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L'Historienne et Drakula
Titre original : The Historian
Ecrit par un inconnu de nos archives.
Fantastique (Année de parution : 2005), Etats-Unis
Appartient au cycle : L'Historienne et Drakula :
Synopsis :
Dans la bibliothèque de son père, une jeune fille découvre par hasard un étrange ouvrage : une couverture ancienne de cuir fané, un livre vierge de toute écriture à l'exception d'une unique image centrale sur laquelle un dragon aux ailes déployées protège entre ses griffes un unique mot, DRAKULA. Le livre s'accompagne de quelques lettres qui commencent pas ses mots : "Cher et infortuné successeur, ...".
Commence alors une quête palpitante où Histoire et légendes se confondent sur les traces de Vlad Tepes, plus connu en tant que Drakula. Mais que cache ce mystérieux ouvrage et quelles épreuves attendent les infortunés possesseurs de ce livre ?
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Styrion : 7/10
Exceptionnellement, je ne prends pas la plume pour faire la critique d’un livre de Fantasy, mais pou ...
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Exceptionnellement, je ne prends pas la plume pour faire la critique d’un livre de Fantasy, mais pour m’aventurer sur de sombres plaines où les créatures de la nuit règnent en maître. La présente critique parlera de vampires et pas des moindres puisque nous nous attaquons au plus célèbre d’entre eux : le comte Dracula. Néanmoins, n’étant pas un expert dans ce genre de littérature, je ne me risquerai pas à discuter des subtilités qui entourent la légende de Dracula. Je laisse cette tâche à des membres plus compétents.
Sans plus attendre, saisissez-vous d’un pieu et, si vous l’osez, accompagnez-moi dans les ténèbres. Découvrons ensembles quels mystères entourent « L’Historienne et Drakula » d’Elisabeth Kostova.
* * *
Autant vous mettre en garde sans plus attendre, ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Il risque même d’en décontenancer plus d’un. Elisabeth Kostova nous offre ici une œuvre unique qui, bien qu’ayant les vampires pour sujet, fait l’impasse sur les monstres assoiffés de sang, les jeunes vierges énamourées et, j’aime autant vous prévenir, les scènes d’actions n’ont pas non plus lieu d’être. L’auteur a privilégié une approche subtile et crédible au dépend d’un univers fantastique plus traditionnel. L’intrigue suit la même logique et met en scène des universitaires qui, en raison de la découverte d’un mystérieux ouvrage, se documentent sur la personne de Vlad Tepes. De fil en aiguille, ils vont être amenés à abandonner toutes leurs certitudes et à accepter l’impensable : la possibilité que le comte Drakula ne soit pas vraiment mort. Si les rencontres avec des créatures surnaturelles sont bel et bien présentes, elles ne représentent qu’une infime part de ce roman et ne sont traitées qu’en raison de la dimension angoissante qu’elles confèrent à l’ouvrage.
A ce point de ma critique, vous êtes en droit de vous interroger sur la qualité de ce livre. Il est vrai que jusqu’alors ma présentation n’a rien de très flatteuse. Mais pour être honnête j’aurais tendance à dire, avec un brin d’espièglerie, que ce roman mérite justement d’être lu pour tout ce qu’il ne dit pas. Elisabeth Kostova réalise l’exploit d’écrire un ouvrage sur les vampires sans qu’une goutte de sang ne soit versée. Pour ce faire elle a privilégié une optique bien particulière : entrainer son lecteur dans une quête intellectuelle et tenter de résoudre l’énigme Drakula. Ses personnages principaux, loin d’être des aventuriers chevronnés, sont de simples érudits qui cherchent dans tous les écrits à leur disposition des traces attestant du passage de Vlad Tepes.
Le lecteur baigne alors dans une ambiance singulière : au sein de prestigieuse universités on avance sur une piste semée d’encre. Le moindre indice soulève bon nombre de questions et l’on frissonne à chaque réponse apportée. En effet, alors que l’on se rapproche de la solution, on ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour la sécurité des personnages principaux. Il en résulte une atmosphère oppressante où l’absence de menace directe ne fait que renforcer une impression latente de danger permanent.
A présent que le décor est planté, permettez-moi de glisser deux mots sur les choix stylistiques de l’auteur.
Afin d’offrir à son lecteur l’expérience la plus réaliste possible, Elisabeth Kostova a choisi de présenter son histoire sous une forme bien particulière. Dès la première page du roman, le ton est donné : l’ouvrage que le lecteur a entre les mains n’émane pas d’Elisabeth Kostova mais de son personnage principal. Nous ne lisons pas une œuvre de fiction mais bel et bien un document en grande part autobiographique. L’immersion est totale et renforce le réalisme de l’œuvre. Pour un réalisme plus poussé encore, Elisabeth Kostova a décidé de ne pas abuser des séquences narratives. Le lecteur avance dans l’histoire par le biais de lettres que les personnages principaux se laissent. Bien entendu tout cela n’est qu’artifices, mais force m’est de reconnaître que cela fonctionne très bien et l’on se prend vite au jeu.
Puisque j’attire votre attention sur le fait que les personnages principaux se laissent des lettres, il me semble opportun de vous dire que l’histoire est un brin complexe et s’étale sur plusieurs périodes. De manière très schématique, on peut diviser l’intrigue en trois branches :
- l’enquête de Rossi.
- l’enquête du père de la narratrice.
- l’enquête de la narratrice.
Comme vous pouvez le deviner, les personnages principaux se succèdent en raison de mystérieuses disparitions, ajoutant une pointe supplémentaire de mystère à l’ouvrage.
* * *
Ainsi que je le précisais en introduction, il est évident que « L’Historienne et Drakula » risque de ne pas plaire à tout le monde : il n’y a que peu d’action et l’essentiel de l’intrigue n’est, somme toute, qu’une enquête historique.
Pourtant je vous assure que la lecture de ce roman est passionnante. Toutes les zones laissées dans l’ombre par l’auteur permettent au lecteur de laisser libre cours à sa créativité. On se surprend souvent à imaginer tous les détails hors champ : qui sont les gens qui entourent les héros, un vampire espionne-t-il le personnage principal, etc. L’ensemble de l’œuvre est si réaliste qu’on se prend à rêver, ou à craindre, que cela soit plus qu’une simple fiction. D’autant que les passages historiques me semblent très bien documentés et fidèles à la réalité.
En conclusion, il me semble qu’Elisabeth Kostova signe là un roman de très bonne facture. « L’Historienne et Drakula » sans être un chef d’œuvre n’en demeure pas moins un excellent livre qui se lit avec grand plaisir.
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Auteur : Elizabeth Kostova
Editeur : XO éditions
Date de parution : 23 février 2006
Nombre de pages : 493
Format : 14 cm X 22 cm
ISBN : 2-84563-228-2
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