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L'Echiquier du Mal
Titre original : Carrion Comfort
Ecrit par Dan Simmons.
Fantastique (Année de parution : 1992), Etats-Unis
Synopsis :
L'Evolution passe parfois par des chemins étranges. Certains humains ont ainsi une étonnante faculté psychique, qu'ils appellent le Talent, capacité d'entrer dans les esprits et de les soumettre à leur volonté, alors que la victime subit un véritable viol mental.
Qu'ils soient nazi ou producteur à Hollywood, vieille dame du Sud ou milliardaire influant, rien ne les empêche d'exercer leur pouvoir, en rivalisant d'audace et de cruauté. Tout en tirant les ficelles de l'Histoire, tels de gigantesques prédateurs, ils se livrent entre eux une lutte sans merci, selon des règles empruntées à celles des échecs.
Mais le Grand Jeu est peut être allé trop loin. Car vient un temps où toute victime finit par se rebeller, comme Saul Laski, psychiatre polonais survivant des Camps de la Mort, mais bien décidé à tuer le criminel allemand qu'il traque depuis quarante ans, l'Oberst Wilhelm von Borchert.
Je pense que j'ai rêvé de vampires cette nuit-là. Ou peut être ai-je pensé à eux juste avant de m'endormir, conservant un fragment de leur image jusqu'au matin. De toutes les terreurs que s'est infligée l'humanité, de tous les monstres pathétiques qu'elle s'est inventée, seul le mythe du vampire conserve encore quelques vestiges de dignité. Tout comme les humains dont il se nourrit, le vampire obéit aux sombres pulsions qui lui sont propres. Mais contrairement à ses ridicules proies humaines, le vampire utilise des moyens sordides pour parvenir à la seule fin qui puisse justifier de tels actes : son but est tout simplement l'immortalité. Quelle noblesse. Et quelle tristesse.
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Umbre : 9/10
L'Echiquier du Mal est considéré par beaucoup comme le chef d'oeuvre de Dan Simmons. Ayant apprécié ...
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L'Echiquier du Mal est considéré par beaucoup comme le chef d'oeuvre de Dan Simmons. Ayant apprécié sa saga sur Hypérion, c'est donc tout confiant que j'attaquais un pavé de 1200 pages. Et forcé de reconnaître que sans être une oeuvre culte, l'Echiquier du Mal est un ton au-dessus de beaucoup d'autres livres.
L'idée de départ est excellente : des humains évolués ayant la faculté psychique de prendre le contrôle du corps de leur victime. Son esprit recroquevillé ne peut qu'assister avec horreur à la soumission totale, son corps ne lui obéissant plus. Dès la scène d'ouverture, ces moments de contrôle sont très bien décrits, et grâce à une vue subjective, on imagine très bien ce qu'endure la victime.
Mais évidemment, les moutons vont bien finir par combattre leurs maîtres, sous la bannière de Saul Laski, Juif ayant survécu à la déportation, et décidé à tuer un de ces vampires psychiques.
C'est là un point que je ne peux m'empêcher de soulever, sans pour autant polémiquer. Tout comme dans Hypérion, les préférences religieuses de Dan Simmons ressortent une fois de plus dans ce livre. On peut trouver ça gênant, au point d'être un peu mal à l'aise quand l'auteur mêle le Mossad, les guerres avec les Arabes, ou la politique israélienne. D'autant plus que toute l'histoire se passe dans notre monde des années 80, le seul apport fantastique étant ces vampires psychiques.
Le rythme est enlevé ; en faisant sans cesse avancer le récit selon les points de vue de ses différents personnages, Dan Simmons a fait un thriller très dynamique. Le déroulement est ainsi assez fluide, chaque changement de personnage étant assez court.
Les personnages, bien qu'assez classiques, ont chacun leur propre psychologie. Qu'ils soient bons ou mauvais, on s'y attache ou au mois on les comprend.
Du point de vue scénario, l'introduction du Talent pour expliquer certains faits historiques, comme le nazisme ou les incidents de Philadelphie, est assez bien sentie. L'idée de faire du Monde le champ de bataille (l'échiquier) de deux vampires (les rois) est amusante. Du début à la fin du livre, on peut s'amuser à comprendre les ouvertures, ou les prises que font les deux maîtres. Tous les protagonistes ne sont plus que deux armées, avec leurs pions, fous, dames ou cavaliers.
Et si la fin est un peu grosse, genre coup de théâtre, on a quand même passé un bon moment à lire cette histoire.
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