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Medias |
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Le Tour d'écrou
Titre original : The Turn of the Screw
Ecrit par un inconnu de nos archives.
Fantastique (Année de parution : 1898), Etats-Unis
Synopsis :
Une jeune femme est engagée en tant que nurse pour deux enfants, Flora et Miles, par un homme riche et peu enclin à s'occuper des orphelins placés sous sa responsabilité.
Tout serait parfait, dans le cadre idyllique de cette belle demeure victorienne anglaise, si seulement les deux enfants n'étaient pas si secrets, et les domestiques si peu bavards.
Car la jeune femme, qui sombre peu à peu dans une peur indicible,est en proie à des vsions incompréhensibles, dans lesquelles des visages l'assaillent, et des ombres d'adultes se penchent sur les malheureux enfants dont elle a la garde.
Et, comble du cauchemar, elle va bientôt apprendre que ces silhouettes appartiennent au souvenir d'une ancienne gouvernante et de son amant, disparus tragiquement...
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2 critiques (proposer une critique):
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Par
Melmiriel : 8/10
James était un auteur mystère, qui aime suggérer. Proche d’Edgar Allan Poe, aussi, où en Europe de C ...
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James était un auteur mystère, qui aime suggérer. Proche d’Edgar Allan Poe, aussi, où en Europe de Conan Doyle, dans un autre style. Il n’est point besoin de sang pour avoir peur, et l’aspect « gore » est uniquement suggéré au lecteur ou spectateur.
Pour James, l’Europe est « magique » en cela qu’elle a un « passé » contrairement à l’Amérique qui elle a très peu d’histoire, donc James est fasciné par tous ces récits de fantômes et autres, étudiés par les auteurs de « l’ancien continent. »
Influencé aussi par Nathaniel Hawthorne et sa « maison des 7 pignons », James, considère que tout américain se rendant en Europe, va vivre une expérience unique et apprendre beaucoup.
Quoi de mieux que d’aller en Angleterre si réputée pour ses vieilles demeures et ses « squelettes dans le placard » , où tout est si poli, et « vertueux » et les apparences si trompeuses ?
James joue sur les décors, comme le fait Hawthorne,
Ce thème opposant innocence américaine et sophistication européenne se retrouve dans Les Européens (1878), Washington Square (1880), Les Bostoniennes (1885) et « Reverberator » (1888) et atteint sa conclusion avec Les Ambassadeurs (1903) où la civilisation est définie comme « la tradition ininterrompue de culture que l’Europe occidentale hérita du monde antique ».
Bien souvent ses personnages se « cassent la gueule » mais « apprennent »
Par la suite le cinéma a utilisé de nombreux enfants pour rendre un peu plus de suspense (« 6eme sens », « Poltergeist », « l’exorciste », «Carrie »…), mais James était un novateur en son genre, et l’on peut même dire qu’il a participé à l’ouverture des portes entre l’ouest et l’Est !
-“For West is West and East is East and never the TWAIN shall meet - (Car l’Ouest est l’Ouest et l’Est est l’Est et les DEUX ne se rencontreront jamais) disait gaiement et ironiquement Mark Twain).
Il est, avec ce même Mark Twain, le plus grand romancier américain de la seconde moitié du XIXe siècle. Voir aussi « The innocents abroad » par l’auteur de Tom Sawyer, cette dernière étant bien sur représentée par les enfants.
« The real Thing », et « The Beast in the Jungle » qui se ressemblent beaucoup et dont l’un est l’explication de l’autre ET du « Tour d’écrou », sont deux autres romans de James qui montrent que la VERITE est ailleurs, déjà, et que la part des ténèbres en nous, ressort un jour ou l’autre, souvent inconsciemment, sous la forme de rêves, et dans le Tour d’écrou, il est fortement question de rêve mais nul ne peut le prouver.
