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Les Gardiens d'Aleph-Deux
Titre original : Les Gardiens d'Aleph-Deux
Ecrit par un inconnu de nos archives.
Science Fiction (Année de parution : 2004), France
Synopsis :
Frédérick Howard, alphanaute émérite, est le seul homme a être revenu vivant de l'Aleph deux. Nul ne sait ce qui s'est passé et comment il a fait pour réussir à s'en sortir ; toujours est-il qu'il est reparu quinze après et qu'il semble doté de certains pouvoirs...
Le voyage dans l'espace est désormais possible grâce aux découvertes des deux frères Hendricks : Hendricks le Jeune ayant eu l'intuition de l'Aleph et son aîné ayant réussi à les démontrer sous formes de trois théorèmes. Il est donc possible de "plier" l'espace pour pouvoir envoyé des hommes à tous les coins de l'univers. Mais cela n'est certainement pas sans risque et il faut être d'une résistance mentale importante pour pouvoir résister aux terribles hallucinations provoquées par Aleph 1.
La seule entité autorisée à exploiter les voyages dans l'espace est l'académie formant les alphanautes ; et les expériences qu'elles mènent ne sont pas toujours très claires !
Toujours est-il que le voyage dans l'espace est en danger permanent et qu'il semble bien que les seuls à pouvoir le sauver sont Frédérick Howard et ses descendants...
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
zluglu : 10/10
Colin Marchika aime les mathématiques, autant dire la science, et pourtant il s'est fait connaître p ...
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Colin Marchika aime les mathématiques, autant dire la science, et pourtant il s'est fait connaître par la fantasy. Un paradoxe qu'il assume pleinement en revenant, avec ce roman, à ses premières amours. Et il frappe fort, car « Les Gardiens d'Aleph-deux » est un de ces romans dont on a du mal à croire qu'il est bel et bien français. A tel point que je me suis parfois fait la réflexion que le traducteur était bon, que telle expression n'avait pas dûe être facile à adapter. Et pourtant, Colin Marchika est français...
Car oui, ce roman a un style anglo-saxon, que dis-je un style, la maîtrise et l'art d'écrire à l'américaine. Aurais-je vu Robert Charles Wilson sur la couverture ou Gregory Benford que je n'en aurais pas été le moins du monde étonné. Et pour tout dire, Colin Marchika fait mieux, il réussit à faire de ce roman une sorte de « Fondation », reprenant grosso modo les mêmes structures, une intrigue à peu près semblable. Et c'est peut-être tant mieux, car après l'échec du tandem Dunyach-Ayerdhal, après les refus répétés de Klein de se remettre à écrire, et après le niveau plutôt moyen ( à quelques exceptions près) du space opéra français, ce genre avait besoin d'un bon coup de pied au cul, passez moi l'expression, et je crois que nous tenons là le bon bout.
Un roman qui ressemble à « Fondation », l'oeuvre culte d'Asimov et de millions de fans, disais-je, et ce n'est pas exagéré. Nous avons l'académie Tsiolkovsky, l'école d'élite pour l'élite, dépositaire des plus grands savoirs, et du monopole le plus necessaire qui soit, celui de l'accès à l'espace. Or cette académie, si elle permet à la Terre de continuer à vivre en lui apportant les ressources indispensables à l'économie, est pourtant la cible de mille critiques, de procès incessants, de diffamations et d'actes malveillants. Le monde est au bord du gouffre et pourtant il continue d'assaillir son sauveur, certes pas toujours bien intentionné, mais son sauveur quand même. Et comme ci ça ne suffisait pas, les crises se succèdent. D'abord un génie prend la grosse tête et s'enferme dans les Aleph. Puis un cyborg se révolte et entraine d'autres cyborgs avec lui, et ainsi de suite. A chaque génération, l'académie doit affronter une grave crise qui remet en cause son existence. Et toujours, de près ou de loin, la solution vient du capitaine Howard, sorte de Hari Seldon de la conquête spatiale, qui depuis la maison où il s'est retiré, dissimule bien plus de choses qu'il n'y paraît. Heureusement qu'il reste des hommes ( et femmes) assez sensés pour reconnaître ses mérites et y recourir à chaque fois que le besoin s'en fait sentir. Et ainsi, l'académie parvient toujours à s'en sortir in extremis jusqu'à la prochaine crise.
De cette oeuvre se dégage une grande force, qui dépasse la simple ressemblance avec une autre oeuvre plus illustre. Que ce soit la présentation des protagonistes par le biais d'un portrait complet, d'une peinture de leur âme, qui nous les rend proches bien qu'ils soient généralement des êtres hors du commun ou grâce à un style plutôt descriptif, où le dialogue se fait rare pour n'en acquérir qu'une plus grande valeur, n'étant utilisé que pour faire avancer l'intrigue, « Les Gardiens d'Aleph-deux » est une oeuvre exigeante. Pas d'excès dans la narration, pas de surenchère ou d'extraordinaire, on pourrait presque lire le chapitre d'après dans ce qui a été dit précédemment, la situation évolue logiquement, tout est maitrisé, scrupuleux presque, les pages coulent sans qu'on s'en rende compte. Idem pour le côté très scientifique des explications, car l'on sent que l'auteur se retient d'en faire plus et nous livre finalement une version pédagogique de l'explication, et pourtant déjà ô combien incompréhensible pour le novice.
En conclusion, « Les Gardiens d'Aleph-deux » est un grand livre. Parfaitement maitrisé, doté d'une histoire propice au rebondissement sans excès, avec des personnages exceptionnels mais pas déshumanisés, qui parviennent même à nous surprendre vers la fin. Qui plus est, sorti peu avant « Le Goût de l'immortalité » de Catherine Dufour, il annonce déjà le renouveau de la sf française qui se faisait chaque jour plus sentir. Un space opéra à retenir, qui mérite plus de reconnaissance qu'il n'en a eu jusqu'alors.
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Auteur : Colin Marchika
Editeur : Mnemos
Date de parution : 2004
Collection : Icares
Nombre de pages : 375
Format : grand
ISBN : 2-253-11548-7
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