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Tanith Lee
Métier(s) : Ecrivain
Nationalité : Britannique
Né le : 19/09/1947
Site web : Aucun
Biographie :
Tanith Lee a beau être née à Londres, de parents danseurs, l'essentiel de sa carrière se fera aux Etats-Unis, où elle a aujourd'hui acquis une très grande notoriété.
Après avoir terminé son cycle d'études secondaires, Tanith Lee se lance dans divers métiers, comme serveuse, ou même aspirante artiste (elle étudie dans une école d'art pendant un an). Enfin, elle finit par décrocher l'emploi de bibliothécaire et, comme beaucoup d'auteurs de sa génération, s'essaye en secret à l'écriture, vivant dans l'atmosphère surranée des livres, rêvant d'être à son tour publiée...
Car elle écrit depuis son plus jeune âge : ainsi, à 9 ans, elle réussit à vendre une première nouvelle, "Eustace ", éditée dans "The Ninth Pan Book Of Horror Stories" par Herbert Van Thal. Et, depuis, le sens inné et profond d'être née pour rédiger des histoires ne l'a pas quitté.
Elle parvient, après maintes déboires, à publier ses romans pour enfants. En 1971 sortent ainsi "The Dragon Hoard" par Macmillan, un roman pour enfants, suivi d'"Animal Castle", un livre d'images, toujours pour enfants, et "Princess Hynchatti & Some Other Surprises", une collection de courtes histoires (les deux en 1972). Cependant, ses romans pour adultes sont toujours et encore refusés, bien qu'elle ait tenté de les envoyer à de nombreuses et variées maisons d'édition. En désespoir de cause, elle écrit une lettre à une société d' édition américaine de livres de science-fiction fort connue, DAW, ainsi qu'à l'éditeur Donald A. Wolheim, en lui ajoutant le manuscrit de son roman, "The Birthgrave". Le livre sort en 1975, et marque le début d'une grande amitié entre l'écrivain et l'éditeur, qui a permis la publication d'une trantaine de romans à ce jour (dont "Don’t Bite The Sun" et "The Storm Lord" (les deux en 1976)).
Tanith Lee commence à être reconnue comme un véritable auteur, et le succès se fait de plus en plus grand (elle est notamment nominée pour de nombreux prix prestigieux, tels The World Fantasy Award ou encore le August Derleth Award).
Nombre de ses romans sont encore introuvables en France, mais on peut néanmoins en citer quelques uns qui révèlent parfaitement toute l'ambigüté de son oeuvre et de son style : "la Saga d'Uasti", ou l'histoire terrible de cette sorcière mi déesse mi femme, qui parcoure le monde à la recherche d'elle-même, "Ecrit avec du sang", courtes nouvelles sur les vampires, ambivalents, sombres, tristes et parfois désincarnés... Bon nombre de ses nouvelles sont reprises dans les recueils de l'Oxymore, dirigés entre autre par l'écrivain Léa Sihlol, qui professe une grande admiration à l'égard de Tanith Lee...
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Thaïs Erin : 9/10
Tanith Lee n’est pas seulement un auteur prolifique, elle est surtout une conteuse hors pair, le gen ...
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Tanith Lee n’est pas seulement un auteur prolifique, elle est surtout une conteuse hors pair, le genre d’écrivain qui, de nos jours, se fait rare. Tous ses textes, à l’image des meilleurs romans de Anne Rice ou de Léa Silhol, sont empreints d’une sorte de magie mélancolique, dont la violence sous jacente ne fait que renforcer la trame des histoires qu’elle modèle, de son imagination fertile. Chaque description, ciselée, poussée à l’extrême, tisse une toile d’images dans laquelle le lecteur se laisse volontiers enserrer, et des mondes qu’elle dessine, par les lettres formatrices, le long de pages blanches, est bien souvent le reflet trouble, indicible, de notre propre univers, se perdant dans des détails dont elle seule a le secret, de sang et de feu…
Faisant rejaillir la source de passés disparus, mettant en scène des personnages à la fois terriblement humains et très torturés, elle invite inlassablement les lecteurs à voir au-delà du texte, à s’évader à proprement parler, à ressentir les émotions bouillonnantes qui traversent les héros et, de leurs péripéties, bien souvent emportant avec elles leurs corps comme leurs âmes, elle forme des jalons de réflexion, sur la condition humaine, le pouvoir de l’imaginaire et les désirs insatiables, le tout sur un fond amer et douceâtre d’une très grande poésie.
Tanith Lee ne se contente pas d’écrire, elle crée véritablement des univers parallèles denses, riches, fourmillant de vie, de larmes et de cendres, car bien souvent ses histoires sont tristes, presque poignantes pour certaines d’entre elles, rappelant parfois, inconsciemment, les échos des plus belles œuvres, des plus beaux vers de Baudelaire, cette sorte de Spleen confinant à la grâce éthérée d’une aube balbutiante ou d’une nuit éteinte. Bien sûr, toutes ses sensations confèrent à ses textes une lenteur, une langueur qui, sans doute, est préjudiciable pour les amateurs d’actions ou d’aventures à rebondissement ; chez Tanith Lee, l’aventure est bien souvent interne, tout comme chez Anne Rice, qui partage avec elle cette fascination obsessionnelle pour les vampires, âmes déchues, c’est au prix d’un cheminement intellectuel, au prix de souffrances répétées, ou d’émotions puissantes, que ces héros grandissent, s’épanouissent, se troublent ou se renferment : l’écriture parfois alambiquée de Lee devient alors le miroir des transformations de ces personnages, le reflet de leurs sentiments, une chrysalide dont ils émergent et DEVIENNENT. Je ne saurais que trop conseiller de commencer la lecture de Lee par ses nouvelles, nombreuses, et très représentatives de son univers, afin de se faire une idée de son style d’écriture, d’apprendre à y voir ce qu’elle nous permet tout juste de percevoir et de soulever un peu le voile embrumé, menant, comme un rideau de soie, à une fenêtre ouverte sur son imaginaire poétique, désenchanté et délicat.
Difficilement trouvables en France, ses œuvres méritent cependant la reconnaissance d’un public mature, car elles forment des cycles majeurs de la fantasy actuelle, une fantasy plus sombre et plus riche sans doute, mais tout aussi débordante que celle de Léa Silhol. Ses nouvelles sont le plus souvent reprises dans des recueils des éditions Oxymore, qui lui a même consacré un ouvrage spécial, Ecrit avec du sang.
La citation de Léa Silhol présente dans cette oeuvre résume à elle seule ma critique : « de tout ce qui est écrit, je ne lis que ce qui est rédigé avec du sang, écris avec ton sang, et tu verras qu’il est esprit »
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