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Des milliards de tapis de cheveux
Titre original : Die Haarteppichknüpfer
Ecrit par un inconnu de nos archives.
Science Fiction (Année de parution : 1999), Allemagne
Synopsis :
Sur une planête éloignée, exercent des tisseurs bien particuliers. Toute leur vie durant, ils tressent de la manière la plus fine les cheveux de leurs femmes et filles afin de créer un unique tapis. Ce métier se transmet de génération en génération, depuis des milliers d'années, pour la gloire de l'empereur auquel tout est destiné. On dit qu'ils servent à recouvrir l'immensité du palais impérial.
Mais un doute commence à poindre. Une rumeur, pour être plus précis. L'empereur aurait été assassiné, déchu de son trône par les rebelles. Inconcevable ! L'empereur ne peux pas disparaître ! Ou seraient envoyés tous ces tapis si tel était le cas ?
Ce roman tisse la toile complexe, la trame des histoires des différents intervenants dans ce processus de création, aussi bien des tisseurs, de leurs proches et contemporains que des rebelles ou des membres de l'empire. De multiples fils qui s'entrecroisent pour mener à une conclusion d'une logique terrifiante.
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
orcusnf : 10/10
Ce livre n'est pas un roman.
Ce livre est un roman.
Ce livre est un chef d'oeuvre.
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Ce livre n'est pas un roman.
Ce livre est un roman.
Ce livre est un chef d'oeuvre.
Ces trois affirmations ne se contredisent en aucune manière, je vous l'assure. Il n'est pas un roman car la structure ressemble plus à une anthologie de nouvelles en rapport les unes avec les autres. Il s'agit du premier roman de Andreas Eschbach, primé par le prix du club allemand de science fiction en 1996, et qui a rencontré un grand succès. C'est en 1999 que l'Atalante se décide à le publier, ce qui est étonnant, puisqu'il y avait près de vingt ans qu'aucun auteur allemand de sf n'avait été publié en littérature adulte. Et pour une renaissance du courant allemand, c'est plus qu'une réussite.
En réalité, le héros change à chaque fois, et si certains revienent ensuite, c'est en tant que personnage secondaire, vite éclipsé par celui du moment. C'est un gigantesque tableau qui se dresse sous nos yeux, un tableau esquissant à grands traits un empire du futur où un empereur aurait établi un culte de sa personnalité, où le but ultime de chacun serait de tisser un tapis. Plus qu'un travail, c'est un devoir sacrée, voire un rite rendant hommage à l'empereur, s'y dérober serait sacrilège. Nous passons ainsi d'un tisseur de tapis à un marchand de tapis, puis à un soldat impérial, un rebelle, un archiviste déchu, et ainsi de suite. Jamais la même histoire, jamais le même propos, mais toujours la même toile de fond : le mystère des tapis de cheveux. Qui,quoi, quand, comment, pourquoi, cinq questions qui seront résolues au fil des pages.
Le livre est un roman parce qu'on ne s'arrête pas à chaque chapitre comme dans une anthologie. Le fond reste le même, on n'est pas rééllement dépaysé, et surtout, la fin du chapitre n'apporte aucune réponse, donne au contraire encore plus envie de découvrir le chapitre suivant. L'histoire change à chaque fois, mais les détails explicatifs s'accumulent, apportant progressivement des élements de réponse au lecteur, qui, avouons le, sera sûrement séduit par ce roman. Tout s'enchaîne avec une implacable précision qui ne nous laisse aucune chance. Un space opera séduisant, qui sort des sentiers battus en proposant une histoire différente et originale, puisque ne se basant pas sur un quelconque manichéisme ou une quête, ou une mission, etc. Non, c'est le récit décomposé de la fin d'un mythe, de son explication, la découverte des desseins présidant à la mise en place de cette incroyable religion de tisseurs de tapis.
Et malgré la diversités des héros rencontrés, dix-huit au total, aucun n'est laissé de côté. Ils ne sont pas diabolisés, ni valorisés, ils ont fait ce qu'ils voulaient sans arrière pensée, ont suivi leur destin. Même s'ils se sont trouvés du mauvais côté de la balance, ils ne seront pas jugés, ni même blanchis. Nous les suivons et pouvons contempler leurs joies et leurs doutes. Le propos est émouvant, sans excès de violence, sans crise de larme, mais les sentiments sont là, à fleur de peau, et marquent profondément le lecteur.
Un livre différent, à n'en pas douter, inhabituel par rapport à ce qu'on peut lire en France ou dans les pays Anglo-saxons. la SF allemande a encore bien des choses à nous apprendre, Andreas Eschbach en est l'exemple parfait. Son livre est véritablement un chef d'oeuvre, plus encore que le dernier de son espèce, qui m'avait pourtant laissé déjà une forte impression.
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Auteur : Andreas Eschbach
Editeur : Atalante
Date de parution : 17 septembre 1999
Collection : La dentelle du cygne
Nombre de pages : 314
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