Introduction
Les légendes et les auteurs ont prêté leur imagination pour donner une âme et un stéréotype aux elfes. Les traits les plus fréquents qu’on retrouve sont : l’orgueil (fierté), la beauté, un certain pouvoir extra-sensoriel voire même magique; ils vivent longtemps (parfois sont immortels), ils sont sveltes, sensibles, et possèdent une grande sagesse.
Ce n’est bien sûr pas tout sur les elfes... Il y a nombre de discordes et des descriptions fantaisistes qui font qu’on a des résultats radicalement différents. Pourtant, un thème qui vient quasi-automatiquement quand on parle d’elfes c’est la forêt, la nature. Ces elfes qui vivent dans la forêt sont parfois des "extrémistes" de la nature, et on les appelle parfois elfes sylvains, elfes de la forêt ou elfes verts.
Une grande erreur qui reste répandue est l’idée que les elfes sont fragiles, faibles (accentué chez les elfes sylvains par leur manque d’armure) et qu’ils n’ont aucun trait de virilité (pour les mâles), alors que les femelles sont glorifiées au plus haut point. On ne compte plus le nombre d’hommes envoûtés par la beauté surnaturelle des elfes.
Inspirons-nous de quelques sources complètes qui nous parlent des elfes sylvains afin d’en savoir plus long sur ce peuple souvent catégorisé en lopettes, ou ballerines de guerre.
JRR Tolkien
Chez Tolkien, les Nandors sont des elfes de la légion des Teleri qui ont refusé de franchir les montagnes de brume dans la marche vers l’Ouest des elfes dans le premier âge du Silmarillon. Une partie d’entre eux menée par Denethor (pas le père de Boromir et Faramir ! un autre), s’est installée en Ossiriand et sont les elfes verts.
Ceci ne suffit bien entendu pas pour expliquer la vision de Tolkien sur les elfes de la forêt. En effet, on retrouve cette idée d’elfe sylvestre avec le royaume de la Lothlorien dirigé par Celeborn et Galadrielle, ainsi que les elfes de la forêt noire (dont Legolas est le prince). Ces elfes sont des fins observateurs, ils ont des sens décuplés, et semblent lire les signes que laisse la nature... une lecture magique, un lien de symbiose avec la nature. En forêt, ils sont presque invisibles et inaudibles, rien qu’avec les capes de Galadrielle données aux Hobbits, on peut se faire une idée des talents de ces elfes. Ils utilisent des arcs, une arme qu’ils maîtrisent, notamment pour tendre des embuscades.
Ils n’ont pas l’habitude de recevoir des visiteurs, ou plutôt défendent avec beaucoup de rigueur leur forêt qu’ils considèrent comme un endroit pur à préserver de la souillure. Ils vivent en hauteur dans les arbres dans un univers reposant et magique totalement naturel. Malgré leur réputation sinistre et inamicale, les personnages elfes sylvains sont très sympathiques, que ce soit Haldir, Celeborn, Galadrielle, ou Legolas (même s'il vient d’une autre forêt).
TSR (Donjons et Dragons)
Pour les fans de D&D, les elfes sylvains sont décrits de manière un peu extrême. Ils sont grands et forts pour des elfes (rappel que chez TSR, les elfes sont plus petits et menus que les humains). Ils ont la peau légèrement bronzée qui contraste avec leurs cheveux blonds ou cuivrés flamboyant, et leurs yeux marron ou vert vif. Ils sont très supersticieux, s’habillent de manière discrète selon la saison, du brun/roux en automne, du blanc en hiver etc... Bref, des vêtements de camouflage.
Ils sont considérés comme sauvages et violents, ce qui dans une certaine mesure est vrai. En effet, ils agissent parfois impulsivement à cause de leur grande émotivité. Ils ne connaissent pas la logique, mais vivent en fonction de leur cœur, de leurs intuitions et de leur force brute. Ils sont très indépendants, parfois même très solitaires, et sont très attentifs à qui pénètre leur forêt. Ils peuvent même tuer les visiteurs s'ils s’approchent trop près, même si en réalité il ne s’agit pas d’une menace réelle. Cela est vrai même avec d’autres elfes; en effet, l’elfe sylvain considère seulement les siens, ceux de son camp.
