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Critiques (1) |
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Eternal Sunshine of the Spotless Mind
Titre original :
Réalisé par un inconnu de nos archives.
Acteurs : Kirsten Dunst.
Science Fiction (Année de production : 2004), Etats-Unis
Site web : Aucun
Synopsis :
Que serions nous prêts à subir pour oublier le souvenir de nos amours malheureuses?
Clémentine et Joël s'aiment, mais, comme tous les couples, il leur arrive de se disputer, de se déchirer, et de se faire du mal. Un jour, par défi, par impulsivité, Clémentine décide de faire effacer son petit ami de sa mémoire, et s'adresse à un éminent docteur, capable de rayer des années entières de la vie par simple destruction des souvenirs surnageant dans les zones troubles du cerveau humain...
Lorsque Joël l'apprend, l'incompréhension, la tristesse et la douleur, font lentement place à un désir de vengeance, et il décide à son tour de subir l'opération.
Mais, alors qu'elle est en cours, il va s'apercevoir que, finalement, il ne veut plus l'oublier, et entraîner la Clémentine de ses souvenirs dans les recoins les plus secrets de sa mémoire...
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Thaïs Erin : 10/10
Je ne suis pas une inconditionnelle des films traitant de l’amour ; en règle générale, j’ai tendance ...
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Je ne suis pas une inconditionnelle des films traitant de l’amour ; en règle générale, j’ai tendance à trouver ça nunuche et niais. Eternal sunshine, parce qu’il parle d’amour d’une manière décalée, sensible et terriblement réaliste, m’a pourtant énormément touchée.
Cette rencontre de deux êtres que tout oppose, Clémentine extravertie, qui se cherche beaucoup, et Joël, timide jusqu’à en être maladif, renfermé, est narrée avec un mélange de poésie et de matérialisme qui fait mouche : ce moment où ils sont tous deux allongés sur la glace, comme en marge de l’univers, en marge de tout, et qu’ils observent les étoiles, aurait pu être un cliché banal parmi tant d’autres. Pourtant il n’en est rien, parce que dans ce film les personnages se déchirent, se repoussent, s’attirent, se font du mal et se cherchent désespérément. On a la sensation qu’ils tentent, maladroitement, de se trouver, sans rien faire d’autre que de s’effleurer. Tragique histoire comme il en arrive à d’autres, la qualité de ce film est encore renforcée par la façon dont il nous est présenté. Originale et parfaitement décalée.
C’est en découpant le temps, en utilisant la fin pour alimenter le propos de départ et le départ pour expliquer la vraie fin, en faisant du film et de son déroulement un patchwork de minutes, de secondes et de fantaisies, que le réalisateur interpelle. Au début, on a du mal à comprendre où il veut en venir, mais bientôt tout s’éclaire.
Car, à travers l’opération de Joël, visant à détruire de sa mémoire tous les souvenirs de Clémentine, c’est une véritable incursion au centre de l’homme, de ses faiblesses et de ses doutes, qu’on propose au spectateur. Ici, on prend le parti inverse du film « 5x2 » où on nous montre les 5 étapes dans la vie d’un couple, de sa rencontre à sa rupture. En effet, on remonte les fils de la mémoire du héros, de la rupture, des blessures, au début de l’histoire d’amour, ses moments de joie intense et de vie.
Et justement, cette façon de remonter le temps a un impact, et sur la forme du film, et sur son fond.
