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Insomnie
Titre original : Insomnia
Ecrit par Stephen King.
Fantastique (Année de parution : 1994), Etats-Unis
Synopsis :
Ralph Roberts est un homme détruit par la mort de sa femme, suite à un cancer fulgurant. Renfermé sur lui-même, il passe ses nuits à rêver de la disparue, qui le hante encore durant la journée. Seulement, au fur et à mesure des mois qui passent, ses nuits sont de plus en plus courtes, et il commence à voir de bien étranges choses. Des auras entourent les gens, leurs pas sur le sol laissent des traînées brillantes...
Ralph se demande s'il n'est pas proche de la folie.
Mais alors, pourquoi voit il toujours, au moment d'un drame, des petits êtres bizzares, sortes de docteurs miniatures en blouses blanches, le visage lisse comme des enfants, armés de ciseaux acérés? Et que cache le comportement de son si gentil voisin, qui se met à sombrer dans une démence paranoïaque et violente?
ÇA serait-il revenu à Derry, la ville maudite?
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1 critiques (proposer une critique):
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Par
Thaïs Erin : 9/10
Insomnie est, avec Carrie et Shining, mon livre préféré de Stephen King.
L’écrivain délaiss ...
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Insomnie est, avec Carrie et Shining, mon livre préféré de Stephen King.
L’écrivain délaisse le côté un peu naïf et vaguement superficiel de certains de ses romans (comme Salem, censé s’attaquer au mythe vampirique, mais qui transforme ces créatures de la nuit en sortes de morts vivants cannibales, méchants, tout juste bons à nous donner un coup de canines) et amorce, avec finesse, la descente aux enfers d’un homme ordinaire, dont les nuits se raccourcissent de semaine en semaine, basculant inexorablement vers l’irréel, ou ce qu’il croit être irréel…
Le personnage de Ralph Roberts est celui d’un homme hanté par la disparition de sa femme, un homme mur, à la limite de la vieillesse, ce qui donne de prime abord deux champs d’investigation pour King : le premier, c’est de pouvoir, après s’être longtemps penché sur le monde des enfants (Ça, Shining, Simetierre), et avoir décrit avec une image criante de vérité celui des adolescents (Carrie), se préoccuper d’une peinture de l’univers des hommes et des femmes vieillissants, leurs doutes, la sagesse inhérente à leurs expériences de la vie…En cela même, les personnages de ce roman, tout aussi disparates qu’ils soient, sont infiniment attachants, mélange de failles humaines et de profondeur d’esprit.
Le second point, c’est qu’au début du roman, comme c’est le cas pour le film japonais « Dark Water », le lecteur a bien du mal à savoir si l’histoire racontée, cette trame de nuits qui deviennent de plus en plus courtes, et de visions, est due à la névrose galopante du héros ou à un véritable phénomène fantastique. Bien sûr, nous sommes dans un livre de King, il apparaît donc, au fil de la lecture, que les visions se révèlent véridiques, et non une quelconque expression d’une folie naissante.
L’idée du roman, à savoir que cet homme, qui se sent coupable du décès de sa femme, commence à observer le monde de plus près, et à y voir opérer les forces de la nature, du destin, ou de Dieu, au choix, est traitée avec beaucoup de poésie : ces instants où Ralph voient les auras des gens, qui révèlent, comme il va le découvrir, leur état de santé, d’humeur, leur vie même, par leur texture et leurs couleurs différentes, sont des véritables explosions d’images, un peu à l’instar du « Parfum » de Patrick Süskind, sauf qu’au lieu des odeurs, on nous offre un florilège d’images. En ce sens, Insomnie diverge des autres romans de Stephen King.
Son utilisation, son détournement de la mythologie pourrait on dire, est bien exploitée : car, que sont ces étranges Dr chauves, au visage lisse d’enfants (d’ailleurs, en y réfléchissant, leur description m’a beaucoup fait penser à celle de la petite impératrice dans « l’Histoire sans fin », qui ressemble à une fillette alors qu’elle est plus vieille que le monde), si ce n’est la vision toute personnelle, tournant à la SF la plus débridée, de l’écrivain en ce qui concerne les Parques mythologiques. En effet, armés de ciseaux, ces Dr, tout comme les Parques, coupent le fil de la vie, dans le roman s’apparentant à un panache d’aura au dessus de la tête des gens.
Outre cette trame romanesque recherchée et, je le répète, originale et poétique, il ne faut pas oublier qu’on est dans un roman d’un des maîtres de l’épouvante, il y a donc, intercalés avec ces images de rêves et de réalité,à travers la quête de Ralph, cherchant à en apprendre plus sur ses étranges visions, de la violence, et des mots grossiers ( ce que j’ai toujours regretté chez King, d’ailleurs), une intrigue alambiquée, dans laquelle le voisin de Ralph, jusqu’alors bon père de famille et bon mari, se trouve impliqué : il perd de plus en plus la raison, se met à battre sa femme, dégénère complètement, comme possédé par des forces négatives, à l’instar du père de Danny dans Shining. Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher à ceux qui liront cette critique le suspense du roman, où la mort semble de plus en plus aléatoire et cruelle, les petits Dr chauves dépassés eux-mêmes par les évènements, mais c’est un bon roman, inventif, haletant, poétique…
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Auteur : Stephen King
Traduction : William Olivier Desmond
Editeur : Albin Michel
Date de parution : 04/1995
Nombre de pages : 717 pages
Format : 16 cm x 24 cm
ISBN : 2226077642
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