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Sujets concernés par ce dossier : Fantasy, Science Fiction, Cinéma, Dessins

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par Thanatos
le 07/10/2004
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Le Studio Ghibli Considéré comme un "label de qualité", le Studio Ghibli a produit les films d’animation japonais les plus populaires de la planète. Il contribue grandement à démocratiser ce qui fait partie intégrante de la culture nippone : le manga.



Le Studio Ghibli :

Le cinéma d'animation n'a pas cessé de croître depuis ses débuts avec le cinéma. Depuis plus de vingt ans, l'animation est le domaine quasi réservé des japonais (même si la plupart de leurs films ne sont pas exportés). Ce sont les seuls qui ont su développer ce genre encore considéré, en occident, comme "mineur" (dans les deux sens du terme car peu développé et réservé aux enfants). Là-bas, l'animation touche toutes les couches sociales et fait partie intégrante de la culture japonaise. Parmi les plus grands succès on retrouve de manière systématique les films d'un "petit" studio : le Studio Ghibli, dirigé par deux des réalisateurs les plus doués du siècle : Hayao Miyazaki et Isao Takahata.

Ces deux réalisateurs ont depuis fait leur chemin au sein de leur studio et doivent être considérés comme faisant partie des plus grands cinéastes actuels. Des films comme Le Tombeau des Lucioles ou Porco Rosso n'ont en effet rien d'un dessin-animé uniquement destiné aux enfants et la multitude de degrés de lecture qu'ils offrent leur donne la possibilité de toucher un public très varié. Le premier long-métrage que les deux hommes ont réalisé ensemble, sorti en 1984, ne le fut pourtant pas dans le cadre du Studio Ghibli. Il s'agit de l'adaptation d'un manga de Miyazaki, Nausicaä de la Vallée du Vent, que les deux hommes désiraient produire indépendamment des grands studios pour avoir plus de liberté et satisfaire leur propre degré d'exigence.

Devant le succès de ce premier film au Japon, les deux amis se lancent dans un nouveau projet, Laputa (le Château dans le Ciel), toujours avec Miyazaki à la réalisation et Takahata à la production. Malheureusement, ils connaissent des problèmes financiers et décident de produire eux-même le film grâce aux recettes de Nausicaä. Avec une équipe restreinte mais très talentueuse et extrêmement motivée, ils se mettent à l'ouvrage dans de petits locaux baptisés Studio Ghibli, du nom d'un vent du désert connu des aviateurs, en hommage à Nausicaä et à la passion de Miyazaki pour l'aviation. Deux ans plus tard, le film est découvert par le public japonais qui montre un enthousiasme prometteur pour l'avenir du studio, puisqu'il atteint les 800 000 entrées.

Nous sommes en 1986 et Takahata et Miyazaki décident de mener de front deux nouvelles réalisations que chacun doit assurer de son côté. C'est la genèse simultanée du Tombeau des Lucioles et de Mon Voisin Totoro, qui décidera de la survie ou non du Studio Ghibli. Même si, en terme d'entrées, les résultats des deux films sortis en 1988 sont un peu décevants, ils permettent au studio d'asseoir définitivement sa réputation, par leur popularité et les nombreuses récompenses qui leur sont attribuées. Et c'est le film suivant de Miyazaki, Kiki la Petite Sorcière, qui marque en 1989 le commencement de la série des grands succès du Studio Ghibli, celui-ci totalisant 2 650 000 entrées au Japon. Cela permet au Studio de s'agrandir et d'engager une partie de l'équipe du film à plein temps, donnant ainsi véritablement naissance à la "marque de fabrique" Ghibli.

Par la suite, le studio enchaîne les records historiques au box-office japonais, que ce soit sous la direction de Takahata (Omohide Poroporo) ou de Miyazaki (Porco Rosso). Ce dernier film a d'ailleurs eu une importance cruciale pour Ghibli : il a permis d'une part la construction de nouveaux locaux pour le studio, plus aérés et entourés de verdure, et sa reconnaissance internationale, notamment en France (Jean Reno lui-même a assuré le doublage du héros). A partir de 1993, Ghibli développe l'utilisation de l'outil informatique et des films comme Princesse Mononoké et Mes Voisins les Yamada témoignent de sa parfaite utilisation par les animateurs du studio. Malgré le départ officiel à la retraite de Miyazaki après la sortie du Voyage de Chihiro en 2001, le Studio Ghibli est donc plus important que jamais dans le domaine de l'animation. En Octobre 2001 a d'ailleurs été inauguré à Tôkyô le Museo d'Arte Ghibli, qui témoigne de l'importance culturelle de l’œuvre du Studio Ghibli dans son pays.