Au fond, ils ne sont pas mauvais, ils vivent dans leur monde, dans la neutralité, et veulent qu’on les laisse en paix. Entre l’elfe, l’arbre et l’animal, l’elfe sylvain est primitif et rejette la civilisation comme on la connaît dans les autres races intelligentes. Il n’aime pas les villes, les évite et essaye d’y passer le moins de temps possible. Il n’aime pas non plus les sous-sols, les grottes et les endroits fermés, car ils sont dépourvus d’éléments de la nature, de végétation et d’espace de liberté, ce qui leur vaut une réputation de claustrophobe. Ils s’associent plus facilement avec les animaux sauvages qu’avec n’importe quelle autre créature.
Warhammer
Ici, les elfes sylvains sont, à l’origine, des colons venus d’Ulthuan (l’île-continent des hauts-elfes) qui sont tombés sous le charme de la Forêt de Loren, une immense et très vieille forêt enchantée. Ils l’habitent et la protègent, et refusent même de rejoindre Ulthuan quand le royaume est attaqué par les elfes noirs !
Ils se déclarent indépendant du roi Phénix, et fondent le Royaume sylvestre de Loren. Ils y vivent en parfaite et totale autarcie, indépendant de tout commerce et autres royaumes. Leur forêt est magique, et tout y est mis en place pour éloigner les intrus.
Tous des spécialistes de l’arc long qu’ils fabriquent à la perfection, ils ont pour habitude de transformer en "hérisson" tous les malheureux qui tentent d’approcher trop près de leurs frontières. Ils sont grands, minces, pâles, leur yeux sont parfois violets, et ceux qui ont les cheveux noirs ont des reflets bleus. Ils vivent en harmonie avec les esprits de la forêt : les hommes arbres, les dryades, les sylphes, les lutins (cf. : Durthu, l’homme arbre) et les licornes. Dans les cimes des hauts pins, ils élèvent des faucons géants qu’ils chevauchent. Certains dragons habitent la forêt. Ils sont amicaux envers les elfes, et n’hésitent pas à se battre à leurs côtés.
Le royaume est dirigé par Orion et Ariel, les incarnations elfiques des Dieux Kurnous (Dieu de la chasse mi-homme, mi-cerf, et la Déesse Isha, une sylphe). Tous deux règnent et vivent en fonction des saisons, mourant chaque hiver et renaissant chaque printemps. Ils sont ennemis des nains qui tentent régulièrement de couper les précieux arbres de la forêt.
Dans le monde de Warhammer, on prête aux elfes sylvains des spécialités intéressantes qu'on retrouve souvent sous d'autres noms. Déjà cités, les chevaucheurs de faucon géants et de dragons, les hommes arbres, les dryades et les licornes... Mais ils ont également des troupes spécialisées comme les danseurs de guerre (genre de chantelameurs), les forestiers, experts en embuscades et pièges, les éclaireurs (espions et observateurs), les aigles géants, les maîtres des bêtes. Tout nous indique un peuple un peu sauvage, qui se bat discrètement ou avec la violence des créatures de la forêt.
Conclusion
L’elfe sylvain, n’est pas une créature fragile et androgyne qui court les prairies en sentant le parfum enivrant des fleurs des champs... C’est un elfe plus replié sur la nature, en symbiose avec celle-ci. Il la protège et la vénère presque. Il est plus athlétique et plus simple dans ses relations sociales, donc paraît plus rustre. Au fond, c’est un amoureux, un serviteur passionné de la nature qu’il admire. Dans de nombreuses légendes, il se recouvre de tatouages, symboles des dieux de la nature ou des animaux; un autre signe que cet elfe se sent "sauvage", il se sent à moitié animal et végétal. L’elfe sylvain est donc un sérieux, pas un esprit enfantin efféminé...
Sources :
- Le seigneur des anneaux (J.R.R. Tolkien)
- Le silmarillon (J.R.R. Tolkien)
- Le manuel des Elfes (AD&D, Seconde édition de TSR)
- Le livre d'armée des elfes sylvains (Games Workshop)
- Images : Games Workshop