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Big Fish
Titre original : Big Fish
Réalisé par Tim Burton.
Acteurs : Ewan McGregor, Helena Bonham Carter.
Fantastique (Année de production : 2004), Etats-Unis
Site web : Aucun
Synopsis :
Will Bloom est un jeune homme sérieux, qui a appris au cours de sa vie à détester la fantaisie et les contes.
Sans doute parce que son père, Edward, lui a toujours racontée la vie et ses aventures comme dans une sorte de rêves où le fantastique le disputait à l'absurde. Et que Will a la sensation douloureuse de ne rien connaître de son père, de ne savoir démêler le faux du vrai et l'imagination à la réalité.
Il a grandi. Il n'a plus envie de jouer à inventer sa vie.
Seulement, lorsqu'il apprend que son père est mourant, il ne peut résister à son appel, et se rend, avec sa jeune femme Joséphine, à son chevet. Là, il réapprend à écouter les histoires du patriarche, et à percer, peu à peu, les mystères et les secrets de cet homme qu'il a bien du mal à comprendre...
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Thaïs Erin : 10/10
Big Fish est sans doute le film le plus personnel de Tim Burton. On savait déjà qu’il aimait, à trav ...
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Big Fish est sans doute le film le plus personnel de Tim Burton. On savait déjà qu’il aimait, à travers ses personnages de Freaks marginaux, se mettre en scène lui-même, nous exposer, sous le symbolisme de l’onirisme, ses propres rêves… Il lui restait cependant à nous présenter sa famille. Avec Big Fish, c’est un magnifique message d’amour qu’il lance à son père, aujourd’hui décédé, avec qui il a longtemps eu des relations conflictuelles.
L’histoire parle d’elle-même, il ne s’agit plus ici de parler aux gens de fantaisies, mais de l’homme, de sa représentation la plus concrète, de ses espoirs et de sa douleur, de ses joies et aussi de la mort.La Mort, Tim Burton l’a bien souvent représentée, son goût pour le morbide gothique décalé (Beetlejuice, Sleepy Hollow) en a même fait un des principes de ses films ; mais jamais auparavant il ne l’avait fait sans ce sens de l’auto dérision pointant sous le décor, jamais il ne nous l’avait montrée avec autant de tact et de finesse. Dans ce film, il ne touche plus seulement ses fans, il s’ouvre aussi aux autres, il traite d’un sujet universel : la famille, les gens qui ne se comprennent pas, le manque de dialogue, la confrontation des esprits.
Will est profondément matérialiste, Edward Bloom son père est un idéaliste, racontant sa vie comme une suite ininterrompue de contes de fées : c’est la première fois que Tim Burton se pose la question de savoir comment réunir deux univers aussi différents. Preuve de sa maturité artistique.
Big Fish allie des moments de poésie burlesque et teintés d’onirismes à des moments plus intimes, où l’on côtoie de près ces deux hommes qui, même sur le lit de mort, continuent de se déchirer. Parfois bouleversant, ce film touche à de nouvelles contrées pour Burton : il ne se contente plus de nous émerveiller avec son imagination débordante. Il nous fait ressentir pleinement. Big Fish n’est pas un mélodrame, mais c’est un drame, il ne faut pas s’en cacher.
La vie narrée d’Edward Boom, de son enfance à la rencontre d’une sorcière, à l’orée d’une forêt toute Burtonienne, de son parcours amoureux, à l’amitié d’un géant et de deux sœurs siamoises, de son passage dans un monde abandonné au milieu de nulle part, ses chaussures posés en équilibre sur un fil, sa vie est un prétexte à de foules élucubrations, des aventures féeriques, des mélanges de couleurs et de textures, un tourbillon imaginaire magnifique dans lequel Burton nous entraîne, et nous perd. Et puis, petit à petit, l’image lisse du rêve se fracture, en rupture avec ses autres films délirants, insensés, baroques, il nous pointe du doigt les réalités de la vie : lorsque Edward revient, beaucoup plus tard, dans le village perdu, il se rend compte qu’il n’est pas à l’image qu’il s’en était fait, plus jeune. Désillusion première, le rêve s’envole.
Son fils ne le comprend pas, ses moments où rien ne se dit entre les deux hommes, pesants et magnifiques, sont un poids de plus à porter contre la fantaisie. Seconde désillusion.
Et puis, il y a, encore la femme. Les femmes de Tim Burton sont les alter ego des hommes. Plus douces, plus sensibles, elles les mènent, les guident, les font vivre et sourire. La mère de Will adore son mari, sa façon de raconter sa vie comme un éternel rêve d’enfant (une scène m’a marquée, celle où Edward est dans la salle de bains, qu’il va bientôt mourir, et qu’il remplit d’eau, comme une étroite piscine, la minuscule baignoire. Allusion au titre, Big Fish, il ne peut vivre que dans son imagination, il s’abreuve pour ne pas se dessécher, il essaie de croire encore à la vie, même s’il sait pertinemment qu’il va partir…), elle vit avec lui son onirisme. Joséphine, l’épouse de Will, est photographe : elle sait voir au-delà des choses, des êtres, leur nature et leur essence même, elle représente la médiateur entre le père et son fils.
Alors, Will commence à changer, et à comprendre. Aidé par sa femme, par son propre esprit cartésien qui se débat encore, il va raconter, dans une des scènes les plus émouvantes de ce film hors du commun, à son père qui meurt, sa propre fin. Il lui invente, lui écrit le point final de sa vie, comme il essaie de la concilier avec les rêves d’Edward.
De deux mondes qui s’opposent, on tire des leçons. De deux affrontements, de la mort, de la vie, de notre imaginaire, de notre esprit concret, on apprend à voir autrement. Images en symphonies, entre ciel et terre, réalité et fiction, tout se rejoint et forme un tout qui est notre monde. Voilà le mot de Burton, l’ambition de ce film sublime, l’un de mes films préférés. Sensible, beau et enchanté.
A l'image de son acteur principal, Ewan MacGregot, totalement transcendenté par son personnage.
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Réalisateur :Tim Burton
Scénario : John August, d’après l’œuvre de Daniel Wallace
Acteurs : Ewan McGregor (Edward Bloom jeune), Albert Finney (Edward Bloom), Billy Crudup (William Bloom), Jessica Lange (Sandra), Alison Lohman (Sandra jeune), Helena Bonham Carter (Jenny et la sorcière), Danny DeVito (Amos Calloway), Steve Buscemi (Norther Winslow), Marion Cotillard (Joséphine), Robert Guillaume (le Dr. Bennett), Matthew McGrory (Karl)
Musique : Danny Elfman
Producteur : Dan Jinks, Bruce Cohen, Richard Zanuck
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