 

Hayao Miyazaki :

Miyazaki est la figure emblématique du Studio Ghibli.
La première caractéristique du travail de Miyazaki, comme de l'ensemble des artistes du Studio Ghibli, est une exigence de qualité, aussi bien scénaristique que graphique, quasiment unique au monde. Chaque protagoniste de ses films possède une personnalité et un charisme qui en font un véritable personnage de cinéma, et les décors conçus pour ses réalisations sont des oeuvres d'art à part entière. Mais la plus grande force de ses films est de proposer une poésie et une émotion rarement vues sur grand écran. Et si elles semblent venir d'une apparente simplicité artistique, il est clair qu'elles sont avant tout dues au talent et à l'investissement total de Miyazaki dans chacune de ses oeuvres. C'est grâce aux convictions du cinéaste que dans ses films, des séquences aussi bouleversantes que la fin de Porco Rosso, le sacrifice du robot dans Laputa et la mort d'Okoto dans Princesse Mononoké, ainsi que des instants de grâce absolue comme la scène de l'arrêt de bus de Totoro et la fin de Nausicaä (je vous reparle de sa filmographie plus bas).

Hayao Miyazaki est né le 5 janvier 1941 à Tokyo, et baigne dès son enfance dans l'univers de l'aviation puisque son père dirige une entreprise fabriquant des gouvernails pour avions de chasse. De là vient sa passion pour la mécanique et l'aéronautique qu'on retrouve dans à peu près tous ses films (le point d'orgue étant bien sûr Porco Rosso). En 1947, sa mère tombe gravement malade et doit garder le lit pendant 9 ans, ce qui est un évènement qui l'a beaucoup marqué, au point que les femmes aient toujours une importance capitale dans ses films et que l'intrigue de Totoro repose sur la maladie de la mère de Mei et Satsuki. Après des études assez mouvementées, Miyazaki obtient un diplôme universitaire d'économie mais sa passion pour l'animation le conduit à intégrer la Toei Animation en tant qu'intervalliste. Suite à cette intégration, il fait diverses rencontres dans le monde de l'animation qui l'amènent à travailler sur des séries aussi variées que Les Voyages Spatiaux de Gulliver, Fujimaru le Garçon Chevalier du Vent, Sally la petite Sorcière et L'Ile au Trésor des Animaux. C'est en 1964 qu'il rencontre, à la Toei, Isao Takahata et Akemi Ota, qui devient sa femme en 1966. Le premier long métrage auquel il participe est Les Aventures de Hols, Prince du Soleil qui sort en 1968, projet sur lequel a également collaboré Takahata. Il le suit à A-Pro et Zuiyo Pictures pour travailler avec lui sur diverses séries dont Heidi en 1973. Il a entre-temps réalisé son premier manga, Le Peuple du Désert, précurseur de Nausicaä. Il réalise enfin deux épisodes de Lupin the 3rd (Edgar Détective Cambrioleur) et Le Château de Cagliostro, un long-métrage issu de la série, avant de se lancer dans la création de Nausicaä en 1983.

Il fonde avec Takahata le Studio Ghibli en 1985 pour produire Laputa qui sort en 1986 (sorti 17 ans plus tard en France ...). En 1987, il produit un documentaire, L'Histoire du Canal de Yamakawa et travaille à nouveau sur la série des Sherlock Holmes pour sept séries de deux épisodes. Les films qu'il réalise ensuite sous l'emblème de Ghibli sont Totoro en 1988, Kiki La Petite Sorcière en 1989, Porco Rosso en 1992, Princesse Mononoké en 1997 et son dernier film, Le Voyage de Chihiro, qui ont obtenu de nombreuse recompenses dont l'oscar du meilleur film d'animation en 2003.