Sur le fond d’abord, parce que le héros retrouve en lui-même des souvenirs magiques qu’il avait oubliés dans la douleur de la séparation, qu’il retrace sa propre histoire, et qu’il décide de tout arrêter, réalisant soudainement qu’il ne veut plus perdre davantage celle qui continue à aimer. De la frustration et de la colère vont naître l’acceptation, puis la tendresse. Au beau milieu de l’opération, Joël va ouvrir les yeux : dans cette scène qui peut sans doute paraître banale, je tiens à souligner le très boon jeu d’acteur de Jim Carey, tellement éloigné de ses rôles habituels (mis à part « The Truman Show ») qu’on a bien du mal à le reconnaître. Il incarne à la perfection son personnage, le fait sien, et prouve qu’il n’est pas cantonné aux rôles comiques : lorsqu’il ouvre les yeux, donc, comme pour signifier, même s’il est endormi, il veut tout de même arrêter le processus, on peut lire dans son regard toute la détresse de l’être humain, toute sa tristesse…
Sur la forme ensuite. Joël tente de fuir la machine qui lui brise ses souvenirs, et emmène Clémentine dans les recoins de sa mémoire : les bribes se fondent, se refondent, les décors se déchirent, les temps se confondent, tous les moments de leur vie commune sont bouleversés, car le héros essaie de les sauvegarder en les cachant dans d’autres réminiscences, celles de son enfance, celles de son adolescence, n’importe quel souvenir qui pourrait échapper à la destruction programmée, là où on ne les trouverait pas…Ce film est alors prétexte à une débauches d’images surréalistes, où la réalité et la mémoire se confondent, où les deux héros se réveillent dans un lit posé au beau milieu d’une plage couverte de neige, où les voitures tombent du ciel, où la glace sur laquelle ils ont observé les étoiles se transforme en ruelle escarpée remplie de gens…Non sens emplie de poésie, chaque image en elle-même est un bijou d’animation, parce qu’elle mêle habilement l’absurde, la tendresse et la beauté. Tout part en tout sens, mais avec quel brio ! On ne sait jamais à quoi s’attendre, où les héros vont atterrir, c’est une sorte de course-poursuite revisitée aux couleurs des souvenirs et teintée d’amertume.
Eternal Sunshine n’est pas un film qui se contente de nous parler d’amour. Il met aussi en scène, à travers les personnages secondaires, les faiblesses des hommes et leurs peurs profondes. Elijah Wood, qui, loin du rôle de Frodon qui l’a rendu célèbre, incarne Patrick, un jeune adulte un tantinet névrosé, un des techniciens qui se chargent d’effacer les mémoires, et qui a tellement peur de se retrouver seul, tellement peur de la solitude, qu’il en vient à prendre le rôle de Joël auprès de Clémentine, qui a tout oublié, à endosser la personnalité de quelqu’un d’autre, à mentir pour avoir une personne qui l’aime. Tristesse, désespoir, même le Dr éminent chargé des opérations porte un lourd secret. Rien n’est donc laissé au hasard dans le déroulement de l’intrigue et la mise en place de l’univers si particulier de ce film hors du commun. Science Fiction, mais aussi science de l’homme et de ses réalités fondamentales, ce film traite aussi, de façon sous-jacente, du combat entre les avancées technologiques et scientifiques et de l’homme qui va finir par s’y opposer. Le combat n’est, d’ailleurs, peut-être pas si manichéen, si calculé, qu’on voudrait nous le faire croire…
Je ne veux pas en dire plus, pour ne pas gâcher la fin et la magie de Eternal Sunshine, mais ne peux que conclure ma critique en invitant tous les gens exaspérés par les comédies d’amour stupides qu’on nous inflige, à se réconcilier avec le sentiment et le cinéma en général. Poignant, amer et visuellement très réussi
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Réalisateur : Michel Gondry
Scénario : Charlie Kaufman, Michel Gondry, Pierre Bismuth
Acteurs : Jim Carrey (Joel Barish), Kate Winslet (Clementine Kruscynski), Kirsten Dunst (Mary), Mark Ruffalo (Stan), Elijah Wood (Patrick), Tom Wilkinson (le docteur Mierzwiak), Robert Byrne (le chef de train Gerry), Jay Ryan (Frank Thomas), Jane Adams (Carrie), Debbon Ayer (la mère de Joel)
Musique : Jon Brion
Producteur : Focus Features, Universal Pictures, U.S.A.
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