Le film du même nom semble dévoiler un peu plus sur le caractère de La Gouvernante, dont le nom n’est jamais cité dans le roman, et cela du fait qu’ELLE incarne le dramatis personnae de tous les étrangers voyageant « ailleurs ».
L’on voit grâce au film de Rusty Lemorande (1994), qu’ELLE est tellement avide de « connaître » qu’elle va jusqu’à imaginer tout ce que nous a déjà dit James et nous montre que l’imagination est bel et bien « la folle du logis »
Le film « Les autres » est presque une reprise de ce « tour d’écrou ».
Roman d’apprentissage à l’américaine, ou roman d’horreur, je penche pour la première proposition et rejoins Thaïs sur son analyse.
Nous sommes « double » et nous devons le reconnaître pour préserver l’équilibre. Les américains ont eu du mal à l’admettre et ce n’est peut-être qu’avec l’arrivée de Stephen King qu’ils ont reconnu cette « face sombre » qu’ils cachaient bien trop de fois sous des apparences de puritanisme et autres
« apparences » !
Mais de nos jours, l’on peut aussi voir dans le « Tour d’écrou » un rappel au rêve, à la rêverie et donc à la Fantasy, que certains décrient.
Miles chante une chanson à un moment donné et dit à La Gouvernante :
« Je l’ai inventée », ce qui pourrait être le « pitch » !
Attention « The Beast in the Jungle » est prête à sauter sur vous !
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Par
Thaïs Erin : 8/10
Le Tour d'écrou est un roman si court que je l'ai d'abord pris pour une longue nouvelle. De plus, le ...
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Le Tour d'écrou est un roman si court que je l'ai d'abord pris pour une longue nouvelle. De plus, le début, comme tout le livre d'ailleurs, est lent, langoureux pourrait on dire, s'étire sur des pages...Et justement, c'est le propre de ce roman hors du commun, non dans son sujet, somme toute très classique, mais dans sa façon de la traiter, car il instaure un climat lourd et particulièrement oppressant de huis clos infernal.
D'une trame archi usée ( la bonne vieille maison hantée, évidement perdue dans la campagne brumeuse, au milieu de nulle part, une jeune femme un brin naïve et bien sûr étrangère, donc ne connaissant personne, sans amis, sans confidents, seule avec ses angoisses), Henry James parvient, avec brio, à tirer un machiavélique et torturé récit, où lentement la folie et la peur s'installent, alors que les deux jeunes enfants que la gouvernante doit garder révèlent des étranges penchants morbides... Tout se passe dans un état semi comateux, dans un style d'écriture entre le rêve et la réalité, les jours s'enchainent et l'horreur s'installe entre les murs.
Le plus incroyable dans toute cette histoire, c'est que la fin demeure ouverte, et ne résoud pas le mystère de ces apparitions fantômatiques d'anciens serviteurs: on ne sait pas, en tant que lecteur, si tout ceci est bien réel, ou le fruit de l'imagination névrotique de la jeune héroïne, comme on ne sait pas si les deux enfants oeuvrent du fait seul d'agissements terribles de poltergeist qui les attirent, ou si c'est la gouvernante qui les a poussés à commettre l'irréparrable, par sa folie galopante.
Ce roman prouve, avec un talent incontestable, qu'on peut écrire une histoire terrifiante, poisseuse, sans le moindre apport de flots d'hémoglobine dont les romanciers (et leurs lecteurs) sont souvent si friands, et s'inscrit dans la lignée des films de Hitchcock (pour l'ingéniosité) et les films japonais tels Dark Water (pour la terreur sans nom qu'ils sucitent alors qu'il ne s'y passe quasiment rien).
Entre cauchemar ou schyzophrénie, folie et fantôme, l'enfer est le même.
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Auteur : Henry James
Traduction : Jean Pavans
Editeur : Librio
Date de parution : 11/2003
Collection : Librio, numéro 200
Nombre de pages : 150 pages
Format : 13 cm x 21 cm
ISBN : 2290334839
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