 

Isao Takahata :

Takahata est un réalisateur un peu plus discret que Miyazaki mais non moins passionnant. Le caractère le plus étonnant de sa filmographie est sa diversité incroyable. Là où Miyazaki a plutôt tendance à rester fidèle à son style et à son univers propres, Takahata est toujours à la recherche la nouveauté et s'intéresse aux travaux d'autres artistes japonais pour enrichir ses oeuvres personnelles. Le plus bel exemple de cet état d'esprit est Mes Voisins les Yamada, adapté d'un manga d'Ishii dont le style graphique n'a rien à voir avec les production Ghibli habituelles. On a souvent dit que Takahata était aussi un cinéaste plus "adulte" que Miyazaki par les thèmes qu'il aborde. Ceci n'est que partiellement vrai et dû à une méconnaissance de sa filmographie. Si Le Tombeau des Lucioles est effectivement sans conteste le film le plus éprouvant de Ghibli, des oeuvres comme Pompoko ou Goshu le Violoncelliste (réalisé avant l'ère Ghibli) sont nettement destinés aux enfants et s'apparentent à des contes prônant les vertus de la persévérance. Cela dit, quelque soit le public auquel il s'adresse en priorité, Takahata a en commun avec Miyazaki cette capacité de réussir à véhiculer une émotion véritable à travers les histoires de personnages dessinés. Et c'est cette émotion qui rend ses films universels et susceptibles d'être appréciés par toutes les tranches d'âges de spectateurs.

Isao Takahata est né en 1935, à Tokyo lui aussi. Il entre à la plus prestigieuse université de la ville et obtient un diplôme de littérature française en 1959. Son intérêt pour la culture française l'amène à découvrir le film d'animation Le Roi et l'Oiseau qui est à l'origine de sa passion pour le dessin-animé. Il entre donc à la Toei la même année et réalise des épisodes de la série Ken, l'Enfant Loup sur laquelle Miyazaki officie en tant qu'intervalliste (un rôle bien moins important, donc). Puis il réalise en 1965 Les Aventures de Hols, Prince du Soleil qui est aussi le premier long-métrage sur lequel a travaillé Miyazaki. Les deux hommes deviennent très vite amis et lorsque Takahata quitte la Toei en 1971, Miyazaki le suit chez A Production. Ils y travaillent ensemble sur les séries Lupin the 3rd et Heidi, et Takahata réalise aussi des épisodes de Marco et Anne aux Cheveux Roux. Tout en offrant ses services aux grands studios, il met en place un projet personnel de long-métrage chez O Production de 1976 à 1981, Goshu le Violoncelliste. Le film sort en 1982 et obtient le prix Ofuji, une distinction très reconnue pour les films d'animation au Japon. L'année suivante, il aide Miyazaki sur l'adaptation de son manga Nausicaä de la Vallée du Vent en tant que producteur. Son efficacité et son entente artistique parfaite avec son ami l'amènent à produire le film suivant de Miyazaki, Laputa. Par la suite, il produira d'autres films au sein du Studio Ghibli, réalisés par Miyazaki, d'autres réalisateur ou par lui-même. Les films qu'il a réalisés sous l'emblème de Ghibli sont Le Tombeau des Lucioles en 1988, C'était Seulement Hier en 1991, Pompoko en 1994 et Mes Voisins les Yamada en 1999.

 

Filmographie :

 

Sortie japonnaise

Sortie française

Titre du film

1979

-

Le Chateau de Cagliostro

1982

2001

Goshu le Violoncelliste

1984

-

Nausicaä de la Vallée du Vent

1986

2003

Laputa, le Chateau dans le Ciel

1988

2002

Mon Voisin Totoro

1988

1996

Le Tombeau des Lucioles

1989

2004

Kiki la Petite Sorcière

1991

-

Les Souvenirs ne s’oublient jamais

1992

1995

Porco Rosso

1993

-

Ju Peux Entendre la Mer

1994

-

Pompoko, la Guerre Moderne des Tanukis

1995

-

Si Tu Tends l'Oreille

1995

-

On Your Mark

1997

2001

Princesse Mononoke

1999

2001

Mes Voisins les Yamada

2001

2002

Le Voyage de Chihiro

2002

2003

Le Royaume des Chats

2004

2005

Le Château ambulant

Sources :

- Buta Connection
- Nausicaa.Net
- FILMDECULTE.COM
- Ecran Noir

En juillet 2001, sortait au Japon le nouveau film de Miyazaki : Sen to Chihiro no kamikakushi (Le Voyage de Chihiro). Pourtant, le réalisateur avait annoncé à la sortie de Mononoke Hime (Princesse Mononoke) que, vieillissant, il ne se sentait plus capable de se lancer une fois encore dans une expérience aussi longue et pénible. Il est pourtant revenu sur sa décision, mais cette fois, il a consenti à déléguer une grande partie du travail qu'il réalisait habituellement. Dernièrement, alors que Takahata aurait pris son indépendance en quittant le studio, Miyazaki prévoit la réalisation d'encore trois longs métrages avant de prendre sa retraite. Le premier de ces trois films est Le Château ambulant, qui sera dans les salles françaises le 12 janvier 2005.

     
 
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