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Description |
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Medias |
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Lilith et ses soeurs
Titre original :
Ecrit par un inconnu de nos archives.
Fantastique (Année de parution : 2001), France
Synopsis :
Lilith est la femme damnée, la première compagne d'Adam, dans les traditions juives, celle qui s'enfuit du Jardin d'Eden et s'unit aux démons, celle qui peuple la terre des créatures infernales.
Mères des sorcières et succubes, elle est surtout l'affirmation de l'ambivalence féminine, de sa force cachée et de ses désirs de liberté face à l'oppression masculine.
A travers les 18 nouvelles de ce recueil, chaque écrivain nous présente des facettes troubles, sombres ou terriblement tristes de la première des Femmes, tour à tour sorcière, magicienne, fée ou démon, mais toujours belle, inaccessible et froide.Et ces facettes se coupent pour dresse le portrait terrible de son âme...
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Fiches liées de type "Editeur" :
Oxymore
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Thaïs Erin : 9/10
Recréer le mythe de la femme succube, en le transformant de milles façons, voilà l’intérêt et le but ...
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Recréer le mythe de la femme succube, en le transformant de milles façons, voilà l’intérêt et le but ultime de ce recueil. Et, sur le chapitre de la diversité, il est atteint, à tous les niveaux. On passe, au fil des nouvelles, du fantastique à l’horreur, de l’irréel à une trop douce ou trop violente réalité, on voyage de mondes en mondes, de tristesse en désillusion, de mélancolie en jeux pervers… Certains des textes proposés sont magnifiques, de sens comme de poésie, et illustrent, d’une façon ambivalente et amère, le caractère profondément étrange de Lilith, et, avec elle, derrière elle, celui de la femme « obscure ».
Je pense notamment au « solstice d’hiver », un conte de fées virant lentement au cauchemar, où une jeune fille, presque encore une enfant, découvre, en même temps que sa féminité, le pouvoir de séduction sur les hommes, et œuvre, sourdement, à leur destruction… Folie ou mysticisme exacerbé ? Nul ne saurait le dire, mais, dune façon dérangeante,ce récit renvoie au triangle bien connu des psychologues, « amour-désir-mort » et, eu delà même, à nos propres perversions troubles…
Ou encore, d’une plume plus douce, plus poétique aussi, l’histoire terrible de cette femme terrible, tout à la fois sorcière, ange, et reflet de la mort souveraine, qui prend sous son aile, comme dans son âme, l’image et l’esprit d’une petite juive envoyée en chambre à gaz, « sœurs de mort ». Là où nous retrouvons, à côté d’une des histoires les plus terribles de l’homme, ce génocide en masse, l’image des hommes d’une noirceur ineffable et celle, sublime, de la mort qui souffre de nos propres erreurs.
Il faut encore citer, à titre d’exemple, le subtil détournement du conte de fées, par une Tanith Lee inconditionnelle du genre, et qui revisite avec brio et un goût prononcé pour le mysticisme, la légende de Cendrillon, faisant de l’héroïne un peu niaise du conte, une sorcière émérite, prête à tout pour venger sa mère, morte sur le bûcher…Avec ce style de narration, entre longues descriptions visuelles et dialogues ciselés, qui n’appartient qu’à elle.
En revanche, d’autres récits m’ont paru un brin trop nébuleux, même si dans l’ensemble le style d’écriture est très accrocheur (comme « Refuge », histoire trouble, vénéneuse, mais très étrange)…Cependant, la plupart des histoires choisies forment un lien de plus dans la mythologie de Lilith, tissent une toile qui la représente, en dessous de son aspect fantastique et sombre, comme une femme fragile, déstabilisante, mais aussi déstabilisée, et à ce seul titre je finirais ma critique en parlant de la nouvelle qui m’a enchantée le plus, une magnifique composition sur la relation prétendue entre Lilith et Adam, de l’amour à la haine et de la haine à l’amour, écrit avec une plume sensible, délicate, teintée d’une grande mélancolie, où deux êtres solitaires se déchirent et ne parviennent pas à se comprendre, « Reflets éternels ».
Judicieux choix que de l’avoir placée en fin de recueil, car elle est frappante, et clôture avec une infinie tendresse les facettes, les reflets de la femme éternelle… J’en cite une phrase, tirée de la fin, pour vous donner un aperçu :
« Je suis lasse, Adam… Ma haine s’est tarie. Garde les yeux encore fermés, laisse moi te contempler… »
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Auteur : Tanith Lee , Léa Silhol , Jane Yolen , Serena Gentilhomme
Illustration : Dorian Machecourt , Sébastien Bermès
Editeur : Oxymore
Date de parution : 11/2001
Collection : Emblemythiques, numéro 3
Nombre de pages : 288 pages
Format : 16 cm x 20 cm
ISBN : 2913939147
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