting gratuitement pour s’en occuper un peu. C’est aussi de ce phénomène de société qu’est la surpopulation dont est tiré le titre, car dans le livre, un scientifique calcule que tous les Terriens pourraient tenir sur l’île de Zanzibar avec 0.018m2. Mais au fil du roman, les nouveaux s’enfoncent jusqu’aux mollets, puis à la cheville, etc... -décadence de la société qui considère la toxicomanie, l’alcoolisme et l’usage de calmants comme quelque chose de normal, permettant d’échapper à la grisaille de la vie quotidienne. Il y a aussi la nostalgie du siècle dernier, avec des soirées spéciales où tout ce qui est supérieur à l’an 2000 est soumis à gages, le culte de la beauté et la banalisation des armes.
En fait, cette oeuvre est très ambitieuse selon moi, par la multitude des sujets (et encore je n’ai pas tout dit, vous découvrirez le reste en le lisant) choisis pour montrer la mauvaise voie que l’humanité pourrait prendre. Ce livre est une sorte de panneau indicateur, et c’est ce qui fait son charme. Le livre est bon, pas autant que ceux des grands maîtres de la SF, mais mérite une place dans vos bibliothèques personnelles. Je vous le recommande si vous voulez passer quelques journées tranquilles avec un livre (en fait 2) intéressant et passionnant qui, et je le répète, est une bonne réflexion sur notre avenir.
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Auteur : John Brunner
Traduction : Didier Pemerle
Préface : Gérard Klein
Editeur : Lgf
Collection : Ldp Sf, numéro 7180
Nombre de pages : 700 pages
Format : 11 cm x 18 cm
ISBN : 2253071803
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